Répression en Syrie : Bachar Al-Assad s'en lave les mains

Le président syrien Bachar Al-Assad assure qu’il n’est pas responsable des violences commises par ses forces, accusées par l’ONU d’être à l’origine d’une répression politique qui a fait plus de 4000 morts depuis neuf mois, a rapporté mardi un journaliste américain.

Al-Assad a accordé un entretien exceptionnel à la chaîne de télévision américaine ABC News, qui doit le diffuser mercredi. La chaîne n’a pas révélé la teneur de l’entretien, mais un journaliste d’ABC a cité un extrait des propos de Bachar Al Assad lors d’un point de presse au département d’Etat. Selon lui, interrogé sur la répression, M. Assad a déclaré : « Je suis président. Je ne suis pas propriétaire du pays. Ce ne sont pas mes forces ». « Il y a une différence entre une répression politique délibérée et quelques erreurs commises par certains responsables. Il y a une grande différence », a ajouté le président syrien. Ainsi, pour Al Assad, 4000 morts relève d’une simple erreur. La déclaration renseigne sur le mépris dans lequel il tient les Syriens.

ABC a annoncé mardi que sa journaliste vedette Barbara Walters, 82 ans, avait été reçue à Damas par le président syrien. La chaîne doit diffuser l’entretien sur son site internet mercredi à partir de midi puis sous forme d’extraits à partir de 13 heures dans ses journaux télévisés. Le régime syrien s’est dit lundi prêt à accepter sous conditions la venue d’observateurs de la Ligue arabe pour rendre compte de la situation sur place.

En réaction, le porte-parole du département d’Etat, Mark Toner, a estimé que M. Assad, que Washington appelle à quitter le pouvoir, avait eu moult occasions demettre fin à la violence. « Je trouve ridicule qu’il tente de s’abriter derrière je ne sais quel jeu de bonneteau et ose affirmer qu’il n’exerce pas d’autorité dans son pays », a déclaré M. Toner. « Il ne fait rien d’autre que réprimer un mouvement d’opposition pacifique de la manière la plus brutale qui soit », a-t-il ajouté.

La secrétaire d’Etat américaine a plaidé mardi à Genève pour l’avènement d’un régime de tolérance et de liberté en Syrie. « Une transition démocratique ne se résume pas au renversement du régime d’Assad. Cela suppose de mettre la Syrie sur la voie de l’Etat de droit et de garantir le respect des droits universels de tous les citoyens, quels que soient leur religion, leurs origines ethniques ou leur sexe », a déclaré Hillary Clinton, après avoir rencontré des membres du Conseil national syrien formé par l’opposition.

Avec AFP