Somalie : un commando britannique libère un vraquier italien

Capturé la veille par des pirates, le navire a été récupéré grâce à une opération conjointe de deux bâtiments de guerre, un américain et un anglais.

L’opération a été coordonnée par les ministres italien et britannique de la Défense, Ignazio La Russa et Liam Fox. Mardi après-midi, un commando des forces spéciales britanniques a donné l’assaut au Montecristo, navire italien détourné la veille par des pirates à 620 milles des côtes somaliennes, et a libéré ses 23 membres d’équipage, dont 7 Italiens, 10 Ukrainiens et 6 Indiens. Parti du port britannique de Liverpool, ce cargo vraquier, doté de cinq cales et quatre grues, se dirigeait vers le Vietnam. Un temps escorté dans le golfe d’Aden par un bâtiment de guerre de la marine japonaise, il avait ensuite poursuivi sa route seul. Dans un dernier message, envoyé lundi matin à 6 h 44, le commandant signalait qu’il était attaqué par cinq hommes armés. Et d’activer le système d’alarme. Plus tard, le D’Alesio Group, compagnie propriétaire du bateau, dont le siège est à Livourne, confiait : « Après dix heures d’attente, nous pouvons considérer (ce navire) comme capturé. »

Une cellule de crise

Rapidement, le ministère italien des Affaires étrangères activait une cellule de crise, tandis que la Navfor (organisme européen de lutte contre la piraterie) précisait que des navires et des avions militaires lançaient des recherches. « Nous allons procéder à des investigations aussitôt que nous pourrons avoir des moyens sur place pour tenter de localiser le navire », affirmait le commandant Harrie Harrison. Finalement, une opération conjointe de deux bâtiments, un britannique et un américain, a permis de récupérer le Montecristo et de capturer les onze pirates, qui se sont rendus. L’équipage pouvait alors sortir, « en bonne santé », de la pièce blindée où il s’était réfugié.

Des militaires sur les bateaux italiens

Dans le même temps, à Rome, la Confédération des armateurs italiens affirmait que des militaires allaient pouvoir « rapidement » embarquer à bord des navires commerciaux de la péninsule.

Déjà, en juillet, le gouvernement avait annoncé qu’il autorisait la présence d’hommes armés, de militaires ou de gardes privés sur ces bateaux. Toutefois, il manquait certains protocoles et décrets d’application afin de rendre cette mesure opérationnelle. Le document a été validé mardi. Il prévoit notamment que dix équipes de militaires de la marine de six hommes chacune pourront embarquer à bord des navires. Ils seront à la charge des armateurs. Le Montecristo est le troisième bateau italien victime des pirates depuis le début de l’année. En février dernier, il s’agissait d’un pétrolier, et en avril d’un cargo.

A.V.