Mokdad Sifi : "J'ai préféré le camp d'Aït Ahmed à celui du pouvoir"

« Mokdad Sifi, devrons-nous croire que vous avez raison ? » est le titre d’une synthèse de commentaires de nos internautes. L’ancien chef de gouvernement a eu l’amabilité de leur répondre à travers cette intervention.

Suite à mon intervention sur (et à l’invitation de) Algerie-News, j’ai remarqué qu’il y a eu beaucoup de réactions d’internautes où se mêlent, comme d’habitude, les questions sincères aux procès d’intention, aux accusations infondées et à l’insulte gratuite et crétine cachée derrière des pseudos.

En général ces réactions, ultra minoritaires (écrites en français par des gens ayant accès à Internet) ne m’intéressent pas beaucoup relativement aux échos et feed-back qui me parviennent de l’Algérie profonde (celle des ruraux, des chômeurs et des prolétaires) et relativement aux réactions des milliers de cadres algériens qui connaissent bien mon parcours et mon action et continuent à m’écrire des quatre coins du pays.

Cependant et parce que vous m’avez donné l’honneur de reprendre mon intervention et de souligner la multitude des réactions de vos lecteurs, je souhaiterais apporter quelques informations vérifiables et souligner quelques faits indéniables qui pourraient aider ces lecteurs à avoir une idée plus complète et plus juste de Mokdad Sifi.

Je suis un homme de terrain

D’abord au plan personnel, j’ai eu l’occasion de publier dans la presse et sur Internet, ma biographie et mon parcours et tout le monde aura remarqué que j’ai occupé durant 28 ans tous les postes de la hiérarchie de l’administration publique, d’ingénieur travaux à Sonelgaz jusqu’au poste de secrétaire général de ministère (successivement travaux publics et finances) sans avoir à être pistonné ou parachuté et paradoxalement aucun des ministres qui m’ont proposé ces postes n’était de ma région. Etant doublement diplômé (DEA en physique et ingénieur en mécanique-électricité), j’étais suffisamment compétent pour faire mes preuves de cadre sans faire allégeance à qui que ce soit.

Durant ce parcours, j’ai visité la quasi-totalité des 1541 communes de mon pays et dirigé ou supervisé des milliers de projets publics (du raccordement de villages isolés au gaz naturel jusqu’aux grands barrages en passant par la réalisation de routes, de ports et d’aéroports, de cimenteries, etc). Ceci pour dire que je suis un homme du terrain et pas du verbe ni des salons.

Après ce parcours dont je suis très fier, j’ai refusé à plusieurs reprises des postes de ministre avant d’accepter d’être ministre de l’Equipement de Belaïd Abdesslam, un homme intègre qui m’avait inculqué, alors que j’étais son directeur des projets, le goût du développement économique et le nationalisme positif.

Aurais-je dû démissionner à l’époque pour protester contre les politiques de Boumediene ou de Chadli ? Aller en exil politique ? Prendre le maquis ? J’avais choisi de continuer à servir mon pays sur le terrain par des actes concrets.

En 1993, j’avais rencontré en tant que ministre de l’Equipement et durant un Conseil du gouvernement le nouveau ministre de la Défense que je n’avais jamais vu auparavant : Monsieur Zeroual. Il devait me contacter quelques mois après pour me demander avec insistance de l’aider à gérer un pays en crise que tout le monde fuyait comme la peste.

Aurais-je dû refuser et partir à l’étranger attendre patiemment comme certains que les choses se tassent ? J’ai accepté, au risque de ma vie et des vies des miens, d’assumer cette responsabilité alors que le sang coulait quotidiennement et il suffit d’interroger celles et ceux qui ont vécu cette période douloureuse de notre histoire pour savoir qui était qui et qui faisait quoi ?

Voilà pour répondre à ceux qui disent que j’étais parachuté à des postes car j’étais parent de Khédiri ou de Zeroual (Je ne le suis pas).

Ensuite, et pour répondre notamment à Monsieur Aziz Farès, je n’ai pas attendu de quitter le poste de chef du gouvernement pour « retrouver la vue« . Durant les 2 ans où j’étais Premier ministre, j’ai visité 30 wilayas et une dizaine de pays étrangers pour relayer un message de résistance au terrorisme intégriste et pour dénoncer « le système » qui nous avait amené à cette situation. J’ai fait face à plusieurs défis : entre autres, l’interdiction par les GIA de la rentrée scolaire, la revendication de l’enseignement de la langue amazigh par le MCB appuyée sur un boycott de la rentrée scolaire, les échéances de notre dette extérieure que nous n’avions pas de quoi payer, l’approvisionnement du pays en produits de première nécessité que nous ne pouvions pas financer et l’application de l’accord avec le FMI signé par mon prédécesseur. La paie des travailleurs et des fonctionnaires. C’est de ces problèmes concrets que je me suis occupé et c’est parce qu’on a résolu ces problèmes tant bien que mal que l’Algérie a survécu et qu’aujourd’hui on peut en discuter.

Les menaces du « système »

Et c’est parce que mon point de vue ne plaisait pas à beaucoup que le président Zeroual m’a demandé de démissionner en me nommant ministre d’Etat sans portefeuille. Depuis, je n’ai pas « fermé ma gueule » et j’ai fini par démissionner du RND pour protester contre la politique du gouvernement (voir les journaux de l’époque) et finir par me présenter aux élections présidentielles de 1999 contre « le système » et malgré les pressions et les menaces du « système » et je me suis retiré de ces élections avec les autres candidats (les six) pour dénoncer la fraude et les dérives du pouvoir.

Depuis cette date et cela fait 13 ans, je ne me suis pas tu et je me suis exprimé quand on a pu me donner la parole pour dénoncer le pouvoir et ses actions. Ce n’est pas aujourd’hui que je me réveille Monsieur le pseudo Alex.

Pour conclure et surtout pour éclairer certains lecteurs sur ma position actuelle, je voudrais souligner que je n’ai jamais quitté le pays, que je fais mon marché comme simple citoyen à Chéraga, à Douéra, à la place du 1er Mai et quelquefois à Bab El Oued. Je sillonne les rues, je connais les prix. Je rencontre des citoyens dans la rue, à la mairie où je vais retirer des papiers ou lors de mes déplacements quotidiens à Alger. Comme beaucoup d’Algériens, j’ai des parents, des nièces et des neveux chômeurs, certains universitaires. Je suis totalement immergé dans la réalité algérienne.

Je ne crois pas aux partis ni au parti pris, je crois en la jeunesse algérienne. Je ne critique pas gratuitement les gens mais je dénonce des faits et je propose des solutions concrètes (je vous renvoie à mon programme électoral de 77 propositions que j’avais mis en ligne à l’époque).

Maintenant, on me reproche de ne pas citer des noms en disant système ou pouvoir. Ceux qui me le reprochent, surtout parmi les journalistes, seraient bien en peine de le faire eux mêmes alors qu’ils sont plus habilités que moi pour le faire. De quel droit et avec quelles preuves vais-je désigner les responsables du système ? Les généraux ? J’en connais, parmi eux, qui sont victimes du système !

Des ministres actuels, j’en connais qui sont coincés entre le devoir de réserve et l’envie de tout plaquer. En réalité, il y a un foisonnement de responsabilités où on trouve de tout : des militaires véreux, des douaniers corrompus, des privés trabendistes, des fonctionnaires indélicats, des journalistes stipendiés et même des internautes et des blogueurs en mission commandée, etc.

On m’a proposé des postes pour maintenir ma candidature

Ce système et je suis d’accord avec Monsieur Hellal, (… végète et survit au pouvoir par la force de la manipulation, la ruse et l’imposture mais il ne construit rien de solide car il est bâti sur du vent et du sable).

Cependant, ce système change chaque fois de tête et la tête actuelle autoproclamée est le Président de la République. Alors c’est à cette tête que je fais référence.

Pour conclure, j’informe ceux que cela intéresserait que je ne brigue aucun poste et que je ne suis pas un déçu des responsabilités. Avant de me retirer en 1999 avec les 6 candidats, on m’a proposé des postes de pouvoir contre le maintien de ma candidature. J’ai préféré le camp d’Aït Ahmed au camp du pouvoir. On ne me l’a jamais pardonné.

Je suis né fils de maçon, je ne peux finir ma vie en cacique d’un système en perdition.

Démocratiquement et patriotiquement vôtre.

Mokdad Sifi, ancien cadre supérieur de la nation

(*) Les titres sont de la rédaction

19 commentaires

  1. "Maintenant, on me reproche de ne pas citer des noms en disant système ou pouvoir."
    Il faut avoir le courage de ses opinions Monsieur Mokdad Sifi ! c'est la moindre des choses après 50 ans de dictature, camp ou con ! nuance! les lecteurs ne son pas dupes.

  2. Les personnages passent ou trépassent mais les mots et les maux restent.
    Mr Sifi aurait dû profiter de cette interview pour affûter ses raisonnements et compléter ses projections ….Malheureusement, force est de constater que nous sommes face à une personnalité sur la défensive qui triture, plutôt mal que bien, ses "états de service" pour plus se justifier que de se projetter dans l'avenir qui préoccupe plus cette Algerie profonde dont parle l'intéressé.
    D'un autre côté, j'ai été agacé par les réactions epidermiques de M. Sifi aux commentaires émis par le public : cette "remise en place" mi-aigrie mi-narquoise de M. Sifi le dessert énormément : les hommes d'Etat ne s'arrêtent pas aux détails que quand ces derniers remettent en cause leurs doctrines ou leurs "comptabilités …..Or Mr Sifi s'est délesté de ses aspects de sa participation au service du régime et s'est contenté de raconter les péripéties d'une carrière personnelle qui n'intéresse pas trop les Algériens .

  3. Mr. Mokdad Sifi affirme : « J’ai visité la quasi-totalité des 1541 communes de mon pays ». Cela me semble quelque peu exagéré ! En supposant que Mr. Mokdad ait pu visiter, au pas de course, une commune par jour, et cinq communes par semaine, combien d’années aurait-il-fallu pour faire le tour des 1541 communes de l’Algérie ? L’année comptant 365 jours, si l’on soustrait les week end (104 jours), les jours fériés (12 jours au moins), et 14 jours seulement de son congé annuel, il ne resterait plus que 235 jours pour visiter 235 communes. Il aurait fallu à Mr. Mokdad Sifi six ans et quatre mois pour faire le tour de l’Algérie, sans…rédiger le moindre rapport de mission pour faire le point des résultats de ses visites de terrain, ni exercer la moindre activité autre que les visites de terrain. Mr. Sifi, le commun des mortels peut avancer ce genre d’aberrations, pas le chef de gouvernement que avez été.

  4. M. Mokdad Sifi, si la parole était donnée au peuple, je crois que pas que ceux qui gouvernent à ce jour n'auraient pas la décence de demeurer encore à leurs postes ! Il n'y a qu'à voir à la Tv ces illustres inconnus pérorer sur la démocratie et tout le reste. Plusieurs générations sont passées depuis l'indépendance, et regardez vous même, le personnel politique aux commandes ! Croyez vous que c'est normal ? Quel âge ont Messieurs Obama, Poutine ou Medvedev, Sarkozy. Que ces gens partent pour le bien de tous !

  5. Ce pouvoir est un pouvoir de corrompus et des vendus aux Etats-Unis et la France. Il délapide les deniers publics en les envoyant dans leurs comptes à l'étranger, leurs familles et leurs enfants sont à l'étranger, pour preuve, ce vendu de Zerhouni qui n'a aucune relation avec l'Algérie ; tous ses siens et ses biens sont à l'étranger et l'autre qui a volé la vache à lait (Sonatrach) il court tjr sans souci… A quand Mr Boutef le jugement de vos protégés. Le temps viendra où vous rendrez des comptes aux Algériens de votre mascarade démocratique et de votre régionalisme primaire et rétrograde. Durant vos années de règne vous avez emprisonné des gens innocents sans aucune enquête et matraquez des intellectuels pour la simple raison qu'ils vous ont dit basta, vous et votre clique de Kabyles de service, à savoir Ouyahia et consorts de généraux véreux et corrompus. Le jour venu, vous serez appellé à rendre des comptes pour votre incapacité à gérer un pays aussi riche que l'Algérie. Les innocents Kabyles tués par vos sbirs ne vous pardonnerons pas … puisqu'il y avait massacre d'innocents. Notre Kabylie meutrie et notre Aurès éternel vous auront avec le temps …

  6. À la lecture de l'article de Monsieur Mokdad Sifi, je pense qu'il mérite bien des égards !! Nous devons pas se fier à beaucoup d'Algériens qui pensent qu'à nuire et les salir !! De toute facon, nous connaissons les fossoyeurs du pays, ce n'est pas la peine d essayer de colporter ou de véhiculer le faux du vrai!! Notre ennemi reste le systeme donc nous devons lutter pour le démenteler!!
    Arrêtons de critiquer inutilement les gens!! Maintenant, notre ennemi seul responsable de la faillite c'est Bouteflika!! Que tous les généraux disparaissent à jamais, le FLN, le RND, le RCD le PT, le FFS, etc… Rebattisons l'Algérie tous ensemble!! Les Algériens vivant à l'étranger sont prêts à rentrer afin de pouvoir redresser la barre !!!

  7. Monsieur Mokdad Sifi persiste et signe. Je disais dans un précédent commentaire qu’il était pourtant un brave homme. Je dirai aujourd’hui, «un homme», un «humain» qui réagit et se défend lorsqu’il se sent attaqué. Un homme, oui, mais pas un homme d’Etat.
    Relisons la réponse qu’il a daigné nous faire:
    … «J’étais suffisamment compétent pour faire mes preuves de cadre sans faire allégeance à qui que ce soit.»( personne n’en doute Monsieur l’ex chef de gouvernement, mais vous en connaissez combien qui sont tout aussi compétent et qui ont du prendre armes et bagages, famille et enfants pour aller faire valoir ailleurs leurs compétences? N’est ce pas Belaid Abdesselam, que vous citez , qui a tenté, en vain de mettre fin à la fuite des cerveaux? Pourquoi sont ils partis d’après vous, ces cadres reconnus dans le monde entier par les plus grandes entreprises mais qui végétaient dans leur propre pays?

    Aucune allégeance, dites vous! Confiez nous le secret Monsieur Sifi, pour que chaque Algérien trouve enfin sa place chez lui sans avoir besoin d’avoir un parrain.
    Mais ce qui est frappant dans votre discours qui se veut sans réplique, c’est le mépris que vous exprimez envers le peuple algérien. Je vous cite encore: « En général ces réactions, ultra minoritaires (écrites en français par des gens ayant accès à Internet) ne m’intéressent pas beaucoup relativement aux échos et feed-back qui me parviennent de l’Algérie profonde (celle des ruraux, des chômeurs et des prolétaires) et relativement aux réactions des milliers de cadres algériens qui connaissent bien mon parcours et mon action et continuent à m’écrire des quatre coins du pays.»(sic).
    Est-il besoin de reprendre chaque mot Monsieur l’ex-chef de gouvernement pour mettre en évidence votre refus d’accepter ce que pense l’opinion publique quand bien même cela se ferait sous forme d’anonymat. Vous allez jusqu’à qualifier certaines interventions de «crétine». («les questions sincères aux procès d’intention, aux accusations infondées et à l’insulte gratuite et crétine cachée derrière des pseudos.»…(sic).
    Par quel moyen magique l’Algérien lambda peut-il s’exprimer, Monsieur Sifi ? A la radio, la télé, une Assemblée Nationale réellement élue et représentative de tous les courants de la société. Une vie démocratique qui favorise l’expression plurielle (avez-vous ouvert les médias ?)
    Non ! D’emblée, d’un geste méprisant, vous rejetez la voix des humbles qui tentent de se faire entendre et qui se donnent le droit de vous jugez,mais, cela, c’est clair, vous ne l’acceptez pas.
    Vous nous présentez votre bilan de deux années de «gouvernance» en plastronnant sur des activités sommes toutes normales pour le haut responsable que vous fûtes.
    Vous avez visité toute l’Algérie. Très bien! Une bonne note ! Mais c’était votre job. Bouteflika, Boumediene, Chadli, Ghozali ou rbaa ont fait la meme chose…et moi aussi, simple quidam qui a parcouru des milliers de km pour aller à la rencontre de citoyens qui n’avaient que leurs yeux pour pleurer, perdus dans des villages isolés, sans transport, sans électricité, sans école proche, sans travail, abandonnés à la violence terroriste que vous prétendez avoir combattue mais qui aujourd’hui encore sévit pour notre plus grand malheur.

    Il ne s’agit pas ici, Monsieur Sifi, d’un réquisitoire destiné à vous condamner (je n’en ai ni le pouvoir ni la volonté). Mais ce qui me frappe, puisque vous avez recouvré la vue, c’est votre naïveté, inquiétante pour un homme intelligent (diplomé,ENA, Ingénieur blablabla…)..
    Vous dites: «j’ai (fini) par me présenter aux élections présidentielles de 1999 contre "le système" …Faut-il aller plus loin Monsieur l’ex-chef de gouvernement ?
    Contre qui ? C’est quoi «le système» ?
    Vous voulez donc tuer le père et devenir khalife à la place du khalife?
    On le voit, Monsieur Sifi, vous qui prétendez être … «totalement immergé dans la réalité algérienne»… , en réalité, vous êtes totalement déconnecté de la réalité que vivent des millions d’Algériens, eux complètement submergés, par des difficultés quotidiennes insolubles, sauf dans l’eau de cette belle Méditerranée devenue le tombeau d’une jeunesse désespérée.
    Pour terminer, Monsieur l’ex-chef de gouvernement, fils de maçon ( "titre" que vous nous brandissez comme un haut fait d’armes), c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Et en ce qui vous concerne (mais malheureusement tous vos prédécesseurs et successeurs sont logés à la même enseigne), la Maison Algérie tombe en ruine. Laissez nous la reconstruire!

    Haute considération
    Aziz FARES

  8. H.Ait Hocine

    Monsieur Mokdad Sifi relate : «De quel droit et avec quelles preuves vais-je désigner les responsables du système ? Les généraux ? J’en connais, parmi eux, qui sont victimes du système ! Des ministres actuels, j’en connais qui sont coincés entre le devoir de réserve et l’envie de tout plaquer. »
    Apparemment même les hauts cadres supérieurs de l’Etat algérien (ministres, généraux ou autres….) ne sont pas responsables de la situation morose que vit l’Algérie depuis 62. Que ce soit un ex-ministre ou l’actuel, accepte le poste, la mission, mais n’accepte pas d’assumer sa responsabilité.
    Quand Mr. Mokdad Sifi dit : « Durant ce parcours, j’ai visité la quasi-totalité des 1541 communes de mon pays et dirigé ou supervisé des milliers de projets…….. pas du verbe ni des salons. » de part la très bonne remarque de mon collègue Mr Abdelkrim Badjadja relative à la «comptabilité » de Mr Sifi, je profite de souligner un point très important ou plutôt un principe directeur qui a disparu du contexte actuel. La mission d’un haut cadre de l’Etat est un devoir n’est en aucun cas un service que vous aviez rendu au pays. Donc, si vous aviez réalisé qlq projets, laissez le peuple vous évaluer.

  9. Monsieur Sifi a raison de faire cette mise au point : très peu se souviennent qu'il s'était démené comme un diable quand il était au gouvernement. Nous savons tous que le système est responsable de la faillite algérienne mais il est dans son rôle, un rôle qu'il s'est donné depuis 1962 ou bien avant! La question qu'on ne se pose jamais est qu'elle est la responsabilité du peuple dans ce qui lui arrive! Quand on dit que chaque peuple a le gouvernement qu'il mérite, ce n'est pas une question de chance ; un peuple qui se respecte se donne le gouvernement qu'il veut! Malheureusement nous sommes un peuple qui , divisé qu'il est, n'inspire aucune crainte à ses gouvernants pour n'avoir jamais entrepris quoi que ce soit de décisif dans ce sens. Pourtant il est possible de faire de grandes choses et … sans violence! Sommes-nous par exemple capables de désobeissance civile ou de rester chez soi un jour de vote?

  10. "Etant doublement diplômé (DEA en physique et ingénieur en mécanique-électricité), j’étais suffisamment compétent pour faire mes preuves de cadre sans faire allégeance à qui que ce soit." Mazette ! Mazette, monsieur le premier ministre !
    Ah Mon "pov" monsieur ! Si les lecteurs du matindz exhibaient leur titres, leurs qualifications, leurs diplômes, leurs cursus, leurs carrières, leurs productions scientifiques, etc. dans un référentiel universel, les vôtres auraient piètre allure. Et si personne ici n'en fait référence c'est que ce qui nous réunis avant tout c'est la rage de voir notre pays s'écrouler chaque jour un peu plus et que personne au sommet de l'état ne semble prendre la juste mesure de la gravité de la situation.
    Évidemment, nous sommes partis, mais nous aviez-vous vraiment laissé le choix ? C'était partir et accepter de mourrir un peu ou rester pour mourir beaucoup (caricature de Ali Dilemn, qu'un collègue garde chez lui, en tableau aggrandi, depuis 20 ans, comme pour mieux se justifier et se pardonner ce départ non calculé). Vous êtes tous responsables d'avoir mis au monde la bête immonde qui nous a chassé ! Et si je vous racontais ma propre histoire, je crois bien que vous iriez en personne "faire la peau" à Ben-bouzid le fossoyeur de notre école, avec l'aval des autres imbéciles de la "famiglia" révolutionnaire évidemment.
    Khelli elbir beghtah ya si Flisi, car la petite histoire que vous semblez présenter comme scoop, nous la connaissons déjà par cœur, pour paraphraser Aziz Fares.
    Haute considération aussi !

  11. Ne vous en faites surtout pas Monsieur Sifi. Il y aura encore et toujours des réactions inapropriées, des réactions si bien qualifiiées par vous même – Dès qu'un ancien cadre de la nation intervient, les snippers de tout bord et de tout poil dégainent, tirent à vue en se "délectant" de ce qu'ils veulent nous administrer comme vérité. Cette situation n'est pas propre à vous même et à ce que vous écriviez dans les colonnes de notre Matin – Il n'y a qu'à voir et revoir les tirs croisés dont furent l'objet MM. Brerhi, Baghdadi et Rahabi (tous dans votre situation passée et actuelle) – Nous sommes en tant que ghachis (ces pauvres hères maudits) prompts à critiquer, à descendre tout ce qui bouge ; mais incapables d'autre chose sauf à dénigrer pour un oui ou un non – De cela, nos gouvernants de toujours tirent leur (s) force (e) et savent que tout ce que nous disons, ce que nous faisons….compte pour du vent- Dans notre coin de café, de bureau, au bas de notre immeuble Sonatiba….nous sommes les plus forts pour parler (et rien que parler)…quand il s'agit d'agir…on devient silencieux (boukmoune, samtoune….Houm la Yasma3oune wa la Yafhamoune) et on se prend même à…s'opposer à toute idée de contestation au nom de notre sacro-saint principe de….vie tranquille, de quiètude, de paix dans la cité – Voilà, hélas le triste constat tiré de votre contribution qui voulait (et cela est à votre honneur) levé quelques ombres sur la vie d'un système qui n'a que trop massacré notre pays, notre vie quotidienne sans oublier l'avenir des générations passées, actuelles et à venir. A croire que nous sommes un peuple maudit par le Créateur, peuple qui éprouve un plaisir charnel à admirer les "bienfaisances" du système que chacun dénonce, mais qu'à la fin ….nous en sommes les parfaits complices (y compris les élites) tel que décrit par le fameux syndrome de Stokcholm.

  12. Monsieur Mokdad tu dis : Aurais-je dû démissionner à l’époque pour protester contre les politiques de Boumediene ou de Chadli ? Aller en exil politique ? Prendre le maquis ? J’avais choisi de continuer à servir mon pays sur le terrain par des actes concrets
    Alors c'est la les choix, pour moi tous qui préfèrent se taire et jouer le jeu sous le prétexte de servir leur pays sur le terrain pour arriver à une fin qu'ils savent très bien, alors ces gens ont fait autant du mal à l'Algérie que les hommes de ce pouvoir
    C'est vrai ce système végète et survit au pouvoir par la force de la manipulation, la ruse et l'imposture mais il ne construit rien de solide car il est bâti sur du vent et du sable. Il faut juste le démasquer, lui et les Algériens qui marchent avec lui, que se soit des individus ou des partis.

  13. "Ne vous en faites surtout pas Monsieur Sifi. Il y aura encore et toujours des réactions inappropriées "….

    Auriez vous fait appel à vos troupes Monsieur Sifi ? Vos défenseurs montent vite au créneau et se sont déjà exprimés avec beaucoup de talent pour voler au secours d'autres illustres personnages comme si vous étiez sans peur et sans reproches.

    Tout ce que vous dites est juste et vrai et vous avez raison! Il se trouve que moi aussi et ce n'est pas de l'homme( courtois, poli, affable) dont il est question mais des actes posés .

    Les algériens(de tout bord et de tout poil) ont le droit de s'exprimer . Les ( dé) considérer comme des"crétins "ou des "snippers" est une erreur grave.

    30 millions de snippers forment un PEUPLE . Et les peuples ont autre chose à faire que" manger de la brioche".

    Les hommes n'ont aucune importance. Ce sont leurs actes qui comptent et il faudrait être aveugle pour accorder le moindre crédit à TOUS ceux qui nous ont gouverné depuis 50 ans.

    Être animé de bonnes intentions ne suffit pas et nous ne sommes pas "maudits par le créateur"…. (laissons Le en dehors de ça)….Juste mal dirigés( pardonnez l'euphémisme).Sinon comment expliquer que l' école soit sinistrée , les routes encombrées, la circulation infernale, l'habitat précaire, la culture décadente, le gaz introuvable, l essence au prix fort, la fuite des cerveaux, l agriculture en jachère , le tourisme démembré, l'industrie moribonde, le commerce de bazar , une violence endémique, des prix qui flambent, un métro qui hésite a sortir du tunnel, des aéroports bâtis en 30 ans , une jeunesse désœuvrée et une jeunesse dorée, des fortunes colossales amassées en un clic de souris…

    Ce n' est pas( seul) " le système" qui est en cause. C'est l'incohérence des décisions prises au sommet .

    Autre point: vous avez parfaitement le droit de vous exprimer, Monsieur l'ex chef de gouvernement. Tout autant que moi et que 30 millions de nos concitoyens . Votre passage au gouvernement ne constitue pas une tare, loin de là. Mais vous ne tentez pas, avec vos amis, de laver plus blanc que blanc.

    En fait, ce n'est pas tant le "ghachis"( ce petit peuple fait des humbles et des prolétaires dont vous vous réclamez- les intellectuels qui écrivent en français étant du menu fretin!!!) qui importe mais le "gâchis"

    Personnellement,je condamne sans appel les responsables du naufrage algérien et je ne souffre pas du syndrome de Stockholm même si j'estime avoir été pris en otage pendant 50 ans. Tout comme vous Monsieur Sifi . Dommage que, comme vos collègues vous vous soyez réveillés trop tard.

    Alors ne défendons pas l'indéfendable . Et au lieu de choisir le camp de l'un ou de l'autre en fonction du vent, choisissez celui de l'Algérie.

    Cela en vaut la peine.

  14. Evidemment!!!…….cela ne rate jamais !!! Dés que quelqu'un donne son avis, ce qu'il pense d'une situation ……..le voila aussitôt frappé du sceau de je ne sais quoi ? – Je ne suis ni l'avocat ni le défenseur de personne y compris Mr Sifi, ce dernier étant fort capable de se sortir d'affaire tout seul- Je ne fais pas non plus partie des troupes de cet ex-responsable.
    Ne connaissant ce dernier ni de Hawa ni de Adam, j'ai réagi en tant que citoyen vivant les problèmes du pays et sans plus –
    La malédiction du Créateur est là et bien présente…Nous avons les dirigeants que nous méritons….In Allaha ma Yougha Yrou Bi Kawmine Hata Youghirouna ma Bi Infoussihime – Et le constat éloquent est bel et bien vivant : nous n'avons jamais, au grand jamais cessé de gémir…. et sans plus…Cela sans même essayer de trouver un début de solution (par nous même) au malheur qui nous frappe, mais qui s'accentuera avec notre descendance immédiate. Depuis ce fameux Juillet 1962 nous avons toujours été dans la situation de celui qui ne fait que scier la branche d'arbre sur laquelle il est assis.
    Je ne manquerai pas de persister et de signer pour ce qui concerne le fameux syndrome suédois. Pour preuve le développement d'un sentiment de confiance, de sympathie des otages que nous sommes (pour certains pour 50 ans) vis-à-vis de leurs ravisseurs, en l'occurrence nos dirigeants inamovibles ; le développement d'un sentiment positif , bien calculé et quasi paternel (Maotisme) des ravisseurs (les décideurs) à l'égard de leurs otages (le pauvre ghachi dans l'errance) ; l'apparition d'une hostilité des victimes que nous sommes envers toutes les formes de contestation contre le système (contestations épisodiques, orientées vers la satisfaction d'un but d'ordre matériel), chacun, en observateur non concerné condamant souvent ces désordres qui touchent son quartier, sa rue, son village.
    Dans le même moment s'est developpé une forme certaine de régionalisme de plus en plus profond ; ce qui dresse un mur infranchissable pour un même peuple. Lorque la Kabylie bouge…y a qu'à écouter les réactions négatives des autres contrées algériennes – A l'identique quand ça proteste énergiquement dans un autre coin du pays….
    Le jour ou l'on n'aura plus en main un pinceau, des pots de peintures avec différentes couleurs à nous jeter à la face pour dire que x est rouge, y est bleu, z est noir….ce jour là on pourra dire que nous avons fait notre mue pour espérer un renouveau qui ne sera vécu que par une autre génération, Mr SIFI, moi même et bien d'autres étant déjà dans l'autre monde.

  15. Monsieur Sifi, deux boxeurs s' affrontent.
    L'un a tatoué sur son cœur" Dieu et mon droit"…. L'autre a tatoué sur son bras gauche" Dieu et mon gauche".
    Laissons Dieu, la fatalité , le fatum, le mektoub … En dehors de tout ça. Nous ne sommes pas " les damnés de la terre et Alger ne s'appelle pas Stockholm .( souvenez vous, déjà durant la Guerre de Libération … "Alger n'est ni Le Caire, ni Moscou, ni Washington!" et plus proche de nous…" ni Téhéran , ni le Soudan…" .
    Le grand drame de l'Algérie, monsieur L'ex chef de gouvernement, n' est pas uniquement dans la corruption, l'incompétence des dirigeants,la mainmise sur tous les leviers politiques, médiatiques et économiques, la destruction systématique du patrimoine culturel (il y avait au moins 60 salles de cinéma de Belcourt à Bab El Oued) ( allez à la Casbah, à Tipaza, à Timgad , ou juste à Bachdjarah…) mais dans l'insulte qui a été faite a l'intelligence d'un peuple considéré immature .
    Le peuple algérien mérite mieux que des remords tardifs, des slogans creux ou des citations hors contexte brandies comme des vérités irrécusables. Socialisme irréversible mais surtout absurde et utopique, que sont devenues ces fusées qui ne décollent pas (Hommage à Kateb Yacine), souks El fellah vitrines des pénuries endémiques , coupures d'eau ( je parle du XXème siècle !!!)

    En fait, ce qui vous chiffonne, ce n’est pas d’avoir tort mais d’être mis au banc des accusés car, et vous n’êtes pas le seul, si certains considèrent que les Algériens souffrent du syndrome de Stockholm, les gouvernants de notre pays vivent ce qu’on appelle le complexe de l’imposteur, insupportable, qui se vit de l’intérieur et fait dire malgré les courtisans: " Je ne suis pas à ma place".
    Je commentais récemment sur ce même journal les propos de Karim Younès (un autre ( dignitaire déchu /face à moi déçu ): "…le système à besoin d'air, pas de courants d'air"… Et pour cela Google est très utile .à moins que vous préfériez Facebook qui, conçu par un jeune âgé de 20 ans, vaut aujourd'hui des milliards de dollars.

  16. "J’avais choisi de continuer à servir mon pays sur le terrain par des actes concrets." c'est ce que tout le monde fait, Ben Bella Boumediene, Chadli, Kafi, Boutef, Zerhouni, etc… les ministres, les walis, les maires, les chef-daira, les présidents de club et des fédérations sportifs, les chefs de partis, les juges les procureurs, les commissaires, les généraux, les hommes d'affaires, les gauchistes les islamistes les démocrates, le guichetier de la poste, les responsables de Sonatrach et les autres compagnies, les responsables des bureaux de votes (qui votent à la place des autres), les chippistes (chippa) tous sont au service de ce pays sauf le peuple. le responsable algérien ne part pas à la retraite, surtout ne démissionne jamais. Ceci est très fort.
    "Et finir par me présenter aux élections présidentielles de 1999 contre "le système" et malgré les pressions et les menaces du "système" et je me suis retiré de ces élections avec les autres candidats (les six) pour dénoncer la fraude et les dérives du pouvoir ". Ce retrait a permis à boutef de faire de l'Algérie son bien personnel. c'est complétement débile, vous oubliez (..) que ce que vous deviez faire c'est apporter un soutient inconditionnel à Zeroual, le soutenir et ne pas jouer aux lièvres. vous vous rappelez que boutef avait dit : "c'est une course de chevaux". compris! boutef n'avait aucune chance devant Ait Ahmed, Taleb, Hamrouche, Sifi. Mais par votre retrait vous avez hypothéqué l'avenir du pays que vous prétendez servir. Dans quel pays au monde peut voir des candidats aux présidentiels se réunir chaque jour ? Mais Monsieur c'est de la folie. Vous devriez tous les Six aller voir un psy (pas un spy un psy). les diplômes ne servent pas à forger une personnalité ou à être plus intelligent ou camp, c'est plus pour se nourrir.

  17. Vous savez M. Sifi que Ait Ahmed vous dépasse ; quel opportuniste : vous êtes tous naïfs en politique. Vous pensez pas que Ait Ahmed ne reçois pas des chèques en millions euros?
    Détrempez vous Sifi, je pense que même vous vous êtes un amateur en politique ou naïf.

  18. IL s'etonne que les gens postent en francais !!! Incoyable.. J'ai ete eduque en francais en Algerie. J'aurais bien voulu poster en Kabyle ou tamazight mais votres clique arabo-baathiste nous ont interdit d'apprendre notre langue a l'ecole et meme a un certain temps a Alger de parler ouvertement sans etre traite de bougnoule ou montagnard! Voila pour la langue. Le reste , ce n'est pas parce que on des diplomes universitaires que l'on est qualifie pour diriger un pays! Quelle arrogance.

  19. Il est malheureux de constater le manque de maturité des jeunes algériens telles les réponses hors sujet ci-présentes.La nouvelle école algérienne a généralement plus appris à ses élèves la critique sur les auteurs de contributions que sur le contenu de la contribution elle-même.Comme on dit, c'est tout ce que la vache a pu traire.Ce résultat n'est malheureusement pas une erreur des responsables, mais un plan bien étudié pour fabriquer des analphabètes trilingues soumis.

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