Les élucubrations cyniques d'Ahmed Ouyahia

Les arguments avancés par le Premier ministre au lendemain de l’échec des travaux de la quatorzième tripartite sont extravagants, voire extrêmement osés.

L’équipe de l’UGTA semble réservée et c’est normal étant donné les résultats obtenus. L’euphorie du patronat est compréhensible car ils ont eu la part du lion. Le Premier ministre à travers un verbiage a tenté de jouer de l’amertume des travailleurs. Il se vante d’avoir été à la tête d’un gouvernement qui en espace de moins de deux ans a permis une augmentation du SNMG de 50% mais ne souffle pas mot à qui profite cette augmentation. Certainement pas aux bas salaires et encore plus aux retraités, mais aux cadres dirigeants dont le traitement est indexé au SNMG conformément au décret 90/290 du 29 septembre 1990.

Mais sans doute par un calcul démagogique, il reconnaît indirectement que de nombreux retraités touchent à peine 75% du SNMG, c’est-à-dire en brut 11 250 dinars à ce jour et à partir de 1er janvier 2012, 13 500 dinars. C’est une honte que d’évoquer de tels niveaux de rémunération lorsqu’on sait qu’elles ne représentent qu’à peine la moitié du budget que réserve un cadre supérieur pour son chien.

Plus grave, il exclut la possibilité d’agir sur l’IRG pour alléger les petites pensions des retraités qu’ils l’ont bien payé depuis plus de 32 ans. Pour cela, il évoque des difficultés budgétaires de l’état de s’acquitter des salaires des fonctionnaires. Selon lui, le budget prévoit des dépenses de 7400 milliards de dinars pour des recettes ne dépassant pas 3900 milliards de dinars. Or, cette difficulté n’est pas du ressort des salariés et encore plus des retraités. Il lui suffit uniquement de réduire le train de vie de l’Etat. De nombreux chapitres restent compressibles.

En ce qui concerne la revendication relative à la suppression de l’article 87 bis de la loi 90/11 portant relation du travail, le Premier ministre l’a réduite à une simple contrainte budgétaire. Cet article est une bourde dans cette loi qui a bouleversé l’ancien statut général des travailleurs (SGT). Il faut souligner que les éléments qui déterminent le salaire national minimum garanti, à savoir la productivité moyenne nationale, l’indice des prix à la consommation et la conjoncture économique restent des facteurs « bateau« . Chacun peut les interpréter à sa manière et de la façon qui l‘arrange. Ce qui est facile à comprendre c’est qu’Ahmed Ouyahia est trop loin pour constater que le citoyen lambda n’est pas victime de l’indice d’inflation que l’organe officiel donne, mais plutôt de la spéculation que l’Etat n’est pas en mesure de juguler.

Le fait de déclarer publiquement que même si la tripartite était arrivée à un accord pour augmenter le SNMG à 10 000 dinars, les travailleurs trouveraient toujours quelque chose à dire, le Premier ministre se verse dans la provocation. On peut sérieusement se poser la question à qui appartient le pétrole, est-ce à tous les Algériens ou seulement à un sérail qui a déjà ses comptes devises sous d’autres cieux ?

Rabah Reghis, consultant formateur

Rédaction
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9 commentaires

  1. Savez-vous comment de tels responsables peuvent perdurer à leur poste ? Tout simplement parce qu'ils n'ont aucun véritable contradicteur dans le domaine socio-économique ou de toute autre science. ils ont un auditoire choisi, tout contents de jouer le jeu des questions-réponses à l'entv. Pour ma part je n'ai que du mépris pour ceux qui derrière un masque de comédien assume avec autant de culot leurs rôles. Les salaires de ces hauts commis de l''État'' ne correspondent en réalité aucunement aux résultats dont nous cessons de constater la médiocrité. Bien au contraire. Mais le pétrole est là pour cacher et le mensonge et surtout l'imposture imposé à un pays en pleine dérive.

  2. Dans une Algérie légitime, ce ministre est illégitime ! Cet "homme" est illégitime ! Ce père est illégitime ! Cet enfant est illégitime ! Ce frère est illégitime ! Ce compagnon est illégitime ! Ce chef du FLN-RND est Illégitime ! Son vocabulaire est illégitime ! Cet homo-Sapiens est illégitime ! Même son imposture est illégitime ! C'est une erreur de dame nature ! Une insulte à l'évolution de l'espèce !
    Pressenti comme futur président ? Ouah ya eddine kassam ! A vos barques citoyens !

  3. Cynique il le sont tous. le dérnier (livre) de Tahar Zbiri est éloquent à ce sujet. il révèle la psychologie des (personnalités) du pouvoir algérien. A (lire) quelques passages ont font rendre compte que ces gens n'ont pas l'air d'être des humains mais des extraterrestres. D'après le livre les responsables algériens habitaient déjà les mêmes quartiers et ils sont tous voisins des uns et des autres. Leurs maisons (des villas luxeuses) sont collées l'une à l'autre. le livre est très intéressant d'un point de vue psychiatrique. Il ne contient aucune déscription ni des paysages ni des lieux encore moins des antagonistes des evenements. les personnes sont sans ame ni personnalité. Daprès Zbiri, les responsables algériens civils et militaires sont tous des girouettes. ni principe ni foi ni loi. une équipe de psy et sociologues devrait faire une analyse profonde du livre et publier ses conclusions. on ne sera que plus éclairé et cela prouvera ce que le peuple pense des responsables algériens.

  4. Dire qu'il s'est trouvé de bonnes âmes -vous savez, ces doux séraphins qui, phantasmes en bandoulière, ont longtemps rêvé d'un destin à la turque ou, l’œillet à la boutonnière, d'une évolution "lusitanienne", avant de se rabattre, en désespoir de cause, sur un ersatz de "bénalisme" au temps de sa splendeur- il s'est donc trouvé de bonne âmes, disais-je, pour "fabriquer un destin d'homme d'Etat à ce rond de cuir juste bon à servir la Régence…

  5. La déconstruction de notre identité est bien plus grave qu’une colonisation militaire.
    Ce qui a était fait à notre irremplaçable patrie, de 1962 à nos jours, est aussi un crime.
    Dire le contraire c’est vouloir maintenir l’autre dans les ténèbres. Et ça, c’est aussi un crime.
    Demander repentance à la France, dans l’état actuel des choses, relève tout simplement de l’indécence.
    C’est à ceux qui tiennent les hautes fonctions, chez nous, que reviens l’obligation morale de demander pardon aux morts et aux vivants, de tout le mal qui a était fait, les vivants pourront être enfin délivré de cette fureur vengeresse et destructrice qui les range, et sauraient, peut être, être indulgents envers ceux qui les ont mis à genoux.
    Tout le reste n’est que diplomatie.

  6. Vous pensez que le peuple va se taire longtemps devant ces pourris.

  7. M. Ouyahia fait dans la torture chinoise en accordant des augmentations salariales au compte-gouttes aux travaileurs(euses) à l'effet de les faire souffrir le plus longtemps possible en y trouvant des justifications alambiquées qui servent sa politique de statu-quo et de blocages à tous les niveaux. Par contre il n'a pas vu d'inconvénient ni d'obstacle majeur à faire tripler le salaire des députés et des sénateurs qui devaient un certain 12 Novembre 2008 faire sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels de la Constitution à la veille des élections .Il n'est pas avare non plus dans les salaires qu'il distribue à la louche aux commis de l'Etat ( dans la justice , le ministères etc..)et aux membres de la Nomenclatura qui lui gravitent autour .Il ne s'étonne pas non plus des salaires faramineux et disproportionnés que les caisses de l'Etat déboursent aux expatriés , aux binationaux , aux fils de harkis etc, qui se font recruter outre-mer. On croirait qu'il est là pour déclasser son peuple et servir les interêts d'une bourgeoisie campradore visant à recoloniser le pays.

  8. Dur dur d'être travailleur algérien…
    En plus d'être pauvre le travailleur est méprisé par sa tutelle, son syndicat, sa famille ainsi que par les hommes qui dirigent le pays.
    Dans tout pays qui se respecte, le salaire du travailleur lui permet de vivre décemment, d'élever ses enfants voire de faire des projets d'avenir.
    Hélas c'est loin d'être le cas de notre cher pays, pays très riche au potentiel inestimable.
    Il est grand temps de valoriser l'humain et donc le travail et lutter contre le gain facile et autre corruption en tout genre.
    Remettre le travailleur au cœur du système c'est privilégier le produit algérien, c'est revaloriser le savoir -faire algérien, c'est remettre toute l'Algérie en compétition.
    Le cas échéant, les travailleurs exclus, nos dirigeants ne seront que des dirigeants de la faune et de la flore.

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