Déclaration de solidarité du Cla à Abdelkader Kherba

Le 10 mai et le 05 juillet 2012, sont deux dates charnières dans l’histoire de l’Algérie souveraine, écrit le Conseil des lycées d’Algérie dans une déclaration dont voici la suite.

Le premier événement est celui des législatives, le deuxième aussi important que le précédent c’est la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du pays. Malheureusement ces deux événements n’intéressent pas la majorité des citoyens algériens issus de la  couche sociale défavorisée et qui continuent à souffrir d’injustices sociales instaurées par un régime contraignant et plein de restrictions. A quelques jours avant les élections législatives, nous assistons à un ensemble de faits marquants, caractérisés par des troubles sociaux, politiques et économiques :

Le premier fait marquant. Abdelkader Kherba, un chômeur, militant du Comité national des chômeurs est arrêté et incarcéré à la prison de Serkadji, son délit c’est d’avoir manifesté à Alger aux côtés des greffiers qui revendiquaient l’amélioration de leurs conditions de vie. Devant ce fait accompli le tribunal de Sidi M’hamed a prononcé un lourd verdict contre ce jeune homme :  trois ans de prison ferme.

Le deuxième fait marquant. Au complexe de Cevital à Bejaia, trois employés sont évacués en urgence à l’hôpital après avoir déclaré une grève de la faim, pour protester contre des mesures arbitraires prises par la direction du complexe à l’encontre de ses travailleurs. Il faut signaler que sur les 27 salariés traduits devant la Commission de discipline à cause de la grève, 17 ont été licenciés, c’est ce qui a engendré un mouvement de protestation au sein de l’entreprise.

Le troisième fait marquant. A Sidi Bel Abbes, quatre personnes logeant dans des habitations insalubres, sont en grève de la faim depuis trois jours et ce pour réclamer leur relogement, elles sont évacuées à l’hôpital docteur Hassani pour des soins.

Face à cette effervescence de la couche sociale démunie et opprimée, face à une situation catastrophique marquée par un grand mouvement de protestation, le Conseil des lycées d’Algérie ne peut rester indifférent et réagit vivement contre ceux qui enfreignent la loi et ne respectent pas les droits minimes des citoyens algériens, à savoir le droit à une vie descente, au logement, au travail, aux libertés syndicales, à la santé et le droit à l’éducation. Le CLA (le Conseil des lycées d’Algérie) exprime sa colère contre les autorités algériennes qui ont adopté un comportement irresponsable et répressif avec les contestataires pacifistes qui ne demandaient que leurs droits. Le CLA voit en ces actes irréfléchis, une atteinte aux libertés d’expression, au droit d’organiser des manifestations ce qui engendrera des conflits entre gouvernés et gouvernants, ces derniers qui ne répondent pas aux aspirations de la population à la veille des élections législatives.

Le Conseil des lycées d’Algérie s’indigne contre le sort réservé aux citoyens algériens et se dit solidaire avec les grévistes de la faim de Cevital, solidaire avec les habitants de Sidi Bel Abbès et il se mobilise pour la libération immédiate de Abdelkader Kherba. Le CLA est persuadé que le respect des droits économiques, sociaux et culturels est indissociable des droits civils et politiques, c’est pour cette raison qu’il s’engage à travailler en commun avec des organismes, national, régional et international pour faire respecter les droits des citoyens algériens. Le CLA est prêt à s’allier aux grévistes de la faim pour faire entendre leurs voix et dénoncer l’abus de pouvoir et le non-respect de la Constitution.

Alger, 28 avril 2012

4 commentaires

  1. C'est bien de se dire solidaire de ceux qui sont opprimés et soumis à cette politique sadique et criminelle(surtout en ces temps d'anesthésie générale en Algérie), mais le soixante septième kidnapping a eu lieu en Kabylie, sans que le CLA n'y fasse même pas allusion ! C'est incroyable, à croire que la myopie s'est généralisée !!

  2. @Ravek Aksel! Yaw Faqou! arrête de faire diversion avec ton soi disant kidnapping en Kabylie! Là en l'occurrence on parle de revendications sociales et non de faits divers!
    libération immédiate de Abdelkader Kherba.

  3. Les Algeriens ont bien ce qu'ils méritent, c'est bien fait pour eux car ils continuent à cautionner ceux qui ont ruiné le pays, le régime ne tolère rien même pour manifester un droit qui est reconnu par la constitution, même si celle-ci nécessite un changement, à savoir faire grève ou sortir dans la rue pour protester. Cela dit, le régime a tout fait pour ridiculer l'école pour qu'il n'y ait plus de relève au niveau politique, culturel, social et économique. Lorsqu'on voit alger à travers ses plus belles rues d'antant à savoir : Rue d'isly, rue michelet, place meissonnier, rue Charas, ect… Il ne reste plus rien! Les cinémas fernés, un tohu bohu partout, la poussière, beaucoup de monde, les agressions à plein jour, Alger est au chômage, à l'arrêt.. Justement, c'est comme ça qu'il préfère le régime rentier. Donc tant pis pour nous!! Moi, Numédien, Kabyle, Algérien, natif d'alger, je n'ai jamais cautionné le régime totalitaire, maffieux, corrompu, têtu comme une mule, il veut à tout prix briser notre culture ancestrale, notre identité, il voudra faire de nous d'autres êtres humains, il veut effacer toute la trace berbère, mais il ne pourra jamais, jamais, jamais. Mustapha from canada.

  4. Ce qui se passe en Kabylie n'intéresse que les Kabyles monsieur Raveh. les non-Kabyles ne sont là que pour se prononcer contre l'autonomie, qui pourrait atténuer leurs souffrances ..

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