Yémen: 13 "opposants" tués par l'armée

L’aviation yéménite a bombardé, lundi, un village du sud du Yémen, dans la province d’Abyan, tuant au moins 13 personnes accusées par un responsable local d’être des activistes islamistes.

L’armée a lancé il y a une semaine une offensive contre des activistes qu’elle soupçonne d’entretenir des liens avec Al Qaïda et qui ont pris ces derniers mois le contrôle de plusieurs secteurs de la province d’Abyan, dont la ville de Zinjibar, sur le littoral.

Des habitants ainsi qu’un responsable local ont déclaré que les avions gouvernementaux avaient bombardé à deux reprises le village d’Al Khamila, situé à 10 km de Zinjibar. Alors que les manifestations contre le président Ali Abdallah Saleh, toujours en convalescence en Arabie saoudite, durent depuis six mois, Abyan connaît un regain de violences à mesure que l’armée essaie de reprendre le contrôle de la région. Près de 90.000 personnes ont fui les affrontements.

La violence s’est aussi intensifiée à proximité des grands centres de protestation, où des milliers de manifestants campent depuis des mois. Lundi, des habitants de Taëz, à 200 km au sud de la capitale Sanaa, ont dit que l’armée avait bombardé une zone à l’extérieur de la ville. Aucune victime n’a été signalée.

Une trève précaire a volé en éclats

Les combattants tribaux ont détruit un char de l’armée et pris le contrôle d’un autre, ont également indiqué les témoins, faisant état d’un survol de l’aviation militaire de la zone de combat. Les tribus ont déployé ces dernières semaines leurs hommes armés à Taëz pour défendre les manifestants hostiles au président Ali Abdallah Saleh. Ces protestataires sont les cibles d’attaques répétées des forces gouvernementales et leur déploiement a donné lieu à de fréquents heurts avec l’armée.

Une trêve précaire avait volé en éclats avec la reprise la semaine dernière des escarmouches entre les deux parties et un policier a été tué jeudi à un barrage dans le centre de Taëz, avaient indiqué des habitants. Taëz est l’un des foyers actifs du mouvement de contestation de M. Saleh qui est toujours hospitalisé en Arabie saoudite après avoir été blessé dans une attaque à Sanaa le 3 juin.