Bouteflika et les tentations Gaulliennes Par Larbi Chelabi

L’histoire que je vais vous raconter est vraie. Cela se passait en France, au tout début des années 90. Il y avait un personnage excentrique qui fréquentait les bars du quartier latin. C'était indiscutablement un sosie de Gainsbourg. La ressemblance était à ce point frappante que notre ami prenait un malin plaisir à vivre complètement dans la peau de l'artiste. Tout comme l'auteur de la ‘’Javanaise’’, il avait la dégaine nonchalante et un brin désobligeante. Il entretenait la même barbe de 2 jours et enchainait les gitanes à un rythme d'enfer, tête légèrement baissée sur le côté et le sourcil droit en accent circonflexe. Tout comme lui, il sifflait des rasades de Ricard que seules interrompaient les volutes bleuâtres des gitanes qu’il tenait ostensiblement entre le pouce et l'index. Il était Gainsbourg dans sa façon de s’habiller. Il était Gainsbourg dans sa façon de baragouiner les phrases en les entrecoupant de perles d'obscénités. Il était Gainsbourg jusqu’au bout des ongles. Il adorait qu’on l'appelât Gainsbarre. Pour rien au monde il n'aurait voulu d'une autre identité. Celle de son idole suffisait amplement à son bonheur. Le bougre !

Ce prélude pourrait paraître inutile s’il se limitait à la simple anecdote. Il a pourtant sa raison d'être dans le contexte politique qui nous intéresse car il traite de ce que la psychanalyse considère comme un trouble du comportement qui nait dans les esprits fragiles, incapables d'intégrer et de vivre avec la réalité de leur petit ‘’Moi’. Ce petit ‘’Moi’’ qui devient par la force des choses source de leurs permanentes frustrations.

Pour compenser leur condition humaine qu’ils auraient souhaitée plus flamboyante, certains individus projettent en avant-plan des comportements qui sont souvent empruntés à des modèles inaccessibles incarnant l'objet ou le sujet de leur fascination-adulation. La littérature et les arts foisonnent de ces cas souvent touchants quand ils se limitent au monde des saltimbanques. Ils deviennent sujets à préoccupation, lorsqu’ils sont le fait d'acteurs de premier plan de la vie politique d'un pays. Bouteflika est de ceux là !

Comme chacun sait, notre président voue à l'histoire et aux grands hommes qui la font un culte sans bornes. Le 20ème siècle a vu passer une kyrielle d'hommes politiques de dimension planétaire : Gandhi, Churchill, Roosevelt, De Gaulle, Mandela, Che Guevara, Kemal Atatürk, Staline, Hitler, Franco, et Mussolini pour ne citer que quelques uns, indépendamment du jugement que l'histoire aura réservé à chacun d'eux.

De tous ces grands noms, le Général de Gaulle est probablement celui qui exerça le plus de fascination sur Bouteflika. De Gaulle avait une idée de la France. Il était au cœur de cette idée. Il pensait sincèrement que les français étaient des ‘’veaux’’ que l'on conduit assez facilement à l'abattoir. Il se voulait leur berger bienveillant. Mais pour le devenir, il lui fallait d'abord revenir au pouvoir, ensuite saborder les institutions de la 4ème république, à commencer par la constitution qui selon lui était la source de la paralysie de l'action gouvernementale et de l'instabilité politique. De Gaulle avait raison sur ce plan là. La 4ème république a consommé 23 gouvernements en 12 ans et la crise atteint son paroxysme en 1958 avec la détérioration de la situation en Algérie.

Cette année là, De Gaulle revint au pouvoir et se tailla une constitution à sa mesure. Cependant, l'histoire témoignera, à sa décharge, qu’il ne fut pas ce dictateur omnipotent qui donnait des boutons à la Presse d'après-guerre. Et si la constitution qu’il a voulue renforçait drastiquement le pouvoir présidentiel, elle était avant tout d'essence démocratique et chacune des institutions de la république jouait pleinement son rôle dans l'édifice institutionnel du pays.

Bouteflika retint de De Gaulle qu’il lui fallait jouer le même rôle d'homme providentiel. Il se voyait et il se voit toujours en berger éclairé revenu du désert d'Arabie après une longue période de ’’ressourcement’’ pour conduire ce peuple inculte, sale et méchant vers de paisibles et verdoyants pâturages. C'est un peu Moise conduisant avec son frère Aaron (Saïd) le peuple d'Israël hors de l'Égypte pharaonique.

Tout comme le Général De Gaulle, il voulait SA CONSTITUTION. Une constitution qui lui donnerait les moyens et la durée pour accomplir sa mission quasi messianique. Ne disait-il pas en 1999 que ‘’la Constitution actuelle avait pris le plus mauvais du régime parlementaire et le pire du régime présidentiel’’. Cette assertion est bien évidemment fausse. Elle est pure rhétorique venant de quelqu’un qui a un penchant avéré pour les figures de style! Dans les faits, la constitution du 28 novembre 1999 ne l’a jamais empêché de faire son travail, bien au contraire ! À ce jour, Bouteflika a toujours fait ce qu’il a voulu faire. Il a CONSOMMÉ pas moins de 5 premiers ministres en moins de 9 ans : Smaïl Hamdani, Ahmed Benbitour, Ali Benflis, Ouyahia et Belkhadem sans qu’il soit justifié de le faire. Il a à sa botte le parlement et le Senat, le conseil constitutionnel, les partis politiques de l'alliance présidentielle et ceux qui ne demandent qu’à en faire partie, le conseil d'État, la radio, la télévision, la presse publique, la justice, l'armée et j’en passe. Le conseil des ministres se réunit selon son bon vouloir et les lois sont adoptées le plus souvent par ordonnances sans que ni la chambre basse, ni la chambre haute ne s’en émeuvent outre mesure. Par Dieu, comment se fait-il qu’avec toute cette latitude dans l'action, il se trouve encore à l'étroit dans cette constitution ? Non, Bouteflika n’aime pas cette constitution pour une seule et unique raison : elle limite à deux le nombre de mandats présidentiels alors qu’il en veut plus !

Il y eut beaucoup d'encre qui a coulé autour de cette notion de limitation des mandats présidentiels. Était-ce démocratique ou anti-démocratique ? Certains, à commencer par Belkhadem, relayé par quelques journalistes incultes la trouvent anti-démocratique car selon eux, le peuple souverain a le droit de demander à un président de rester au pouvoir, fut-ce à vie, si ledit peuple est satisfait de la performance de son président. Si l'Algérie se comparait sur le plan institutionnel et dans la praxis démocratique à la France, à la Grande Bretagne, à l'Allemagne ou à l'Australie, de tels arguments seraient recevables. Mais l'Algérie est plus près de la Libye, de l'Égypte et de la Syrie qui voient les mêmes dinosaures rempiler, mandat après mandat, comme si le temps s'était arrêté. Comme si ces pays n’ont jamais enfanté de plus beau et de plus intelligent que Kadhafi, Assad ou Moubarak!

La constitution de 1989, aussi imparfaite soit-elle, permettait au moins l'alternance des personnes à défaut de toucher à la nature du régime. Le bon peuple avait l'espoir fou mais l'espoir tout de même que changer de président lui ouvrait d'autres perspectives sur la vie. Lui enlever cette parodie du bonheur serait ajouter la rancœur à l'ignominie !

La constitution de 1989 devra en effet être changée, un jour où l'autre, pour bâtir un pays démocratique à la mesure des exigences de notre temps et de nos ambitions. Elle devra être amendée pour renforcer les droits démocratiques du citoyen et les principes d'égalité qui doivent guider l'action du gouvernement quel qu’il soit et indépendamment de sa couleur politique. Elle doit conserver les éléments positifs pour laquelle elle est aujourd’hui dénigrée notamment son chapitre 74 qui porte sur la limitation du mandat présidentiel. Si ce pays n’est pas capable d'enfanter un bon président tous les dix ans, alors qu’il aille au diable pour de bon!

Les États Unis qui ne sont pas moins démocratiques que la France, l'Angleterre, l'Allemagne ou l'Australie ont bien vite compris que pour prévenir le culte de la personnalité qui commençait à poindre le nez sous la présidence de Franklin Roosevelt (32e président des États-Unis de 1933 à 1945), il fallait mettre dans la loi un dispositif imparable. Ainsi est né le 22ème amendement de la constitution américaine qui interdit au président élu 2 fois de se représenter, y compris pour le poste de vice-président. La santé de la vie politique des États Unis d'Amérique dépend exclusivement de la vitalité de leurs institutions et non de la flamboyance de leurs présidents. Ceci devrait ouvrir les yeux et les oreilles de monsieur Belkhadem et de tous les thuriféraires du président.

Monsieur Bouteflika devrait savoir qu’il y a bien d'autres moyens de rentrer dans l'histoire. Pas seulement en essayant de porter le costume de De Gaulle, à l'évidence bien trop grand pour lui. Il ne lui suffit pas non plus de battre le record de longévité politique de feu Boumediene ou de Chadli. Il doit savoir, en homme averti, que le peuple n’a rien retenu de bon de ces deux présidents qu’il a pourtant ‘’applaudis’’ longuement et chaudement. S’il veut laisser une marque indélébile dans l'histoire de l'Algérie contemporaine, et il en a encore le temps, qu’il appelle à une assemblée constituante qui aura le mandat de produire une constitution moderne et qu’il parte sans demander son reste. Le peuple dans son infinie mansuétude saura lui pardonner ces 9 ans d'errance politique. Il ne retiendra que ce geste auguste d'un bon père de famille qui laisse à sa progéniture un beau testament pour la vie. Cela vaut bien un troisième mandat. Réfléchissez monsieur le président !

L.C.

27 commentaires

  1. Merci pour votre article M.Chelabi, On ne pourrait faire mieux pour prévenir M. Boutef de son intention ainsi de celle de son serviteur M.Belkhadem. Mais je pense leurs sagesse ne dépasse pas leurs mal adresse, trop difficile pour eux de comprendre que le siège possède une option éjectable. Merci encore

  2. Très bonne analyse et surtout conclusion excelente. Mais vous ne savez pas que ce veut Bouteflika c’est de voir, de son vivant, des "dignitaires" l’appeler "Si Abderrahmane" et "Fakhamet". Alors, laissez une trace indélébile, après la mort ? Il ne la verrait jamais, à quoi bon alors ?
    Comme on aurait voulu qu’il vous lise !
    Mais quand on lui montre chaque matin la une d’El Moudjahid avec son portrait omniprésent, il ne serait pas prêt de quitter cette jouissance.
    Et puis la mosquée ne sera pas finie par les maîtres d’oeuvre Allemands et les ouvriers chinois avent 2009. Sachant le sort réservé par ce même système au président déchu, son nom sera voué aux gémonies et plus de mosquée Bouteflika.
    Alors, rien que pour ça, il restera "à mort".

  3. Toujours un plaisir de lire Larbi, mais je pense que Bouteflika n’a pas de pensées aussi profondes, Bouteflika a écarté plusieurs personnes, mis à l’écart de nombreux citoyens algériens par sa politique régionaliste voire dechriste…
    Alors en fin connaisseur du système il sait que certains l’attendent et non des moindres…voilà pourquoi il voudra rester au pouvoir comme la plupart de ces dictateurs qui s’attachent au pouvoir vaille que vaille…

    A son arrivée en 1999, et on sait dans quelles conditions il est arrivé, il aurait pu faire quelque chose pour son pays, ses compatriotes et pourtant on ne peut pas dire qu’il n ait pas eu les moyens comme le rappelle si bien Larbi Chelabi, il en a usé des 1er ministres, mais à vrai dire cela a t il provoqué un changement ? non

    L’Algérie s’enfonce dans une crise et Fakhamatou de sa tour d’ivoire et entouré de sa cour ne voit rien, il se contente des louanges et autres discours de son ghaita band, l’Algérie est devenue grace à lui exportatrice de Boat People, imaginez un pays avec autant de richesses humaines et financières et sa jeunesse qui préfère fuir, une jeunessse préférant l’inconnu à son pays il n’y a pas de mots pas de discours assez forts pour qualifier ce desespoir cette désespérance….
    L’Algérie dirigé par un septuagénaire qui n’a d’autre volonté que de se maintenir au pouvoir il est là le tableau de mon pays…

  4. Le president Poutine a repondu a un certain journaliste lui demandant s’il allait faire changer la constitution pour un troisieme mandat, sa reponse etait claire et nette: la Russie est beaucoup plus importante que Poutine!!!!
    Chiche! Mr Bouteflika soyez courageux et marquez l’Histoire de notre pays par un geste digne d’un democrate, ne touchez pas a la constitution.

  5. Plutôt que d´accabler le président ou de lui imputer quoi que soit qui serait à l´origine de la semi-failite de l´Algérie, Je dirais: Mr Boutéflika, vous arrivez au terme de votre 2ème mandat, vous avez fait, sans ménager vos forces, tout votre possibe pour l´Algérie et les Algériens vous en remercient. Laissez la place/chance à un autre car, le changement est essentiel à la démocratie et les Algériens doivent bien s´y habituer: Même si personnellement je pense, qu´un autre président ne ferait pas mieux que l´actuel, le problème résidant ailleurs. L´Algérie tiraillée de tous les côtés et les Algériens n´ayant pas encore appris à être exigeant envers eux-mêmes d´abord pour être maitre de leur destin, il ne reste alors qu´à espérer à l´Algérie la stabilité, sans laquelle tout serait vain, et une constellation favorable des étoiles.

  6. Dire que Bouteflika a l’armée à sa botte procède de la grossière mystification. Créditer Bouteflika d’une telle marge de manoeuvre, alors qu’il est contraint de louvoyer entre les uns et les autres pour se ménager une voie on ne peut plus étroite, relève d’une méconnaissance du microcosme et des acteurs en présence. Une méconnaissance… dans le meilleur des cas.
    A.L

  7. Jusqu’à preuve du contraire, Mr.Abdelaziz Bouteflika ne s’est pas prononcé sur le 3ème mandat.
    C’est le Parti du FLN, sentant sa mort prochaine, (7% des voix des électeurs lors des dernières législatives), fit venir ses troupes (UGTA, UNPA, etc..)et fit battre les tambours pour un 3ème mandat.

    C’est le PARTI du FLN qui a besoin de ce 3 ème mandat pour redorer son blason terni par sa mauvaise gestion du pays en cherchant à s’enrouler dans le burnous de BOUTEFLIKA.
    Comme l’a bien dit Mr. Tahar Icar " ne touchez pas à la constitution"
    et c’est valable pour tous et pour tout les Partis Politiques.
    L’Algérie n’a pas besoin d’une assemblée constituante !

    L’Algérie n’a besoin ni d’une constitution amandée ni d’une nouvelle constitution.

    L’Algérie a besoin d’un nouveau Président!

    L’Algérie n’est pas un pays stérile;
    (Aljazaïr ma hich agra)
    L’Algérie a ses Hommes et est en mesure de faire face à sa besogne.
    (Aljazaïr ber rjalha oi kadra ala chralha).
    C’est l’expression libre, sereine et démocratique du Peuple Algérien
    qui décidera, à travers l’URNE, de son devenir.

    La meilleure posture que devra tenir Mr.BOUTEFLIKA; c’est de veiller personnellement à la préparation des futures élections présidentielles qui devront se dérouler en toute transparence:il aura ainsi marqué l’alternance et le début de la démocratie.
    Le Peuple Algérien vaut bien celà!

  8. monsieur chalabi vousavez fait un article qui plait bcp mais dont j ai releve une faute impardonable -la derniere phrase-ce n est pas reflechissez monsieur le president c est plutot REFLECHISSEZ MONSIEUR BELKHADEM

  9. Il ya bien des hommes modernes comme AIT AHMED, qui depuis 1963 revendique une Assemblée constituante à ce même ancien ministre des affaires « ETRANGES », d’ailleurs on le voit bien grimper d’un échelon en 2008 et devient chef de la même république préhistorique et demander une telle chose, c’est engendrer un suicide politique du régime car dans ce genres de républiques le pouvoir c’est comme un arbre plein de singe eux nous voit d’en haut entrain d’ouvrir nos bouches avec sourire et nous d’en bas on voit leur CU qui pue.

  10. Si je comprends fort bien les fervents d’un 3ème mandat pour Bouteflika, afin de pérenniser le système et maintenir l’islamisme, je ne comprends par contre ceux qui défendent l’ application de l’actuelle constitution de 1996 et non de 1989, qui permet à un président à postuler à uniquement deux mandats. Cela voudrait dire qu’au lendemain d’avril 2009, le nouveau président (Hamrouche, Ouyahia, Benflis, ou n’importe qui serait à même de diriger ce pays avec les institutions actuelles, ( assemblée nationale, sénat assemblées de wilayas et communales, etc, etc. Donc notre pays n’est pas en crise, il suffit qu’il y ait une alternance comme ce fut le cas entre Zeroual et Bouteflika. Nous connaissons malheureusement les résultats.
    La constitution actuelle est portée aux nues par certains parce que son article 74 limite le mandat présidentiel.
    Nous oublions trop facilement que si nous subissons la pression islamiste c’est dû à l’article 2 de la constitution qui clame que l’islam est la religion de l’Etat.
    Si nous connaissons régulièrement des troubles en kabylie, c’est tout simplement que l’identité berbère à été bafouée pendant de longues années, et à ce jour la langue de nos ancêtres n’est pas reconnue officiellement par la constitution.
    Par contre si des libertés syndicales, des libertés d’expression sont bafouées, si l’égalité entre les hommes et les femmes sont remises en cause par le fameux code la famille, c’est tout simplement que la constitution actuelle est loin d’être une garantie. D’autres exemples peuvent être donnés, pour démontrer qu’il faut se mettre autour d’une table et réfléchir à une alternative démocratique même si ce n’est pas pour 2009. Construisons ensemble une force qui pourrait éventuellement être une alternative crédible. A ce moment là une transition s’imposera d’elle même, pour reconstruire l’Etat algérien, sur des bases démocratiques, modernes et républicaines. C’est à quoi s’attache le groupe de réflexion de la société civile démocratique qui se réunit tous les 15 jours. La prochaine réunion se tiendra le vendredi 1 février 2008 à 11 heures au siège de l’association Djazairouna au centre de Blida près de l’espace Nedjma. Tous les démocrates, les intellectuels non organiques, les personnalités crédibles, sont invités à se joindre à nous pour apporter leur contribution.
    Moulay.

  11. J’ai bien apprécié l’article de Larbi Chalabi, mais rendons nous à l’évidence : La mafia qui nous prend en otage le pays n’a jamais demanbdé de permission pour s’éterniser au pouvoir. Elle est là depuis l’indépendance et compte le rester aussi longtemps que possible. Pour ce faire, cette caste de généraux n’ont besoin ni de mandats supplémentaires ni de parodies d’amendements constitutionnels. Bouteflika n’est, comme tout le monde le sait, qu’une marionnette agitée par des mains puissantes et secrètes. Qu’il reste ou qu’il obtienne mandat, cela ne changera en rien la nature du pouvoir algérie, mafieux et absolutiste. Empêcher ce personnage fanstaque de succéder encore à lui même ne fera que sauver les apparences. Quant à la vraie crise, celle générée par les généraux qqui nous enpoisonnet la vie en se regénérant constamment, elle promise pour la durée, hélas …

  12. Là je reconnais la capacité d’analyse et de synthèse d’un ami (a moins que ce soit un homonyme, ce dont je doute)et je le remercie pour cette contribution.
    Je pense que comparer notre président à DE GAULLE c’est déjâ faire trop d’honneur au 1er bien entendu…La France a hérité du second une pensée politique et un mouvement qui a donné à ce pays d’illustres hommes jusqu’à ce jour, alors que l’algérie héritera de son chef, la suspicion, des institutions vidées de leur substance essentielle(la séparation des pouvoirs), une islamisation sans commune mesure avec l’histoire de l’Algérie, des harragas (malgré le baril à 100 dollars)et pour couronner le tout…le plus grand minaret du monde..alors un mandat de plus ou de moins…le 1er était déjâ de trop.

  13. Lettre ouverte aux dirigeants algériens :

    Rendez-nous l’Algérie, on l’a payée très cher.

    J’adresse cette lettre, à vous qui êtes « grands » pour reprendre l’immortel Boris Vian. Au commencement, je dois dire, sans présumer bêtement que vous le savez déjà, que je n’éprouve aucune haine à votre égard, ni envers personne de quelque obédience qu’il soit. Je sais que vous serez surpris, messieurs, par cette disposition typiquement algérienne à pardonner aux bourreaux. Oui, Messieurs, même si je ressens, comme tous mes concitoyens, les morsures de l’injustice, je ne vous abhorre guère, parce que je crois, tout naturellement, que personne ne porte dans ses gênes l’arbitraire et la haine de son peuple.

    Par Arezki Ben ***

    Nous vous pardonnerons, mais partez, rentrez chez vous et laissez l’herbe pousser sur cette terre que vous avez asséchée. Partez, à quoi bon continuer à faire saigner ce peuple qui a connu tant d’épreuves et de malheurs ?

    messieurs, seuls les grands actes font de grands hommes et, à cet égard, votre départ sera votre plus beau chef-d’oeuvre. Partez, c’est le meilleur service que vous puissiez rendre à cette Algérie qui ne mérite pas d’être sacrifiée à l’ingratitude puante de l’avilissement et de l’indignité. Laissez votre peuple choisir, vivre et goûter enfin la douceur de la Liberté. Laissez-nous instaurer un gouvernement de salut public pour apurer le passif de vos terreurs. Faites un effort et laissez le peuple bannir l’humiliation et l’arbitraire. Laissez-le reconquérir sa dignité, même si le mot dignité ne signifie rien pour vous.

    Assumez, pour une fois dans votre vie, la responsabilité morale du désastre national que vous avez provoqué et dont vous êtes coupables. Sachez messieurs que le peuple qui a fait de vous des seigneurs sur des trônes dorés, n’est pas une tribu ennemie. Il n’est ni un butin de guerre pour le mépriser, ni un fonds de commerce pour le négocier.

    Partez messieurs. Emportez vos sacs de devises, vos servantes, vos maîtresses, vos impostures, vos matraques et vos machines à truquer les élections. Partez, la démocratie et le progrès ne peuvent pas s’accommoder de la pègre de votre espèce tout comme la Liberté ne peut jamais coexister avec la terreur et les lois d’exception. Partez messieurs, vous êtes la négation absolue de tout ce qui symbolise la noblesse et la perfection. Partez, pour que les Algériens puissent enfin respirer l’air frais de leur pays et tirer profit des richesses de son sol.

    Ne craignez rien, messieurs, nous vous pardonnerons. Nous vous pardonnerons même si vous avez opprimé notre peuple, affamé des millions de personnes, perverti les mœurs politiques de l‘État, instauré un climat de terreur, trituré notre Histoire, bombardé nos villages, assassiné nos héros, emprisonné nos opposants, parasité nos institutions, abruti nos enfants, martyrisé et exilé notre jeunesse, bradé nos richesses, vidé nos banques, pollué nos valeurs et nos repères. Nous vous pardonnerons même si nous savons que les caisses de l’État se vidaient en même temps que vos comptes en devises grossissaient dans les banques suisses. Partez et nous jurons, sur la tombe de Bachir Hadj Ali, que les corrompus ne seront pas dépossédés des bénéfices de leur rapine et que les tortionnaires ne seront point torturés.

    Connaissez-vous Mahatma Gandhi ? Non, vous ne savez rien, parce que vous n’avez pas usé, comme nous autres algériens, vos culottes sur les bancs de l’école. C’est ce monument universel qui disait qu’il faut laisser une ouverture pour que l’ennemi puisse s’en aller. Nous vous laissons donc cette lucarne pour déguerpir comme un démon qui quitte le corps meurtri d’un individu possédé.

    Non, je ne vous demande pas de lire Gandhi, à l’impossible nul n’est tenu. D’ailleurs, comment oserais-je demander aux généraux de lire quand je sais que le meilleur d’entre eux ne fut guère que sergent ou adjudant dans l’armée française ? Comment leur demander de lire Voltaire quand je sais, et j’en suis certain que leur niveau intellectuel est au-dessous de leurs bottes ? Comment demander au « ministre d’État » Bouguerra Soltani de lire Tocqueville ou Montesquieu quand je sais qu’il a pratiqué la sorcellerie pendant plus de quinze ans avant de venir à la politique comme on va à la chasse ? Mais dites-moi, comment demander au chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, d’expliquer la dialectique hégélienne quand tout le monde sait qu’il n’était qu’un modeste enseignant de langue arabe à Tiaret ? Allons-y, dites-moi comment aurais-je le courage de demander à Amar Tou, ministre de la Santé publique de parler des derniers progrès réalisés dans le domaine médical alors qu’il n’était qu’un obscur responsable dans une semoulerie ? Dites-moi encore comment puis-je demander à Boudjemâa Hichour, ministre des Postes et des Technologies de l’Information et de la Communication d’expliquer les dernières inventions de Microsoft quand je sais que, dans un passé très récent, il n’était qu’un inconnu pigiste dans un journal sportif basé à l’est du pays ? Comment oserais-je demander à Amar Sâadani, président de l’Assemblée nationale, d’expliquer ou d’appliquer les principes élémentaires de la législation mise au point par Jean Jacques Rousseau quand je sais que ce magnat originaire d’El-Oued n’a même pas terminé son certificat d’études ? Oui, Monsieur Sâadani, nous savons que vous vous êtes inscrit, il y a trois ans, à la faculté d’Alger pour broder une licence en sciences politiques et que l’un de vos professeurs — M. Berkouk que je salue au passage — vous a « gratifié » d’un grand zéro sur votre copie d’examen (Relations internationales).

    Tous les dirigeants du monde entier font des études afin de suivre une carrière politique, mais en Algérie, c’est l’inverse qui se produit. On devient, d’abord haut responsable de l’État puis on pense faire des études ! N’est-ce pas une honte messieurs les dirigeants ? Non messieurs, je n’ose pas vous demander de lire quoi que ce soit, puisque le seul domaine dans lequel vous excellez vraiment est celui du mensonge et du terrorisme d’État. En rappelant ce que vous êtes, je ne veux aucunement me moquer de votre inculture. Mon éducation algérienne ne me permet guère de rire de la faiblesse de quelqu’un fut-il mon bourreau, parce que, je crois tout simplement, que l’analphabétisme n’est pas un défaut. Surtout quand l’inculte ne ressent pas cette nécessité superflue d’agrémenter son curriculum vitae par des titres clés en main et des diplômes fictifs.

    Non, messieurs, vous n’êtes pas le meilleur de ce qu’a enfanté l’Algérie. Vous n’êtes qu’un conglomérat d’illettrés et d’arrivistes. À bien des égards, vous symbolisez l’abysse le plus profond qui puisse exister. Allez voir, en France, au Canada, en grande Bretagne, en Australie même, tous ces jeunes de haute stature que votre concussion a jetés sur les sentiers tortueux de l’exil. Non, messieurs les dirigeants, pour ces bourgeons dignes et compétents, Paris, Ottawa, Sidney, Washington et Londres ne sont ni des lieux de villégiature ni des capitales financières comme vous avez fait de Genève. Mais allez voir cette jeunesse au regard pénétrant que vous avez écarté, disqualifié et anéanti. C’est votre trahison qui les a déportés loin de leur patrie laissant derrière eux des pères accablés, des mères éplorées et un pays sanguinolent. Cependant même loin de leur pays, l’Algérie demeure leur unique adresse malgré vos bassesses.

    Mais voyez ce peuple que votre veulerie a réduit en esclavage, maintenu indéfiniment dans le sous-développement et la misère. Regardez comme il trime pour reconstruire, pierre par pierre, ce que vous avez détruit pendant plus de 40 ans de pillage et de rapine. Contemplez votre « chef-d’oeuvre », chers messieurs. Un pays ravagé par la barbarie, déchiré par l‘arbitraire, gangrené par la corruption, vidé de ses forces vives, rongé par la culture de l’impunité et réduit au peloton des nations les plus infréquentables du globe. Le trafic d’influence, le détournement des deniers publics, la fuite des capitaux meublent le quotidien de ce pays que votre génie maléfique a poussé dans le précipice. Bon sang ! Regardez, si vous êtes en mesure de percevoir l’ampleur du désastre. Hélas ! « ne ressent la brûlure que celui qui met sa main dans le brasier » dit un proverbe de chez nous.

    Interrogez les jeunes manifestants du 5 octobre 1988. Ils sont toujours si jeunes, si frêles, malgré les tatouages indélébiles qui entaillent leurs corps desséchés par la torture et les traitements dégradants. Ils ont toujours la gorge creusée par la douleur et le coeur plein d’animosité à l’égard de Yazid Zerhouni, de Ali Tounsi, de Mohamed Betchine et de tous ceux qui se sont retrouvés au sommet de la pyramide en grimpant par dessus les cadavres.

    Qu’avez-vous, messieurs, gagné en plantant vos dents pointues de vampires dans la chaire vive des Algériens ? Dans vingt ans, peut être dans dix, vous ne serez qu’un amas d’ossements disposés en rangées à El-Alia. Mais en attendant la délivrance, nous devons supporter encore vos gueules exécrables.

    Je suis curieux de voir, messieurs, si vous frissonnez en souvenir des cris aigus qui jaillissaient de la gorge de vos suppliciés. Vous conviendrez avec moi, qu’un dirigeant devrait avoir d’autres préoccupations autrement moins ignobles que les interminables séances de torture qu’on organise dans vos centres de détentions secrets. Regardez du côté de la Kabylie, les cimetières regorgeant de victimes de l’État criminel que vous incarnez. Souvenez-vous des 126 jeunes fauchés à la fleur de l’âge par des balles explosives en avril 2001. Rappelez-vous les 400 morts de 1963 et la répression du 20 avril 1980.

    Arrivez-vous à dormir, messieurs, après tant de crimes et de monstruosités ?

    Faites un tour du côté de Bentalha, de Raîs et ou d’Ouled El-Alaïg. Allez-y, le sang n’a pas encore séché sur les pavés. Vous y trouverez les stigmates des gorges tranchées, des bébés brûlés et des femmes éventrées. Terrorisme dites-vous ? Je vous concède volontiers ce constat, mais c’est oublier que l’État est garant de la sécurité des biens et des personnes. Oui, vous êtes coupables messieurs.

    Regardez du côté de Galilée, à quelques encablures de la Présidence de la République et vous verrez des mères de disparus étranglées par le chagrin. Chaque mercredi, qu’il pleuve ou qu’il vente, elles sont là, en quête de la vérité sur leurs fils kidnappés par vos barbouzes. Elles sont affligées et accablées par plus de dix ans d’attente sans que vous daigniez leur montrer le charnier dans lequel vous avez enseveli les corps de leurs enfants. Elles ne demandent rien d’autre que leur droit de faire le deuil de leur fils dans le recueillement et la dignité. Terroristes dites-vous ? Sachez, messieurs les dirigeants, que même les terroristes, aussi sanguinaires soient-ils, ont droit à un certificat de décès et à deux mètres carrés de terre dans un cimetière.

    Partez donc, nous vous pardonnerons vos lâchetés et nous oublierons vos imperfections. Nous pardonnerons à tous ceux qui, poussés par leur stupidité, nous ont persécutés et ruinés. Partez et nous pardonnerons à tous ceux qui, mus par leur cupidité, nous ont appauvris. Partez et vous ne serez ni haïs ni lapidés. Partez et je n’irai pas, comme Boris Vian, cracher sur vos tombes. Le peuple Algérien, désabusé, n’attend rien de vous ni quoi que se soit d’un régime équipé pour le mensonge, la corruption, le mépris, la répression et les liquidations physiques. Partez et, dans une année ou deux, vous ne serez qu’un vague souvenir gravé dans la mémoire blessée des Algériens.

    Partez pour qu’on puisse enfin instaurer une culture de responsabilité. Partez et on palliera votre sous-développement politique en organisant, pour une fois dans l‘histoire de l‘Algérie, des élections libres et transparentes. Partez pour qu’on puisse mettre un terme aux bricolages historiques, aux mensonges, au négationnisme et aux pratiques abjectes charriées par quarante ans de régime liberticide. Partez et nous pardonnerons à tous sauf à ceux qui ont trahi l’Algérie pour plaire à leurs maîtres de l’autre côté de la Méditerranée. L’Histoire donnera à chacun ce qu’il méritera.

    Voyez le sort de Saddam Hussein, avili et humilié. Regardez ce qu’est devenue son image de héros brodée durant des années de règne sans partage. Observez, bon sang, le côté honteux des dictateurs. Méditez l’aventure criminelle du général Augusto Pinochet. Souvenez-vous du sanguinaire Milosevic, du maréchal Mobutu, du tyran Bokassa, du seigneur Gnassingbé Eyadema.

    Il ne restera dans la rivière que ses galets.

    À méditer…

    Arezki Ben

    Sources:http://www.makabylie.info/?article1198

  14. Le système politique dictatorial du parti unique incarné par Belkhadem- Bouteflika & Consorts, qui n’a retenu aucune leçon, ni aucune expérience de son passé depuis 1962 et qui a charrié tous ces échecs, toutes ces tares et toutes ces lamentables dérives peut se targuer aujourdhui d’avoir légué à la posterité ses spécifiques stigmates indélébiles que sont la hogra et la harga. Ce ne sera pas la nouvelle constitution ni la construction de la grande mosquée qui le sauvera de son ensevelissement et de sa fin, il est son propre fossoyeur .

  15. De Gaulle aimait son pays et son peuple.Il est arrivé au pouvoir pour faire sortir son pays du marasme dans lequel il pataugeait.Il était maitre à bord.Boutef ne peut en aucun cas ressembler à ce grand Homme.Si De Gaule servait son pays boutef sert ses MAITRES qui l’ont amené .au pouvoir

  16. En effet, on parle de l’actuelle constitution de 1996. Le lecteur aura rectifié de lui-même.

  17. Sur le plan pshychologique, il y a lieu de noter que Bouteqliqa est un cas pathologique. Lui, comme un chien enrage, menacait les journalistes deja bien avant d’acceder au poste qui lui a ete promis par la Nomenklatura. Apres s’etre debarrasse de Boudiaf, que Dieu ait son ame, il etait un bon condidat, la meileure piece sur l’echequier, si j’ose dire.
    On Algerie, meme si le vent de la democratie continue a souffler encore, les bidasses au pouvoir nous poussent au desarroi. Ils sont les ennemis de l’Algerien jaloux (je ne cite pas les enfants dignes qui certainement subissent les memes tourments, meme s’ils sont officiers superieurs), les violeurs de la constituion, les metteurs en scene du Terrorisme. En tout, les "faiseurs" de la pluie et du beau temps. Souvenez-vous de 1988. L’Algerir aurait pu demarrer avec un souffle nouveau si cette meme Nomenklatura qui a fait sauter Chadli, vaulait vraiment du bien pour sa chere Algerie. Helas, L’Algerie venait de derailler, car noyer l’Algerie etait la seule facon de se VANGER de l’Algerien. Cette meme Nomenklature a fabrique ce triangle des Bermudes (ARMEE-ISLAMISTS-DEMOCRATES) ou toute une panoplie d’incomprehensions se manifestent et se multiplient au jour le jour.
    Incompatibilite d’ideologie, de culture et d’ojectifs.
    Loin de ce mariage force, le tissu social se disloque, car TOUT est INCONGRU et rien ne rime avec le courant naturel de l’Algerien de demain. Le divorce (un 1988-bis) est inevitable.

  18. Une entrevue exclusive avec le président Boutefliha oups Bouteflika.
    LEQUOTIDIEN D’ORAN : M. le président après le troisième mandat quel est l’avenir de l’Algérie? BOUTEF : Je proposerai un projet énorme qui propulsera mon pays dans les premiers rangs, que même les présidents qui m’ont précédé non jamais penser à le faire. La monarchie, un royaume. LEQUOTIDIEN D’ORAN : Mais le peuple risque de ne pas l’accepter? BOUTEF : Mon cher quotidien rien n’est un impossible après un troisième mandat, et l’avenir du roi que je serai est d’être juste avec les américains les hommes d’affaires et les terroristes. J’amènerai une nouvelle culture ou mon nouveau ministreYasmina Khadra serait le leader. LEQUOTIDIEN D’ORAN : À propos de Yamina Khadra. Quelle est la leçon de la démocratie que vous lui avez donnée? BOUTEF Vous êtes lent les medias à comprendre, le royaume et le ministre c’était la leçon qu’il a retenu, de plus il a juré même que le peuple sera sauver. LEQUOTIDIEN D’ORAN et le peuple dans tout ça? BOUTEF : Il suivra comme il la toujours fait car c’est un bon peuple.

  19. Ce pas du tout president encore moins homme d’etat, a toujours eté un agregat de complexes multiples : complexe du colonisé, complexe de l’autodidacte, et j’en passe. Mais ce n’est pas lui qu’il faut blamer (par rapport au contexte du pays ) c’est toute cet armada d’"intellectuels" qui croyait etre "adoptée"par les maitres du pays (chacun esperant un retour sur applaudissement)quand ils encensaient le Hassan 2 de la republique bien avant sa premiere arrivée au pouvoir en 99
    Fallait il vraiment etre à ce point frappé de cecité politique pour ne pas avoir decelé le "Sultanisme populaire" qui se profilait deja ?

  20. Mr Halim. Vous avez, malheureusement, bien raison. Je dis malheureusement car notre réalité, en tant que peuple, est affligeante. Il est vrai qu’en 1999 beaucoup  »d’intellectuels », y compris ceux qui étaient les plus engagés dans le combat républicain, se sont magistralement fourvoyés. Beaucoup ont carrément plébiscité l’annonce de la candidature du président Bouteflika au poste de président de la république. D’autres, un peu moins frivoles, ont néanmoins accordé un préjugé favorable à cette candidature. Le raisonnement quasi unique était fort simple. Ce monsieur était un fin connaisseur des arcanes internationales et il allait faire retrouver à l’Algérie sa place dans le concert des nations. J’avais à l’époque était outré par autant de légèretés. J’avais alors, je me souviens, commis un papier qui disait substantielllement que la politique du tiers-mondisme qu’aimait sériner monsieur Bouteflika n’existe plus depuis 1989 (chute du mur de berlin) que la mondialisation requiert une nouvelle race de politiciens car la souveraineté nationale tendait à marquer le pas devant la souveraineté des entreprises et des institutions financières. Dans ce papier, qui fut interdit de publication par tous les journaux à qui il a été envoyé rappelait au peuple que l’Algérie avait engagé une poursuite contre ce monsieur en 1980 pour détournement de près de 13 milliards de centimes en devises étrangères (selon l’accusation, cet argent provenait des caisses noires des ambassades algériennes ). Je rappelais qu’en 1999 l’action de la justice n’était pas éteinte et qu’un candidat à la magistrature suprême toujours poursuivi par la justice ne faisait pas de sens. C’était rire des institutions de la république. Il est vrai que dans ce papier, j’avais aussi dressé un portrait peu flatteur de notre peuple parce que je n’arrive pas à comprendre (c’est toujours le cas aujourd’hui et ce le sera encore plus demain) comment on peut chanter et danser les 2 pieds dans la mouise. Pour moi, ce sera toujours un mystère!

  21. Mr Laarbi CHALABI nous devrions nous poser quelques questions qui appellent des reponses à pouvoir nous expliquer la nature du systeme Algerien.qui est Bouteflika? comment s’est il imposé en 1999? à qui s’est il adressé dans le pouvoir algerien et en dehors pour avoir carte blanche? qu’est ce qui fait sa "force" ? comment arrive t il à s’imposer pour un troisieme mandat apres 2 mandats nuls? Bouteflika detiendrait il des informations particulieres sur le "mode de fonctionnement" de la societé algerienne? qu’en est il de sa pseudo maladie et de son voyage au val de grace avec un cheb mami dans cette histoire? ……..Bouteflika semble detenir beaucoup d’informations "strategiques" concernant l’Algerie…il faut les decouvrir.

  22. "Mais pourquoi donc voulez-vous que je commence une carrière de dictateur à 68 ans?" s’exclama de Gaulle lors d’une conférence de presse. La tentation, ou le risque, même pour de Gaulle étaient donc bien là. Votre exposé Monsieur Larbi Chalabi est comme de coutume très documenté et se veut convaincant. Pardonnez moi de nuancer cependant la comparaison qui est faite avec le Général (de Gaulle). Un homme d’état, et cela est parfaitement normal, veut marquer son passage et laisser une trace. C’est un aspect fondamental de la personnalité d’un homme politique et Abdelaziz Bouteflika ne peut se soustraire à cette règle que les psy et les étudiants en sciences politiques apprennent sur les bancs d’école.
    Un chef d’état considère qu’il est en mission et souvent même divine. Qu’il a été investi de pouvoirs exceptionnels qui dépassent le commun des mortels. Il se prend lui même à son propre jeu et il est convaincu qu’il détient la vérité. Aussi il n’est pas étonné qu’autour de lui tout semble fonctionner ( c’est Grâce à lui !); il peut gérer des sommes colossales, faire la guerre, nommer des ministres, les dégommer, pas de panne électrique ( de Gaulle, lui, payait sa facture à l’Elysée), de l’eau en abondance, des voyages en avion privée, des courtisans serviles à profusion, des routes goudronnées libres d’accès, des murs toujours propres et des foules en liesse qui crient leur joie de le voir, le toucher, l’embrasser, lui parler… Ce peuple qui, je cite « dans son infinie mansuétude saura lui pardonner ces 9 ans d’errance politique. » De quoi être grisé. Ce phénomène est bien connu et ne peut se produire que si l’individu est prêt à jouer ce rôle. Mais il veut que ce soit le premier rôle, celui du héros, admiré, adulé, envié, qui ne ressemble à personne je dis bien à personne. Il est unique et le comparer à qui que ce soit est considéré comme blasphématoire.
    Abdelaziz Bouteflika correspond vraisemblablement à ce profil et ses pairs (mais n’est-il pas le primus inter pares) le savent et le laissent faire car ils n’ont que des velléités vite étouffées. Un internaute demande : « qu’est ce qui fait sa "force" ? ». Probablement un immense complexe qui frappe davantage ses proches et collaborateurs : « le complexe de l’imposteur ». Un complexe ravageur qui mine toutes les tentatives d’appropriation du Pouvoir. Souvenons nous ; est ce Kasdi Merbah, éminence grise, qui a succédé à Boumediene ? Après la « démission de Chadly », personne ( Nezzar en tête) n’a osé prendre les commandes alors que la place était à prendre et il fallut faire venir Boudiaf. Bouteflika est un homme de pouvoir, c’est ce qui fait sa force. Les imposteurs, en modérant l’ouvrage de Mohamed Benchicou, sont ceux qui sont timides et veulent faire croire qu’ils sont des faiseurs de rois et peuvent accéder au Saint des Saints. Et cela, le président Bouteflika le sait. C’est pourquoi il ne sert pas ses maîtres car il est le maître.
    elMenfi

  23. Mr El Menfi. Vous le savez très bien. De Gaulle n’est pas né en 1958 sur les décombres de la 4ème république. C’est avant tout l’homme du 18 juin 1940 qui refusa la capitulation de la France devant l’Allemagne Hitlérienne. De Gaulle a quitté le pouvoir en 1946, lassé des mièvreries politiciennes des partis de l’époque toutes tendances confondues. Il s’est retiré chez lui, à Colombey-les-deux-églises, et ne revint que lorsque la république (la 4è) est arrivée au blocage institutionnel. C’est le président Coty qui dans un discours mémorable daté du 29 mai 1958 appela De Gaulle à la rescousse. Voici un petit extrait du discours de René Coty qui témoigne de l’estime que le peuple français témoignait à De Gaulle.
    « ..Dans le péril de la Patrie et de la République, je me suis tourné vers le plus illustre des Français, vers celui qui, aux années les plus sombres de notre histoire, fut notre Chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant ainsi réalisé autour de lui l’unanimité nationale, refusa la dictature pour rétablir la République ».
    Il est évident que De gaulle connaissait les sources du problème de la 4è république. Il avait, en fin stratège, posé des conditions à son retour, notamment l’élaboration d’une constitution qui lui donnerait les pouvoirs nécessaires pour conduire son action politique. Ces conditions furent acceptées. Certains le soupçonnaient de vouloir instaurer une dictature. Il répondit avec la phrase que vous citiez au tout début de votre commentaire.
    J’essaie de chercher des analogies entre le parcours de De Gaulle et celui de Bouteflika, les conditions dans lesquelles l’un et l’autre sont arrivés au pouvoir, la vision qu’ils en ont du pouvoir, les projets de société qu’ils incarnent, l’élan populaire qui leur fait accroire qu’ils sont l’un et l’autre des hommes d’exception. Rien, chez Bouteflika ne rappelle le général de Gaulle. C’est pour cela que j’ai parlé d’un costume trop grand pour lui. Reste l’ambition politique. Quand on prend le risque de confronter l’Allemagne Nazie et le régime capitulard du Maréchal Pétain et que de surcroit on en sort vainqueur, on est en droit de croire en la singularité de son destin et d’avoir une idée de soi qui rappelle celle du Sauveur. Ce n’est pas le cas de Bouteflika. Quand le seul fait d’armes connu de notre cher président demeure une obscure et fugace présence malienne qui relève davantage d’une affectation disciplinaire que d’une ouverture d’un front sud connu pour la sérénité légendaire de ses dunes, on ne convoque pas l’histoire avec l’arrogance des parvenus. Quand de surcroit on n’a pas de projet défini pour le pays sauf à vendre une réconciliation mal conçue, mal ficelée qui tarde à donner ses résultats, alors, pour paraphraser le Général De Gaulle, on n’a pas le droit de ‘’Sauter sur sa chaise comme un cabri et crier’’: Ouahda Thalitha. Pourquoi faire SVP ?

    Je vais vous dire une chose que je crois profondément. Si Bouteflika se sent si grand dans sa petitesse c’est que nous ne valons pas grand chose en tant que peuple!

  24. Monsieur Larbi Chelabi, je vous parle du Président Bouteflika, de sa personnalité, de ses traits de caractère et vous revenez à cette comparaison avec le Général de Gaulle. D’abord, et je l’ai commenté, il y en a pas. ( sauf en ce qui concerne le profil d’un homme de pouvoir). Ils sont différents et votre opiniâtreté à vouloir prouver que l’habit de l’un est trop grand pour l’autre met en exergue un antagonisme qui se dessine plus clairement. Deux de vos réflexions interpellent : « J’essaie de chercher des analogies entre le parcours de De Gaulle » et « si Bouteflika se sent si grand dans sa petitesse c’est que nous ne valons pas grand chose en tant que peuple! ». Je peux l’interpréter ainsi : Est ce lui qui est grand ou vous qui vous sentez petit ? J’opterai pour cette seconde hypothèse en reprenant encore votre propos déjà cité : «le peuple, dans son infinie mansuétude saura lui pardonner ces 9 ans d’errance politique. ». En même temps que vous grandissez le Général, vous réduisez la dimension de l’Algérien. C’est la même dialectique. Il serait intéressant d’aller chercher d’où provient ce sentiment. Mais puisque vous tenez à les comparer, et sans prendre la défense du Président Bouteflika, il faut aller jusqu’au bout et l’associer à la grandeur de notre Peuple qui a combattu le colonialisme français comme de Gaulle l’a fait contre l’Allemagne nazie. Ce n’est pas parcequ’il est aujourd’hui au pouvoir que cela doit être nié .
    Cordialement
    elMenfi

  25. Mr El Menfi, vous avez tendance à couper les cheveux en quatre. J’ai remarqué qu’à chaque fois que vous faites une intervention vous avez l’art de découper les phrases des autres au scalpel pour extraire la partie qui aidera à démarrer votre réflexion. Je ne sais pas quel métier vous faites mais il ne doit pas être loin de la psychologie. Mon propos est fort simple: je ne suis pas d’accord quand vous dites que l’homme politique, quel qu’il soit, doit pour mener à bien sa mission se sentir investi d’une mission divine qu’il soit De Gaulle ou Bouteflika. Vous m, en voyez navré! Il y a des hommes d’exception qui ont été éprouvés par l’histoire et qui ont éprouvé l’histoire. Ceux là peuvent se prévaloir d’une certaine aura politique et agir comme des sauveurs, des petits pères du peuple. Les autres, les petits qui n’ont pas cette aura et ce n, est pas une tare doivent gérer au mieux les mandats qu’ils recoivent du peuple avec toute la modestie qui va avec. Ceux qui se pensent plus qu’ils ne le sont ont des problèmes psychiatriques à régler et vite. Quand vous dites que cette attitude (la griserie du pouvoir) est normale et que vous allez jusqu’à dire qu’on l’enseigne aux élèves de première année en sciences politiques alors je dis que c’est faux. Et si c’était vrai alors il faudra déconseiller à tous les étudiants de fréquenter cette filière de malades mentaux. Salutations

  26. Si Chelabi, mon activité professionnelle n’a aucune espèce d’importance dans le cas présent et vous qui êtes un participant régulier de ce forum vous devriez savoir que nos activités sont multiples. Aussi, couper les cheveux en 4 ! Pas assez cher mon fils ! Je les coupe en 12, 14, 18 et même à l’infini…et tant mieux si vous n’êtes pas d’accord avec moi. D’ailleurs je ne le suis pas avec vous lorsque vous parlez « de l’aura des petits pères du peuple ». N’est ce pas Staline que l’on nommait ainsi ? Un petit père fouettard ! Relisez bien ce que j’ai écrit. Je n’ai pas dit: « Un homme politique, quel qu’il soit, doit pour mener à bien sa mission se sentir investi d’une mission divine », mais qu’il doit être prédisposé à recevoir ce qu’il va considérer comme une mission divine. Un homme d’Etat n’est jamais modeste. Et cela est enseigné sur les bancs d’école !
    Mais puisque vous voulez avoir raison, je vous laisse le penser en fredonnant cet air des années de braise « « Ya di Gaulle, barka matenbah, chi makoul manhatouch lesslah » Fin de l’épisode.
    elMenfi

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