Syrie: les chars cernent plusieurs villes et l'ONU toujours divisée

Des centaines de chars de l’armée syrienne entouraient mercredi plusieurs villes du pays touchées par la contestation, alors que les Nations unies ne parviennent toujours pas à s’entendre sur une résolution condamnant le régime du président Bachar al-Assad. Le dernier bilan de la répression parle de 134 morts depuis dimanche.

« Il y a une centaine de chars et transports de troupes sur la route qui conduit au centre de Hama (centre) et environ deux cents près de Deir Ezzor (est)« , a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG installée en Grande-Bretagne. Il a précisé que toutes les communications téléphoniques et l’internet avaient été coupés dans Hama et sa région, où l’armée a lancé une vaste offensive dimanche, tuant une centaine de manifestants. Plusieurs quartiers de cette ville rebelle, située à 210 km au nord de Damas, étaient la cible de bombardements. « D’après ce qu’on entend, c’est une véritable guerre« , a dit un militant sous couvert de l’anonymat.

Bombardement de Hama

Le Comité de coordination local (CCL), qui représente les manifestants, a confirmé dans un communiqué que Hama subissait des bombardements intenses, ajoutant qu’un bâtiment et plusieurs maisons s’étaient écroulés. Selon le CCL, un panache de fumée était visible au-dessus de Hama et des points de contrôle étaient installés dans et autour de cette ville de 800.000 habitants. « Les gens désertent la ville, ils doivent faire face à des tirs des forces de sécurité et des soldats s’ils n’obtempèrent pas aux ordres de retourner dans la ville« , a indiqué le CCL.

Hama avait été le théâtre d’immenses manifestations contre le pouvoir ces dernières semaines. Cette ville était déjà un symbole de la lutte contre le régime depuis la répression en 1982 d’une révolte des Frères musulmans, qui avait fait 20.000 morts. L’agence officielle Sana accuse des « gangs terroristes armés » de semer le trouble dans la ville et de terroriser les habitants, justifiant l’intervention des forces de l’ordre et de l’armée pour mettre fin à leurs agissements.

Les militants des droits de l’Homme affirment de leur côté que les autorités mènent une féroce répression contre des manifestants désarmés. Selon Sana, les funérailles de sept membres de forces des sécurité et de l’armée, tués par « des bandes terroristes armées » dans une banlieue de Damas, à Homs (centre), Hama et Deraa (sud), se sont déroulées mercredi. La télévision officielle a diffusé pour sa part des images de corps jetés d’un pont dans une rivière, affirmant qu’il s’agissait de ceux de membres des forces de sécurité tués par des manifestants.