Nicolas Sarkozy et David Cameron en Libye

Dans le plus grand secret, le chef de l’Etat s’apprête à se rendre jeudi à Benghazi et Tripoli pour une visite surprise. Aucune confirmation officielle pour le moment.

Le quotidien français Le Parisien a révélé mercredi 14 septembre que le chef de l’Etat français devrait partir jeudi matin à Benghazi, fief de la Libye des insurgés mais aussi dans la capitale Tripoli. Lors de cette visite surprise, préparée dans le plus grand secret, Nicolas Sarkozy devrait rencontrer Moustapha Abdeljallil, le président du Conseil national de transition et le Premier ministre Mahmoud Djibril.

Au Quai d’Orsay, le cabinet de Bernard Valero explique avoir appris cette information par la presse et déclare n’avoir aucune information à donner. Mansour SaïfEl-Nasser, l’équivalent de l’ambassadeur du CNT en France, joint par le Nouvel Observateur, ne souhaite pas commenter cette information, mais précise que l’invitation a été faite et que lui-même pourrait éventuellement faire partie d’un tel voyage.

Selon Le Parisien, le chef de l’Etat veut porter un message « sur le choix de la démocratie et le refus du péril islamiste« . Le quotidien du soir, Le Monde précise que le Premier ministre britannique, David Cameron, ainsi que Bernard Henri-Lévy feront le voyage à ses côtés. Nicolas Sarkozy a toujours promis d’initier une telle visite d’Etat, mais pas avant que le guide libyen ne soit capturé.

Des CRS pour protéger Sarkozy ?

Autre information. Elle est de l’hebdomadaire, Marianne qui précise que 80 hommes, appartenant à la compagnie de CRS devraient assurer, sans uniformes, la sécurité du chef de l’Etat. Une opération « inédite« . Les autorités libyennes auraient donné leur accord pour accueillir des policiers français sur le sol libyen. Des sources policières ont indiqué à l’AFP, que cent soixante policiers, en majorité des CRS, tous volontaires, étaient en effet en partance pour la Libye pour une mission de « sécurisation en vue d’un déplacement sur place » à Tripoli, confirmant les informations de Marianne. L’Elysée n’a pas souhaité faire de commentaire. Cependant selon Le Figaro, quotidien de droite, proche de Nicolas Sarkozy, ce déplacement ne serait qu' »une option« .

Une protection en civil

Pour la mission de sécurisation, deux vols distincts étaient prévus au départ de France mercredi en fin d’après-midi, les policiers ayant reçu pour consignes d’être en civil — « pantalon jean, pas de treillis, des chaussures souples » – et d’avoir pour bagage un sac à dos contenant notamment « trois litres d’eau, une ration de combat, six barres de céréales« .

Les instructions, toujours selon les sources policières, mentionnaient que les fonctionnaires ne devaient pas être munis de carte professionnelle, ni d’appareil photo ou de téléphone portable mais d’un gilet pare-balles. Le retour est prévu vendredi et les policiers auront la charge de sécuriser notamment un hôtel, un hôpital et un troisième point de passage à Tripoli.

Une mission équivalente de ces policiers à Benghazi n’était pas non plus exclue par ces sources et il a été fait appel aux CRS, dans les différentes compagnies, sur la base du volontariat. Un avion de fret devait transporter les « armes de service » qui seront prises en charge par le Raid, l’unité d’élite de la police, également sur place en Libye.

Mouammar Kadhafi court toujours

L’Otan a admis ne pas savoir où se trouvait actuellement le colonel Mouammar Kadhafi, tandis que son fils Saadi était sous « bonne garde » à Niamey, la capitale du Niger. En fuite depuis la chute de son QG à Tripoli le 23 août, après avoir régné 41 ans sur le riche pays pétrolier, le colonel Kadhafi reste combatif: il a appelé ses partisans à lutter « jusqu’à la victoire » dans un message lu lundi par une chaîne de télévision basée en Syrie. « Nous ne devons pas oublier que Mouammar Kadhafi est toujours vivant et qu’il a toujours de l’argent et de l’or pour corrompre les gens« , avait récemment prévenu le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil.

Au sein de l’Otan, le porte-parole de l’opération Protecteur unifié a dit ne pas disposer d’informations sur le sort de Mouammar Kadhafi, visé par un mandat d’arrêt international émis par la CPI et un avis de recherche international après la diffusion d’une « notice rouge » par Interpol. « Nous ne savons franchement pas s’il a quitté le pays« , a déclaré le colonel Roland Lavoie. Mouammar Kadhafi « n’est pas apparu en public dans le pays depuis un bon moment (…) et nous ne disposons pas d’informations sûres sur l’endroit où il se trouve actuellement« , a-t-il ajouté, assurant : « La zone où (les forces de) Kadhafi opèrent se réduit et elle est de plus en plus contestée« .

Seif El Islam introuvable, Hannibal et Mohamed en Algérie, Saadi au Niger

Engagée sous mandat de l’ONU pour protéger les civils, l’Otan a toujours affirmé que Mouammar Kadhafi n’était pas une cible pour elle. Mais plusieurs responsables politiques des pays de la coalition ont reconnu que l’Alliance contribuait à la traque du dirigeant déchu. Seif al-Islam, le fils Kadhafi le plus en vue, reste aussi introuvable alors que le clan de l’ancien homme fort se disloque : ses fils Hannibal et Mohamed sont réfugiés en Algérie avec leur soeur Aïcha et l’épouse de l’ancien « guide » Safiya, tandis que Seif El-Arab et Khamis seraient morts. Selon une source gouvernementale nigérienne, Saadi Kadhafi, entré dans le nord du Niger dimanche, est arrivé mardi soir à Niamey, où il serait « sous bonne garde » des forces de sécurité nigériennes.

Saadi Kadhafi, 38 ans, ancien capitaine de l’équipe nationale de football, avait tenté sa chance dans le championnat italien avant de diriger une unité d’élite de l’armée libyenne. Les Etats-Unis avaient évoqué l’équivalent d’une assignation à résidence dans « une résidence officielle d’Etat« , mais Niamey a réfuté le terme de « détention« , évoquant plutôt la « surveillance » des 32 proches de Kadhafi actuellement accueillis pour des raisons « humanitaires« 

Un commentaire

  1. On voit bien, le "courageux" Sarkozy, faire assurer sa sécurité par des CRS en civil, au lieu de la confier aux "valeureux " insurgés de Benghazi. La confiance règne entre la France et le nouveau régime libyen.

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