Boualem Sansal : «Nous vivons sous un régime national-islamiste»

Alors qu’il publie «le Village de l’Allemand», le grand romancier algérien s’explique, dans cette interview au Nouvel Observateur, sur les liens entre hitlérisme et islamisme, la politique de Bouteflika et les choix diplomatiques de Sarkozy. Ce qu’il dit est terrible

En exergue, un mot du narrateur annonce la couleur du livre. Noire, très noire: «il y a des parallèles dangereux qui pourraient me valoir des ennuis». Ce n’est pas une coquetterie. Il n’y en a jamais chez Boualem Sansal. Dans son cinquième roman, deux frères d’origine algérienne tiennent leur journal. Ils vivent en France, banlieue parisienne, et apprennent avec horreur la destinée de leur père: Hans Schiller, héros du FLN, était officier SS; il vient de finir ses jours au bled, égorgé par le GIA.

Pour son fils aîné, l’histoire des camps d’extermination se découvre dans son insupportable singularité, et s’inscrit dans sa chair, jusqu’à la folie. Pour le cadet, directement confronté à la «talibanisation» de sa cité, l’équation entre nazisme et islamisme s’impose avec cette certitude: «l’imam de la tour 17, il faut lui couper le sifflet». Entre leurs deux voix alternées, Sansal fraie la sienne, subtile mais ferme, qui dans une intrigue serrée noue sans faiblir les questions les plus brûlantes: banlieues, Algérie, nazisme, fanatisme… Servi par tant de talent, son courage force l’admiration. «Le Village de l’Allemand» est un coup de poing dans le gras de nos plus rassurantes illusions: la fin de l’histoire n’a pas eu lieu.

G.L.

Le Nouvel Observateur – Ce qui donne son titre au roman, c’est la destinée d’un criminel de guerre nazi, ancien SS qui a trouvé refuge en Algérie, où il est devenu un héros de la guerre d’indépendance en formant des combattants du FLN… S’agit-il d’une histoire vraie? Comment est né ce roman?

Boualem Sansal. – «Le village de l’Allemand» est né d’une histoire vraie et d’un déluge de questions. Un jour, au début des années 1980, alors que j’étais en déplacement professionnel à l’intérieur du pays (dans la région de Sétif), je me suis arrêté dans un village (Aïn Deb, dans le roman), attiré par son «look» exotique. Il ne faisait pas couleur locale, il avait un petit air d’ailleurs. J’y ai pris un café et en arrivant à destination, j’ai questionné les personnes qui m’attendaient. J’avais à peine fini de dire «En venant chez vous, je suis tombé sur un drôle de village qui m’a fait pensé au village d’Astérix le Gaulois…» qu’on s’exclama fièrement: «Ah! le village de l’Allemand». On m’expliqua que ce village était «gouverné» par un Allemand, ancien officier SS, ancien moudjahid, naturalisé algérien et converti à l’islam. Dans la région, on le regardait comme un héros, un saint homme qui avait beaucoup fait pour le village et ses habitants. J’ai senti chez mes interlocuteurs une réelle admiration à l’évocation de son passé nazi, ce qui n’était pas pour me surprendre: la geste hitlérienne a toujours eu ses sympathisants en Algérie, comme d’ailleurs dans beaucoup de pays arabes et musulmans, et sans doute plus aujourd’hui en raison du conflit israélo-palestinien et de la guerre d’Irak. Avec quelque emphase pour bien m’éblouir, on m’expliqua que cet Allemand avait été envoyé par Nasser comme expert auprès de l’état-major de l’ALN et qu’après l’indépendance il avait enseigné dans la prestigieuse académie militaire de Cherchell. C’était en effet quelqu’un. J’avais voulu retourner au village et voir cet homme de près mais le temps m’avait manqué.

Depuis, j’ai souvent pensé à cette histoire. Je lui trouvais beaucoup d’aspects intéressants: le côté aventureux et romantique de cet Européen venu se battre pour l’indépendance de l’Algérie, sa retraite dans un village du bout du monde, sa conversion à l’islam, l’ascendant sympathique qu’il a pris sur ses habitants. Il y avait aussi le côté noir, celui de l’officier SS ayant servi dans les camps d’extermination.

N.O. – Comment cet aspect-là pouvait-il être occulté?

B. Sansal. – En y pensant, je me suis avisé de quelque chose que je savais mais sans lui avoir jamais accordé plus d’importance que cela: la Shoah était totalement passée sous silence en Algérie, sinon présentée comme une sordide invention des Juifs. Ce constat m’avait choqué. Le fait est que jamais, à ce jour, la télévision algérienne n’a passé de film ou de documentaire sur le sujet, jamais un responsable n’en a soufflé mot, jamais, à ma connaissance, un intellectuel n’a écrit sur le thème. C’est d’autant plus incompréhensible que nous avons fait de notre drame durant la guerre d’Algérie, l’alpha et l’oméga de la conscience nationale. Je pense qu’à ce titre nous aurions également dû nous intéresser aux drames qui ont frappé les autres peuples, partout dans le monde. Il me semble qu’on ne peut avoir pleine conscience de sa tragédie et s’en trouver plus fort que si on considère aussi celles des autres. Quelle autre façon avons-nous de situer son histoire dans l’histoire humaine une et indivisible? Ne pas le faire, c’est quelque part mépriser sa propre histoire, c’est privatiser quelque chose qui appartient à l’humanité, pour en faire, par glissement naturel ou par calcul, au mieux une épopée que chacun peut agrémenter selon ses besoins, au pire un manuel de lavage de cerveau. En Algérie, au demeurant, on a réussi à faire les deux: une merveilleuse épopée en mouvement perpétuel et un abominable manuel de décérébration massive. Je me demande comment nous pourrions un jour sortir de ce double sortilège.

N.O. – Pour reprendre le titre d’un livre paru en 1990, votre roman propose en somme une nouvelle vision, extrêmement sombre, des rapports entre «le croissant et la croix gammée» (1). D’autant qu’à l’arrière-plan se profile le rôle des services secrets égyptiens de Nasser… Ce passé-là en tout cas, volontiers méconnu – sinon occulté, nous entraîne très loin des visions manichéennes de la décolonisation qui ont souvent cours. N’est-ce pas une nouvelle façon pour vous de déconstruire l’histoire de la libération nationale en Algérie (dont vous avez déjà dénoncé les mythes, notamment dans «Poste restante: Alger» [1])?

Boualem Sansal. – Quand j’ai décidé de faire de l’histoire de cet Allemand la trame d’un roman, je me suis retrouvé avec beaucoup de questions sans réponses. Je n’ai hélas pas pu me rendre dans ce village pour mener enquête. Tant de choses ont changé en Algérie depuis le début des années 1980 qu’il m’est vite apparu inutile de m’y rendre. Durant la «décennie noire», tout déplacement était suicidaire, le pays était sous contrôle des GIA. Et plus tard, alors que la sécurité sur les routes s’était améliorée, j’y ai renoncé, je me suis dit que le village était au mieux sous la coupe d’un notable issu de l’Alliance présidentielle, donc livré à la gabegie et à la corruption, au pire sous la férule d’un émir «résiduel» du GIA et que toute trace de cet Allemand avait dû être effacée. J’ai recueilli quelques dires ici et là, et puisé dans les livres pour reconstituer la possible trajectoire de cet homme, et d’une manière générale de ces criminels de guerre nazis qui se sont réfugiés dans les pays arabes.

[2] En avançant dans mes recherches sur l’Allemagne nazie et la Shoah, j’avais de plus en plus le sentiment d’une similitude entre le nazisme et l’ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes. On retrouve les mêmes ingrédients et on sait combien ils sont puissants. En Allemagne ils ont réussi à faire d’un peuple cultivé une secte bornée au service de l’Extermination; en Algérie, ils ont conduit à une guerre civile qui a atteint les sommets de l’horreur, et encore nous ne savons pas tout. Les ingrédients sont les mêmes ici et là: parti unique, militarisation du pays, lavage de cerveau, falsification de l’histoire, exaltation de la race, vision manichéenne du monde, tendance à la victimisation, affirmation constante de l’existence d’un complot contre la nation (Israël, l’Amérique et la France sont tour à tour sollicités par le pouvoir algérien quand il est aux abois, et parfois, le voisin marocain), xénophobie, racisme et antisémitisme érigés en dogmes, culte du héros et du martyre, glorification du Guide suprême, omniprésence de la police et de ses indics, discours enflammés, organisations de masses disciplinées, grands rassemblements, matraquage religieux, propagande incessante, généralisation d’une langue de bois mortelle pour la pensée, projets pharaoniques qui exaltent le sentiment de puissance (ex: la 3ème plus grande mosquée du monde que Bouteflika va construire à Alger alors que le pays compte déjà plus de minarets que d’écoles), agression verbale contre les autres pays à propos de tout et de rien, vieux mythes remis à la mode du jour…. Fortes de cela, les dictatures des pays arabes et musulmans se tiennent bien et ne font que forcir. Plus que mille discours, cinq petits jours de Kadhafi à Paris ont suffi pour édifier les Français sur la nature de nos raïs. Ah, quelle morgue, ce Kadhafi! Maintenant, ils peuvent comprendre ce que nous subissons tous les jours qu’Allah nous donne à vivre sous leurs bottes.

N.O. – Mais ce que raconte votre roman, c’est surtout la découverte du nazisme lui-même, aujourd’hui, par les deux fils de l’Allemand devenu Algérien. Pour eux, qui vivent dans une cité de la banlieue parisienne, cette découverte est un traumatisme. La question de la transmission de cet insupportable héritage est ainsi au cœur du livre – notamment à travers le texte de Primo Levi qui s’y trouve cité. Est-ce une question qui vous hante directement? S’agit-il de lutter contre une forme de négationnisme ambiant?

Boualem Sansal. – Je me pose souvent la question: comment réagiront nos jeunes le jour où ils ouvriront les yeux et que tomberont les certitudes débilitantes qui ont été leur pain, leur lait et leur miel quotidiens depuis la prime enfance. On imagine le chaos. Ils devront repenser tout ce qui leur a été inculqué: religion, identité, histoire, société, Etat, monde. Je me dis avec tristesse qu’ils ne pourront pas mener ce travail de reconstruction et que probablement ils ne trouveront personne pour les aider. Les vieux auront aussi à se refaire. C’est parce que leurs yeux se sont quelque peu décillés au début des années 1980 sur l’impasse dans laquelle le FLN avait mis le pays, que les jeunes Algériens ont massivement rejoint le FIS et les groupes armés. Ils avaient besoin d’autres certitudes, c’était urgent. Vers quoi iront-ils maintenant qu’ils ont compris que l’islamisme ne payait que par la mort et que la voie de l’émigration leur était fermée? J’ai voulu m’engager dans cette problématique, le choc de la vérité, et j’ai choisi de le faire d’une manière à la fois positive, façon de ne pas insulter l’avenir et croire que nos jeunes sauront trouver une issue (comme Malrich, l’enfant des banlieues) et dramatique comme pour Rachel que la révélation de ce que fut le passé de son père a mené au suicide. Je ne sais pas si l’Allemand de Aïn Deb avait des enfants. Je lui en ai donné deux, Rachel et Malrich, et je les ai brutalement mis devant le passé de leur père. Ils ne sont pas réels mais je m’en suis voulu pour la douleur que je leur ai infligé.

Devant ces révélations, se pose la terrible question: sommes-nous comptables des crimes commis par nos parents, d’une manière générale par le peuple auquel nous appartenons? Oui, cette question me hante et je n’ai pas de réponse. Je me dis que nous ne sommes responsables de rien mais en tant qu’héritiers, le problème nous échoit, nous n’y pouvons rien. Je me dis que nous n’avons à faire ni repentance ni excuse mais en tant qu’héritiers le problème nous échoit. Il n’y a pas de réponse mais il y a peut-être une solution: que les enfants des victimes et ceux des coupables se rencontrent et se parlent, autour d’une histoire qu’ils écriront eux-mêmes. Ensemble, de cette façon, ils éviteront peut-être le manichéisme que naturellement les acteurs de la tragédie portent en eux. N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous faisons depuis que le monde est monde?

N.O. – Votre Ministre des Anciens combattants a récemment déclaré que Nicolas Sarkozy devait son élection, en France, à l’appui d’un «lobby juif». Faut-il y voir une sorte de résurgence – ou de symptôme – du passé qu’évoque votre roman? Et que pensez-vous de la façon dont Sarkozy a réagi à cette provocation? De son attitude, en général, vis-à-vis des dirigeants algériens et sur les relations franco-algérienne?

Boualem Sansal. – N’était la réaction française qui a éveillé notre attention, les propos scandaleusement antisémites d’un de nos ministres, comme ceux du chef du gouvernement contre Enrico Macias, seraient passés inaperçus chez nous. Il faut le savoir, nos oreilles sont saturées, nous n’écoutons jamais les insanités de nos sinistres gouvernants. De Ben Bella à Bouteflika, c’est le même discours de haine, enseigné dans nos écoles et nos mosquées, relayé et amplifié par la télévision et les officines de la propagande.

Je trouve que Sarkozy a été pusillanime, il aurait dû différer sa venue, et demander officiellement à Bouteflika de désavouer publiquement son ministre. Il aurait dû maintenir Macias dans sa délégation. Sarko et sa délégation étaient les invités de l’Algérie, pas seulement de M. Bouteflika.

Sarko et Boutef qui se donnaient allègrement du «Mon ami Abdelaziz» par-ci, «Mon ami Nicolas» par-là, n’ont pas été au bout de leur soudaine amitié. Pour nous, la chose est sacrée: L’ami de mon ami est mon ami. En foi de quoi, Macias, l’ami de Sarko, aurait dû, obligatoirement, trouver sa place dans le cœur de Boutef. Je ne me souviens pas, soit dit en passant, que celui-ci ait été mis devant pareil et inutile affront lorsqu’il est allé en France, à l’invitation de Chirac. Au contraire, il eu droit au grand jeu, Parlement, Champs-Élysées, petits fours et tutti quanti. En se dérobant, Sarko lui a donné quitus de son insulte (car nul ne doute qu’il ne soit derrière les déclarations de son ministre), il l’a même encouragé à récidiver et pour nous qui espérions voir les relations algéro-françaises enfin se tourner vers l’avenir et nous apporter un peu d’air et de progrès, c’est décevant.

N.O. – Ce qui frappe de plein fouet à la lecture, ce qui est très violent dans votre roman, c’est évidemment le jeu de miroir entre le nazisme d’hier et l’islamisme d’aujourd’hui. Le journal de Rachel insiste sur la spécificité de l’Extermination. Mais son frère Malrich, qui perçoit l’imam de sa cité comme un SS, va jusqu’à écrire: «quand je vois ce que les islamistes font chez nous et ailleurs, je me dis qu’ils dépasseront les nazis si un jour ils ont le pouvoir». Dans quelle mesure partagez-vous ce point de vue?

Boualem Sansal. – Nous vivons sous un régime national-islamiste et dans un environnement marqué par le terrorisme, nous voyons bien que la frontière entre islamisme et nazisme est mince. L’Algérie est perçue par ses enfants eux-mêmes comme une «prison à ciel ouvert», disent les uns, et comme «un camp de concentration», disent les autres qui meurent à petit feu dans les cités. On ne se sent pas seulement prisonniers de murs et de frontières étanches, mais d’un ordre ténébreux et violent qui ne laisse pas même place au rêve. Nos jeunes ne pensent qu’à se jeter à la mer pour rejoindre des terres clémentes. Ils ont un slogan qu’ils répètent à longueur de journée en regardant la mer: «Mourir ailleurs plutôt que vivre ici». Les Harragas (les brûleurs de routes) avant d’être des émigrés clandestins sont des prisonniers évadés. Ils devraient être accueillis en tant que tels et non comme des hors-la-loi que l’on punit de la manière la plus cruelle: en les renvoyant au pays.

N.O. – En ce qui concerne la menace islamiste, plusieurs événements récents donnent hélas raison à l’inquiétude et à la noirceur qui imprègnent votre roman: les attentats qui viennent de se produire à Alger, par exemple. Des voix s’élèvent pour mettre en cause la responsabilité de la politique de «Réconciliation nationale» menée par le président Bouteflika. Est-ce aussi votre avis? Entre l’épisode sanglant des villageois égorgés par le GIA en 1994 – que l’on trouve dans votre livre – et ces attentats-suicides orchestrés par Al-Qaïda, quelle évolution voyez-vous se dessiner?

Boualem Sansal. – La «Charte pour la Réconciliation nationale» de M. Bouteflika n’est pas un moyen de rétablir la paix et ce qui va avec, la justice, la vérité, la démocratie, la culture, la prospérité. Elle est un anneau de plus à la chaîne totalitaire que le régime du FLN a déroulée sur le pays depuis l’indépendance. Elle ne dit rien d’autre que cela: «Réconciliez-vous autour de moi, Bouteflika, que les islamistes cultivent leur champ et que les démocrates et les laïcs cultivent le leur, l’Algérie est riche pour tous». Nous avions une Algérie qui se battait pour la liberté, nous voilà avec deux Algérie séparées par un fossé plein de sang et d’amertume. En vérité, la Réconciliation avait un autre objectif: couvrir les chefs de l’Armée et des Services secrets coupables de crimes massifs durant la «décennie noire», redorer le blason du régime, apporter une pièce maîtresse au dossier de M. Bouteflika qui rêve d’être couronné Nobel de la Paix.

Le Dr. Saïd Saadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a récemment déclaré que l’Algérie était en voie d’«irakisation». Je partage ce point de vue. Tant que le régime sera là, le désordre ira croissant. Comme elle le fut dans les premières années de son indépendance, une terre d’expérimentation où tous les vendeurs d’utopies dans le monde venaient proposer leurs recettes-miracles, l’Algérie sera, comme l’Irak, un terrain où viendront s’affronter toutes les factions et toutes les mafias du monde. El-Qaïda l’a bien compris, elle y a installé une succursale. Hier, c’était les Frères Musulmans, puis les Afghans, aujourd’hui, c’est la nébuleuse El-Qaïda et demain, on rebattra les cartes et de nouveaux acteurs apparaîtront. Le système corrompu et nauséabond du FLN est ainsi, il attire les mouches. Le barrage à cela est une démocratie insérée dans l’ensemble maghrébin et l’Union méditerranéenne.

N.O. – Comment lutter contre cette menace terroriste? Votre livre pose à de nombreuses reprises la question, mais n’apporte guère de réponse… Quel rôle peuvent jouer les démocraties occidentales? La façon dont Sarkozy vient de recevoir Kadhafi est-elle, comme il le dit, une voie possible pour encourager la démocratie face à l’islamisme?

Boualem Sansal. – Avec des régimes comme ceux de Bouteflika et Kadhafi, les démocraties occidentales ne peuvent pas grand-chose. Tout ce qu’elles diront et feront sera retourné contres elles et contre nous. Nos leaders sont de redoutables tennismen. Ils connaissent tous les coups pour détruire les balles en vol. Comme d’habitude, ils se dresseront sur leurs ergots et crieront : ingérence, colonialisme, néocolonialisme, impérialisme, atteinte à nos valeurs islamiques, lobby juif, etc!

La menace terroriste ne les gêne pas plus que ça. En tout cas, ils veulent la gérer selon leurs vues et besoins tactiques, loin du regard étranger. «Le terrorisme reste à définir», disait Kadhafi en Espagne. Bouteflika avait dit une chose similaire. La menace terroriste est pour eux pain béni, elle leur permet de maintenir la société sous étroite surveillance et ridiculiser ses prétentions démocratiques, toujours présentées comme susurrées par l’Occident dans le but d’affaiblir nos valeurs nationales.

La méthode Sarkozy est peut-être une voie. En recevant les dictateurs, en travaillant avec eux, on les légitime, certes, mais peu à peu on les déshabille, on les montre sous leur vrai jour, on les implique dans des projets communs. Ne se sentant plus menacés par les discours de l’Occident sur les droits de l’homme, ils pourraient avancer sur la voie de la normalité (je le dis sans trop y croire). La méthode implique que dans nos pays, la société civile et les partis politiques se mobilisent pour accentuer la pression interne. Quoi qu’il en soit, il est trop tôt pour juger de l’efficacité de la méthode Sarko. J’aurais quand même préféré qu’il reçoive Kadhafi dans la discrétion, ce richissime bandit ne méritait pas tant d’égards.

N. O. – Qui peut agir alors?

Boualem Sansal. – La lutte contre l’islamisme, matrice du terrorisme, réclame un engagement des musulmans et de leurs théologiens. Il leur revient de sauver leur religion et de la réconcilier avec la modernité, faute de quoi l’islam finira par n’être plus que l’islamisme. Mais le danger dans les pays arabes et musulmans est tel qu’aucun théologien n’ose entreprendre ce nécessaire travail d’ijtihad. Et les intellectuels qui s’y emploient avec talent dans les démocraties occidentales (Soheib Bencheikh, Malek Chebel, Mohamed Arkoun, Abdelwahab Meddeb…) ne sont guère entendus dans nos pays. Mon humble avis est que l’islam a déjà trop pâti de l’islamisme et du nationalisme arabo-musulman, je ne vois pas comment il pourrait reprendre le chemin des Lumières qui jadis fut le sien.

N. O. – L’islamisation de certaines cités de banlieue, en France, est également au cœur du livre: non seulement on y «fabrique» des talibans, mais c’est un véritable état (totalitaire) dans l’état (républicain) qui se dessine. Un état avec ses lois et son impôt: «la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée», prophétise Malrich. Pire, il la compare à un «camp de concentration», dont les habitants, en proie au désœuvrement, seraient sous l’autorité tyrannique de l’imam leurs propres «kapos». Là-encore, ce diagnostic extrêmement radical (du personnage) vous semble-t-il justifié? N’est-il pas quelque peu caricatural? Et si non, sur quels éléments vous fondez-vous?

Boualem Sansal. – Le diagnostic de Malrich n’est pas exagéré. C’est la triste réalité. Dans nos pays, les cités populaires abandonnées par l’Etat à la misère, au banditisme et à l’islamisme sont déjà des camps de concentration. Certaines banlieues françaises sont de la même manière sous la coupe des gangs mafieux et islamistes, en connexion avec les gangs d’Algérie et les réseaux salafistes d’El-Qaïda dans le monde. Le journaliste Mohamed Sifaoui, à travers ses enquêtes sur le terrain et ses documentaires, en a apporté la preuve. Moi-même, au cours de mes déplacements en France, j’ai eu l’occasion de le constater et de l’entendre de la bouche même des habitants de ces cités.

N.O. – Le seul remède indiqué par votre roman, ici encore dans la filiation de Primo Levi, c’est l’usage de la parole, le souci de dire la vérité contre l’oubli, le mensonge, le silence. Pensez-vous que l’écriture peut être une arme politique? Au moment du 11 septembre 2001, vous aviez été l’un des rares et tout premiers intellectuels de culture musulmane à dénoncer le fanatisme. Vous sentez-vous moins seul aujourd’hui?

Boualem Sansal. – Le Verbe est tout. Il peut tuer et ressusciter. Je ne me situe évidemment pas à ce niveau. J’écris pour parler, parler à des gens, des frères, des amis, des passants tranquilles, et même, s’ils le veulent bien, à ceux qui rêvent de détruire l’humanité et la planète.

Ce sont les lecteurs qui font des livres une arme politique. Plus ils sont nombreux et plus ils sont forts, ils peuvent s’associer, crier, brandir le poing et chasser ceux qui nous font du mal avec leur fanatisme, leurs mensonges, leurs rapines, leurs crimes.

Le 11 septembre a été pour nous tous un choc terrible. Ce jour, nous avons commencé à comprendre que l’islamisme était dans une démarche autrement plus radicale que celle que nous lui attribuions: lutter contre les tyrans en terres d’islam et instaurer la charia. Sa véritable démarche est l’extermination de l’autre, le croisé, le Juif, l’athée, le musulman laïc, la femme libre, le démocrate, l’homosexuel, etc (la liste ne cesse de s’allonger). Il n’est limité dans son projet que par l’absence entre ses mains d’armes de destruction massive. Devant une telle folie, la mobilisation a été bien timorée. Pire, ici et là, on a composé avec lui, on lui a fait des concessions (voile islamique, gestion des mosquées, éducation, prêches à la télé, fermeture des écoles enseignant en français…), on lui a abandonné des zones entières (des villes et des banlieues) et très peu aujourd’hui osent aborder frontalement la question de l’islamisme, encore moins celle de l’islam, otage de l’islamisme. En Algérie, en application de la «Réconciliation», ce mot, comme celui de terroriste et beaucoup d’autres, ont tout simplement disparu du vocabulaire des officiels. On parle «d’égarés manipulés par la main de l’étranger». On revient toujours au complot contre la nation algérienne.

N.O. – En exergue, le narrateur principal indique que le livre contient «des parallèles dangereux qui pourraient [lui] valoir des ennuis». Ne craignez-vous pas vous-même d’en avoir? Vous avez dû quitter vos fonctions dans l’administration en 2003. Et votre dernier livre [«Poste restante : Alger» [4]] a été interdit en Algérie en 2006. Pensez-vous que celui-ci sera autorisé? Et pourquoi, au fond, restez-vous en Algérie, là où beaucoup ont préféré l’exil?

Boualem Sansal. – Les censeurs sont légions dans nos pays et ils sont très vigilants. Ils traquent le mot, la virgule, l’attitude. «Poste restante Alger» a été interdit avant même d’arriver en Algérie. «Le Village de l’Allemand» le sera certainement. Comme il touche à plusieurs thèmes sensibles, je m’attends à un déluge de tirs croisés. Je le dis comme ça dans le but de provoquer une réaction inverse: un grand silence méprisant. C’est le mieux qui puisse arriver. Nos censeurs sont toujours très dangereux quand ils s’intéressent à quelqu’un.

Comme beaucoup d’Algériens, les jeunes et les moins jeunes, je suis constamment taraudé par l’envie de «m’évader» du camp. Et toujours, au moment de ramasser mon baluchon et de prendre la clé des champs, je me dis que, après tout il est plus intelligent de détruire le camp, une pièce rapportée, que de fuir le pays. L’Algérie est un beau et grand pays, il vient de loin, il a une longue et passionnante histoire, ayant fricoté de près avec tous les peuples de la Méditerranée, il n’est pas né avec le FLN, il n’a rien à voir avec sa culture, ses camps, ses apparatchiks et ses kapos, un jour il reprendra sa route sous le soleil et sa terre reverdira. J’aimerais être là pour le voir.

Propos recueillis par Grégoire Leménager

«Le Village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller», par Boualem Sansal, Gallimard, 256 p., 20 euros.

(1) «Le Croissant et la croix gammée, ou les secrets de l’alliance de l’Islam et le nazisme d’Hitler à nos jours» [5], par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990.

Pour retrouver Boualem Sansal dans l’émission d’actualité littéraire de CanalObs.tv, cliquez ici

22 commentaires

  1. Boualem Sansal, j’avoue n’avoir jamais lu un de vos livres.J’avoue aussi refuser energiquement qu’on vous censure.Permettez moi de vous dire que vous avez une sacree dose de courage d’etre aussi critique et continuer de vivre en Algerie.Je partage completement votre analyse et lecture du Harrag.Cependant, Je n’ai pas aime le fait que vous comparez l’islamisme au nazisme.C’est une assertion farfelue, et une approche subjective et chauvine.C’est aussi une comparaison fausse et gratuite .Vous ne faites helas que reprendre le discours dominant et dominateur de ceux qui nous sous estiment et qui ne se genent nullement a nous le faire comprendre.Votre statut d’auteur, d’ecrivain, d’humaniste, de democrate et de tout ce que vous voulez ne vous autorise pas a faire ce faux parallele.Soutenir de telles absurdites depasse de loin le fait de foncez le trait pour se confondre avec du plat-ventrisme intellectuel.Je vois que votre probleme a vous est celui de toute l’elite algerienne d’expression francaise qui s’est tellement diluee dans les ideaux de la R.F. qu’elle a fini par se renier.Ce ne fut pas le cas d’Albert Camus.Cette elite a meme refuse les principes des droits de l’homme pour ses propres concitoyens.C’est une elite non immunisee et colonisable a merci.

  2. Un livre inutile qui n’apporte aucun éclairage historique sur la Shoah. Un livre qui s’inscrit dans cette tradition bien de chez nous qui consiste à parler en bien des juifs et en mal des siens pour espérer une place à l’ombre de l’édition française avec tirage confidentiel garanti! Je dirai simplement à monsieur Sansal que nul n’a mieux parlé de la douleur du peuple juif qu’Elie Wiesel et que nul n’a mieux décrit l’horreur des camps de concentration que Martin Gray dans son formidable  »Au nom de tous les miens ». Le peuple juif est rageusement servi et défendu par les siens. Il n’a pas besoin des ‘’goys’’ pour défendre sa mémoire. Les ‘’gentils’’, selon la tradition hébraïque, sont comme les mimes, ils ont souvent le visage pale et un rictus en guise de sourire. Ils sont peut être de commerce agréable mais de là à les croire…..
    Revenons maintenant à l’essentiel. Au nom de la vérité historique, il faut dire et répéter que les musulmans et les arabes n’ont rien à voir avec les pogroms et la shoah. Toute l’histoire juive depuis au moins 14 siècles montre que ce peuple dispersé aux quatre coins du monde a vécu honorablement sous la protection des pays musulmans. Ils furent traités comme des ‘’Dimmis’’, c’est à dire des non musulmans vivant en terre d’Islam, pratiquant leur foi, leurs rites et leurs sacrements en toute liberté moyennant le paiement d’une dîme (impôt). Les différents massacres qu’ils ont subis et la Shoah en est l’épisode le plus marquant de leur histoire depuis les pharaons furent l’œuvre incontestable et incontestée des européens. Démontrer, à partir d’un fait divers vrai ou supposé, que le peuple algérien est antisémite relève au mieux de la forfanterie au pire de la mauvaise foi. Mr Sansal prend des libertés avec l’histoire et la mémoire d’un peuple. Il refuse d’associer cet épiphénomène (allemand nazi aidant la révolution algérienne) à un contentieux historique que l’Allemagne avait avec la France depuis Bismarck et qui aurait pu donner la trame suivante à son livre: l’allemand-continue son combat contre la France par algérien interposé. Non, il préféra succomber à l’imposture et trouva ce raccourci idéal qui ferait certainement plaisir à un Finkielkraut par exemple: un algérien qui accepte l’aide d’un nazi pour combattre la France est forcément antisémite! Mr Sansal pourra toujours s’objecter et dire que l’écrivain a le droit de choisir son angle d’approche pour construire sa trame romanesque. C’est vrai! sauf que dans ce cas, on ne parle plus de roman et son interview au nouvel observateur le démontre amplement. Elle se veut une approche historico-socio-psychologique pour mettre en lumière notre National-islamisme comme pendant au national socialisme de l’Allemagne Hitlérienne. Rien que ça! Il m’arrive rarement, sinon presque jamais, d’avoir honte de notre ‘’élite’’. Aujourd’hui Oui!

    PS : Je répondrai à ceux et celles qui ont des arguments à m’opposer. Je ne répondrai pas et ne m’adresserai plus jamais à ceux et celles qui veulent insulter gratuitement les arabes et les musulmans. Je ne suis pas leur homme! C’est simple. C’est clair et c’est définitif.

  3. Autant je partage le mepris de Mr Sansal a l’endroit des charognards du Fe Le Ne et de leur Fis legitime pire que ses geniteurs parce qu’il a osé commercé avec le sacré, autant je reste perplexe par rapport à ses positions vis a vis de l’Alter ego des charognards ci dessus qu’est ce cretin de Macias.Faudrait il cpmprendre que l’on ne peut etre algerien que si l’on se fait adopter par un charognard, cretin de surcroit, made in…..

  4. La singularité de ce roman vient du fait qu’il allie deux ingrédients racoleurs qui ont valu gloire et renommée aux talentueux écrivains qui les ont investis. Boualem Sansal a du talent ! Maintenant qu’il a réussi à tisser une trame sur les fils enchevêtrés du nazisme et de l’islamisme, peut-on espérer que le premier Goncourt algérien se profile à l’horizon ? En tous cas, le national-islamsime fera parler de lui cette année !

  5. C’est l’air du temps. Casser du FLN historique pour couper court à toute repentence, noircir encore plus l’Islam après ce qu’ont en fait les algériens, ensencer la shoah et toutes les portes de la célébrité et des médias de FAFA s’ouvrent comme par enchantement. Dur, Dur de savoir raison garder. Même filon que Khadhra et colonel Belounis.

  6. IBN KHALDOUN
    Boualem Sansal, tout compte fait…

    Sansal, tout compte fait, vous passez maître dans l’art d’ouvrir les vannes – sans commune mesure. Mais c’est pour vous y noyer – sans conteste. Avec « Poste restante », vous entérinez l’ère de l’amertume et des incohérences. Vous vous mettez à construire votre réputation sur des monceaux de détritus et d’histoire nauséabonde que vous seul fréquentez. Et vous déshonorez non seulement votre patrie mais aussi l’institution littéraire elle-même. Vous vous complaisez dans le vaseux et le maso, le brut et l’indécrottable. Visiblement, vous donnerez votre âme au diable pour si peu de notoriété. Choquer. Faire œuvre tapageuse. Attirer à n’importe quel prix les regards. Tels désormais sont quelques-uns des principes qui forment votre morale. Vous surfez sur la vague anti-nazie pour que votre ambition atteigne le zénith – vous dont le talent est franchement dérisoire. De vous en prendre au ministre des anciens combattants algériens eût été convenable si du coup vous n’infirmiez pas une vérité évidente : N. Sarkozy a bel et bien été porté au pouvoir par le lobbies juif de France (je le dis sans un iota d’antisémitisme, sans velléité de contestation de quelque shoah que ce soit, ni d’autre souci que celui d’une vérité – hélas prohibée). Mais je comprends… Entre Sarkozy et vous il y a ceci de commun : la logique et le délire grandioses d’être propulsé au sommet – en fait au summum du ridicule. Personne n’en voulait à Enrico Macias, vous le savez bien. Il s’est mis lui-même dans cette situation de rejet pour ses positions sionistes avérées, donc pour ses positions anti-palestiniennes. Vous imaginez vos «Chers compatriotes », eux qui ont souffert dans leurs chairs et leurs âmes (torture, exterminations, faim, froid, viol, misère, pillage, exactions de toutes sortes…) faire les yeux doux à quelqu’un qui se pavane avec des gens du Mossad ? Le ministre algérien n’a rien dit que tous les Algériens n’approuvent déjà haut et fort, au vu et au su du monde entier. Antisémite, ce ministre ? Pas plus que vous n’êtes opportuniste. Pas plus que quand votre plume trempe dans l’encrier de la récupération et de la flagornerie flagrante. Voyons…aujourd’hui les juifs se rendent en Algérie tout comme ils se rendent en Israël – sans tracas. Et à ce que je sache, monsieur Sansal, vous n’êtes guère meilleur avocat que Giselle Halimi (pourtant – qu’on me le dise si je me trompe – coreligionnaire de Macias) qui, elle, a su lui indiquer où se situe son tort. Votre travail soulève le cœur tant vous préférez l’ignoble à l’Algérie, voire au bon sens révolté et digne des Algériens. Suffit-il de brandir l’épouvantail de l’intégrisme pour qu’on vous pardonne vos inepties diffamantes ? Laissez-moi vous rappeler ne serait-ce qu’une phrase de votre interview : « Et toujours, au moment de ramasser mon baluchon et de prendre la clé des champs, je me dis que, après tout il est plus intelligent de détruire le camp, une pièce rapportée, que de fuir le pays ». Voilà qui est loin d’être modeste et qui cependant tient lieu de lapsus. Vous dites : ‘’Une pièce rapportée’’. Rapportée où ? Au trophée de qui ? De la France ? Belle marâtre, celle-là, dans le giron de laquelle ‘’nous’’ courons toujours confier nos espérances éplorées. France qui nous plaint et nous en veut – viscéralement ! Votre discours est un discours complaisamment destiné à un lecteur français duquel d’ailleurs vous attendez une reconnaissance strictement personnelle. Mais vous dites aussi qu’il est plus intelligent de ‘’détruire le camp’’… Oh là, quel pouvoir de subversion ! Et vous fuyez… forcément. Ne dites pas le contraire. La résistance n’est pas votre tasse de thé quotidienne. La révolution en pantoufles, peut-être bien. Donc, dans votre baluchon, vous y mettez votre rancune intarissable et filez tout droit en France : de quoi donner du punch à votre inspiration pour le restant de votre vie. De grâce, monsieur Sansal, pourquoi ne demandez-vous pas d’être réintégré à la caste des apparatchiks, à laquelle vous avez tellement appartenu jusqu’à votre mise à l’écart. Voyez…comme c’est facile : Yasmina Khadra, lui, a bien retrouvé le Kourssi. Sorti par la fenêtre, il revient par la grande porte. Son Attentat c’est un compromis en bonne et due forme avec le langage israélien démonisant du combat palestinien ! Drôle de militaire ! Plutôt, drôle d’écrivain à la solde désormais de qui vous savez très bien. Prix littéraires. Chèques empochés. Soyez sincère, Sansal, vous reproduisez le même schéma et comptez peut-être ‘’transgresser’’ bien des barrières. Prenez garde : la littérature n’aime guère les renégat. Khalida Toumi, la ministre de la culture ? Pas de soucis. Elle sera éjectée de son siège aussitôt que le vent aura changé de direction. Vous devriez savoir ce que c’est que… Allez…sans rancune ! Mais ne dites surtout pas que vous ne leur ressemblez pas. Le réflexe est le même…et la dégaine ! Vous avez tous plaisir à tirer sur l’ambulance. Et puis, comme eux, vous êtes d’autant moins crédible que vous n’épargnez que vous-même. Franchement… vous cultivez mieux vos jardins particuliers que celui de l’Algérie.

    IBN KHALDOUN

  7. il vit toujours en algerie? ce…! va pas tarder a aller rejoindre sifaoui en france un autre cerveau de moins pour l’algerie.. rires

  8. j avoue que j ai jamais lis tes ecrits mais cet intervew, me donne limpresion que tu es chercheur, de salut de tes maitres

  9. y a quand meme une petite ( grande?) contradiction ici. l’islamisme étant du nazisme, l’officier allemand S.S. aurait du etre adulé par le GIA et non égorgé par lui! à moins que comme beaucoup, genre Rivoire, vous faites allusion sans le dire à ce fameux "QUI TUE QUI?". de toute façon, là bas ( en Europe ) pour percer il faut caresser les juifs dans le sens du poil, et apparemment vous allez réussir.BRAVO

  10. Plus je relis certaines réactions virulentes suscitées par l’interview de Monsieur Sansal, plus mes doutes sur une possibilité de réconciliation entre Algériens se renforcent.
    Pourquoi donc s’étonner et se révolter que des Algériens aient pu faire partie de la jeunesse Hitlérienne ?
    Je ne vois vraiment pas en quoi un exemple atypique d’une recrue parmi les Nazis ferait de tout le peuple Algérien des antisémites avérés. Ce genre de raccourci est fort dangereux et bien immature.
    Quelle genre de logique, à quel type de raisonnement vous adonnez vous donc pour vous permettre d’extrapoler un cas isolé à une généralité aussi saugrenue au point d’associer le récit du village de l’Allemand à une insulte aux Algériens ?
    Pour étayer la thèse de Monr Sansal, je puis affirmer que l’exemple de l’Allemand en question n’est pas unique en son genre.
    Dans mon village natal, faisant partie des villages reculés, aux cimes des montagnes Kabyles, je peux apporter le témoignage authentique d’une personne ayant effectivement appartenu à la jeunesse hitlérienne et dont on racontait (non sans une certaine admiration mêlée de fierté pour les uns et de beaucoup de scepticisme pour les autres) qu’il aurait commis 13 crimes de guerre sous la bannière SS. Pendant la guerre de libération cette personne a dû séjourner pendant 07 ans dans une grotte non loin du village car recherché activement par l’armée française. Pour survivre, sa femme et ses enfants lui rendaient visite quasi quotidiennement, au né et à la barbe des soldats Français qui patrouillaient régulièrement dans nos maisons pour le débusquer, mais en même temps, au vu et au su de tous les gens du village (hommes, femmes, vieux, et jeunes) puisque même nous, enfants étions au courant et regardions le fait de pouvoir vivre dans une grotte comme un exploit surhumain et un fait d’armes hors normes, à l’image des prouesses des héros des contes que l’on nous racontait le soir pour nous endormir…
    A la différence de l’Allemand, notre «Héro» n’a pas rejoint le FLN ni essayé de se frotter à un pouvoir quelconque. Je me souviens de sa joie immense et communicative quand l’armée Française avait quitté notre village qq jours avant l’indépendance. Il était pratiquement le grand meneur de toutes les festivités et des marches organisées dans mon village avec les fameux « Tahia Eldjazaïr », au point que quand une marche était organisée, nous attendions tous (surtout nous les enfants) avec impatience son arrivée sachant que sans lui cela manquerait à n’en pas douter d’un certain tonus dont nous nous délections des journées et des soirées entières avec la joie l’ivresse qui ont suivi l’indépendance. Et du Tonus, il en avait ce sacré oualhous, comme tout le village l’appelait. A tel point qu’il représentait pour nous un exemple de bonheur, de joie, d’exubérance, et nous avions beaucoup de mal à nous imaginer qu’il fut mêlé à des actes de barbarisme aussi inhumains que ceux qu’on lui attribuait.
    Cet homme, malgré son passé peu glorieux a vécu des dizaines d’années en toute quiétude et en toute « liberté » sur la terre de ses ancêtres. L’image que je garde de lieu est celle d’un vieil homme en selle sur un âne récalcitrant, s’égosillant avec des « ourre ! » soutenus pour faire avancer sa monture sur les pistes étroites de mon village
    Je vais certainement en étonner plus d’un (surtout ceux se mettent à tirer à l’aveuglette sur tout ce qui bouge dès qu’il entendent un son de cloche différent du leur) mais je doute fort que ce Oualhous ai commis ces crimes au nom de l’idéologie antisémite de Hitler Le bougre ne devait même pas savoir ce que c’était, il n’avait certainement rien compris à l’affaire, il ne devait même pas savoir ce que signifiait être nazi ni avoir jamais entendu parler des juifs auparavant. Il s’était juste laissé embrigader au même titre que de jeunes Algérois se sont laissés embrigader par le FIS à Alger jusqu’à se laisser convaincre d’abattre un certain Tahar Djaout. A cette différence de taille que notre Oualhous, en se rangeant du côté des allemands, était peut être dans sa tête une façon de combattre l’occupant Français sans se poser trop de questions. Et je suppose, j’en suis presque sûr qu’on a fait de lui un criminel, comme l’Islamisme a fait de certains de nos jeunes des criminels aussi.
    Un homme inculte est condamné à devenir ce que ses supérieurs en font.
    Bien que ne connaissant pas toute l’histoire de notre Oualhous, le cheminement de sa « carrière » n’est pas difficile à imaginer avec du recul. Voilà un jeune, pauvre et inculte, qui quitte son village sous l’occupation Française avec la volonté ferme de chercher sous d’autres cieux le butin dont tous nos villageois rêvaient avec l’objectif ultime d’un retour en fanfare et richesse parmi les siens. Le voilà débarqué en Europe avec l’idée bien claire que la France était l’ennemi responsable de tous ses déboires et de sa misère. Grand, blanc, yeux bleus, il ne devait certainement poser aucun problème pour que les tuteurs d’une certaine race Arienne reconnaissent en lui un des leurs. Le voilà propulsé du statut de misérable à celui de membre reconnu d’une race supérieure. La suite n’est pas difficile à imaginer. Il se laisse entrainer dans tous les abus sans y consacrer le moindre neurone d’analyse…..
    Cet exemple démontre bien (du moins pour moi) qu’à une étape de sa vie l’être humain, qu’il soit Chrétien, juif, musulman, blanc, jaune, noir, etc., peut se retrouver dans une position critique ou il peut basculer tout autant dans l’horreur que dan la félicité selon l’environnement dans lequel il évolue.
    Maintenant, puisque l’idée de comparer l’Islamise au nazisme semble choquer beaucoup de monde, pour ma part, je considère que pour la marche en avant de l’humanité, l’Islamisme, s’il venait un jour aux commandes en Algérie ou ailleurs, serait bien pire que le nazisme, et cela pour une raison bien simple. En comparaison aux exemples de massacres à grandes échelle des années 90 avec des images insoutenables de Bentelha (bien sûr on pourra toujours se réfugier derrière le tue qui de l’époque pour défendre la thèse Islamiste, mais n’empêche que ceux sont bien des ALGERIENS qui ont massacré d’autres algériens), les nazis ne se sont jamais attaqués à leur propre peuple à une si grande échelle.
    Le nazisme a pour référence un être inhumain enfanté par des humains: Hitler. La détermination des hommes, associée au vent du temps a eu gain d’Hitler et de toute son idéologie antisémite, raciste etc…et l’humanité toute entière en a tiré des leçons. Mais L’islamisme traverse les siècles sans montrer le moindre signe d’essoufflement, bien au contraire il semble s’amplifier à travers les âges. Parce que tout simplement l’Islamisme a pour fondement l’une des plus grandes impostures de tous les temps, dont la plupart des gouvernants dans les pays musulmans se servent de socle pour assoir leur propre imposture.
    Pour revenir au cas de l’Allemand, Je ne vois pas en quoi un témoignage historique constituerait la moindre insulte aux arabes et aux musulmans.
    Les Nazis ont tué et massacré à grande échelle pendant la seconde guerre mondiale mais cela fait il de tout le peuple allemand des antisémites ?
    L’armée française à massacré et torturé en Algérie, cela fait il de tout le peuple français des bourreaux ?
    Les Islamistes ont tué et massacré en Algérie, cela fait il de tout le peuple des semeurs de mort ?
    Dans le même ordre d’idées, ce n’est pas parce que quelques algériens ont rejoint le camp nazi en 1939-45 que l’on doit en conclure que tous les Algériens étaient partie prenante de l’idéologie Nazie.
    Ce genre de raccourci est totalement ridicule.
    Il y en qui doivent arrêter de délirer en se situant toujours sur la défensive dès qu’un avis ou une approche diverge de la leur.
    Et je conclurais par une phrase de Sansal dans son interview vidéo ; Il serait bien plus simple de s’assoir autour d’une table et de laisser les gens parler et s’exprimer sans courir le risque d’une fetwa quelconque car certains commentaires prennent l’allure de véritables réquisitoires à la limite de l’intimidation. Faire part d’un sentiment de «honte de notre élite» est une façon bien curieuse de se positionner. Cela n’apporte rien au débat non plus.
    Les algériens sont des êtres humains comme tous les autres peuples et comme tout être humain ils peuvent se laisser aller à des débordements. Je crois que c’est seulement le jour ou nous oserons nous regarder en face que nous commencerons à envisager sérieusement le chemin de la paix. Et il est fort dommage d’ainsi s’en prendre à un grand homme de Lettres qui a au moins le mérite de rester en Algérie avec tous les risques que cela laisse supposer.
    Cordialement, sans la moindre trace de haine ni animosité quelconques envers quiconque.

  11. Ya si Belkacem Meziane,
    Tu es comme le sourd dans le souk.
    Il a des milliers d’autres problèmes historiques, sociaux, économiques, politiques, existentiels, que nous devons résoudre chez nous (au pas de ta porte) avant de philosopher sur la connexion nazisme-islamisme. C’est pathétique qu’il faille s’abaisser au niveau d’enrico Macias pour montrer qu’on est civilisé. Ah ! quel contraste avec Mohamed Dib, Kateb Yacine, Mouloud Feraoun, Mimouni, qui n’ont jamais succombé aux champs des sirènes. Autres temps autres moeurs avec cette génération des Khadra, Sansal, Sifaoui etc… c’est dur dur d’assumer sa bougnoulité. Je pense que nos compères ont bien appris la leçon de Dieudonné (dans le sens inverse bien sur).

  12. Même si je ne partage pas entièrement les idées de M. Sansal, il est interessant de rappeler que Mohammedi Said homme politique algérien qui était vice-président du Conseil du Gouvernement sous Benbella en 1963, a fait partie des SS en Allemagne. Ecarté par Boumediene, mis en résidence surveillée, puis libéré, il a rejoint le Front Islamique du Salut (FIS) dans les années 1990. Du nazisme à l’islamisme il y a des vérités que l’on ne peut ignorer.

  13. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi M. SANSAL est pris à partie. Est-ce pour avoir dit des vérités ? Est-ce une forme de relent de l’arabo-bâathisme sinon de l’idéologie dominante ? Sincèrement je ne comprends pas. Les tendances, et les tabous que ne cessons de décrier dans ce site, semblent revenir au galop. De mon de vue M. SANSAL n’a fait que dire la VERITE pendant que nous, nous nous contentons de dire des vérités. M. Sansal constate que l’Islamisme se substitue peu à peu à l’Islam. Où est le problème ? Il laisse entendre que le problème n’est ni économique, ni politique mais dogmatique, philosophique et religieux. Il voit en l’arabisation un verrouillage qui se traduit par une impasse totale de la société tout entière. Quant à la comparaison de l’islamisme au nazisme, je suis tenté de dire que M. SANSAL n’a fait que défoncer une porte ouverte. N’oublions pas chers amis, qu’en novembre 1939, le grand muphti de Jérusalem a été reçu tour à tour par Hitler et Himmler. M. AL-HOSSAINI, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est même réuni avec ces derniers et ceci a été sanctionné par un procès verbal que le vénérable cheikh a signé. Dans ce P.V. qui existe dans les archives allemandes, il était question d’exterminer « la juiverie » et c’est d’ailleurs ce terme qui a été utilisé à l’époque. Hitler avait même chargé le Muphti d’une mission dans les Balkans (notamment en Bosnie) pour recruter de jeunes SS musulmans. La mission a été admirablement accomplie. L’Islamisme, ou l’islam radical venait de faire apparition et nous avons toutes les raisons de constater que cet islamisme-là ainsi que celui que nous subissons, ressemble étrangement au nazisme. Doit-on nous en offusquer pour autant ? Moi je pense que non, car le vrai Islam, c’est l’amour et non la mort.
    Chers amis, pour espérer un changement il faut casser les tabous. Il faut sortir des sentiers battus. Il faut nous débarrasser des vieux réflexes. Il faut combattre l’idéologie dominante. Bref, il nous faut créer un courant d’idées nouveau. Enfin de mon point de vue, TOUT EST DIT dans l’interview de M. SANSAL que je salue au passage pour son franc parler.

  14. Merci Monsieur Benferhat d’avoir rappelé le cas du sinistre Sidi-Saïd qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Voilà, nous avons maintenant un nom, un des chefs historiques du FIS, de surcroit. CQFD. Comme quoi, il est bon de piocher dans la mémoire collective. Merci encore.

  15. IBN KHALDOUN

    REPONSE A MOHAMED BRAHAMI

    Vous dites: "TOUT EST DIT dans l’interview de M. SANSAL…"

    et vous auriez dû dire : "TOUT ET N’IMPORTE QUOI".

    Vous citez son "FRANC PARLER". Etes-vous sûr qu’il n’a rien laissé de côté ?

    Ses inepties résistent-elles vraiment à la critique en tant que telle ?

    Vous dites : "l’islamisme ressemble au nazisme" et ressemblance n’est pas équivalence. Chacune de ces idéologies est sous-tendue par des motifs tout à fait particuliers. Et les rapprocher c’est faire le lit de l’idéologie sioniste. Ce qu’a fait le courageux SSansal. Donc ne serait-ce que méthodiquement : soyons précis !

    Vous dites : "Il nous faut créer un courant d’idées nouveau". Ok ! Mais commençons par abolir la complaisance.

    Et vous dites : "Cassons le tabou".

    Autant commencer par nous arrêter de voler au secours des amis qui trichent intellectuellement et mêlent le borgne, le boiteux et le sourd.

    Donc arrêtons-nous de nous complaire dans les approximations et forgeons-nous un esprit critique imparable et intransigeant.

    Autre remarque : "N’oublions pas que le grand mufti de Jérusalem a été reçu par Hitler".

    Oui, et alors. La Palestine aurait au moins essayé d’assurer sa sécurité contre ses bourreaux d’aujourd’hui. De plus un mufti palestinien n’équivaut pas tous les Palestiniens. De grâce, un peu de pertinence !

    Et bien non… on ne traite pas le mal islamiste comme on traite le nazisme. Si nous voulons en finir avec nos problèmes appliquons-leur des solutions appropriées.

    L’esprit tribal ronge encore notre société et conforte notre déraison – à commencer par ceux qui cherchent des excuses à l’islamisme et à ssansal.

    J’arrête ici parce que vous avez enchaîné moult incohérences.

    Bien à vous. Et sans autre fin que celle d’échanger mes opinions.

    Modestement
    IBN KHALDOUN

  16. suite à mon commentaire du 13 j’ajouterai ceci à la décharge de Sansal, la ressemblance entre le nazisme, le fascisme et l’islamiste est réelle, exemple, en allemagne les nazis ont joué le jeu démocratique pour arriver au pouvoir après ils ont brul le parlement et ont interdit tous les partis, sauf le parti nazi bien sur. chez le fis a toujours joué franc jeu, il a toujours déclarer que la démocratie est KOFR, et il a dit on va jouer le jeu démocratique pour arriver au pouvoir et une fois arrivés nous interdirons ce KOFR et il n’y aura que KALA ALLAH, KALA ERRASSOUL, on peut meme dire que le FIS a été plus franc que les nazis.il y a beaucoup d’autres similitudes mais je ne peux pas accaparer l’espace….

  17. autre chose, il n’y avait pas que Mohemmedi Said ( chef de la wilaya 3 pendant la révolution) qui était OBERLIEUTENANT WAFFEN SS en Pologne occupée par les allemands, mais il y avait une BRIGADE entière d’algériens qui était dans la WHERMACHT, et pas seulement algérienne, il y en avait une bosniaque, une albanaise, une syrienne, une irakienne etc…etc…bien sur que le mufti de Jérusalem était un agent de Hitler, c’est normal, à cette époque l’IRGOUN et le HAGGANA, deux mouvements terroristes sionistes faisaient des ravages chez les palestiniens avec la complicité des Anglais (force occupante d’alors)les palestiniens avaient le DROIT de se défendre meme en s’alliant avec le diable s’il le faut ( DIXIT KHOMEINI -IRANGATE) quand aux algeriens et autres bosniaques ils n’étaient ni nazis ni rien du tout mais ils partaient du principe que l’ENNEMI DE MON ENNEMI pourrait etre mon AMI.

  18. Réponse à IBN KHALDOUN. Cher ami, vous dites une chose et son contraire en l’espace de quelques secondes seulement. A titre d’exemple vous encensez les agissements du Grand muphti – pour exterminer la juiverie – et juste après vous dite que de toute façon, un muphti palestinien n’équivaut pas tous les palestiniens. Mais rassurez-vous, cher ami, cette opinion ne diminue en rien de votre érudition ni de votre savoir, ni de vos capacités intellectuelles ; seulement, de par cette opinion, vous vous situez idéologiquement. Et là c’est de votre droit le plus absolu Monsieur Ibn Khaldoun ; c’est de votre droit de vous déterminer idéologiquement selon votre vision des choses. Je n’ai aucune intention de vous choquer, M. Ibn Khaldoun, et encore moins de vous faire un procès d’intention. Mais je n’ai pas l’impression que nous soyons sur la même longueur d’ondes et croyez-moi, je vous le dis sans arrière pensée.
    M. Ibn Khaldoun, en m’accusant de « Voler au secours des amis qui trichent intellectuellement et mêlent le borgne, le boiteux et le sourd » et en laissant entendre explicitement que je fais « le lit de l’idéologie sioniste » vous tuez le débat et franchement ce n’est pas une bonne manière d’échanger les opinions.
    Je pense, M. Ibn Khaldoun que nous devons tout faire pour éviter la polémique. D’autant plus que personne d’entre nous ne détient la vérité définitive. Chacun de nous est libre d’exprimer ses opinions et si « moult incohérences » il y a, ce sera aux lecteurs d’en juger. Amicalement vôtre.

  19. Comment peut-on penser que Sansal triche intellectuellement sans émettre un jugement de valeur? Pourquoi ne pas lui reconnaître simplement le droit d’avoir une opinion? En tout état de cause et toutes proportions gardées, l’islamisme est une exacte réplique du fascisme et donc très voisin du nazisme: à toute la culture occidentale du moment, le nazisme a substitué la sienne propre en énonçant n’importe quoi comme vérité absolue. Que l’on se rappelle la théorie de l’arianisme comme race supérieure ou le fait d’exterminer les juifs car ne méritant pas de figurer parmi l’humanité. Cela ne vous rappelle rien? La cosmogonie de Horbiger a refait carrément la genèse du monde y compris dans ses structures géologiques et a remplacé le savoir scientifique qualifié de judéo-bourgeois. Cela ne vous rappelle rien? Je n’irai pas plus loin, mais en un mot comme en mille, l’islamisme (qui n’est pas l’islam)c’est du nazisme mais en pire. Boualem Sansal n’a fait que traduire un courant de pensée largement répandu et tous ceux qui jouent aux vierges effarouchées la-dessus ne font que faire les autruches et servir la soupe aux islamistes qui, eux, savent exactement ce que cela veut dire.

  20. IBN KHALDOUN. Autant Sansal est un piètre intellectuel autant ses amis le servent mal et démontrent qu’ils lui ressemblent. Commençons par vous, MohandB Karmani. Vous dites : « Comment peut-on penser que Sansal triche intellectuellement sans émettre un jugement de valeur ? ». Or je peux vous retourner la même question de diverses façons ; mais plus légitimement que vous ne le faites : 1/ « Comment peut-on penser que Sansal ne triche pas intellectuellement sans émettre de jugement de valeur ? » 2/ « Pourquoi Sansal ne tricherait-il pas intellectuellement ? » 3/ « Qu’a dit Sansal de cohérent pour qu’il fasse figure de justesse et probité ? Quant à reconnaître le droit à Sansal d’avoir une opinion, avouez cher monsieur que pour une opinion celle de Sansal est de loin une provocation – par ailleurs perfide, traître et rangée. Et puisque vous invoquez le prétexte de « jugement de valeur » celui de Sansal n’en est pas le moins injustifié et indigne que l’Algérie ait jamais compté à ses dépens. En une seule et même phrase vous vous contredisez et démontrez à quel point vous n’êtes expert que dans l’art de noyer le poisson dans l’eau. En effet : « En tout état de cause et [toutes proportions gardées], l’Islamisme est une [exacte réplique] du fascisme et donc [très voisin] du nazisme (…) » J’explique : [« toutes proportions gardées » infirme « exacte réplique » qui infirme « très voisin »]. Mon Dieu ! Quel désordre votre pensée est en passe de supporter ! Le regard critique, voire perspicace se passerait d’office d’un jugement aussi absurde que celui-ci – en plus sans vergogne, arbitraire, démantibulé, malhonnête, ridiculement manipulateur et dépourvu de toute logique. L’arianisme, la shoah… si ça me rappelle quelque chose ? Je vais vous répondre : Oui, bien sûr… les cours appris au collège et au lycée. Vous voulez m’y ramener avec vous ? Désolé, mais je suis de ces Algériens qui retiennent bien leurs leçons d’Histoire – et dans le bon sens. La différence entre vous et moi c’est que vous vous emparez des contingences et rejetez l’essentiel. C’est que vous avez besoin de dénigrer l’Algérie, de lui imputer tous les maux du monde. C’est que vous êtes colonisable et vos réflexes dénotent une âme de Harki et de Khobziste. C’est que vous avez besoin du regard l’autre pour vous grandir. C’est que vous vous laissez prendre dans le jeu du sionisme qui entend détourner les regards de ses exactions – dignes du nazisme, du fascisme et des intégrismes tous rassemblés – commises à l’encontre d’un petit peuple (la Palestine) abandonné par la communauté internationale et par les pouvoirs arabes tant fantoches qu’illégitimes. Pour toutes ces raisons, j’ai eu raison de dire que vous faites le lit du sionisme et pour y coucher les premiers. Pour toutes ces raisons vous adoptez vous-mêmes et vous seuls la posture de l’autruche car la quête développée dans le roman de Sansal, à laquelle vous souscrivez comme des marionnettes, agit pour le compte du sionisme — cela quand l’auctorialité dans toute sa nudité et ses orifices s’abandonne pour satisfaire les désirs des Maîtres. J’aimerais ajouter que la soupe servie aux islamistes est une spécialité de chez vous : vous et vos maîtres encouragez à la consommer après l’avoir conçue — pour empoisonner l’Algérie. Vous n’êtes pas différents des islamistes : comme eux vous pervertissez les rapports interhumains moins par conviction que par bassesse et par manque de scrupules. Je ne fais pas l’autruche ; preuve en est que je vous renvoie dos à dos. Debout, droit dans mes bottes, je suis ! Libre et pensant par moi-même. Humain, humaniste, universaliste, mais non sans être foncièrement algérien. Que je croie ou que je ne croie pas en l’Islam je ne n’irai pas prêter main forte, tel que vous le faites, à cet Occident rancunier (je ne généralise pas ; c’est là pourtant une réalité indéniable) qui a à cœur de présenter la religion musulmane comme source de brutalité et de violence – simplement pour démoniser les peuples qui l’ont embrassée et ensuite pour justifier les « expéditions punitives » et autres saccages. Je passerai à Mohamed Brahami qui trouve contradictoire le fait que j’«encense » le mufti de Jérusalem et que je soutiens que de toute façon un mufti de Jérusalem ne saurait représenter le peuple palestinien. Désolé, cher monsieur, mais il n’y a là rien d’autre que votre contradiction qui ressort et que vous remettez de façon éhontée sur le tapis. Puisque vous peinez à comprendre, je vais formuler autrement ma phrase : « Le mufti n’avait pas tort d’être du côté opposé de son ennemi mortel ; et lors même qu’il devient l’allié du diable en quoi les Palestiniens dans leur ensemble doivent-ils endosser la responsabilité morale qui lui échoit personnellement ». Si vous ne savez pas lire, je ne peux que vous renvoyer à vos instituteurs. C’est nécessaire : vous avez des failles franchement horribles. J’ai trouvé petit votre façon de pratiquer la polémique tout en feignant (hypocrisie !) de la dépasser. Tout aussi petite est votre façon d’articuler cyniquement le « Monsieur Ibn Khaldun » comme si de s’appeler ainsi plutôt que « Monsieur Didi Barracho » avait de quoi infirmer mes arguments. Vous dites : « Chacun est libre d’exprimer ses opinions » : qui vous dit le contraire ? Mais cela ne dispense pas votre opinion d’être confrontée à celles des autres. Avez-vous oublié que vous êtes dans un espace de discussion et que vos pseudo opinions n’ont pas intérêt à être creuses. Et bien non vous n’avez rien dit qui ne révèle pas encore avec plus d’insistance la preuve que vous êtes de ceux qui s’empêtrent dans leurs contradictions et qui s’entêtent à l’ignorer. Oui donc aux lecteurs de juger… Ah, pauvre Sansal ! Si au moins ses amis pouvaient aligner deux mots sans trébucher ni tomber sur leurs nez en bois – tels de malheureux Pinocchio …, il aurait peut-être sauvé un peu de sa face ! A plaindre, lui et ses amis, sincèrement. IBN KHALDOUN.

  21. national-islamiste dites vous ? la profusion de cabarets, de boites de nuits, la consommation massive d alcool, la prostitution legale la mixite tout azymuth, decollete, magistrate etc etc. C est cela votre islam. m. sansal ? Moi je croyais que l islam interdisait tout cela VOUS DEVEZ VOUS TROMPER DE PAYS DANS VOTRE ROMAN.MAIS bien sur que je suis bete, il ne s agit que de roman.

  22. Peut-être que le nazisme et l’islamisme demeurent, et demeureront toujours deux idéologies distinctes dans le fond. Mais leur forme est la même : C’EST LA TERREUR. Les personnes qui les animent sont donc des terroristes, pire, des cultivateurs de la bêtise humaine. Encore aujourd’hui, des groupes néo-nazis activent çà et là, jusqu’en Israël, où la police a mis la main sur quelques individus fascistes convaincus récemment, de nationalité israélienne en plus; des islamistes, comme de sales sangliers, pullulent les maquis de nombre de pays…Tout cela est navrant. C’est une chance inouïe que ce ne soit pas tous les peuples qui reculent. Y en a qui avancent. Heureusement pour l’humanité.

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