L’adoption au Conseil de sécurité des Nations unies d’une déclaration condamnant la répression en Syrie n’a pas freiné les blindés de Bachar al Assad, qui ont fait au moins 45 morts dans un nouvel assaut mercredi soir dans le centre de Hama, rapporte un militant.
Selon cet activiste qui a réussi à fuir la ville, quarante personnes ont péri dans les bombardements et sous le feu des mitrailleuses des chars dans le seul quartier d’Al Hader. Cinq autres, dont deux enfants, ont perdu la vie alors qu’ils tentaient de quitter la ville en voiture.
Les blindés syriens opèrent depuis dimanche dernier dans Hama, qui est en pointe dans le mouvement de contestation en cours depuis la mi-mars contre le régime du président Bachar al Assad. Plus tôt mercredi soir, des habitants de Hama affirmaient que les bombardements se poursuivaient et que les chars de l’armée syrienne avaient pris position sur la place principale de la ville avec l’aide des milices « chabbiha ».
« Toutes les communications ont été coupées. Le régime profite de l’intérêt des médias pour le procès (du président égyptien) Hosni Moubarak pour terminer leur travail à Hama », déclarait à Reuters un habitant joint par téléphone satellite.
Les chabbiha tirent à vue sur les habitants et des tireurs d’élite dominent la place Orontes, a dit de son côté une pharmacienne syrienne sur la base des témoignages de sa famille, encore sur place.
Les opposants syriens des Comités de coordination locale affirment que les autorités tentent d’empêcher les habitants de faire connaître à l’extérieur l’ampleur de la répression. Le groupe ne peut plus contacter ses membres à Hama car tous les moyens de communication ont été complètement coupés, dit l’organisation dans un communiqué.
« Il y a un grand mouvement de réfugiés qui tentent de fuir la ville », dit-elle.
Reuters




