L'UE envisage de nouvelles sanctions contre la Syrie

Alors que la répression en Syrie a fait au moins 27 morts en deux jours, l’Union européenne (UE) n’exclut pas de nouvelles sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad, après avoir imposé un embargo sur le pétrole.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a indiqué que les pays membres de l’UE allaient continuer à exercer des pressions sur Damas.

En marge d’une réunion, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré qu’il fallait protéger les populations civiles et aider l’opposition syrienne à s’organiser. Pour sa part, son homologue allemand, Guido Westerwelle, a lui aussi estimé que de nouvelles sanctions contre le régime syrien pourraient s’avérer nécessaires. L’embargo européen, qui est entré en vigueur samedi après avoir été décrété la veille, concerne les importations, l’achat et le transport de pétrole brut ou de produits pétroliers originaires ou exportés de Syrie. Cependant, il ne concerne pas les contrats qui sont en cours.

L’Union européenne espère ainsi convaincre le régime de renoncer à la répression violente qui se poursuit depuis la mi-mars.

Les Américains croient que la décision des Européens aura « un impact direct » sur la capacité du régime à financer la répression des manifestations. Le marché européen représente 95 % des exportations de pétrole de la Syrie. En revanche, la Russie a critiqué l’adoption de sanctions à l’encontre de la Syrie. Moscou les juge improductives et croit que l’embargo détruit « la possibilité d’une approche commune par rapport à une crise ». D’ailleurs, la Russie et la Chine sont opposées à des sanctions contre la Syrie et ont boycotté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet.

Des discussions entre le CICR et les autorités

Jakob Kellenberger, qui préside le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), est arrivé samedi en Syrie pour discuter d’un meilleur accès de l’organisation aux détenus et aux zones où la violence fait rage. Il doit rencontrer le président Al-Assad ainsi que la chef de la délégation du CICR à Damas. En juin dernier, une visite du président du CICR avait permis de conclure un accord sur ces deux sujets. Selon un communiqué émis à Genève, cette nouvelle visite a pour but de « mesurer les progrès accomplis dans ces deux domaines depuis le mois de juin« .

Sur le terrain, cinq personnes ont été tuées samedi dans des opérations menées par les forces de sécurité et de l’armée. Un homme touché vendredi est également décédé des suites de ses blessures. En tout, au moins 27 personnes ont été tuées depuis vendredi. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté aux quatre coins de la Syrie. C’est à cette occasion que les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser les défilés qui bravaient le régime.

Selon l’ONU, les violences en Syrie ont fait au moins 2200 morts depuis mars dernier. Les victimes sont en majorité des civils. Selon les militants, plus de 10 000 personnes ont été arrêtées.

Avec Agences