Un avion du gouvernement yéménite a bombardé des bâtiments utilisés par l’armée dans le sud du pays, faisant au moins 30 morts et de nombreux blessés parmi les soldats, ont déclaré des responsables militaires et médicaux dimanche, parlant d’une erreur.
La frappe réalisée samedi soir dans la province d’Abyan, dans le sud, visait une école abandonnée utilisée comme abri par des soldats de la 119e Brigade, qui s’est rebellée contre le régime du président Ali Abdallah Saleh et a rejoint le mouvement de contestation exigeant la démission du chef de l’Etat. L’armée américaine lui fournirait un soutien important pour combattre les milices islamistes dans le Sud.
L’école frappée samedi se trouve à l’est du chef-lieu de la province, Zinjibar, tenue depuis mai par des islamistes liés à Al-Qaïda. L’armée est engagée dans de violents combats pour reprendre le contrôle de la ville. Au moins 28 hommes des deux camps ont été tués samedi. La zone de Bagdar est située sur la ligne de front entre les forces yéménites et les fondamentalistes armés.
Les responsables yéménites cités plus haut, qui s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat, ont fait état d’informations non confirmées selon lesquelles des djihadistes sont arrivés à l’école peu après la frappe et ont tué un nombre indéterminé de soldats blessés.
Le bombardement meurtrier de samedi risque de porter ‘atteindre le moral des soldats yéménites qui se battent pour Zinjibar et dans d’autres zones de la province d’Abyan sous contrôle des islamistes.
Son caractère accidentel pourrait également être mis en doute dans la mesure où il a touché une brigade qui a pris parti contre le régime de Sanaa.
Dans la capitale même, cela fait des semaines que les forces loyalistes échangent des tirs d’obus et de roquettes avec les troupes d’élite de la 1ère Division armée, qui a fait défection et rejoint l’opposition en mars.
Le Yémen est agité depuis février par des manifestations inspirées du « printemps arabe » parti de Tunisie fin 2010. Les contestataires exigent l’ouverture démocratique du pays et le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans. Des combats ont également éclaté entre les forces gouvernementales et les tribus opposées à Ali Abdallah Saleh, tandis que des djihadistes liés à Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) en ont profité pour prendre le contrôle d’une partie du sud du pays. Les Etats-Unis considèrent AQPA comme la branche la plus dangereuse du réseau terroriste créé par Oussama Ben Laden
A.P.




