Le changement de ton du président russe, Dimitri Medvedev est à prendre au sérieux en ce sens que son pays demeure l’un des derniers soutiens de la Syrie d’Al Assad au sein du Conseil de sécurité.
Constesté depuis des mois par la rue syrienne et condamné pour la première fois, mercredi, par l’Onu, pour les «violations généralisées des droits de l’Homme et l’usage de la force contre les civils par les autorités syriennes», le président Bachar al-Assad, a promulgué, hier, un décret autorisant le multipartisme. C’était l’une des revendications du mouvement de contestation engagé depuis six mois. Seulement voilà, elle arrive trop tard. Elle n’a accueilli que de nouvelles condamnations. Le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé l’a qualifiée de « provocation« . Le président russe Dimitri Medvedev, dont le pays est demeuré l’un des derniers soutiens avec la Chine au Conseil de sécurité de l’Onu, prédisait « une triste fin » à Bashar Al Assad si d’authentiques réformes ne sont pas entreprises.
Plus explicite, il ajoutera que la Russie pourrait prendre « certaines décisions« , à moins que le président syrien Bachar al-Assad« ne trouve un langage commun avec l’opposition » a-t-il déclaré à l’agence de presse Interface.
Une première : un journaliste témoigne à Hama
Sur la situation en Syrie peu d’informations filtrent. La présence de journalistes sur place est interdite, les visas sont systématiquement refusés pour la presse. Pourtant, l’un de nos confrères de la Radio Suisse Romande a pu se rendre clandestinement à Hama. Il témoigne. Dans cette ville rebelle, depuis dimanche, au moins 130 civils ont perdu la ville dans des offensives de l’armée. Hama est aujourd’hui totalement contrôlée par l’armée et coupée du monde.
Gaëtan Vannay est le seul journaliste étranger à avoir pu se rendre sur place. Il témoigne des réalités de la contestation sur place : « Oui c’était dimanche matin à 4h30, c’est à ce moment que le cri d’alerte des veilleurs qui surveillaient les entrées de Hama a commencé à retentir. Les mosquées ont pris le relai avec en arrière-fond déjà les sons des premiers tirs, des tanks et des forces de sécurité du régime. Des tirs déjà à l’arme légère et aussi à l’arme lourde. Alors les habitants, ceux qui voulaient défendre la ville sont descendus dans la rue. Armés de bâtons, de couteaux avec aussi des cocktails molotovs pour certains. Les tanks ont écrasé les premières barricades dérisoires qui avaient été mises en place pour protéger la ville. Et les chars avançaient accompagnés de ces fameuses forces de sécurité. Elles sont très craintes. Alors hommes et chars tiraient de façon indiscriminée en avançant sur tout ce qui bougeait et puis les tanks ont pris position dans la ville et de ses positions, ils tiraient contre les maisons, contre les personnes qui passaient dans leur ligne de mire. Et cette entrée des chars des forces de sécurité ce dimanche matin se sont faites après dix jours sur place où j’étais, où je n’ai pu constater que des manifestations pacifiques« .




