Le dossier CPA n’a pas fini de livrer ses secrets. Il est donc utile de rappeler un certain nombre d’éléments d’appréciation et/ou de soulever de nouveaux questionnements pour contribuer à la lisibilité d’un projet dont tout prouve qu’il est soumis à de fortes manipulations politico mafieuses, internes et externes.
1/ Les autorités algériennes n’ont toujours pas décliné la logique financière de la privatisation envisagée. On a parlé, de façon informelle et dans le désordre, de 1,2 milliards d’euros, 550 millions d’euros et même de 5 milliards d’euros au titre du prix de cession.
2/ Les autorités algériennes évoquent la dimension stratégique du projet ainsi que les retombées escomptées, en termes de performance managériale, d’innovation en produits financiers et d’ouverture à l’international. Mais, personne n’est en mesure, au ministère des finances comme au CPA, de définir, précisément et arguments à l’appui, cette triple dimension.
3/ Il ne s’agit pas de rester dans la rhétorique surtout dans le domaine pointu des stratégies à l’international; encore faut-il être capable d’avancer des explications recevables et donc fondées sur le plan technique.
4/ Quels produits nouveaux seront-ils développés à travers la privatisation, à part évidemment ceux qui sont déjà en vigueur (leasing, crédit à la consommation, crédits extérieurs, project financing, capital risque, certains segments de l’ingénierie financière…) ?
5/ Comment l’ouverture à l’international du CPA est-elle conçue dans le sillage de la privatisation ?
6/ Quel modèle de performance est-il susceptible de générer des effets d’entraînement sur la sphère bancaire algérienne via la privatisation du CPA ?
7/ Le gouvernement est-il en mesure de répondre de façon méthodique, scientifiquement étayée et audible à ces questions, et surtout à les soumettre au débat public ?
8/ Le gouvernement est-il en mesure de nous présenter un bilan exhaustif des retombées, sur notre économie, de l’activité des 17 banques étrangères activant en Algérie, pour certaines depuis plus de 10 ans ? la réponse à cette question devant permettre de cerner le rôle exact des banques en question et d’en faire une extrapolation analytique par rapport au dossier CPA.
9/ Les autorités ont-elles évalué correctement tous les risques d’une main mise étrangère sur une enveloppe cash annuelle(financement des importations domiciliées au CPA) en constante hausse (4 milliards de dollars en 2007, 6 milliards de dollars prévision 2008) ?
10/ Le gouvernement n’est-il pas capable de moderniser le CPA sans en modifier le régime juridique ? En tout état de cause, l’instrumentalisation du dossier CPA à des fins politiciennes, ne sert pas du tout les intérêts de l’Algérie. Notre pays risque de payer très cher cette évolution anti économique et anti nationale d’un dossier dont, par ailleurs, le traitement technique a été et reste des plus médiocres. La vigilance citoyenne est donc de mise !
Rym Imsat




C’est bien dit :"projet soumis à de fortes minipulations politico-mafieuses". En plus, il faut se débarasser du "bébé" au plus vite, les barons, les généraux en retraite, les prêtes-noms, les "enmilliardés", les nouveaux riches de tout bord ayant le plus grand intérêt à ce que le CPA disparaisse. Quant à servir les intérêts de l’Algérie, celà relève d’un domaine utopique, tant la mafia des crédits octroyés par cette banque est toujours en mesure de dicter des décisions allant dans le sens voulu.
Benchenhou est déjà embauché par une banque française à cet effet pour qu’il lui file tout les secrets du CPA afin de rafler la mise.
Il a été vu au Centre Culturel Algérien de Paris au début de ce mois où il a un parent qui y travaille, embauché par l’ex directeur et actuel directeur général de l’Institut du Monde Arabe, Taleb Bendiab Mokhtar, en échange d’un " rappel" de salaire de plus de 300 000 euros avant sont départ du CCA, a moins que c’était une prime pour services rendus à la patrie !
Bonjour,
Les éléments de réflexion de Rym Imsat sont très pertinents et très recevables tant du point de vue économique, managériale que politique.
Il est vrai que la vigilance citoyenne est de rigueur mais je suis étonné que les experts économiques des partis politiques, les institutions de surveillance, les ministères stratégiques qui ont des intérêts dans le CPA ne réagissent pas.
Où est la confédération des cadres financiers ? Ou êtes vous M. Mohammedi ?
Où est la section syndicale du CPA ? Où est l’inspection générale des finances ? où est la cour des comptes ? Où sont les députés de la commission économique et financière et où sont les membres du CNES ? Où sont les professeurs d’économie des universités algériennes ?
N’est ce pas là un dossier qui devraient faire réagir tous les cadres et sur lequel les avis et les commentaires des spécialistes devraient être faits ? Où se trouvent le président de l’ADEM qui a l’habitude de nous livrer ses écrits livresques sur tout et rien ?
Encore une fois Bravo Mme Imsat pour vos éclairages et je peux vous dire que je souhaite vivement que cette privatisation internationale se fasse parce que c’est autant l’actif que le passif qui sont en question et je doute que les fameux loups qui ont l’habitude de se servir fassent long feu avec les nouveaux actionnaires de la nouvelle banque que deviendra le CPA.
Wahid Mokhtar
Je pense que les autorités algériennes à l’image de leurs homologues tunisiens ou marocains devraient s’atteler à créer des banques algériennes à l’étranger en particulier en France permettant de capter l’épargne des expatriés et développer les financement d’acquisitions ou prjets de ces expatriés dans leur pays d’origine. Cela mérite sérieuse reflexion au lieu de brader les biens de notre peuple martyre.
Bonne fête de l’aid à tous les lecteurs.
Privatiser le systeme bancaire en Algerie est similaire a une ouverture sur la mondialisation. En quelque sorte faire de l’Algerie une propriete universelle.
Nos marthyrs l’ont arrache des mains des francais. Le socialisem de Boumediene a "nationalise" les terres en laissant un RIEN de RIEN pour l’algerien. Puis vient la mondialisation qui accorderait le droit a la propriete aux firmes bancaires, en premier lieu (c’est tres serieux!) ensuite a tout etranger voulant "investir"… Et, quant a l’algerien? Il aura toujours droit aux toutes dernieres miettes.
Souverainete nationale, a dieu!