Le gouvernement cherche par tous les moyens à impliquer les familles des victimes des attentats du 11 décembre dans son différend avec l’ONU, à propos de la commission d’enquête indépendance dépêchée par l’organisation internationale. Pour ce faire, et en guise de « réponse » à Ban Ki-moon, le ministère de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès, a imaginé d’organiser une rencontre avec les familles des victimes, au siège de son ministère, similaire à la cérémonie dédiée à la mémoire des victimes de l’attentat d’Alger, organisée hier à Genève. Cette rencontre, qui s’ouvrira mercredi matin, en présence des familles des disparus, est conçue par ses promoteurs comme une riposte directe à l’initiative onusienne, dénoncée comme une décision hostile par les autorités algériennes. Rappelons que la rencontre de Genève devait également se pencher sur santé physique et psychologique des les fonctionnaires onusiens blessés dans l’attentat.
Il est attendu que le Secrétaire général de l’ONU donne des précisions au sujet de l’enquête indépendante.
La réaction du gouvernement algérien, qui s’était jusque là contenter d’une simple condamnation verbale de la décision de M. Ban Ki-moon, a pris aujourd’hui une nouvelle dimension.
La polémique entre l’ONU et les dirigeants algériens ne semble pas prête à s’éteindre.





Si l’algerie est si propre pourquoi autant de prise de tete monsieur Belkhadem? Avez vous des choses à vous reprocher? sous pretexte de garder la souveraineté du pays dejà entravée à plusieurs reprises!! ce que vous avez caché à ces familles et à toutes l’algerie…
On nous utilise, on nous manipule… et quoi encore?
Peuple ici, gentil peuple, couché peuple, sage peuple… un jour tu finiras par etre mordu..
je ne voiex pas comment les politiciens peuvent tirer avantage de cette situation. Excuser ma naivté, mais je ne suis pas encore leurs niveau de vice.
et si c’est vraiment la cas. c’est que le spoliticiens algériens ont atteinds un degré de décomposition et de bassèsse que même le pire des criminel ne se permerttrait pas
le pouvoir se prepare, effectivement à organiser une grande marche "spontanée" à travers tt le pays. Les Algeriens doivent savoir que si le pouvoir mafieux cherche a éviter cette enquete c qu’il est impliqué jusqu’au cou. sinon POURQUOI la refuser puisque il dis arriver à la meme conclusion ?????.Je ne cherche pas àinnocenter le terrorisme mais l’attentat du 11/12 étais un reglement de compte entre les clans du pouvoir, dommage ns n’avons pas de journalistes sinon tt l’affaire est claire,
Par ce comportement, les autorities algériennes sont entrain de semer du doute sur les commandataires, les auteurs et les objectifs de tous les attentats et tueries commis en Algérie. Que peut bien nous révéler cette enquête internationale qui puisse gêner le régime algérien? Le pouvoir a du mal à justifier sa réaction, il devrait être coupable de quelque chose.
Pour ma part, il y a déjà si longtemps que je suis convaincu que le régime qui a tiré sur les 126 Kabyles; qui a assisté en spectateur un certain soir à Bentalha au massacre de plus de 400 citoyens innocents; qui a camoufflé l assassinat de Boudhiaf par une enqête bidon; qui a assassiné Krim Belkacem et Mceli en Europe, a tout à craindre des enquêtes internationales qui peuvent bien le conduire à La Haye.
"Saïd Mekbel, une mort à la lettre", de Monika Borgmann
Les bouleversantes confessions d’un chroniqueur de génie
C’est un livre qui donne la chair de poule que viennent de publier, à Paris, les éditions Téraèdre. Ce sont des entretiens donnés en décembre 1993 par Saïd Mekbel à Monika Borgmann. Une année après, le 3 décembre 1994, l’enfant de Bgayet (Béjaia), dans la basse Kabylie, était assassiné à Alger.
Saïd Mekbel était à ce moment là directeur du quotidien Le Matin. Celui qui écrivait le fameux billet, Mesmar Djeha, savait qu’il allait mourir. Et pourtant il n’avait pas voulu quitter l’Algérie. Il voulait résister dignement, jusqu’au bout. Il voulait aussi écrire un roman qui ne passerait pas inaperçu ; c’était son plus grand rêve. "Je crois qu’on veut réellement sacrifier pour sacrifier une partie de la population. Mais je suis troublé maintenant. Je suis troublé parce qu’au début, je me disais que c’étaient les intégristes qui tuaient. C’était facile. C’était confortable, c’était peut-être pas loin de la vérité.
Mais plus on avance sur les assassinats, plus on réfléchit, plus on se dit que ce ne sont sûrement pas que les intégristes. C’est sûrement une mafia, comme la mafia italienne, américaine ou japonaise. Donc, il y a les intégristes et puis il y a aussi la mafia. Ils tuent soit pour établir un nouveau régime, soit pour protéger leur régime", dit Saïd Mekbel à Monika Borgman, le 4 décembre 1993.
Pourtant, à cette période-là, le quotidien Le Matin soutient ouvertement les militaires algériens. Dans ce livre d’entretiens impressionnants et vrais, Saïd Mekbel va au fond du mal algérien et cite des noms de responsables (dont certains sont toujours au pouvoir) et les accuse de crimes. Saïd Mekbel revient également, dans ce livre, sur son parcours d’ingénieur et de physicien, sur son passage au quotidien Alger-Républicain (publication où Albert Camus a fait ses débuts dans le journalisme) avant que ce journal ne disparaisse à la suite du coup d’état du colonel Houari Boumediene en 1965.
Saïd Mekbel avait été arrêté par la sécurité militaire en 1967 et n’avait pas échappé à la torture. "C’était un combat, ils te torturaient un peu, parce que c’était leur métier et ils attendaient que tu résistes. C’était un match. C’était une compétition pour eux. Une fois, un de mes tortionnaires m’a dit, deux jours après m’avoir torturé : "ah, c’est bien, tu as résisté, c’est bien, je te félicite". Il te torture et après il te félicite. C’est toujours un rapport de force. Il ne faut jamais perdre sa supériorité sur l’autre. Et la seule arme qu’on possède, c’est la réflexion. Il faut sentir l’autre, appréhender comment lui te perçoit. Certains de mes rapports avec mes tortionnaires se sont transformés. Vers la fin, l’un d’eux m’a demandé si je pouvais lui faire une lettre pour son supérieur afin que l’on revoie sa situation.
Voilà des tortionnaires qui viennent te voir pour que je leur écrive une lettre, c’est quand même terrible", avoue Saïd Mekbel, l’auteur de cet inoubliable billet, le dernier qu’il avait écrit, intitulé "Ce voleur qui…".
Youcef Zirem
Affaire Mécili : deux mandats d’arrêt émis contre les assassins
Etouffée pour raison d’Etat depuis 20 ans, l’affaire d’André Mécili vient de rebondir. Le juge Français Baudoin Thouvenot a en effet lancé le 7 décembre un double mandat d’arrêt international contre deux responsables de l’assassinat le 7 avril 1987 de Mécili, l’une des figures marquantes de l’opposition démocratique au régime d’Alger. Il a été exécuté à bout portant de trois balles dans la tête devant son domicile parisien sur ordre de la sécurité militaire algérienne (SM) avec « la bienveillance de la police, qui dépend alors du ministre de l’intérieur Charles Pasqua » [1]
André Mécili, 47 ans, était réfugié politique en France depuis 1965 et faisait office de porte-parole de Hocine Aït Ahmed, chef du Front des Forces Socialistes (FFS). Ce dernier, auteur d’un livre sur cette affaire [2], avait accusé juste après l’assassinat de Mécili "les services" algériens d’être derrière le crime.
Le premier mandat concerne le tueur lui même, Abdelmalek Amellou ; un truand et proxénète algérien. Il avait été interpelé à Paris deux mois après l’assassinat de Mécili et avait reconnu qu’il travaillait pour le compte de la Sécurité Militaire algérienne, mais au lieu d’être traduit devant la justice française, il a été "expédié" à Alger à l’issue de sa garde à vue en France. Arrivé à destination, Il a été laissé en liberté. Selon le juge, l’enquête ouverte en France sur cet assassinat politique a démontré qu’Amellou "était en relation avec des membres de la Sécurité Militaire ou des officiers de l’armée algérienne et qu’il possédait un ordre de mission du capitaine Hassani."
Le second mandat vise le dénommé Mohamed Ziane Hassani, un capitaine du Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Il est consul d’Algérie à Bonn en Allemagne. Il aurait, à l’époque, pour mission d’assurer le suivi de l’exécution de l’avocat kabyle.
Selon plusieurs sources, ces nouveaux rebondissements interviennent après l’audition par le juge Thouvenot le 2 juillet 2003 de Mohamed Samraoui, un officier dissident, exilé politique en Allemagne. Il était au moment de l’assassinat de Mécili, responsable d’une "section de prévention économique de l’armée pour la région Est".
D’après le juge Thouvenot, Mohammed Samraoui auditionné en qualité de témoin dans cette affaire, a déclaré avoir "assisté à une réunion fin juin-début juillet 1987, au cours de laquelle Amellou a reçu des mains de Hassani une forte somme d’argent en liquide, qui n’était visiblement qu’une partie de ce qu’il devait recevoir", à savoir 800.000 francs français.
Hicham Aboud, un autre ex-officier de la Sécurité Militaire, également auditionné par le juge, a confirmé cette information.
Paris a tout fait durant les deux dernières décennies pour étouffer cette affaire et a toujours couvert le pouvoir d’Alger. Des officiels français ont même poussé leur zèle très loin. Charles Pasqua, le ministre français de l’Intérieur de l’époque a déclaré dans les heures qui ont suivi l’assassinat de Mécili, dans un appel téléphonique à l’ambassadeur d’Alger à Paris, que "l’Algérie n’a rien à voir dans cette affaire". Cette couverture a permis par la suite au pouvoir algérien de faire la sourde oreille à la commission rogatoire internationale qui lui a été adressée le 4 septembre 1998.
Sur les raisons de l’assassinat de l’avocat berbère, Jean Lacouture écrivait dans la préface du livre de Michel Naudy consacré à cette affaire [3] "André Mécili était non seulement un opposant très actif au régime de Chadli, l’animateur du journal Libre Algérie, le très habile négociateur de la réconciliation entre les deux chefs de l’opposition (Ndlr : Aït Ahmed et Ben Bella), mais il était également mêlé à des démarches pour la libération des otages français au Liban dont Alger voulait monopoliser l’initiative et les bénéfices. Il était en outre porteur de secrets susceptibles de gêner bon nombre de hiérarques du FLN".
"Quant au mobiles des dirigeants français, il faut les trouver dans le permanent souci des héritiers du régime colonial de ménager les héritiers des colonisés, dans l’intrication des intérêts et des services … " [4], écrivait le journaliste français.
Le mandat d’arrêt du 7 décembre 2007, émis contre la volonté du parquet de Paris, vient de briser la loi du silence qui régit les relations franco-algériennes. Tout dépend pour le moment de la suite qui sera donnée à cette affaire, surtout que Nicolas Sarkozy n’a pas arrêté de clamer son intention de fonder, sur de nouvelles bases, les rapports franco-algériens que l’affaire de Mecili mettra sûrement en épreuve.
Reste à savoir quelles seraient les chances de voir aboutir les deux mandats d’arrêt internationaux. "Normalement, si la procédure va à son terme, les deux hommes seront un jour jugés par une cour d’assise à Paris, qu’ils soient présents ou non" avait déclaré à l’Agence France Presse Antoine Comte, avocat d’Annie Mécili, la veuve de l’opposant kabyle au régime algérien.
Lhoussain Azergui
Le problème est que le régime algérien a réussi à duper et manipuler presque tout le monde; les journalistes, les intellectuels, les gens ordinaires, etc. On s’acharne sur les intégristes islamistes (qui c’est vrai ne sont pas innocents), mais on ferme les yeux sur ce que fait le régime. Bien des hommes échappés à l’intox du régime ont essayé de briser ce charme qu’exerce le pouvoir algérien sur les Algériens et même les étrangers, mais hélas, on les a considéré des traîtres ou des alliés d’islamistes. Quand le régime veut le soutien d’une catégorie sociale, il vise un de ses membres et il colle le meurtre sur le dos des islamistes. Pour rallier les moudjahids, le régime a profané des tombes de martyrs; pour rallier les journalistes, il a sacrifié Said Mekbel, Smail Yefseh, etc; pour rallier les artistes, il a assassiné Matoub, Cheb Hasni, etc; pour rallier les intellectuels, il a ravi à la vie Boucebsi, Djaout, etc; pour rallier des populations entières, il a facilité ou ordonné la tuerie de Bentalha, etc; pour s’assurer la fidélité des gendarmes, policiers et militaires de bas grades, il y fait des victimes; bref, le terrorisme islamiste n’est qu’un alibi. Il n’aurait jamais duré aussi longtemps, si le régime n’en tirait pas profit. A quand se réveillerons-nous?