Les autorités bavaroises (Allemagne) ont reconnu, lundi 10 octobre, être à l’origine d’un virus informatique, de type « cheval de Troie », permettant d’espionner un ordinateur infecté. Troie, conçu par la police de Bavière (Allemagne) et outrepassant la loi, a été mis à jour.
L’information est sur tous les sites d’information et se retrouvera mardi matin probablement en première des journaux. La police bavaroise a mis au point un mouchard informatique qui permet d’avoir accès à bien plus d’informations que la loi ne le permet.
L’existence de cheval de Troie, un virus informatique qui permet d’infiltrer un ordinateur sans que son utilisateur ne s’en rende compte, a été révélée samedi par le Chaos Computer Club (CCC), l’une des associations de (gentils) hackers les plus respectées au monde. « Ozapftis », « Bundestrojaner », »R2D2″… le programme dispose de plusieurs noms de code. Une fois installé, ce cheval de Troie est non seulement capable « decollecter des données privées, mais permet un accès à distance, afin de télécharger et d’exécuter des programmes », assure le CCC. Ces allégations sont en partie corroborées par le site Naked Security, édité par le fournisseur d’antivirus Sophos.
« Ce Troyen peut contrôler de nombreuses applications liées à la communication, comme Skype, MSN Messenger et Yahoo Messenger », explique Graham Cluley du blog Naked Security. Il peut également « faire des copies de ce qui apparaît à l’écran des utilisateurs et enregistrer les appels sur Skype », poursuit-il.
Le gouvernement fédéral s’était abstenu, dans un premier temps, de confirmer l’origine du virus, mais le ministère de l’Intérieur de Bavière (Allemagne) a reconnu dans la soirée qu’il avait été mis au point en 2009 pour sa police régionale.
Un espionnage au-delà de limites constitutionnelles
Les services de police et de renseignement ont le droit de recourir à de tels outils informatiques mais seulement en cas de menace terroriste ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Mais la Cour constitutionnelle n’autorise d’espionner qu’un nombre limité d’informations, principalement des échanges de mail.
Or le virus découvert donne accès à bien plus d’informations que la loi allemande ne le permet, comme le souligne le quotidien Die Zeit. Pire, ce virus a été mal conçu et permet à d’autres utilisateurs que la police de s’en servir pour espionner les internautes, le Chaos Computer Club évoquant des « des erreurs grossières ».
Le gouvernement embarrassé, l’opposition indignée
Le scandale est retentissant dans un pays traumatisé par l’espionnage d’Etat dans sa partie Est et donc très à cheval sur le respect de la vie privé. Visiblement embarrassé, le ministère de l’Intérieur a tenu à préciser qu’il n’avait rien à voir avec ce virus, qu’il n’avait pas encore été utilisé et qu’il s’agissait d’une invention de la région de Bavière.
Les partis politiques d’opposition ont dénoncé une grave dérive, le SPD (gauche) dénonçant « une éclatante violation des libertés publiques ». Mais l’indignation a même atteint le gouvernement : la ministre de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, a estimé que l’Etat n’avait pas le droit d’utiliser de tels logiciels et a demandé une enquête.
Avec agences



