Comment le gouvernement veut réguler la presse

Un décret fixant les attributions du ministère de la Communication a été publié hier au Journal officiel.

Signé par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, après avoir été approuvé par le président Bouteflika, le texte indique que le département dirigé par Nacer Mehal a pour mission «de contribuer à sensibiliser les institutions et les citoyens sur le respect des libertés fondamentales, des libertés de la presse et d’expression, de promouvoir la diffusion d’une information plurielle, responsable et objective en développant une culture journalistique basée sur l’éthique et la déontologie professionnelles». Il est aussi chargé, souligne le décret, «de veiller à la régulation des activités de communication, y compris celles liées aux médias électroniques (journaux, radios et télévision sur internet) de concert avec les entités de régulation». Le ministère de la Communication aura, par ailleurs, la mission de «prévenir la concentration des titres et organes de presse de l’influence financière, politique ou idéologique en proposant les textes législatifs ou réglementaires appropriés». Ses nouvelles attributions lui permettent également de «fixer les conditions d’exercice des activités de publicité, de sondage et de diffusion de la presse écrite et de veiller à l’organisation et à la promotion de la communication institutionnelle publique».

En matière de développement de la communication, le département de Nacer Mehal est chargé de la réalisation «des conditions nécessaires à la diffusion et à la distribution de l’information écrite, parlée et télévisuelle à travers le territoire national et à l’extérieur du pays», comme il doit aussi «favoriser le développement des circuits de production et de circulation de l’information écrite, audiovisuelle et électronique sur tous les supports, et promouvoir la formation dans les différents métiers et professions de la communication en concertation avec les différents opérateurs du secteur et les institutions concernées».

Le décret lui assigne également la mission «d’impulser le développement des activités des opérateurs à l’effet de développer la production de programmes audiovisuels, de délivrer les autorisations d’exercice des activités de communication, y compris la presse électronique (journaux, télévision, radio)». Enfin, le ministère de la Communication est chargé «de proposer la politique de développement des infrastructures des moyens audiovisuels de production et de diffusion et de la presse électronique».

S. R.

5 commentaires

  1. Ne fallait-il pas encourager le journalisme d'investigation dans le but de combattre la corruption en démasquant les corrompus de tout bord ?

  2. Le gouvernement veut réguler l’information. Une circulaire toute récente vise les cybercafés !!! Oui après les bars c’est autour des cybercafés. L’objectif de cette circulaire n’est ni plus ni moins que leur fermeture ! Le reste ? C’est de l’habillage, maquillage et esthétique comme toujours. Bouteflika finira par tout verrouiller.

  3. Comme si ce pouvoir corrompt, criminel, chancelant était en position de force pour accentuer sa dictature, ce pouvoir criminel n'a pas à s'ingérer dans la presse privée et dans liberté d'expression des journaux électroniques ou sur papier, il a déjà monopolisé tous les médias et la seule chaine de télévision qui sont à son service, au lieu de montrer du muscle pour détruire les quelques libertés qui restent encore via les journaux électroniques comme le MatinDA, il doit plutôt se faire tout petit et se mettre dans les souliers d'un pouvoir en sursis qui doit être balayé, le plus rapidement possible, par un tsunami populaire, ce pouvoir n'a pas les moyens de sa politique, il est illégitime et contesté par le peuple, puisqu'il n'a pas été élu par ce dernier, il s'est imposé à lui par la violence depuis 1962. Sa volonté de réguler la presse par la force de la loi, est des plus suspecte, connaissant la nature despotitque de ce régime mafieux , corrompu, cette nouvelle mascarade qui consiste à écraser toute velléité de liberté acquise dans le sang et la terreur, ce qui révèle au sein du régime, des signes supplémentaires de la panique. La liberté de la presse a été très réduites et affectée lourdement depuis que le nain marocain Bouteflika a été placé par des voyous comme lui à la tête du pays, contre la volonté du peuple, ce parlement illégitime et tout le régime imposteur et illégitime ne sont plus en position d'imposer quoique ce soit, puisqu'ils ne respectent pas eux mêmes, les lois qu'ils promulguent et ils ne sont pas des élus du peuple, ils doivent tous dégager. Dégagez !!!

  4. La liberté de soi s’arrête ou commence celle des autre. Déontologie c’est tout simplement une bonne éducation (in lam tastahi faf3il ma chiet). Le monde entier vit dans le mensonge et la manipulation des informations. Lisez et analyser vous trouverez que tous les grands journaux montrent l'image qu'on veut donner au lecteur. On manipule l’information, on cache ce qu’on veut cacher et on montre ce qu’on veut montrer. Toutes ces déontologies à deux balles c’est de la poudre aux yeux comme tous.

  5. Le gouvernement n'a pas pour but de "réguler" la presse, comme on le prétend, mais de mieux la museler, et tout cela entre dans le cadre des "réformes" en préparation qui ne sont autres, qu'un faisceau d'opérations cosmétiques.L'essentiel, dans tout cela, c'est que l'on ait l'impression que des choses bougent dans tel ou tel autre domaine, afin qu'en matière de domination, tout reste comme avant. On oublie trop souvent qu'on a affaire à des hommes pourvus d'un prisme possédant le pouvoir de percevoir la société comme si le temps, depuis les années soixante, était demeuré immobile. En conséquence, l'immobilité perceptive, à leurs yeux, leur ferait affirmer que la terre est plate et ce, tout en possédant dans leurs bureaux des globes terrestres. C'est ainsi.

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