Damas menace ceux qui reconnaîtront le Conseil national syrien

La Syrie va prendre des mesures contre les pays qui reconnaîtront le Conseil national syrien (CNS), principale figure de l’opposition au régime, a déclaré dimanche 9 octobre, le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem.

Le président syrien Bachar A-Assad a affirmé dans le même temps que son régime préparait des mesures « autour de deux axes : les réformes politiques et le démantèlement des bandes armées » qui cherchent à déstabiliser le pays.

Né fin août à Istanbul, le CNS – qui réunit pour la première fois toutes les tendances politiques – regroupe notamment les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens. « Il y a des groupes armés qui procèdent à des actes de violence en Syrie et qui ont tué ce grand nombre de martyrs. En Occident, ils parlent d’une révolution pacifique en Syrie et ne reconnaissent pas ces groupes tout en les finançant et en leur livrant des armes », a affirmé le ministre des Affaires étrangères.

« C’est un groupe terroriste armé qui a tué le martyr Mechaal Tamo, (…) afin deprovoquer des dissensions dans la région de Hassaké » à majorité kurde, a assuré M. Mouallem, ajoutant que « cet opposant s’est élevé contre toute intervention étrangère en Syrie ». Mechaal Tamo, 53 ans, qui avait rejoint le CNS, a été tué vendredi par des inconnus à bord d’un véhicule alors qu’il se trouvait devant le domicile d’un ami à Qamichli dans le nord-est de la Syrie, selon des militants. Samedi, les forces de sécurité syriennes ont tiré sur l’immense foule participant à ses funérailles, faisant deux morts.

Le régime syrien, secoué depuis la mi-mars par un mouvement de contestation sans précédent, ne reconnaît pas l’ampleur de ce mouvement et accuse régulièrement des « bandes terroristes armées » de perpétrer des assassinats pourdéstabiliser le pays.

2 900 morts en sept mois

Concernant la position de la Turquie, dont les relations se sont dégradées avec la Syrie depuis le soulèvement populaire, M. Mouallem a indirectement menacé son voisin turc. « La Syrie ne restera pas les bras croisés. Si la Turquie nous lance une fleur, nous lui lancerons une autre fleur« , a-t-il affirmé en réponse à une question. Les relations autrefois cordiales entre Ankara et Damas se sont considérablement dégradées

Le chef du gouvernement turc a fermement condamné la répression et a plaidé à plusieurs reprises en faveur de réformes démocratiques avant d’annoncer avoir rompu avec le régime de Damas. D’après l’ONU, la répression a fait plus de 2 900 morts en sept mois.

Avec AFP

Un commentaire

  1. Le premier pays qui reconnaitra le CNS sera … le pouvoir algérien actuel..

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