Révision de la constitution, charia et libertés fondamentales

Janus l’Algérien, dieu du statu quo, s’apprête à offrir un vil cadeau au peuple pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance nationale : une révision constitutionnelle hors du temps, de la citoyenneté et des libertés fondamentales.

C’est pour cela que le boycott des législatives de 2012 est légitime et la désobéissance civile un droit qui rétablit le peuple dans sa souveraineté, par l’action libre pour la constitution d’un Etat de droit. Pour renforcer l’illusion du changement, qui lui a été imposé par la conjoncture internationale, et pour tromper l’opinion nationale, le pouvoir central procède actuellement à des manœuvres, pour laisser la voix libre au nouveau plan de ravalement de la façade démocratique. Constituée par la coalition FFS, RAV (rassemblement de l’Algérie verte), Bouteflika et son cercle de proches conseillers assistés par les services qui demeure le centre du pouvoir de décision. D’abord, par la récupération de Karim Tabbou de sa position de boycott des législatives, pour neutraliser toute possibilité d’implosion du FFS, qui représente le dindon de la farce de cette grotesque manipulation. Ensuite, par l’implosion et l’affaiblissement du FLN et du RND par les services, au pire par la fraude électorale si nécessaire, pour leur éventuelle exclusion, afin de satisfaire la demande populaire qui ne veut plus d’eux au gouvernement. Il n’est pas exclu non plus que le parti des travailleurs de Louisa Hanoune ne rejoigne le FFS pour équilibrer la présence au sein de l’assemblée nationale entre le FFS et le RAV, pour exclure toute possibilité d’hégémonie des islamistes. L’association du FFS et du RAV qui semble à priori contradictoire, tenant compte de leurs lignes idéologiques respectives qui sont aux antipodes, dont le RAV, qui se réclame d’un islam politique et qui est favorable à l’application de la charia, même partielle, le FFS et le PT plutôt favorables à un État laïc, a été réglée par une déclaration fracassante de Hocine Aït Ahmed président du FFS, qualifiant les partis laïcs, refusant d’être complices de cette illusion du changement, d’intégristes anti-islamistes.

La démarche du FFS et du PT n’est pas un tournant dans leur principe idéologique. Cette stratégie d’accès au pouvoir au détriment de leur identité politique affichée, à déjà était mise en œuvre à Sant’Egidio en 1995. À cette époque, ils avaient aussi trouvé un compromis pour leur association avec le FIS dissous, pourtant partisan d’une stricte application de la charia. Par ailleurs cette campagne de rapprochement du FFS avec le courant islamiste avait été accéléré durant le second semestre de l’année 2011, par une série d’articles**, notamment, de l’un de ses idéologues, Arezki Derguini, actuellement tête de liste du FFS a Bejaia, justifiant le référence à la charia pour une éventuelle constituante, dans un « bricolage« *** discursif, autiste à la raison universelle et enrobé d’un populisme circonstantiel à qui veut l’entendre.

La démarche de cette hybridation idéologique consiste en une stratégie discursive, qui pour clore le débat, avant même de l’engager, met en avant une société croyante et sa foi en l’islam. C’est un impératif de méthode et de rigueur scientifique, pour tout discours et tout savoir, que de préciser son objet et d’en clarifier le lexique comme la sémantique. Parler de l’islam nécessite de dissocier les principes moraux du système politique, les commandements religieux du droit positif, en un mot, le dogme de l’histoire. La perception de l’islam qui sert de référence à cette idéologie est un corpus intellectuel produit dans un certain contexte historique. Ce corpus donne une certaine lecture du dogme, qui a aussi imposé une certaine conception de la religion, de la société, de ses institutions politiques, de ses mœurs et de sa régulation. Cette perception de l’islam continue d’être déterminante pour la pratique sociale. Cette lecture du dogme, ne prend pas compte de la réalité historique, Elle en fait une représentation dont se nourrit encore l’imaginaire collectif de la société musulmane. Elle se généralise aujourd’hui aussi bien à l’islam politique contestataire, qu’a celui du nationalisme conservateur véhiculé incontestablement par le parti du FFS.

Ce corpus a émergé à l’époque où un discours dominant a fini par s’imposer vers le XIe siècle autour des acharites en tant qu’expression authentique de la doctrine du sunnisme. À cette époque fut établie l’orthodoxie en mode de pensée dont les dogmes et les principes sont élaborés dans le cadre de cette doctrine. Depuis la même pensée unique s’est imposée, inaugurant un millénaire d’occultation et de censure. La diversité des courants fut méconnue, et la pensée libre et rationnelle purement et simplement évincée. Cette pensée unique s’est faite orthodoxie et est encore largement dominante, paralysant l’esprit critique, enfermant la masse dans ses certitudes. Signant la victoire de Ghazali sur Ibn Roshd, de l’antirationalisme sur le rationalisme. Ce discours dominant rempli de normativité, et qui se veut lui-même normatif, sacralisé, il se refuse au changement, immuable et inaltérable. Il est répété tel quel depuis des siècles. C’est au nom de ce discours que parle l’islam politique et le nationalisme conservateur.

C’est aussi à ce discours que se réfèrent le pouvoir algérien et ses idéologues d’occasion, dans une démarche coercitive, et à l’histoire qu’il a produit qui est comprise comme processus de mise en place d’un État, en tant que système institutionnel, un complexe de structures comportant des institutions et des régulations conçues pour fonctionner harmonieusement et efficacement. Ce système, qui présuppose un ordre de droits, un système de valeurs, sert d’une façon assurée, les objectifs pour lesquels il a été conçu et mis en place. Mais ce système, pose problème, quant à son adéquation à sa fonction, qui consiste dans sa capacité à répondre aux aspirations du peuple, universellement partagées, celles d’égalité des droits, de participation politique, de progrès économique et social et d’épanouissement culturel. Car, ce sont ces valeurs et aspirations fondamentales, constituant un socle de droits universels, adoptées à l’échelle de l’humanité entière, qui définissent le rôle de l’État, et non l’accomplissement de quelque conservatisme dérivé de la jurisprudence islamique médiévale et légitimée au nom de l’islam. L’histoire, ici convoquée, pour les fondements de l’État algérien et la révision constitutionnelle qui s’annonce, condamne la société à subir un décalage par rapport à la contemporanéité et prive ses sujets d’accès à la citoyenneté et aux libertés fondamentales.

Devant cette future assemblée nationale, qui s’apprête à se dessiner aux couleurs nationalo-islamiste, et qui laisse présager la reconduction du conservatisme propre à l’islam politique, associé à son corollaire, la brutalité de l’autoritarisme que veille la police politique, la révision constitutionnelle qu’elle annonce, qui sera à l’image de cette assemblée sans substance politique contemporaine, ne peut déboucher autrement qu’à un simulacre de transition vers un leurre de démocratie. Un vil cadeau, que le pouvoir promet d’offrir sournoisement au peuple pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance nationale. Confié machiavéliquement à une sorte de Janus algérien, dieu du statut quo, nain de surcroît en toute compétence, dépourvu de la face tournée vers l’avenir, vers la transition et vers le changement, figé sur le passé et sur le discours identitaire et reclus dans une fantasmagorique transition prêtée au 1° novembre 1954.

Le discours identitaire considère que l’universalité de la modernité cache la vocation expansionniste de l’Occident. Le problème est que la modernité n’est pas seulement une grille d’analyse : elle est aussi une réalité concrète qui s’universalise. En se détachant de son origine, ne se situant plus dans la continuité historique de la rationalité occidentale, elle devient indifférente au cadre spatio-temporel dans lequel elle s’insère. La question est comment être moderne sans se renier ? Faut-il, pour rester fidèle à soi, renoncer au monde ?

Pour s’en sortir de ce dilemme, une démarche constructive s’impose, afin de déplacer le questionnement sur le présent, d’identifier les impasses et les causes du statut quo. Déconstruire le système de production du discours, du savoir et de la légitimité imposée par la tradition. Songer ainsi à l’avenir et entrevoir des perspectives.

Depuis l’indépendance nationale, le pouvoir algérien a échoué à réaliser la transition vers la contemporanéité, faire passer la société du modèle traditionnel à une organisation sociale moderne. L’Algérie demeure toujours, scientifiquement arriérée, économiquement sous-développée et faible politiquement, socialement et culturellement. Ce retard est en grande partie amputable à la confusion du religieux et du politique, par l’entremise de la charia dans toute action normative. La charia désigne la voie tracée par dieu ( tariq ou sabil ) et sert à proscrire le droit. La notion de voie prend ainsi le sens de loi. La charia devient un système cohérent qui tend à réaliser la conformité de la cité des hommes à l’ordre du dieu. Elle a été entendue dans le sens de normativité ou de réglementation. Comprise dans ce sens, elle est constitutive d’un système qui tend à embrasser tous les aspects de la vie du croyant, de même qu’elle tend à régenter tous les secteurs de la vie sociale : les relations privées, l’économie, le droit public, l’organisation des pouvoirs politiques, le culte, la foi, y compris même l’enseignement et l’Éducation nationale.

Dans la modernité, c’est le rationalisme qui est la raison théorique, et c’est un nouveau rapport à la politique, à la religion, à la morale et au droit qui en est la raison pratique. La politique est fondée sur la démocratie et le contrat social, le droit sur la volonté de l’État et les droits humains, la morale sur la subjectivité et la religion sur la laïcité. Ne pas situer le discours et la pratique, c’est faire croire que l’islam traverse le temps sans en être affecté. Se référer à des expériences concrètes sans les rattacher à leur contexte historique rend illisibles les ruptures et les évolutions.

Deux modèles de société s’opposent donc, l’une traditionnelle, l’autre moderne. L’une ordonnée autour d’une foi réduite à une loi, l’autre autour d’un droit qui revendique son autonomie. Ce conflit n’est pas seulement relatif au contenu des règles, il met en cause la structure même de la société et de l’État.

C’est, d’un droit autonome, libéré des totalités théologiques, que se revendique la modernité. Il est ce qui cimente la société citoyenne. La démocratie s’appuie sur le droit. C’est bien autour du droit que s’ordonne le corps politique, lui aussi autonome. Ce n’est pas seulement d’un point de vue pratique qu’est reconnue l’autonomie de l’instance juridique. C’est aussi en termes de connaissance que celle-ci se donne à voir. En tant que mode de savoir indépendant.

L’État fondé sur la charia est ambigu, confus dans son être et dans son statut. Il est défaillant sur son principal élément constitutif : la pleine souveraineté juridique : dire la loi et en assurer l’application. Comment partager la force publique avec des sectes religieuses qui imposent leur conception du droit fondée sur le dogme religieux ? Un état qui n’a pas le monopole de la contrainte, de la violence légitime, au sens de Max Weber, il ne peut exercer pleinement sa souveraineté sur la totalité de sa population. L’État ainsi défini, pour qu’il puisse exister, est amené à exercer un pouvoir autoritaire et faible. Ne remplissant pas pleinement ses fonctions, celles qui sont inhérentes à sa qualité d’État. Pour exister un tel État doit procéder à des ruptures fondamentales. À commencer par la rupture avec le passé. Seule condition pour l’émergence d’un véritable état démocratique, au sens moderne. La construction de l’état de droit dépendra en grande partie d’une clarification entre le rapport à la modernité et la redéfinition du statut du passé.

En restant à l’extérieur de l’ordre politique, la foi ne sera pas pour autant menacée par la mise en œuvre réelle de la liberté de conscience et de l’égalité entre les hommes. Au contraire, c’est en même temps lui permettre de se purifier et se tenir à l’écart des contingences du temps. La nouvelle constitution doit instituer la nation citoyenne. Le droit est le principal déterminant pour la construction du nouvel État démocratique. Poser la question de la laïcité, c’est la poser en tant que question des rapports entre religion et Etat, religion et politique et religion et droit.

La démocratie n’est pas seulement affaire de régime politique. Elle n’est pas seulement une affaire de dimension politique et institutionnelle. Sont également en cause le modèle social et la démocratie des mœurs. La constitution politique ne peut en effet suffire à garantir la démocratie si la société ne peut s’appuyer sur une constitution civile qui cimente la nation et qui l’émancipe du pouvoir. La constitution politique démocratique doit consacrer les droits naturels des hommes. Les libertés individuelles, les droits fondamentaux, le principe d’égalité entre les citoyens, entre hommes et femmes. Le droit en est le fondement, qui détermine la citoyenneté. La société ne pourra pas être authentiquement démocratique si la femme n’est pas libre et n’est pas l’égale de l’homme. La démocratie ne peut advenir si la société n’est pas rendue à tous ses membres. Le code de la famille et le code du statut personnel sont le socle sur lequel le vivre ensemble démocratique peut se bâtir. À travers ces codes se pose la question de l’autonomie de la loi et celle de la souveraineté législatrice du peuple.

Le corps social dans sa diversité se reconnaît dans l’État. Il est le lieu où les tensions sociales se résolvent. Il est ce par quoi la nation existe. Il est inséparable du droit et celui-ci est nécessaire aux libertés fondamentales et à la démocratie. Le peuple souverain doit légiférer en toute matière. Établir l’égalité des droits entre l’homme et la femme. Abolition du code de la famille. L’égalisation des conditions entre les citoyens de la nation et la suppression des discriminations en raison des appartenances confessionnelles ou tout simplement de leur non-croyance. Ces inégalités sont incompatibles avec la démocratie.

C’est pour cela que le boycott des législatives de 2012 est légitime et la désobéissance civile un droit qui rétablit le peuple dans sa souveraineté, par l’action libre pour la constitution d’un état de droit. La révolution populaire se bâtit sur l’action collective du peuple, contrairement à la révolution bourgeoise et prolétarienne. Elle marque le point de rupture avec soi plus que la contestation d’un régime politique. Par sa nature même elle vise non pas à un transfert de pouvoir, mais à poser les règles du jeu du pouvoir. C’est le champ du politique que la société investit de façon autonome. Elle constitue de cette manière une rupture puisqu’elle requiert une nouvelle culture politique. Modalité de changement et champ ouvert à l’intervention active de la société dans son ensemble, et non à une classe sociale particulière. Elle engage un processus d’avenir.

Youcef Benzatat

Références :

Titre : * L’État inachevé, la question du droit dans les pays arabes, Ali Mezghani, Éditions Gallimard, 2011

** Forces sociales et politiques, assemblée constituante et Chari’a, Arezki Derguini, La Nation hebdomadaire en ligne, mardi 30 Août 2011,

*** La pensée sauvage, Claude Lévi-Strauss.

29 commentaires

  1. Bouteflika et son clan ne gouvernent pas mais trouve un malin plaisir de jouer avec les nerfs des Algériens, avant de faire un long et dernier voyage , il veut a tout prix nous laisser un cadeau empoisonné. Avec la participation de Na Louisa et de Da L' hocine , rien de surprenant , la première est a l' A P N au gré du courant islamique , en récompense a sa position sur les disparus ; le second , sous son habit de démocrate , se cache un marabout , qui a promis a sa confrérie de lui
    rendre son titre de noblesse , perdu durant la révolution. Quand a Belkhadem c'est un caméléon qui peut se convertir a un importe quel courant ,pourvu qu'il décroche un poste "bidon".

  2. Après le coup de force de 1999 (c'est un coup de force) pour placer boutef à el mouradia pour jouer au président et au chef de tout, boutef a asséné que la constitution ne lui plaisait pas (rien que ça). boutef est arrivé à el mouradia avec une feuille de route de ses maitres (étrangers) pour mettre à genoux l'Algérie. Boutef est un agent nuisible pour l'Algérie qui exécute un plan diabolique.La révision de la constitution avec toutes les conséquences quelle aura sur l'Algérie est le point principale du plan boutefien pour détruire l'Algérie une fois pour toute. Tous les algériens qui espéraient quelque chose de bien de boutef sont devenus maintenant des complices passifs, les autres savaient dés le départ ce qu'est boutef et son clan car boutef n'est pas tombé du ciel il est en Algérie depuis 1962 et tout le monde sait qui il est vraiment. Cet article est dans un style philosophique et il ne dit rien sur les vraies intentions de boutef et son clan. il est facile de remarquer qu'il n' y a pas beaucoup d'enthousiasme de la part des tenants du pouvoir a célébré le 50 éme independance-day de l'Algérie, car pour boutef &co l'Algérie n'est pas indépendante et que après le 10 mai il n'y aura plus d'Algérie, elle deviendra un émirat au mains des frères musulmans annexé au qatar. Après le 10 mai 2012 c'est le Gros Lard du Qatar qui décidera de l'avenir et des richesses de 40 millions d'algériens dont les ancêtres sont des révolutionnaires et des guerriers et ceci grâce à boutef&Co. Une Constitution est déjà prête, elle sera entérinée par des mercenaires et des traitres qui siégeront en tant que députés du peuple alors que c'est faux. Cette constitution dont boutef connait le contenu réduira les algériens à des esclaves aux mains des islamistes hypocrites et cupides. De Chachnak à Boudiaf, tous nos héros, tous nos martyrs hommes femmes et enfants, qui ont donné chacun sa vie pour cette terre depuis des millénaires vont se levaient de leur tombe et vont criaient d'une seul voix d'une telle force que toute la terre va tremblée. Boutef est le diable, Satan que la france à placé à el mouradia. Vivement que nos martyrs reviennent avant ce 10 mai car il n'y a plus que des lâches des traitres et des mercenaires en Algérie. Au lieu de philosopher sur la question, dites ce que contient cette constitution que boutef garde au chaud sous sans oreiller depuis 13 ans. Et le 13 est connu pour être un symbole de malheur. Un avant goût de cette constitution sera donné par sa jumelle égyptienne qui va sortir bientôt. Les égyptiens sentent déjà le couteau sous la gorge. Fasse dieu que ces élections du 10 mai 2012 ne se fassent jamais et que le clan de malheur boutef&co se Volatilise. Le 10 mai 2012 sera pire que le 26 décembre 1991. La haine, le mépris, l'arrogance, la suffisance, l'usurpation, et le mensonge sont visibles.

  3. Aprés avoir dissous une APN aliénable à souhait, corrompue et jetable comme un kleenex ,une APN qui lui a permis de se reconduire sans obstacle pour une 3ième mandature en sabrant l'article de la Constitution concernant la limitation des mandats présidentiels, il s'apprête aujourdhui à opérer une autre falsification et pas des moindres puisqu'il s'agit cette fois-ci de réviser purement et simplement la déclaration historique du 1ier Novembre 1954.Pour cela il lui faut monter une autre APN pontificale et dogmatique qui va régler son compte et rayer définitivement l'oeuvre de Abane et de ses compagnons ( La déclaration du premier Novembre 54 et la plateforme de laSoummam ) leur posent tant de problèmes. Une APN de nouveaux bachaghas intégristes et révisionnistes prêts à tous les reniements et toutes les trahisons.C'est sans doute pour cela qu'ils nous supplient presque d'aller cautionner cette autre forfaiture électorale du 10 mai prochain.

  4. Notre devoir est de ne pas participer aux "élections" "nationales" tant que les tyrans tiennent le pays.
    Au rythme ou vont les choses, d'ici 5 à 10 ans, nous n'aurons plus un bout de tissus pour cacher nos parties génitales. Alors, s'il y a un pire, dans le fond, c'est eux qui vont en baver. Nous nous sommes déjà à bout.

  5. Voir ce site: http://www.grands-reporters.com/Alger-le-coup-de-belier-des-six.html

    En voici un extrait de l'article qui rappelle des réalités :
    Abdelaziz Bouteflika, qui a obtenu une majorité écrasante de 73,79% des suffrages exprimés sur les 17,5 millions d’électeurs inscrits. Heureux élu ! Mais pour l’opposition, qui s’appuie sur des bureaux électoraux désertés et des fuites venues de l’intérieur même du pouvoir, le taux de participation est exactement de 23,03%, et le candidat Abdelaziz Bouteflika n’a obtenu que 28,30% des suffrages exprimés, soit un peu plus de 1 million de voix. En clair, le nouveau président de la République algérienne a été légitimé par le vote d’un électeur… sur dix-sept ! Deux chiffres, deux verdicts très différents : le premier, officiel, consacre un triomphe ; le deuxième, s’il est avéré, signe la mascarade. Impossible à vérifier dans un pays qui a refusé la présence d’observateurs internationaux.

    À la suite de quoi, ne doit-on pas se demander ce que, en Algérie, un boycott des élections, qu'on peut appeler désobéissance civile, peut réellement avoir comme effet sur la réalité ?
    Et réfléchir, être inventif, créatif pour trouver et proposer une autre démarche ?
    Par exemple, comme Gandhi qui le premier mit en pratique le concept de désobéissance civile, que les intellectuels algériens démocrates défenseurs de la laïcité, de la modernité, de l'État de droit… etc., s'allient et s'engagent dans une grève de la faim illimitée, mondialement médiatisée, grâce à Internet ?

  6. La haine, le mépris, l'arrogance, la suffisance, l'usurpation, et le mensonge sont visibles sur la photo.

  7. A l'ère où les nations modernes évoluent dans la maitrise des technologies et l'exploration de lointaines planètes pour le bien être de l'humanité, nos dirigeants trouvent le moyen de nous concocter un macabre projet " constitutionnalisation de la charia " pour nous renvoyer 14 siècles en arrière. Le peuple algérien qui pratique sa religion séculaire fondée sur la tolérance,la libre expression et le respect de l'autre,doit se dresser comme un seul homme pour faire barrage à l'application de cette absurdité.

  8. "Deux modèles de société s’opposent donc, l’une traditionnelle, l’autre moderne…"
    Pour le modèle islamo traditionnel, vous avez cité le FFS, les partis islamistes, le pouvoir et…le PT. Cela est très claire et je vous rejoins totalement.
    Mais, pour le modèle moderne, je ne comprends pas pourquoi vous avez omis de désigner ses porteurs politiques en Algérie. Existent-ils au moins et lesquels? Partis politiques, personnalités? Quelques exemples nous auraient bien aidé à mieux comprendre en identifiant les principaux acteurs de la rivalité algérienne, Traditions vs modernité.

  9. Youcef Benzatat, merci pour cette longue, utile et enrichissante réflexion pour laquelle vous avez mis à contribution vos connaissances universitaires pour éclairer des zones particulièrement sombres de la vie politique de l’Algérie. Cependant , et je respecte votre approche et vos opinions, il me semble que vous avez occulté une dimension pourtant essentielle: la nature humaine. Les hommes peuvent tout pardonner sauf ceux qui les démasquent. Ce que vous écrivez a du sens mais en mettant le doigt sur une plaie, vous mettez à nu un système qui s’est déjà redeployé en déplaçant son centre de gravité. Et à présent nous pouvons, vous et moi, dans un simulacre de liberté d’expression, dire ce que nous voulons, ça ne changera rien sinon il y a bien longtemps que nous aurions fait les frais d’une riposte cinglante dont Mohamed Benchicou pourrait nous parler.
    Est ce la démocratie qui pose problème face à l’islamisme radical? Est ce la société algérienne qui , confinée dans ses traditions, refuse de bouger? Est ce la religion conçue comme moyen politique qui freine toute velléité de progrès? Encore faudrait-il définir le progrès!
    Est ce l’intrusion fracassante de la religion dans la vie politique qui parasite tout effort de développement? Ne serait pas plutôt le Pouvoir qui instrumentalise la religion comme il l’a toujours fait.?( un petit retour sur 50 ans «d’indépendance» serait utile). Devons nous méditer sur ce mot de Freud: « «Dès que les hommes sont mécontents du présent, ce qui est assez fréquent, ils se tournent vers le passé et espèrent, une fois encore, retrouver leur rêve jamais oublié d’un Age d’or»
    Mais je ne vais pas me contenter de poser des questions. Mon avis est que, depuis 50 ans le Pouvoir a toujours eu les mains totalement libres. Socialisme, communisme même, pénuries et plan anti pénuries(!!), alliances contre nature avec l’Est, coups d’états comme moyen de gestion politique, capitalisme, petro-dollars, monopoles, démantèlement des entreprises, parti unique puis «multipartisme», presse unique puis «presse libre»….et aujourd’hui la religion.Il a toujours fait ce qu'il a voulu.

    Ce n’est pas LA religion qui est en cause ni même LA cause de nos problèmes. L’Islam a prouvé, il y a bien longtemps, sa capacité à s’ouvrir au monde, sa vision d’une société juste, son sens profond de la justice, sa tolérance et sa dimension spirituelle. («Une religion n’est pas limitée par ce qu’elle inclut mais par ce qu’elle exclut», Frithjof Schuon). Alors pourquoi s’engouffrer sur une voie que nous savons sans issue? Séparer la religion de l’Etat! Oui pourquoi pas? Mais aussi, et là nous sommes dans la pure spéculation, Pourquoi? Pensez vous vraiment que si cette séparation se faisait ( elle existait de facto) , donnerait un élan à la société? Je n’en suis pas sûr.
    Nous pourrions disserter à l’infini de nos points de vues respectifs et nous aurions chacun raison ( je ne cherche par ailleurs pas à vous convaincre mais à ouvrir un nouvel axe de réflexion).La question n’est pas là et je crois savoir que vous êtes ouvert à toute confrontation d’idées.
    Quelles étaient les intentions des pères fondateurs qui, en 1954, ont pris les armes? Révolution, libération, progrès, respect des identités, langues et pratique libre de la religion; des religions. Sans remettre en question le bien fondé de leur action, noble au départ, il conviendrait de s’interroger sur les capacités qu’ils avaient pour construire un Etat et fédérer une nation.De quel titre de gloire peuvent se vanter ces «combattants » de la première heure qui se sont imposés par la force et posons nous une question: quand, ce que nous vivons aujourd’hui en Algérie, a t-il commencé?

    Pas besoin d’être chercheur pour répondre à une question dont l’évidence saute aux yeux. Faire la guerre ou la paix est un art et je me hasarderai à m’appuyer sur cette citation : «la guerre est une affaire trop sérieuse pour la confier à des militaires». Idem pour la religion qui fait partie de l’identité de chacun ( même en étant athée).

    De quoi avons nous besoin aujourd’hui ? D’intellectuels d’abord pour inspirer et irriguer une pensée qui sans cela serait figée, sclérosée, éteinte…D’une armée ? Mais quel serait son statut ? Une armée est elle nécessaire à l’heure de la mondialisation qui voit les gouvernements obéir sans discuter aux injonctions du FMI, de la Banque Mondiale et des multinationales qui jamais au grand jamais n’ont reçu un mandat du peuple pour gouverner. Tout se décide dans des salons feutrés ou coule «le bon vin» et bien d’autres savoureuses agapes…( demandez à DSK).
    Affirmer que le mal est dans la religion érigée en pouvoir politique est, je peux me tromper, inexact.
    Un commentateur, sur ce même site, reprenait vos mots et écrivait récemment : «l’accoucheuse de souris fut engrossée en 1954 par des gamins, en fait de véritables géants, de très grands David qui, à la différence des raisonneurs qu’ils n’attendirent pas, osèrent piquer le très méchant Goliath, et qui ne furent influencés par nul intellectuel » ( fin de citation). Il est facile de répliquer : est ce que ces gamins ont assumé le fait d’avoir engrossé la belle ou bien l’ont ils abandonnée à son triste sort sur le bord du chemin ?. Réponse en ce Cinquantième rugissant….
    Le mal est profond, Youcef . Sommes nous frappés d’une malédiction ?( encore Dieu!!).
    Je ne le pense pas. Alors pourquoi cette haine implacable pour tout ce qui signifie Liberté ? N’était- ce pas Socrate qui disait: « Je crois plus aux Dieux qu’aucun de mes accusateurs. Il est temps que nous nous quittions, moi pour mourir et vous pour vivre. Qui de nous deux a le meilleur partage ? Personne ne le sait, excepté Dieu ».
    Socrate, universellement reconnu aujourd’hui pour sa Pensée, fut cependant condamné à mort par sa Patrie qui n’avait pas su le comprendre. Est ce cela la démocratie?
    J’ai longuement réfléchi à la question dans mon livre «J’ai failli égarer Dieu», dont voici un extrait: « Tenter d’expliquer la folie dévastatrice qui s’est emparée d’une partie de la population algérienne peut sembler téméraire.
    Et quand bien même notre rigueur intellectuelle et notre objectivité devraient être mises en cause, nous devons prendre le risque de traiter un problème dont les innombrables réponses sont particulièrement complexes et demeureront pour certaines du moins, longtemps encore au stade des spéculations.
    Comment en effet comprendre qu’une société jusque là apparemment structurée, fondée sur des valeurs culturelles, linguistiques et surtout religieuses communes, s’enflamme de manière aussi brutale?
    Comment la haine a-t-elle pu se développer au point de mettre en évidence des comportements qui font remonter à une époque oubliée où l’Homme ne savait pas encore qu’il existait?
    Qu’est ce qui a poussé des pans entiers de la société à basculer dans une violence que le seul fanatisme ne saurait expliquer?
    Qui sont « ces gens qui croient » auto glorifiés de chimériques victoires qui se sont acharnés à détruire la vie au nom d’une religion qui, s’ils s’y étaient véritablement soumis, leur aurait enseigné la compassion, la justice et la fraternité? La religion est elle seule en cause? Et de quelle religion s’agit il? La société est elle responsable des actes de ceux qui la composent et quelle est influence de ces derniers ?»
    (j’ai failli égarer Dieu, Aziz Farès) Editions Mille Feuilles, Alger, 2009

  10. Une photo vaut mille mots. Celle là vaut 200 000 morts

  11. Devant l'agressif particulier islamiste, pour reprendre Meddeb, des musulmans dits réformistes, épris de honte devant les exactions commises au nom de l'islam, nous disent que la solution est dans la désacralisation de cette religion. C'est à dire, la nettoyer des anciennes exégèses qui piègent le musulman dans une vision du monde surannée. Désacraliser l'islam ne veut pas dire application de la laïcité, mais une nouvelle exégèse(du Coran) qui ne tienne pas compte ni de la Tradition ni des hadith qu'ils considèrent en déphasage plusieurs fois séculaires. Ses adeptes sont Arkoun, Soheib et Ghaleb Bencheikh,..

    Mais, et si c'est le coran lui-même, c'est à dire non pas la parole du prohète mais celle de Dieu lui-même, qui n'intègre pas la rationalité? Si l'on désacralise en appliquant un islam complètement réformé mais avec les mêmes versets qui ne souffrent pourtant d'aucune ambiguïté quant à la suprématie de la parole d'Allah sur toute autre religion et philosophie différentes, à mon humble avis, les peuples musulmans continueront toujours d'évoluer dans la même phobie de tout ce qui est différent de l'islam. Le regard exclusiviste musulman sur la complexité des différences du monde demeurera.
    La solution donc, ne serait-elle pas dans l'émergence d'un nouveau discours iconoclastique du genre "Dieu est mort"?

  12. La Charia!!!!Impossible on coupe la main aux voleurs!!!! On aura des manchots au gouvernements ?

  13. Bouteflika "hadjra dakhel s'bat " un caillou dans la chaussure , par son incapacité physique, bloque tout espoir de changement, Ouyahya , gardien du temple, ne peut voir ce qui se passe a l'intérieur , les ministres intéressés par la chasse au trésor ,les partis politiques absents sur le terrain, l'islamisme rampant gagne des points et le peuple Algerien laissé pour compte. Voilà la triste réalité de notre cher pays.

  14. " L’Islam a prouvé, il y a bien longtemps, sa capacité à s’ouvrir au monde, sa vision d’une société juste, son sens profond de la justice, sa tolérance et sa dimension spirituelle."

    M. Fares, j'espère que vous plaisantez en affirmant cela! si vous parlez de la justice intrinsèque à la société musulmane, tenue en direction des musulmans seulement, oui. Mais de là à parler d'une capacité à l'ouverture de l'islam sur le monde, chrétien et juif en particulier, je pense que c'est méconnaître ce que des chrétiens et des juifs dhimmi ont subi comme injustice musulmane même au temps de l'apogée almohade. Questionnez Maimonide et vous aurez toutes les réponses à ce que vous avez appelé "la tolérance" musulmane!

  15. Pour bien voir les choses clairement et développer son esprit critique, il faut à mon avis sortir de l'emprise de la foi et de la dictature communautaire comme l'a fait la Syrienne Wafa Sultan qui a tourné au ridicule tous les grands maitres de la pensée islamique etqui a disséqué et démystifié toute cette bulle sacrée et vide qu'on a appellé l'Islam . Une femme émancipée à l'esprit ouvert et rationnel qui a donné des leçons de morale et d'éducation civique à ceux qui prônent l'encroûtement spirituel et l'immobilisme des temps imémoriaux. Un grand bravo à cette dame courageuse qui a tenu tête aux plus grands idéoloques de l'islam de la planète . Des idéologues qui se sont fait tout petits devant elle en béguayant et en invoquer le secours de Dieu pour se défendre.

  16. Farid Hamid, je parle de l'Islam en tant que religion et non comme instrument politique. De spiritualité et de pratique individuelle, non de l'utilisation qui en a été faite dans un but de conquête du pouvoir. Il en a été de même pour d'autres religions, et on a vu ce qu'a fait le christianisme dans le passé et comment l'Etat juif d'Israel se comporte . Malheureusement, je vous le concède, l'Islam a été détourné de son essence par des individus qui prétendent agir au nom de Dieu en s'appuyant sur quelques versets appris à la hâte et sans en comprendre le sens profond. La Révolution algérienne a subi le même sort. Doit -on pour autant la condamner?

  17. Réponse à la réponse (c'est cela le débat) de Aziz Farès qui a répondu à Youcef Benzetat :
    Ces enfants qui, n'attendant pas les conclusions des penseurs, ont engrossé l'histoire et l'ont fait accoucher, non d'une souris selon la formule indécente d'un ''intellectuel'' qui a soutenu le pouvoir autocrate et dictatorial, mais de l'indépendance. C'était leur seul but, les preuves historiques existent ; les 22 ne visaient pas plus que l'indépendance. Un bien beau bébé…
    Leur responsabilité fut pleinement assumée et très très chèrement payée, puisque la majorité perdit sa vie durant la gestation et l'accouchement par césarienne… sans péridurale !
    Quant à l'allaitement du bébé et surtout sa vaccination pour le protéger des microbes, germes, virus et autres pourritures qui ne manquent pas d'infecter un nouveau-né, ils n'y ont été pour rien. Il ne resta que quelques survivants (3, il me semble, Bitat, Boussouf, Ben Tobal…) ; que pouvaient-ils faire contre la horde de prédateurs avides de chaire fraîche ? En gros, d'accord sur votre approche de la question et sur les points discutables que vous avez relevés ; entre autres, LA religion n'est pas la cause des problèmes en Algérie: à titre d'exemple, le bouddhisme ne cause pas de problème là où il est implanté. Et l'islam non plus durant… plusieurs siècles. Seulement votre référence à Frithjof Schuon qui prouve une certaine vision de la chose est loin, très loin d'être le repère en islam… même d'ordre livresque, quant à un être un repère effectif ? Peut-être est-il utile de signaler que Schuon, conseillé par René Guenon qu'il alla visiter au Caire, s'adressa au cheikh Al Alawi, de Mostaganem… en voilà une vraie référence, de plus nationale (et d'envergure universelle!). Mais Boumediène a fait… les autres ont suivi… avec la bénédiction, certainement pas d'Allah. Quelle ignorance !!! Et que dire de l'Émir ?
    Là nous parlons de religion.
    Oui, là nous parlons de religion vraie, celle qui reflète le sens premier du terme religion, du latin, religiere, qui signifie relier : et relier quoi à quoi s'il n'y a pas séparation ! Relier quoi sinon l'humain au divin ! (Schuon : du divin à l'humain). Mais cet aspect qui demande plus, bien plus que d'écrire, aussi merveilleux et belle que puisse être cette écriture, n'est jamais intégré dans l'islam.
    Cependant, on doit le concéder, certains n'ont pas besoin de cette thèse (Diderot), ils ne nécessitent aucunement un dieu pour construire le monde… mais là est une autre question.

  18. Quand le révisionnisme vient au secours de l’islam politique.
    Bonjour Aziz ! J’ai essayé de répondre à votre commentaire, comme vous me l’avez suggéré par mail sur ma messagerie, et suite à la promesse que je vous ai faite de vous répondre selon ma disponibilité, je vous rassure que j’ai pris assez de recule et de temps pour lire et relire avec beaucoup d’intérêt et d’attention aussi bien votre commentaire que l’article de votre ami Tahar demmou « Résistance intellectuelle : régression féconde contre savante faconde », paru sur Le Matin, d’où vous avez extrait la citation rapportée dans votre commentaire « l’accoucheuse de souris fut engrossée, en 1954 par des gamins, en fait de véritables géants, de très grands David qui, à la différence des raisonneurs qu’ils n’attendirent pas, osèrent piquer le très méchant Goliath, et qui ne furent influencés par nul intellectuel » ( fin de citation). Je ne me suis pas arrêté là car, j’ai repris tous les échanges que l’ont à eu, moi, vous, monsieur Tahar Demmou et tous les autres amis de votre réseau sur Facebook, les communications sur ma messagerie, ainsi que le commentaire qu’a voulu faire monsieur Tahar Demmou sur ma page Facebook, que je cite : « Pour ma part, je n'ai absolument rien contre l'islam, bien au contraire, mais l'histoire a montré que les islamistes ne sont pas l'islam. » Sur ma page Facebook, j’avais l’impression qu’il me lance un défi en me précisant qu’il était croyant.
    J’ai opté pour cette démarche afin de mieux vous connaître et de comprendre le sens de votre combat. Je vous avoue sincèrement, que je n’ai pas trouvé là ! matière à débat, pertinente et utile à l’exigence de la situation déliquescente que connaît aujourd’hui notre société. D’autant que vos arguments sont fondés sur des assertions irrationnelles et excluent d’emblée leur inscription dans les processus de l’histoire. Je vous cite particulièrement sur ce point de l’Histoire : « Cependant, et je respecte votre approche et vos opinions, il me semble que vous avez occulté une dimension pourtant essentielle: la nature humaine. Les hommes peuvent tout pardonner sauf ceux qui les démasquent. » L'occultation d'une dimension selon vous essentielle: la « nature humaine », qui consiste dans le fait de « pardonner tout sauf ceux qui
    les démasquent »; à remarquer le sujet : les hommes. La question alors est : mais est-ce que les hommes se contentent de ce fait « de nature » ? N'est-ce pas à cause de cela qu'ils ont inventé l'histoire : justement parce qu'ils n'acceptent pas, au fond d'eux-mêmes, que cela puisse se conclure ainsi ? Dit autrement : Qu'est-ce qu’une vie sans recherche de vérité(s) ?
    Dire que les hommes n’aiment pas à être démasqués dans l’absolu, c’est se situer dans une extériorité par rapport à ces hommes et, donc admettre d’être soi-même démasqué dans des circonstances relatives. Vous n’avez d’autre choix dans ce cas que d’accepter d’être démasqué et de vous justifier. Dans le cas contraire, vous vous mettez dans une contradiction similaire à celle du paradoxe du menteur crétois. Voyer vous cher ami, que malgré, que l’on ne peut pas communiquer parce qu’il y a toujours une distorsion due à l’interprétation entre l’emeteur et le récepteur, en même temps on ne peut pas ne pas communiquer parce que l’homme est un être de langage et a besoin de communiquer pour vivre.
    Par ailleurs, je regrette que vous et monsieur Tahar Demmou puissiez recourir à des assertions à caractère révisionniste usées jusqu'à la corde par le pouvoir algérien pour fonder leur légitimation et alimenter leur discours de propagande populiste. « l’accoucheuse de souris fut engrossée, en 1954 par des gamins, en fait de véritables géants, de très grands David qui, à la différence des raisonneurs qu’ils n’attendirent pas, osèrent piquer le très méchant Goliath, et qui ne furent influencés par nul intellectuel » ?! En plus du fait, que pour un croyant, on peut constater qu’il ne peut être autrement que de dénier à la femme un statut égale à l’homme, on le constate dans votre assertion révisionniste que vous dénier à la femme d’avoir mené majoritairement la bataille d’Alger et en prime des femmes sorties de la faculté des lettres et du droit d’Alger, encadrées par des théoriciens comme Larbi Ben m’hidi, trahi par ceux-là même qui tiennent ce résonnement révisionniste, et Abbane Ramdane, étranglé par un fil de fer par les monstres qui ont institué cette lecture « virile et paysanne » de la guerre de libération nationale pour la débarrasser de sa dimension émancipatrice au profit du peuple. C’est ça le progrès monsieur Fares ? Il faut rajouter à ceux et celles-là ! les très nombreux étudiants et étudiantes qui ont déserté leur scolarité et rejoint les maquis, ainsi que médecins, avocats et de tous autres hommes et femmes cultivées et instruites, ayant contribué d’une façon ou d’une autre à ce formidable élan populaire qui fait de la révolution algérienne, considérée par les historiens comme la révolution la plus populaire du XXe siècle. On ne peut terminer ce chapitre révisionniste sans évoquer le géant de la littérature tiers-mondiste Kateb Yacine avec sans œuvre majeure « Nedjma » qui popularisa et internationalisa la cause algérienne au cœur du combat pendant l’année 1956. À qui j’ai rendu hommage dans un article récent que je reproduis pour vous à cette occasion : « Au point que, lorsque le général Giap, le tombeur de l’Empire colonial français à Dien Bien Phu, est venu en Algérie, il était déçu de ne pas avoir été reçu par Kateb Yacine en tant que ministre de la culture au moins, pour son engagement intellectuel par la littérature et par le théâtre en solidarité avec les peuples en lutte… contre la domination coloniale… dont le peuple vietnamien. Alors, que ce dernier était logé comme un clandestin dans une chambre d’une cité universitaire qui lui a été accordée par des hommes bienveillants et d’authentiques patriotes, et qui est mort dans le dénuement total, comme le sont aujourd’hui des millions d’Algériens. » Je regrette, je ne partage pas votre combat monsieur Aziz Fares, ni celui de votre réseau d’amis. Je pense que la religion a intérêt de se protéger de la contingence corruptible du temps pour préserver sa pureté spirituelle et laisser le peuple s’organiser politiquement selon des modalités civiles, en séparant la politique du religieux.

  19. Vous devriez, vous taire, Monsieur ! par humilité et par honte ! par votre attitude irresponsable et obstinée, vous n'avez semé que destruction et mort ! là où vous vous êtes exprimé. Vous avez permis à un pouvoir despotique, mafieux, qui vous instrumentalise à votre insu de se pérenniser et de commettre autant de destruction et de terreur à l'encontre de notre peuple. Vous avez également permis aux forces diaboliques impérialistes internationales de se redéployer pour notre recolonisation. Il est grand temps pour vous de vous remettre sur la bonne voie du « saint coran » que vous évoquer et de cesser de semer la haine et la division dans notre nation.

  20. Youcef Benzatat, je vous remercie pour votre éclairage.
    Avant toute chose je tiens à préciser que mes «amis» de Facebook, dont vous faites d’ailleurs partie, ne sont pas tous identifiés comme des relations personnelles avec lesquelles je formerai une communauté d’idées. Chacun est libre de penser ce qu’il veut et comme et veut. Je ne connais pas plus Tahar Demmou que je ne vous connais hormis les échanges sur internet.
    Ceci dit, je reviens sur votre commentaire que vous présentez comme un réquisitoire irréfragable. Je pense que , bien que vous ayez eu l’obligeance de me lire attentivement, vous faites un amalgame entre mes propos et ceux que j’ai repris d’un autre internaute ( l’accoucheuse de souris), expression que vous aviez vous même initié. Vous affirmez , avec violence ( est ce cela le débat?), que mes arguments sont irrationnels et même révisionnistes. C’est votre avis. Je ne tiens pas à vous contredire pour le plaisir mais je pense que votre vision est troublée et provoque une distorsion qui rend votre démonstration biaisée ce qui pourrait la rendre irrecevable.
    Je dis que vous occultez «la dimension humaine» car vous faites reposer votre hypothèse sur la capacité que l’homme «aurait» à «inventer l’histoire» en recherchant LA vérité. Vous dites « qu’est ce qu’une vie sans recherche de vérité(s)?». La vérité, Youcef, n’existe pas car elle est liée à l’idée d’absolu, de Dieu si vous préférez. Mais Nietzsche a déjà exploré cette voie.

    Nous sommes au coeur du problème, Monsieur Benzatat.

    Il n’y a pas de vérité absolue. Ni vous ni moi, ni personne ne pouvons prétendre en être le détenteur exclusif. Cela, les religieux islamistes( quelle diffraction!), le proclament depuis des minarets érigés en tribune politique. Il en est de même pour le pouvoir qui s’est auto institué, gardien du temple de la Révolution .
    L’Histoire, Benzatat, n’appartient à personne. Dire que ce sont les hommes( ou les femmes) qui la font est une prétention dont je me suis toujours éloigné.
    L’Histoire, Monsieur Benzatat, se fait souvent à notre insu. Et souvent elle dépasse les individus qui croyaient la faire. Mais ce qui semble vous avoir choqué et fait réagir aussi violemment c’est lorsque j’ai écrit « qu’il n’y avait pas eu d’élan populaire», propos que vous considérez révisionniste! ( autrefois on disait contre révolutionnaire!!). Pourquoi pas négationiste, Youcef!! Je le crois. Il n’y a pas eu d’élan populaire. Sinon nous n’en serions pas là. D’autant plus que je constate tous les jours, avec tristesse, ce qui se déroule dans notre pays depuis 1/2 siècle. En affirmant que « l’homme est un être de langage» est , encore Nietzsche, une vue de l’esprit.
    Bien sur que nous parlons mais surtout nous agissons car poussés par nos pulsions les plus intimes que nous tentons de dissimuler à travers des mots et un comportement socialement acceptable. Mais, souvent, nous sommes dépassés et aveuglés par notre propre certitude. C'est d’elle dont il faut douter. Saint augustin est déjà passé par là.
    De nombreux commentateurs évoquent Abane, Ben M’Hidi, Amrouche etc…Et nous, qui sommes nous? Avons nous le droit de penser?
    Vous voyez, cher Youcef, nous avons chacun notre vérité et si je peux être d’accord avec vous sur la « séparation du politique et du religieux», je maintiens qu’une société a besoin de trouver, en elle-même, les ressorts qui la feront agir en allant puiser dans des référents qui ont façonnés une identité.
    Ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain en assénant ce que je serai en droit de considérer comme des contre vérités.

    Cordialement

  21. l'homme n'a pas seulement inventé l'Histoire , mais il a inventé Dieu. Et il a cru à son histoire.

  22. Si pureté spirituelle il y a …Wafa Sultan en connait un bout sur youtube.

  23. @Fares

    Vous ne m’avez rien concédé parce que je n’ai pas dit que l’islam a été détourné de son essence comme vous l’affirmez. Je ne peux pas dire cela parce que je suis athée M. Fares. L’islam n’a jamais été qu’une spiritualité mais un instrument de conquête de pouvoir depuis juste la mort de Mahomet et à nos jours. C’est aussi non pas une pratique individuelle mais bien collective et politique. L’islam ne peut pas être autre chose que cela.: une doctrine religieuses mais aussi politique, sociale et économique, c‘est à dire d’essence idéologique dominatrice. L’islam ne pourra jamais admettre la laïcité s’il n’est pas sûr de chapeauter toutes les différences auxquelles il impose un statut particulier de dhimmis protégés! Protégés, certes, mais que le musulman considère comme des sous citoyens mis dans une situation de contrainte permanente de reconversion.
    Chercher à innocenter l’islam en affirmant qu’il a été détourné de son essence par quelques individus, moi, je vous réponds que c’est son essence même qui pose problème. Madani et Belhadj, de même pour tous les partisans de l’islam comme religion d’État, tous ne traduisent, malheureusement, que le vrai visage de ce que vous avez appelé « l’essence de l’islam »! Vous ne pouvez pas dire de ceux-là qu’ils n’ont appris que quelques versets à la hâte. Les deux seuls musulmans algériens que je ne peux traiter d’hypocrites c’est bien Madani et Belhadj. Car c’est les seuls qui ont su refléter ce que vous appelez le « sens profond des versets ».

  24. Farid Farid,m'apostrophe avec un "ce n'est pas bien"….digne d'une remontrance paternaliste que mon propre père (allah y rahmou) ne s'est jamais permis de faire . Qui êtes vous donc pour me juger? Rien! Je dis bien rien. Ou pire, moins que rien, autrement dit, un de ces nombreux provocateurs dévoués en mission commandée incapable de décoder mes propos . Ainsi vous attendez un "démenti" pour connaître la vérité . C'est la meilleure!!! Rejoignez donc les rangs de vos acolytes, les faux dévots , les islamistes intégristes et les révolutionnaires de pacotille qui durant le siècle de Boumedienne prétendaient être le fer de lance de la révolution à l'avant garde de la pensée.

    Votre problème, Farid Farid, c'est que vous raisonnez; aussi vous tenez mordicus à avoir raison. Alors vous accordez à X ou Y le "droit que confère le savoir". "Ils" ont appris le Coran? l'ont-"ils" compris? vous êtes athée, c'est votre affaire et c'est respectable. Avez vous lu le Coran, la Bible, les Évangiles, Le Mah?bh?rata, la Torah…? avant de proclamez une nouvelle profession de foi, réfléchissez. Ca ne pourra vous faire que du bien.
    Mais je vais être gentil avec vous. Allez jouer ailleurs et comme on dit avec justesse: terbah !

  25. Si je ne t'avais pas touché dans ce que tu as de très familier et de secret avec des Dehbi, tu n'aurais jamais réagi de la sorte! Avoue que c'est échec et mat! Et Benzatat n'intervient toujours pas pour infirmer mes propos.

    Islamiste pas seulement faussement modéré mais, pire encore, intellectualisé pour mieux nous faire prendre des vessies de porc pour des lanternes. Ainsi donc, tu es pour la « séparation du politique et du religieux», mais en maintenant l'islam comme référent qui a façonné l'identité. Je crois entendre Ghanouchi parler. Voyez-vous ça! Encore un autre mensonge que tu prêtes, sans honte bue, à Dieu. J'en connais quelqu'UN qui meure de rire en ce moment même! Depuis quand considère-t-on la religion comme un référent identitaire? Une façon diabolique de transformer une religion en un agressif particulier à l'origine de milliers de morts. Je ne te remercierai jamais assez d'avoir confirmé l'accusation de révisionniste, ô combien juste, de Benzatat.

    Non seulement j'ai bien compris tes propos, mais je t'ai carrément sondé dans ce tu ne prends le risque de partager qu'avec seulement tes intimes, des islamiste adepte de Addi! Si tu savais tout ce que peut révéler le choix arbitraire de tes épithètes! Un "intellectuel" qui a horreur d'être contredit. Voilà donc ce que tu es véritablement, un intégriste! On t'a "scanné" mon vieux! La preuve: Benzatat n'intervient toujours pas pour me signifier que ce n'est pas toi qu'il vise par le qualificatif, combien criminel! de "Révisionniste".

  26. Mais oui Farid Farid vous avez tout compris.alors continuez non pas à faire mentir Dieu ( j'ai deja entendu ça quelque part) mais à vous mentir à vous même .un vraiment dernier mot: terbah. Final

  27. Il n’a pas seulement crû, mais il c’est auto mutilé le cerveau avec aussi !

  28. Un vrai chaos intellectuel ça va dans tous les sens !! Serait-ce notre "siècle des Lumières" Allez je rajouterai seulement que La liberté des uns ! S’arrête la où commence celle des autres !! si dur à admettre pour nous algériens !

  29. Par contre, vous n'avez hésité aucunement à me traiter d'un moins que rien pour avoir juste posé deux à trois questions gênantes! Est-ce dans votre nature d'ignorer moins petit que vous? Vous êtes trop élitiste pour espérer que votre message atteigne des citoyens lambda comme moi. Fares, votre personnage peut toujours attendre le passage de la lune au fond du puits du désert. Il ne le verra jamais. Savez-vous pourquoi? C'est simple: j'ai vécu dix ans dans le désert et je ne me rappelle pas avoir vu l'eau à chaque fois que je me penche pour regarder au fond des puits.
    Ils sont tellement profonds et horriblement sombres les puits du désert de l'Algérie! L'eau n'y est ni étendue ni proche de la surface pour espérer y voir le reflet de la lune. Par contre, en Kabylie, le passage très fréquent de la lune dans nos sources d'eau de montagne est très visible. Pour un Kabyle, vous auriez du choisir une source de Kabylie qu'un puits du désert. Opter pour l'espoir plutôt que le désespoir. L'authenticité plutôt que la quête d'une identité dans une régression féconde. Sur la surface plutôt que dans l'abîme des profondeurs sans fin d'un puits perdu au fond du désert!

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