Accord à Ghadamès entre Touaregs et autochtones

Après de violents affrontements le week-end dernier, les deux camps ont réussi à ramener le calme dans cette région libyenne, proche de la frontière avec l’Algérie.

Les tribus libyennes et les nomades touaregs qui s’étaient affrontés le week-end dernier dans la région de Ghadamès, près de la frontière algérienne, ont échangé des prisonniers et signé vendredi, sous l’égide du nouveau pouvoir libyen, un accord pour ramener le calme dans la région. Lors d’une cérémonie à laquelle assistait Souleïmane Mahmoud al Obeïdi, chef militaire du Conseil national de transition (CNT) qui a chassé du pouvoir Mouammar Kadhafi, les anciens des tribus locales et des Touaregs se sont engagés à maintenir la paix.

L’oasis de Ghadamès est située à 600 kilomètres au sud-ouest de Tripoli, à la frontière algérienne. Selon Obeïdi, les troubles dans la région remontaient à bien avant la chute de Tripoli aux mains du CNT le 23 août. « Il y avait un problème depuis le 17 juillet », a-t-il dit à Reuters.

Le représentant du nouveau pouvoir a invité toutes les communautés à tirer un trait sur le passé et à travailler ensemble dans l’intérêt du pays. Selon un responsable militaire du CNT, Hicham Bouhagiar, l’ancien « guide » libyen se cacherait dans la région mais Obeïdi n’a pas évoqué cette question lors de sa visite. Un chef touareg en profite pour démentir vigoureusement toutes les rumeurs sur une possible cache de Kadhafi dans la région.

La désignation du gouvernement remise à plus tard

L’enjeu pour le CNT désormais, c’est la formation du prochain gouvernement et la tenue d‘élections, les premières de l’après-Kadhafi. Au sein du CNT, la position du numéro 2 Mahmoud Jibril semble de plus en plus fragile. Les islamistes lui reprochent de multiplier les déplacements à l‘étranger au détriment du travail de terrain.

Jibril a affirmé jeudi qu’il ne ferait pas partie du prochain cabinet. Une déclaration surprise qui a jeté un froid. Son départ ne devrait pas intervenir dans l’immédiat. Le CNT a renoncé à former un nouveau gouvernement de transition avant que tout le pays soit libéré.

L’opposition islamiste bénéficie d’un soutien grandissant en Libye depuis le début de la révolte contre Kadhafi en février. Elle se dit prête à partager le pouvoir dans le cadre d’un Etat démocratique alors que plusieurs voix s‘élèvent pour dénoncer une éventuelle dérive.