L’information de source russe a créé quelques vagues au sein de la diplomatie de l’Alliance atlantique. Elle a d’ailleurs été vite démentie par le SG de l’Otan.
Tout était partie d’une information rendue publique par la presse russe que les agences de presse n’ont pas hésité à répercuter puis à vérifier. L’Otan élabore une opération militaire contre la Syrie, théâtre d’un mouvement de contestation sans précédent depuis la mi-mars, a assuré dans une interview au journal Izvestia le représentant permanent de la Russie auprès de l’Alliance, Dmitri Rogozine.
« Ils la préparent d’ores et déjà. Cette campagne serait l’achèvement logique des opérations militaires et informationnelles menées par certains pays occidentaux en Afrique du Nord », a indiqué l’ambassadeur.
Selon lui, une opération militaire de l’Otan est surtout possible « dans les pays dont les dirigeants ne partagent pas les mêmes opinions que l’Occident ».
Redoutant une répétition du scénario libyen, la Russie s’opposera à tout recours à la force. Cependant le président russe Dimitri Medvedev a insisté dans le week-end auprès de Bachar Al Assad pour qu’il mette en oeuvre des réformes (…) S’il ne le fait pas, un triste sort l’attend et nous devrons au final prendre une décision ». Il n’a cependant pas précisé s’il comptait soutenir une résolution onusienne condamnant la répression en Syrie.
Démenti du SG de l’Otan
Les « conditions ne sont pas réunies » pour une intervention militaire en Syrie, rétorque pour sa part Andersen Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan. Quant à l’Union européenne, elle va renforcer ses sanctions contre le régime de Damas. « En Libye, nous menons une opération basée sur un mandat clair de l’ONU. Nous avons le soutien des pays de la région. Ces deux conditions ne sont pas réunies en Syrie », explique M. Rasmussen, condamnant « les actes de violences des forces de sécurité syriennes qui visent la population ».
La France et trois autres pays (Grande-Bretagne, Allemagne, Portugal) ont depuis plusieurs semaines déposé un projet de résolution condamnant la répression en Syrie et appelant à des réformes politiques, mais la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, s’opposent au vote du texte.
Cent personnes ont été tuées dimanche et des dizaines d’autres blessées lors d’une vaste offensive de l’armée à Hama, ville rebelle du centre de la Syrie, pour « l’une des journées les plus sanglantes » depuis le début de la révolte à la mi-mars, selon des militants.
« En Syrie, comme en Libye, et comme partout en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, il faut développer la liberté et la démocratie », ajoute le secrétaire général de l’Otan.
Depuis le 15 mars, la Syrie est le théâtre de manifestations populaires réclamant des réformes et la chute du régime actuel. Selon l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme, la répression de la révolte en Syrie par les forces de sécurité a fait plus de 1.500 morts. Quelque 3.000 personnes sont portées disparues.
Agences




