Algérie-Maroc : une budgétivore course à l'armement

La course frénétique à l’armement qui oppose Rabat à Alger sur fond de conflit saharien fait exploser leur budget défense.

Début août, le Maroc reçoit ses premiers avions de combat F-16. Les Forces armées royales avait passé commande de 24 de ces chasseurs en 2007 au constructeur américain Lockheed Martin, après que l’option d’achat d’avions français Rafale a été définitivement écartée. Ce marché, qui porte sur un montant total de 1,67 milliard d’euros, est le principal d’une série qui marque le volontarisme du royaume à moderniser son arsenal militaire et aussi et surtout à bomber le torse face au « frère ennemi » algérien, avec qui les relations sont toujours aussi tendues.

15% du budget marocain consacré à la Défense…

Daprès Forecast international, le Maroc est parmi les pays africains qui consacrent le plus d’effort budgétaire à leur armement. Depuis son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI a ouvert les robinets pour l’armée. Son budget a été doublé par les dernières lois de finances, notamment depuis 2008. Il y a encore cinq ans, ce budget ne dépassait guère les 836 millions d’euros. WikiLeaks révélait à ce proposun rapport confidentiel daté de 2008 rédigé par Thomas Riley, l’ex-ambassadeur américain à Rabat qui s’inquiétait de l’état de vétusté de l’armée chérifienne.

Aujourd’hui, le royaume consacre chaque année une enveloppe de près de 2,8 milliards d’euros à son armée, soit environ 15% du budget de l’Etat. Pourtant, sous la coupole de l’Hémicycle les élus procèdent à un vote rapide et à l’unanimité pour ce poste budgétaire dont les contours effectifs relèvent du secret-défense.

… soit le double de celui de la Santé

Pour le dernier budget, cette enveloppe avoisine les 32 milliards de dirhams, soit 3 milliards d’euros, dont 950 millions pour la seule acquisition de matériel. Comme en 2010, le seul fonds d’acquisition et de maintenance de l’arsenal militaire chérifien est crédité cette année de la coquette somme de 10,2 milliards de dirhams (835 millions d’euros), soit près deux fois le budget de fonctionnement de la santé publique et plus de 8 fois celui de ses investissements. Les besoins militaires du Maroc absorbent 5% de son PIB, ce qui lui vaut de figurer au top 20 des pays les plus dépensiers pour leurs armées. Aussi, si l’on tient compte de la croissance du PIB, le Maroc dépense plus de 7 millions d’euros par jour pour sa défense.

Depuis 2004, les dépenses militaires ne cessent d’augmenter. La course à l’armement imposée par des raisons d’équilibre géostratégique maghrébin avec Alger pousse à toujours plus de décaissements.

Un chapelet de grosses commandes d’armement a été passé ces dernières années, dont les plus importantes sont: deux escadrilles de F-16 précitées en plus de la modernisation de 27 Mirage F-1 français pour 400 millions d’euros, une frégate française Fremm pour 470 millions d’euros, trois hélicoptères américains CH-47D pour 93,4 millions d’euros, quatre avions de transport tactique C-27J Spartan à l’Italie pour 130 millions d’euros et 1.200 blindés espagnols pour 200 millions d’euros.

Sans le conflit du Sahara, et le nécessaire équilibre régional avec l’Algérie — mais aussi avec certains pays d’Europe du Sud, avec qui Rabat entretient des liens de coopération militaire au sein de l’Alliance Atlantique — le Maroc aurait été dans la moyenne du classement mondial des dépenses en armement. Il sortirait annuellement pour ses forces armées moins de 2% de son PIB et économiserait ainsi près d’1,4 milliard d’euros par an pour satisfaire ses besoins cruciaux en matière sociale.

L’Algérie, second importateur d’armes du continent

Si le Maroc s’arme, l’Algérie aussi. Les données du dernier rapport 2010 de l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, en Suède, mettent en évidence cette course effrénée à l’armement à laquelle se livrent les deux pays voisins. Cet institut d’études stratégiques, qui fournit les statistiques annuelles sur les dépenses militaires et le marché de l’armement dans le monde, classe l’Algérie au second rang des pays africains en terme d’effort d’armement, juste derrière l’Afrique du Sud. Elle consacre en moyenne 3% de son PIB par an aux dépenses militaires, ce qui représente environ 4,5 milliards d’euros pour 2011.

Dans le même classement, le Maroc se trouve à la 5e place, avec un rapport plus important de ponction sur le PIB, plaçant le royaume en pôle position des pays à économie comparable qui consacrent le plus de richesses à leur défense.

+10% par an pour le budget militaire algérien

Selon des estimations publiées par la CIA sur son world Factbook, c’est le Maroc qui consacre en termes relatifs le plus d’argent à l’armement. Il se place en 17e position du classement mondial, suivi par la Libye (4% du PIB), l’Algérie (3% du PIB) et la Tunisie (1,5% du PIB).

Les dépenses militaires algériennes et marocaines connaissent ainsi chaque année une forte progression. Le conflit du Sahara occidental est à l’origine de cette rivalité, le Maroc considérant officiellement le Sahara occidental comme partie prenante de ce contentieux territorial vieux de trois décennies. Le budget consacré par les deux pays à la défense illustre on ne peut plus clairement cette frénétique course.

La conclusion par l’Algérie d’un contrat d’acquisition d’une soixantaine d’avions de combat avec la Russie en 2006 avait immédiatement suscité une réaction de Rabat, qui s’est empressé de moderniser sa flottille de Mirage F-1 vétustes et de conclure le mirifique contrat des F-16 avec Lockheed Martin —et avec la bénédiction de Washington. Le budget militaire algérien s’accroît d’environ 10% par an. Des sommes colossales sont ainsi allouées par ces deux pays dont le secteur militaire occupe la première place en terme de budgétisation.

Certes, la tendance est mondiale : les dépenses militaires ont en effet augmenté de 45% en dix ans. Mais « la compétition engagée entre l’Algérie et le Maroc en termes d’acquisition d’équipements militaires fait couler beaucoup d’encre et inquiète aussi bien les Américains que les autres pays du bassin méditerranéen« , rappelle un rapport d’analyse des Nations unies cité par le Sipri.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont exprimé ouvertement leur inquiétude quant à la tendance haussière des dépenses de ces deux pays — qui font pourtant le bonheur des marchands d’armes américains, européens, russes mais aussi ceux des pays émergents comme le Brésil.

Même l’assurance donnée par l’Algérie que ses dernières commandes entraient dans le cadre d’un plan de modernisation des équipements de son armée — qui date de l’époque de l’Union soviétique — et de son effort pour combattre Al-Qaida au Maghreb islamique n’a pas atténué les craintes des Occidentaux, soucieux surtout de la sécurité de leur allié traditionnel dans la région, à savoir le Maroc. Les Etats-Unis considèrent ce plan de modernisation de l’armée algérienne comme « un plan dissuasif » face à la montée en puissance de son voisin de l’Ouest. Cependant, en réalité, la dissuasion est symétrique.

Des marchés boostés par les révolutions arabes

Des sources diplomatiques citées par la presse algérienne affirment que la Maison-Blanche porte un intérêt particulier à cette question. Washington a d’ailleurs interpellé l’Algérie sur le mobile de son acquisition massive de centaines de chars d’assaut, d’une vingtaine d’avions de combat sophistiqués, de sous-marins, de dispositifs de défense aérienne de fabrication russe et de frégates maritimes ultramodernes de marque française. Alger avait une fois encore répondu qu’il s’agissait « de moderniser l’armée nationale algérienne et de remplacer l’arsenal soviétique par un autre plus développé« .

Le débat autour de l’armement entre l’Algérie et le Maroc n’est pas nouveau. Certains experts avancent que le fait que les Etats-Unis et l’Europe s’emparent de ce dossier ne constitue qu’un moyen de pression pour obtenir des marchés d’armement auprès d’une Algérie gavée par ses revenus pétroliers. D’autant qu’Alger importe principalement de la Russie, et, depuis peu, d’Europe, de Chine, d’Afrique du Sud et de certains pays sud-américains, dont le Brésil.

D’autres préoccupations sont à l’ordre du jour depuis le déclenchement des révolutions arabes. Les régimes de la région s’équipent aussi massivement pour contrer les soulèvements internes. Une réalité bien palpable aujourd’hui en Libye et en Syrie.

Ali Amar

Lien : https://www.slateafrique.com/21809/maroc-algerie-armement-defense-sahara-occidental

10 commentaires

  1. Le Festival du monde arabe (FMA) de Montréal a annoncé mardi l'annulation du spectacle de Cheb Mami, prévu le 26 novembre à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, en raison d'une controverse entourant son passé judiciaire.
    En entrevue avec Radio-canada.ca, le directeur général et artistique du FMA, Joseph Nakhlé, a expliqué que cette décision avait été prise en raison de la couverture médiatique entourant la tenue du spectacle. Les propos du Journal de Québec, du Journal de Montréal, du blog de Richard Martineau et de la station de radio 98,5 FM, a-t-il précisé, ont été pour le FMA « un signe que cette controverse pourrait nuire aux objectifs rassembleurs du festival », la mission du festival étant de « rapprocher les cultures ».

    « Certains de ces médias n'ont jamais couvert adéquatement le FMA, et là on se retrouve en une », a-t-il souligné. Il soutient que le spectacle a été annulé pour « terminer la controverse ». Aujourd'hui, il y a une sensibilité par rapport à ce sujet au Québec, dans des dimensions assez importantes. On fait nos choix en fonction de la globalité de l'opinion publique. […] C'est dans l'intérêt de tout le monde qu'on a annulé ce spectacle.— Joseph Nakhlé, directeur général et artistique du Festival du Monde Arabe M. Nakhlé a ajouté qu'aucun partenaire financier n'avait menacé d'annuler son appui au festival, de même que les membres de la communauté arabe.
    Étant donné que le spectacle de Cheb Mami ne se trouvait pas dans la programmation du FMA, qui se tient du 30 octobre au 13 novembre, le chanteur ne sera pas remplacé.

    Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2011/08/09/003-festival-monde-arabe-cheb-mami.shtml

  2. Réveillez-vous peuple d'Algérie notre indépendance a été confisquée des "Marocains" qui détruisent notre grande et beau pays, le clan d'Oujda qu'il faut chasser au plus vite de notre pays pour élire démocratiquement de vrais Algériens dignes de ce nom qui aiment leur pays et sauront le respecter voici un article du journal le Matin repris sur un journal marocain Ya Bladi.
    Wakha Moulay !
    En observant hier l'acharnement du journaliste égyptien d'Al Ahram à vouloir faire parler le général Lamari sur la presse algérienne, trop libre à son goût, je me suis demandée s'il savait que son confrère marocain Lemrabet venait d'être condamné à trois ans de prison pour « atteinte à la royauté ». Il doit s'en foutre. Puis je me suis posée la question : les Marocains qui dirigent le ministère algérien de l'Intérieur sont-ils au courant de ce qu'il est advenu à leur compatriote journaliste ? Si j'avais un conseil à leur donner, ce serait de lire autre chose que les rapports écrits par les Marocains qui dirigent la Présidence de la République algérienne. Ils se réveilleraient alors à une déconcertante réalité : nous vivons en Algérie. Tumultueuse terre de barbares, où résident encore quelques millions de Lemrabet. Il ne suffit pas que Yazid Zerhouni soit d'Oujda et que son intriguant secrétaire général, Mohamed Moulay Guendil, de Meknès pour que nous apprenions tous à porter babouches et nous prosterner pour cinq autres années devant le roitelet d'Oujda Abdelaziz Bouteflika. Je sais, M. Guendil, que votre connaissance de ce pays reste imparfaite pour n'avoir acquis la nationalité algérienne qu'en 1972 – qui dans ce bas monde est parfait ? – mais croyez-moi, et c'est une sur qui vous parle ya Si Moulay Guendil, vous devriez sortir davantage en Algérie. Vous y découvririez des habitants frappés d'un défaut congénital : ils n'ont jamais su dire « Wakha Moulay ! » Ben Bella a bien sollicité de brillants orthophonistes américains pour nous le faire prononcer, mais sans succès, sauf pour Ben Bella lui-même qui est finalement retourné vivre au Maroc sous la protection du roi. Les Algériens, c'est rustre et désespérant, M. Guendil, je vous le concède mais, entre nous, et je vous le dis à l'oreille, vous n'êtes pas de Meknès pour rien, vous êtes un petit malin : vous le saviez que nous étions un peuple barbare pour avoir été le premier à traiter les manifestants du 14 juin 2001 de « vandales ». Alors, ya Si Moulay Guendil, pourquoi s'échiner à imposer le roi Abdelaziz pour un second mandat à des « vandales » qui n'en veulent pas ? Vous qui êtes originaire de Meknès, ville de civilisation, même si elle a contrarié notre Hadj M'hamed El Anka, vous devez bien saisir que le monde a changé, que les Lemrabet poussent partout et que les rois en ont peur. Même en Arabie Saoudite. Même en Iran, tiens, où plus de 250 intellectuels iraniens ont osé demander à l'ayatollah Ali Khamenei, pourtant guide suprême de la révolution, d'abandonner son statut de « représentant de Dieu sur Terre » et d'accepter de se soumettre au peuple. Ils disent, ces intellectuels vandales, que « le peuple a le droit de contrôler entièrement ses dirigeants et de les retirer du pouvoir s'ils ne sont pas satisfaits », et ils l'écrivent, ya Si Mohamed Moulay Guendil El Meknessi, dans le quotidien iranien Yas-e-nou. Si si, je vous jure. Je vous envoie copie de l'article par le chauffeur du Matin : ça diversifiera vos lectures et, surtout, cela pourrait vous convaincre que si les Iraniens en sont à revendiquer le droit de retirer le pouvoir à un « représentant de Dieu sur Terre », les Algériens ont le droit de le retirer à un homme qui ne représente que lui-même.

    Le Matin, Algérie

  3. Toutes les armées arabes sont des armées d'opérette On achéte du matériel de guerre trés sophistiqué que seuls des hommes bien formés ayant un niveau trés élevé sont capables de maitriser ces technologies de pointe Les officiers, sous officiers et hommes de troupe sont loin d'avoir le niveau requis pour utiliser efficacement ce matériel de guerre En occident pour accéder aux écoles militaires on fait appel à la crème des crèmes des étudiants Derniérement j'ai vu un reportage sur la formation de l'armée israélienne " la tsahal "Je ne parlerai pas des pilotes de chasse qui sont les meilleurs du monde mais de la fomation des tankistes c'est à dire des blindés Les critéres de recrutement dans cette arme sont tellement élévés que le pilote ou le tireur peuvent remplacer au pied levé le chef de char En plus de la formation militaire ils sont mécaniciens et électroniciens Quant aux tankistes arabes au premier toussotement du moteur on les entendrait crier : Ya moh ! a zakkat ! ou est le mécanicien ? Ya boureb ! ouaquila n'tiho en panne ! El aarba t'sselek ! Voilà la réalité des armées arabes. C'est désolant Ne faudrait il pas mettre tout cet argent sur la formation de l'homme qui est la meilleure défense

  4. Nos pires ennemis ont tenté les pires complots à géométrie variable, pour mettre à genoux l'Etat algérien, durant la tragédie nationale. Les ennemis de l'Algérie lui ont imposé un embargo de fait, sur l'achat des armes. Cette situation a obligé l'Algérie à protéger ses espaces aériens, maritimes et terrestres, beaucoup plus, que par le passé. Le maillage est actuellement très hermétique et total.
    Parlons maintenat de l'actualité essentielle, en temps réel.
    Parlons un peu du F 16 Américain.
    Je rappelle très brièvement quelques caractéristiques essentielles de cette appareil. Du point de vue aéronautique, il est très instable. Sans l'ordinateur de bord et ses logiciels assez complexes ainsi qu'un très sérieux entrainement du pilote sur plusieurs années, cet avion tomberait du ciel de lui-même. Le F16 dispose d'un seul turboréacteur à poste-combustion, qui lui permet une poussée AB, de 0 à 12 t. Il peut atteindre mach 2.
    Son point fort, c'est sa capacité de pouvoir bombarder à n'importe quelle altitude (de quelques centaines de mètres à 20 km du sol).
    Mais le F 16 a un point faible non négligeable. Il peut être détecté par radar du ras du sol à 25 km du sol, il est vulnérable aux tirs anti-aériens ou aux missiles sol-air.
    Seule la furtivité permet d'échapper à cela. Or le F 16 n'est pas un avion furtif, donc sa menace peut être traitée et éliminée correctement.
    Le seul avion furtif au monde, actuellement en service, est le F 117 Nighthawk. Cette furtivité a été rendue possible grâce à sa forme et de ses matériaux, qui absorbent les ondes radar.
    Le F 117 attaque uniquement la nuit. Il utilise un système d'imagerie infrarouge, qui reproduit ce qu'il y a devant lui, Tout est géré par ordinateur. Et le pilote ne s'occupe de sa cible. Le F 117 ne peut pas voler sans ses ordinateurs. Aucun pays au monde n'a un avion comparable au
    F 117. Mais le F 117 ne peut pas atteindre la vitesse supersonique. Une fois détecté il devient vulnérable à proximité des avions ennemis, car il n'a pas de mitrailleuse, a cause de sa forme.
    La preuve durant la guerre en Yougoslavie, deux F 117 ont été abattus. Ce qui veut dire, qu'il y a toujours des parades au F 117. D'autres avions sont en développement, comme le F 35 Joint Strike Fighter ou le F/A 22 Raptor. Ils entreront en service dans une vingtaine d'années.
    J'arrête là l'aperçu technologique concernant les avions en service actuellement, à travers le monde.
    Je reviens à l'actualité, qui nous intéresse.
    Suite à l'isolement voulu par nos ennemis, durant la tragédie nationale, les vraies leçons ont été tirées et les pays amis de l'Algérie ont été comptés et recomptés. L'Algérie a modernisé son armement et acquis tout ce qu'il faut, pour anéantir le moindre coup d'aile d'avion ennemi, de loin et même de très loin, d'où qu'il vienne.
    Et par conséquent l'Algérie est immunisée contre ce genre de « menace » venant du Maroc, de Méditerranée ou d'ailleurs.

    Je suggère d'une part, d'investir énormément dans l'aéronautique et l'espace et d'autre part d'établir un partenariat stratégique avec l'Allemagne et les pays émergents (Chine, Inde, Brésil,,,), pour garantir durablement notre souveraineté économique et politique, au niveau international.

    Vive l'Algérie

  5. En 1999, nous avions la possibilité de choisir un président parmi 6 candidatures de poids, dont Ait Ahmed.

  6. Contrairement au Maroc l'Algérie n'a pas de visées expansionnistes dans la région et chez les pays voisins proches. l'Algérie a de bonnes raisons de s'armer, d'autant plus qu'elle a subi un embargo terrible sur les armes, pendant plus d'une décennie, alors que notre pays était et est toujours au prise avec le terrorisme islamiste, nous devons aussi sécuriser nos immenses frontières, il faut rappeler que l'Algérie est entourée de 7 pays instables politiquement et très pauvres, ou en guerre (Libye), en conséquence notre pays a toutes les raisons valables de se protéger, d'autant plus qu'il est riche et immense. Il suscite la prédation extérieure, les prédateurs sont à nos frontières. Concernant notre intégrité territoire, elle n'est pas négociable, le peuple algérien a payé le prix fort pour arracher son indépendance des criminels colonisateurs français qui nous ont réduit au sous développement total pendant 132 ans nous en payons le prix de cette colonisation jusqu'à présent. L'Algérie vu ses richesses et son immensité à toutes les raisons de s'armer et de se protéger. En revanche, le Maroc c'est l'Arabie Saoudite son fidèle allié qui lui paie les armes et autres arsenaux militaires, voilà toute la différence entre les deux pays, l'Algérie n'a aucune visée expansionniste sur ses voisins, mais le Maroc lui en a depuis toujours.

  7. Et nos pèlerins iront défiler chaque année dans ce royaume maudit d'Arabie Saoudite pour y renflouer les caisses du roi. Réfléchissons un peu que cela peut nous claquer à la figure à tout moment. L'arabisme et l'islamisme nous font beaucoup de mal depuis Okba bnou Nafaa.

  8. La course aux armements que tout un chacun observe entre l’Algérie et le Maroc ne peut être que la résultante d’une longue histoire que je vais tenter d’élucider. Le problème est loin d’être simple. Bien au contraire, il est d’une redoutable complexité. Pour parvenir au moins à donner des faits concrets aux uns et aux autres, y compris à nos frères marocains, disons de prime abord, que ladite course a pour cause fondamentale une inexacte appréhension du passé, ainsi qu’une certaine méconnaissance de la réalité présente. Il ne fait aucun doute que ce conflit, qui dure depuis presque 36 ans, est lié tout d’abord à cette surprenante « guerre des sables », que Hassan II n’avait pas manqué de provoquer à l’automne de l’année 1963, en attaquant l’Algérie, dans l’espoir de récupérer des territoires considérés comme étant marocains. Notons qu’il avait choisi un moment, où le pays attaqué venait juste d’arracher son indépendance, à la suite d’une guerre atrocement sanglante, ayant occasionné des centaines de milliers de martyrs, à ajouter à ceux tombés depuis l’insurrection de l’Emir Abdelkader jusqu’en 1954, année de déclenchement de la Guerre de libération nationale achevée en 1962. Je me souviens que les Algériens s’étaient soulevés comme un seul homme, en allant jusqu’à offrir les bijoux de leurs femmes, mères et filles pour alimenter une caisse de solidarité (« çandouq et-tadhâman). C’est dire, qu’à l’époque gouvernants et gouvernés étaient en majorité en bonne intelligence entre eux et ce, malgré une prise de pouvoir largement éloignée de la démocratie. L’on pensait que celle-ci n’allait pas tarder à s‘imposer… Quoi qu’il en soit, l’hostilité du roi du Maroc était également liée concrètement à ses visées expansionnistes traduites dans les faits par des symboles significatifs, telle cette carte irréaliste du « Grand Maroc » englobant, outre la Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie et des territoires algériens. Ladite carte a été dessinée par Allal Al-Fassi, fondateur et leader du parti indépendantiste Al-Istiqlal. Elle circule, d’ailleurs jusqu’à ce jour, dans certains milieux au Maroc. Ce qui est étrange c’est que l’Espagne, pays colonisateur du Sahara occidental avait décidé de quitter précipitamment le territoire qu’elle occupait sans les passations d’usage avec qui que ce soit. Que fait le roi Hassan II ? Sans la moindre hésitation il lança un appel à son peuple, pour envahir le pays considéré, en organisant une manifestation à caractère folklorique, qualifiée de « marche verte », s’inspirant peut-être de ce qui se passait au Far-West américain, à l’encontre des Peaux rouges, dont il ne reste actuellement que certains individus déculturés pour la plupart, voire clochardisés, contrairement à ceux du Canada. En tout état de cause, il convient de reconnaître qu’à l’époque du retrait précipité et fort étrange des Espagnols de leur colonie, l’Espagne vivait une situation fort difficile, voire dangereuse, dans la mesure où le général Franco qui avait gouverné l’Espagne d’une main de fer, durant 39 longues années, ne finissait pas d’agoniser. Tout le monde était en état d’alerte parce qu’on craignait un coup d’Etat. Par la suite, une tentative de coup d’Etat a bien eu lieu, mais l’événement tant redouté a pu être finalement surmonté. A cause probablement des dispositions prises par le Caudillo (« guide » comme Kadhafi en Libye) quant à sa succession, au profit de Juan Carlos, l’actuel monarque d’Espagne lequel, contrairement à ce que tout le monde craignait, non seulement ne s’était point inspiré du type de gouvernance de ce sanguinaire dictateur, mais c’est grâce à sa sagesse, malgré son âge (il avait 36 ans), que la pays de Cervantès avait échappé à une autre guerre civile. Notons au passage, que durant la précédente, les républicains étaient épaulés par des brigades internationales, ainsi que des partisans venus à titre individuel, tels que le fameux écrivain français André Malraux et le célèbre romancier américain Ernest Hemingway. Quant à Picasso qui vivait en France, il n’avait pas manqué d’immortaliser le carnage perpétré par l’aviation hitlérienne en tuant 2000 personnes dans la petite ville basque devenue célèbre dans le monde entier que le peintre avait intitulé « Guernica » lui donnant le nom de la petite cité martyre. Pourquoi tous ces détails du passé espagnol ? Tout simplement pour que le jeune lecteur puisse se faire une idée moins biaisée sur l’état d’esprit des divers acteurs directs et indirects et être par la suite en mesure de juger soi-même les choses, même quand celles-ci paraissent rebelles à l’appréhension. De toute façon, si l’on suivait la logique des gouvernants marocains qui semblent emboîter le pas au roi Hassan II, en achetant des armes de plus en plus sophistiquées, ce n’est certainement pas pour jouer avec. Ceci est malheureusement d’autant plus vrai, que le feu est attisé par certaines puissances étrangères, mais de façon souterraine, pour des raisons qu’il n’est point difficile à deviner, ne serait-ce que pour pouvoir vendre leurs armes destructrices. Ce qui les intéresse essentiellement c’est de fourguer leurs machines de guerre afin d’encaisser le plus de devises possibles, surtout par ces temps incertains où l’économie financière planétaire s’éloigne de jour en jour de l’économie réelle. Par les temps qui courent, ce sont les marchands de canons et autres avions F16 qui mènent la danse. En tout état de cause, si l’on adoptait la même logique en Algérie, l’on revendiquerait au nom de la « légitimité historique » à longue portée, si je puis dire, non seulement tous les pays du Maghreb, mais encore l’Andalousie, outre les Balèares, les Iles Canaries, sans oublier Malte… Pour quelle raison ? Mais parce que le fondateur de l’Etat almohade Abdelmoumen Benali était d’origine algérienne, puisque natif de la localité de Tedjra, située dans l’Algérie actuelle. Certes, il avait pour compagnon un natif du Haut-Atlas Ibn Toumert, qui faisait office d’idéologue. Il était d’ailleurs tellement versé dans les questions sur l’Islam, qu’il n’hésita pas à traduire le Coran en tamazight. Notons au passage que pendant deux siècles, le temps qu’a duré la dynastie, tous les Emirs des croyants ayant régné, à l’instar d’empereurs, étaient des descendants de Abdelmoumen. Ajoutons que l’Etat almohade a succédé à la dynastie des Almoravide considérée comme impie. Les Almohades étaient incontestablement jusqu’à la fin du XIIème siècle les maîtres incontestés du Bassin méditerranéen et c’est sous leur gouvernance qu’était née et s’était développée la plus haute civilisation qu’ait connue l’humanité, singulièrement en Andalousie devenue le phare qui a illuminé l’Europe dans tous les domaines du savoir et de la technique. Qui n’a pas entendu parler d’Ibn Rochd ou d’Ibn Tofaïl, sans omettre Ibn Zohaïr et Maïmonide, etc… La rationalité était poussée jusqu’aux plus hautes cimes dans toutes les matières, y compris dans l’interprétation religieuse. Quatre siècles après la chute de l’Etat almohade, on exigeait encore dans certaines universités d’Europe, la connaissance de la langue arabe pour s’inscrire en médecine, celle de Montpellier, en France, par exemple. C’est que tous les professeurs étaient andalous. Citons ne serait-ce que François Rabelais le fameux auteur de « Gargantua » et « Pantagruel » qui s’était vu dans l’obligation d’apprendre l’arabe, ce qui lui avait permis de devenir médecin. Il ne serait peut-être pas inutile de lire un ouvrage très intéressant écrit par l’économiste et essayiste, Jacques Attali, intitulé « La confrérie des éveillés » dans lequel l’auteur avec beaucoup de talent et d’érudition, nous narre les rapports étroits, entre des savants et philosophes même de confession différente à l’époque d’Ibn Rochd (XIIème siècle).
    Je crois que le moment est venu pour conclure. Disons tout simplement aux uns et aux autres que les sommes astronomiques dépensées en vue d’acquérir des armements trouveraient un meilleur usage pour réformer en profondeur certaines institutions qui se clochardisent de jour en jour, telles que le système éducatif et la justice, par exemple. Il me semble que c’est à ce niveau qu’il faudrait déployer les plus grands efforts. Et une fois la société civile étant parvenue à s’imposer dans le mouvement d’émancipation, de liberté et de démocratie, les acteurs la composant ne rencontreraient aucune difficulté en vue de compléter l’édification des institutions, en imaginant avec perspicacité au moins, dans une première étape une union économique, accordant la prééminence non pas à la finance, mais à la vie quotidienne des citoyens, autrement dit à l’économie réelle. Or les fabricants et marchands d’armes, en étroite collaboration avec les maîtres des grands établissements bancaires des pays hégémoniques, n’ont qu’une seule idée en tête : faire en sorte de continuer à mener une vie outrageusement opulente en pompant toujours davantage les richesses des peuples qui ont été trahis par l’histoire. Dans un monde de plus en plus implacable, où tout doit être payé rubis sur l’ongle, y compris, l’eau cette ressource abondante sur la planète, mais cependant interdite d’accès à un milliard d’êtres humains, la sagesse voudrait que l’homme politique ayant en charge la régulation du fonctionnement de la société, focalise tous ses efforts afin de faire émerger face à lui un contre-pouvoir apte à lui demander des comptes au nom de la loi qui est la même pour tous. Le Maroc et l’Algérie en sont malheureusement fort loin. C’est ce qui fait la différence avec ce qui prévaut en Israël, par exemple, où outre la formation de qualité que les apprenants reçoivent dans le système éducatif, le système judiciaire est intransigeant quant la preuve est avérée, puisque même le Président de la République n’a pas pu échapper récemment à une lourde condamnation d’internement. Et pour quel motif ? Harcèlement sexuel à l’encontre de jeunes collaboratrices… Juste en face, Bachar Al-Assad, avec ses chars d’assaut tire sur ses propres concitoyens, n’épargnant même pas les femmes et les enfants…Au lecteur d’apporter la conclusion finale.

  9. En attendant que les barrons du feu s'enrichissent en vendant à nos retardés leurs quincailleries de la mort, certains ''génies'' s'inventent des raisons complètement farfelues et sous développées pour justifier pourquoi nous devrions mettre encore et encore un grosse part du budget national dans l'armement. Alors que les autres secteurs vitaux et humains sont en manque de ressources. Tout ça avec des analyses qui frise le ridicule digne de mentalités belliqueuses et primaires. Si la haine justifie un tel raisonnement, la fixation psychologique dont font preuve ceux-là au détriment du drame humain que vivent les peuples du Maghreb à cause des malades mentaux qui les gouvernent et leurs relais de médias et cyber-sbires, qui les incitent à se haïr mutuellement est une honte. Il n'y a d'ennemi que dans les têtes de ceux qui souffrent tres gravement de troubles mentaux. Il est clair que certains parmi nous gèrent leurs propres souffrances personnelles en les projetant sans vergogne et injustement sur le reste du monde.

  10. Bah voyons, alors que ça fait 50 ans que vous êtes indépendants et encore sous-développés, c'est toujours la faute des autres…

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