Lettre ouverte à Monsieur Halim Benatallah

L’association de la communauté algérienne établie à l’étranger nous a fait parvenir cette lettre ouverte au secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale à l’étranger. L’objet : Les formalités de contrôle dans les ports algériens. Cette lettre a été envoyé à qui de droit.

Vous trouverez en pièce jointe une comparaison entre les formalités de contrôle dans les ports algériens et les ports français. Ces schémas illustrent le parcours que doivent suivre les algériens résidant à l’étranger à chaque embarquement et à chaque débarquement.

En résumé. Il faut remplir 5 formulaires, faire 3 fois la queue devant les guichets, sortir les affaires des voitures 2 ou 3 fois, se faire contrôler à 9 reprises (un contrôle qui peut aller jusqu’à l’arrachement des airbags une ou deux fois). Le tout peut prendre jusqu’à 9h, voir plus, dans un hangar fermé dépourvu de toutes commodités et parfois exposés des heures et des heures au soleil. Un vrai parcours du combattant. Toute cette souffrance rien que pour prendre le bateau ou quitter le port sachant que parmi les voyageurs, il y a des malades, des bébés et des personnes âgées. Aux algériens nés à l’étranger, les parents leur décrivent l’Algérie comme un paradis et les incitent à y aller. Malheureusement, dès qu’ils arrivent dans nos ports et aéroports, leur seul et unique souhait est de quitter l’Algérie au plus vite. Si nous acceptons cette souffrance inutile et cette humiliation, les investisseurs et les touristes étrangers vont-ils l’accepter ? Nous sommes persuadés que la réponse est un grand non ! Pour preuve ni le secteur de tourisme, ni celui de l’investissement ne se développent en Algérie malgré les budgets octroyés.

Nous aimerions vous poser quelques questions :

1. Pourquoi le passage est plus rapide dans les ports européens ? Pourquoi trouve-t-on encore des formulaires à remplir en Algérie ? A notre connaissance, tout est informatisé en Algérie.

2. Vous ne pensez pas qu’il est temps de revoir ce parcours absurde ! Pourquoi ne pas garder toute l’année la préparation des documents administratifs à bord des bateaux ainsi que le couloir vert ?

3. Est-ce normal de nous obliger à sortir à plusieurs reprises toutes les affaires des véhicules ? Même quand on voyage seul, on doit laisser toutes nos affaires sans surveillance dans un hangar pour passer le véhicule au contrôle VGS ou au scanner (quand il n’est pas en panne !)

4. Pourquoi les douaniers/policiers parlent aux voyageurs d’un ton peu cordial et très agressif ? Le pire, ils nous appellent par les noms de nos voitures « win Rah L’Espace? » « Win rah El Golf » ?

5. Pourquoi les assurances européennes sont valables partout dans le monde (Maroc, Tunisie, Israël, etc.) Sauf en Algérie ? Est-ce possible de débloquer cette situation qui perdure ?

6. Qui serait responsable si les airbags, à force d’être arrachés brutalement à plusieurs reprises, ne se déclenchent pas lors d’un accident de circulation ?

7. Pourquoi les douaniers interdisent aux immigrés (qui descendent une fois par an) d’apporter des petits objets d’occasion afin de les ramener chez eux en Algérie ou les offrir à leurs proches et ne disent rien (ou font du business) avec ceux qui descendent plusieurs fois par mois ?

8. Pourquoi on fournit aux douaniers une liste des objets interdits pas à jour sachant que ces derniers l’utilisent pour faire du chantage et donner le choix aux voyageurs entre la corruption « un cadeau » ou la saisie des objets ramenés de l’étranger :

  1. En quoi ça gêne l’économie algérienne qu’un immigré ramène une machine à coudre d’occasion pour l’offrir à une proche ?
  2. Il est où le problème de ramener un vélo d’occasion ? Est-ce que l’Algérie en fabrique ? (sachant que le prix d’un vieux vélo en Algérie a dépassé un salaire de base algérien).
  3. Pourquoi on n’affiche pas sur les murs du port la liste des objets interdits ? Parfois, les douaniers inventent de nouvelles règles et se permettent d’interdire à certaines voyageurs (surtout les personnes agées) d’apporter avec eux quelques litres de l’huile d’olive !

9. Pourquoi la douane conserve les objets interdits d’entrer en Algérie (des jumelles par exemple !) au lieu de donner la possibilité à leurs propriétaires de les rapporter ?

10. Si la direction des douanes a un problème de confiance entre elle et la police ou avec son propre personnel, pourquoi ce sont les voyageurs qui doivent subir ce manque de professionnalisme ? Au lieu de multiplier les points de contrôle, ne serait-il pas plus judicieux de durcir les sanctions, organiser des visites surprises, installer des caméras de surveillance, etc.

11. Jusqu’à quand les autorités algériennes répondent aux réclamations des immigrés soit par un silence ou par des promesses ou par des visites télévisées des ports montrant que tout va bien ?

Concernant les formulaires, au lieu d’embaucher des gens pour distribuer et remplir les formulaires de déclaration de devise. Ces agents demandent aux voyageurs de les payer sinon, ils ne donnent pas le formulaire. Nous vous demandons de revoir l’utilisation des formulaires et si vous tenez à les garder :

  1. Harmoniser nos formulaires avec les documents administratifs européens, notamment par l’utilisation de la même nomenclature utilisée dans les cartes grises européennes ce qui facilite considérablement le renseignement de ces formulaires ;
  2. Corriger les fautes d’orthographe et d’anglais sur la déclaration de devise (recto/verso). Un formulaire est distribué, depuis plusieurs années, dans les ports et les aéroports algériens. Le pire, c’est que ce même formulaire est généré automatiquement par le nouveau site Web de la direction générale des douanes (même l’équipe informatique n’a pas corrigé ce formulaire) : Pas de règle, ni pour les lettres en majuscule ni en minuscule, des lettres en trop ou en moins. De nouveaux mots inventés (en anglais ou en français). Traduction en anglais une fois sur deux et quand elle est faite : OF remplacé par OFF, OR remplacé par OF. Des phrases commencent en anglais et finissent en français. Même avec les traducteurs automatiques sur Internet peuvent générer des formulaires corrects. Ces formulaires sont des documents étatiques d’un grand pays, ils doivent être clairs, non ambiguës et surtout compréhensibles de tout voyageur.

Salah Hadjab, président de l’association

Association ALCAÉÉ « La Communauté algérienne établie à l’étranger« 

8, bd de Bonne Nouvelle 75010 Paris – Email. [email protected] – Tél. 06 42 72 19 78

4 commentaires

  1. Je suis scandalisé et outré ! Par cette lettre bien naïve ! A moins que cette association n'a pour but que de faire semblant ! Les immigrés algériens sont depuis belle lurette accueillis comme des pestiférés dans les ports et les aéroports algériens, il n'y a rien de changé. Penser que ça puisse changer avec ces momies est de l'inconscience et un manque de courage ! Alors c'est bien beau d'écrire, mais ou est cette indépendance que des hommes valeureux ont ramenée ? En attendant, il est illusoire de penser une seconde que ces méthodes médiocres et sadiques puissent changer, rien ne sera épargné, ni aux immigrés, ni aux autres Algériens !!

  2. Enfin un article qui parle de la misère que subissent les Algériens résidents à l'étranger par les autorités policières et surtout douanières des différents ports d'Algérie. Il m'est arrivé de me déplacer en passant par le calvaire du port d'Alger et là je constate alors des choses qui sont inimaginables. Des billets de banques euros servent de passe droit .Comment ne peut on pas procéder à des controles sur les douaniers qui sont en contact avec les émigrés. C'est une honte qu'un douanier vous ouvre un sac et prennent bonbons et chocolats pour leur besoins personnel . Cela doit s'arrêter et Monsieur Benatallah ne doit pas venir nous exhiber de belles danses du ventre pour encourager le retour au pays et l'investissemnt également. Je dois dire que ces douaniers sont la honte de l'Algérie et ils ne doivent pas avoir la conscience tranquille quand les vrais changements s'opéreront en Algérie. Nous attendons une suite et des changements.

  3. Tous ces humiliations que subissent les Algériens aux frontiéres de leur "pays" commencent par les innombrables et criminels humiliations qu'ils subissent dans les ambassades et consulats d'algérie à Paris, Bruxelles, Madrid, Montreal………
    M. Salah Hadjab, président de cette association ALCAEE,que l'on encourage à aller de l'avant, doit appeler les Algériens de l'étranger à aller manifester et dire leur ras le bol pour libérer ses Maison d'Algérie des mains des fonctionaires en col blanc du drs et dresser la liste de ces fonctionnaires, consuls et vice-consuls et agents contractuels qui martyrisent les algériens à l'étranger.
    Diffuser cette liste sur facebook pour les démasquer et faire sortir de l'ombre leur sale besogne.
    L'humiliation et "la hogra" ne cesseront que le jour où la force de la liberté les détruira.

  4. Ce qui est le plus incompréhensible, le plus anormal , le plus absurde , le plus …. c'est qu'avec tous ces contrôles il y a encore des Algériens qui prennent patience pour une "pitoyable" Algérie que des "criminels" tentent de ruiner , et viennent se ressourcer dans cette patrie
    qui les a vus naître et partir, puis revenir .Et qu'il y a toujours sur le marché des produits "non autorisés" en abondance. Enfin, c'est toujours la même question qui taraude : Il y a quelque chose qui cloche .

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