Cette semaine, une équipe de France Culture est à Tlemcen, en Algérie. France Inter, France Musique et Le Mouv se rendront aussi dans cette ville de l’ouest du pays, capitale de la culture islamique 2011, pour enregistrer des reportages.
Selon Radio France, cette couverture événementielle s’inscrit dans le cadre d’une convention, renouvelée début 2011, entre les groupes de radios publiques des deux pays. Mais celle-ci prévoit des coproductions, des échanges de programmes ou de concerts. Pas l’envoi d’équipes. En l’occurrence, la prise en charge des frais peut paraître étonnante : en majeure partie, c’est le ministère des Affaires étrangères français qui finance les billets d’avion du personnel de Radio France – une vingtaine de personnes, selon nos sources.
« L’ambassade a accepté de financer les vols«
Le groupe public confirme nos informations, sauf sur le financement du déplacement du Mouv. Celui de France Inter n’est pas évoqué :
« L’ambassade de France à Alger a accepté de financer les vols Paris-Alger de collaborateurs de Radio France dans le cadre des crédits de coopération qu’elle gère selon les procédures habituelles communes à toutes les ambassades de France. L’engagement de ces crédits se justifie notamment par le fait que les missions de nos collaborateurs permettront de couvrir le festival de Tlemcen lors de la semaine [dédiée à] de la culture française. Deux collaborateurs de France Musique partiront également au mois de novembre à Tlemcen pour réaliser une émission consacrée à la musique soufi. Radio France finance pour sa part le vol Paris-Alger d’un collaborateur qui enregistrera une émission pour Le Mouv à Tlemcen. »
A Tlemcen, les frais sont pris en charge par la radio algérienne, « dans le cadre des assistances techniques », nous écrit la directrice des relations presse de Radio France. Mais les chambres d’hôtel sont aussi payées par le groupe algérien.
Tlemcen, nouveau centre du pouvoir algérien
Lors de notre conversation téléphonique, la porte-parole du groupe a paru surprise que Rue89 s’intéresse aux conditions de cette coopération. Ce n’est pas seulement parce que nos sources algériennes nous décrivent Radio Algérie comme la voix du régime Bouteflika, ou parce que celui-ci a violemment réprimé, en janvier, la poussée locale du printemps arabe. C’est aussi parce que Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 est une opération de promotion majeure pour ce régime. Le président Abdelaziz Bouteflika lui-même s’en félicite sur le site de l’événement. Selon un opposant algérien s’exprimant sous couvert d’anonymat, Tlemcen n’a pas un patrimoine islamique particulièrement remarquable. Pas plus qu’une autre grande ville du pays, en tous cas. La raison est ailleurs. Comme l’a montré début septembre un article de nos partenaires des Dernières nouvelles d’Algérie, Tlemcen est le nouveau centre du pouvoir algérien :
« Un président de la République originaire de Tlemcen, près de la moitié de ses ministres issus de la même région, une flopée de conseillers, de hauts responsables civils et militaires nommés en raison de leurs origines tlemceniennes et enfin la ville de Tlemcen qui bénéficie de 10 milliards de dollars en projets, le cœur du pouvoir algérien se situe désormais à l’Ouest. »
Un journaliste algérien accompagne France Culture sur place cette semaine pour la préparation d’une émission de deux heures. A lire son CV, on peut se demander s’il ne fait pas partie officieusement de la « flopée de conseillers » du président Bouteflika.
L’ex-communicant de Bouteflika chaperonne Radio France
Radio France n’a pas été en mesure de nous confirmer son identité, mais selon nos sources, il s’agit d’Amine Bedjaoui. Officiellement, ce journaliste de la radio algérienne n’est plus conseiller de Bouteflika. Mais il a été son très efficace chargé de communication pendant sa campagne présidentielle de 1999, selon VitamineDZ, un portail internet édité par une agence de communication de Tlemcen :
« Cheville ouvrière de cette cellule [communication], il réussit à mettre en place un dispositif qui a permis d’assurer une meilleure fluidité de l’information, notamment pour la presse internationale et les grandes chaînes de télévision. » Bedjaoui est ensuite brièvement devenu maire de Tlemcen en 2002-2003. Il porte aujourd’hui le titre d’inspecteur régional des radios locales de l’ouest d’Algérie.
Très attaché à son rôle de chaperon de France Culture sur place, ce journaliste a envoyé un courriel à la radio en demandant l’emploi du temps de l’équipe, les noms des personnes qu’elle comptait rencontrer, et les lieux de ces rendez-vous.
Diminution des budgets de reportage
A nos questions sur ce point, Radio France a simplement donné cette réponse : « A Tlemcen, un journaliste de la radio locale a également été désigné pour coopérer avec Radio France. Cette personne assurera la coordination des besoins techniques et organisationnels. Elle mettra à disposition des espaces de travail dans les locaux de la radio locale de Tlemcen. »
Ce programme de la série « Villes mondes » de France Culture sera diffusé le 20 novembre. D’après plusieurs sources à Radio France, l’étrange mode de financement et de coopération entre la radio publique et la diplomatie française, voire des régimes étrangers, s’inscrit dans un contexte de diminution des budgets de reportage pour les émissions. L’une d’elles confie son désarroi, sous couvert d’anonymat : « Ce genre de pratiques rend beaucoup de gens mal à l’aise. Ça nous donne l’impression d’être placés au centre d’enjeux qui nous dépassent, et dont on ne nous dit rien en interne. »
Augustin Scalbert




La France redore le blason du plus grand dictateur de l'Algérie indépendante. Elle oublie cependant qu'il est à l'origine de la corruption en Algérie ainsi que de l'assassinat de 128 jeunes Kabyles morts à la fleur de l'âge. Il serait judicieux de connaitre d'avance qui est dictateur pour ne pas renouveler le cas Kadhafi.
Pour les adeptes du tout DRS pourquoi Tewfik ou Hakim ne fait rien contre ce régionalisme aveugle ? Est-il normale qu'une wilaya soit plus musulmane qu'une autre ? A part Karaouan, Fez et Bougie aucune autre wilaya ne mérité ce titre de capitale islamique, invention de nos marabountas et de nos islamistes, certes il y avait le frére de Ibn Khaldun Yahia qui avait écrit un livre sur Fez Roudh El Kertas, le jardin de feuillets, pas plus que ça.
Si vraiment c'est le DRS qui gouverne, je ne pense pas qu'il va courber l'échine devant un président à moitié mort et à moitié vivant, d'accepter cette insulte aux yeux du peuple algérien majoritairement mussulman d'après les statistiques des officines, alors nos imams et oulemas vont danser aux rythmes de la musique métalique, La djellaba en l'air , musique le Mouv qui a dit que les musulmans sont contre la musique ? Surtout si elle est accompagnér d'un verre de vin de l'acteur français, l'ami de Khalifa Airways, peuple algérien dites-vous?
Dahmane
Vivement Tlemcen capitale de l'Algérie ainsi Alger retrouvera la paix et son lustre d'antan.
"…Tlemcen nouveau centre du pouvoir…" Et la réprimande de Ghania Oukazi, femme de l'ouest, faut-il le préciser, concernant la langue Kabyle-Tamazight, conforte l'eligibilité de Tlemcen et d'une manière générale l'Ouest du pays comme ce "…nouveau centre du pouvoir…".
Ce régionalisme avoué stigmatisera le reste du pays et créera les situations des divisions du pays qu'on voudrait reprocher au MAK/JPK qui, lui, ne milite que pour l'Autonomie de la Kabylie.
Et Kadafi, l'ami de Bouteflika, serait-il l'exemple à suivre. Ce dictateur a bien géré son pays selon le système archaîque des tribus…
Nous connaissons Tlemcen à travers ses maitres de chants et de musique andalouse, mais elle est de loin capitale de la culture islamique, mieux que les autres régions d’Algérie, lesquelles sont en train d'étre isolées par le bon vouloir de sa majesté Bouteflika 1er rancunier de notre pays . Pendant la guerre de libération, les journaux français et El moudjahid , ne commentaient que les événements du Constantinois, des Aures, de la Kabylie et de l 'Algérois. Mais c'est le monde à l'envers, n'étant pas parmi les historiques ou les dirigeants connus pendant la révolution, il est capable de déterrer tous les saints de sa région pour en faire de héros comme Ben Bella, Messali Hadj, l'émir Abdelkader etc. Ce n'est pas Abane, Ben M'hidi,Didouche, Ben Boulaid, Ferhat Abas, Benkhedda , ou encore le grand philosophe Ibn Khaldoun, Abdelahamid Ben Badis dont les noms sont jetés aux oubliettes. Mais tô ou tard, l'histoire rattrapera ces falsificateurs.
Chaque monarque aura la capitale de ses caprices. Oued El Harrach deviendra aussi la capitale des fantasmes d'un dealer harrachi une fois sur le trône algérien.