Le discours de Nicolas Sarkozy lundi soir devant un parterre de patrons français et algériens a confirmé ce que nous savions déjà mais que la polémique soulevée par le ministre des Moudjahidins avait relégué au second plan : le président français est venu en Algérie pour faire des affaires avant tout autre chose. Il a donc beaucoup parlé contrats, investissements, stratégie de développement, beaucoup parlé économie, avec, il faut le reconnaître, un certain brio et une maîtrise apparemment sans faille des dossiers. Ce qui n’a pas dû déplaire à la délégation de 150 chefs d'entreprise qui ont fait le voyage avec lui. Mais le ciel des affaires exigeant une sérénité, sérénité que les propos échangés entre les deux parties avaient passablement gâché, Sarkozy se devait de trouver les mots susceptibles de « décrisper » l’atmosphère afin de « fluidifier » les rapports et donner ainsi le maximum de chance aux contrats projetés d’être signés, autrement dit de donner un élan aux affaires, sans toutefois se dédire et donner à penser à ses partisans qu’il s’engageait dans une démarche de « repentance ». D’où sa tirade : « le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité », offerte en prélude à son allocution comme le geste magnanime d’un homme venu « proposer un travail de mémoire ». Certains, notamment des députés du courant le plus droitier du parti présidentielle, l’UMP, qui menaçaient de démissionner, ont vu dans ces propos une dénonciation de la présence coloniale française en Algérie, là où il n’y a qu’une tiède et banale expression pour qualifier un système odieux depuis longtemps condamné par l’histoire. Replacée dans son contexte, la déclaration de Sarkozy n’a été qu’une concession dérisoire et tactique jetée aux Algériens et qui n’épure en rien le chapitre du contentieux mémoriel et historique entre les deux pays. Loin d’être une condamnation ferme d’un système innommable, elle fait l’impasse sur les excuses attendues de la France pour ses crimes commis contre un peuple colonisé pendant près d’un siècle et demi et introduit une nouvelle ambiguïté par un amalgame douteux des victimes des deux camps de la confrontation, réunies dans un même hommage.
Son préambule politique achevé, Sarkozy est rentré par la suite dans le vif du sujet et déroulé devant son auditoire le programme de « partenariat d’exception » dont il se dit porteur. Revenu à son rôle d’avocat d’affaires, il énumère les contrats en phase d’être finalisé : tramways d’Oran et de Constantine, gestion du métro d’Alger, maîtrise d'œuvre d'une autoroute, ligne ferroviaire, usine pétrochimique, barrages, centrale thermique, et ceux à venir demain : des TGV, des Airbus, des centrales nucléaires ; il promet plus d’investissement français, des emplois, un transfert de technologie, une coopération en matière de formation, applaudit au programme de privatisation du gouvernement algérien, dans le secteur industriel, dans le secteur bancaire, soutient la demande d’adhésion de l’Algérie à l’OMC…
Le discours fleuve dédié en grande partie aux relations d’affaires aurait-il eu raison des réserves algériennes et dissipé la froideur de l’accueil réservé à la délégation française ? Au vu de la moisson de contrats (lire article ci-contre) récoltée par les entreprises françaises dans la journée de mardi, les propos présidentiels sur le passé colonial de la France, jugés « insuffisants » par les autorités algériennes, ne semblent pas avoir pesé sur les décisions économiques. La journée de mercredi, dernier jour de la visite, pourrait réserver de nouvelles surprises : le président Sarkozy est attendu à Constantine, une ville mémoire de la guerre de libération nationale, pour prononcer un discours à l’université. Mais, pour l’essentiel, les objectifs de sa mission sont atteints : notre VRP en chef Sarkozy aura rempli son carnet de commandes.
G.H




Madame Ghania Hammadou nous présente un excellent portrait de Nicolas Sarkozy. Cela me rappelle une pensée qu?aurait eu François Mitterrand en quittant l’Elysée. « Je suis le dernier des grands présidents, après moi il n? y aura plus que des financiers et des comptables ? ».Cette phrase, vraisemblable, m?a été confirmée par Jacques Attali qui soutient que « c?est le résultat de l’évolution de la société Française dans laquelle de plus en plus le vrai pouvoir bascule vers l’Europe et la France n?a plus qu?a gérer les contraintes financières. » Nicolas Sarkozy, est loin d?être un grand homme politique, mais ça nous le savions.
Cordialement
elMenfi
Sarkosy n’aura pas dérogé au sacro-saint principe néolibéral Américain qui dit que "les affaires sont les affaires" : (Bisness is bisness ) et que tout le reste est relégué au second plan et représente peu d’importance.Sa mission est effectivement bien accomplie aprés cette moisson de contrats et un carnet de commandes plein aux as .Comme vous le savez, ces contrats faramineux vont, en toute évidence, faire prospérer les firmes Françaises, résorber le taux de chômage et soutenir le dévelopement économique et social de la france.Les objectifs sont atteints comme vous le dites, Ghania .Quand on a que le pétrole à exporter et qu’on est en panne d’intelligence, je ne dirais pas que ce n’est pas de la veine de se faire construire et gérer ses equipements, ses infrastructures et ses usines clés en main dans une conjoncture nationale caractérisée par la béatitude religieuse et l’immobilisme .Il faut reconnaitre que l’heure de verité a sonné, et qu’il est difficile aujourdhui de riposter à cet argument-massue qui vous met au K.O. et qui dit loyalement: "Nous n’avons pas de pétrole mais nous avons des idées ".Il n’est pas facile de se dérober à cette dure réalité en mélangeant le devoir de mémoire à un peuple, à celui de l’antisémitisme. Sarkosy est venu nous damer le pion et il ne s’est pas gêné de nous le faire insinuer.
Maintenant que le Président Nicolas Sarkozy est rentré chez lui et que les clameurs se sont tues, il est interessant de refaire le match. Un match vraiment nul que les visiteurs ont remporté sans faire d’efforts. Il est évident que l’adversaire n’était pas de taille, quand bien même il avait l’avantage du terrain. Le seul gagnant malgré un carton rouge (valide pour les uns scandaleux pour les autres) a été l’attaquant M.Ch Abbés médiatisé de part et d’autre de la méditerranée. L’inconnu de la veille est devenu aussi célébre le lendemain. Bien sûr, la bétise et la méchanceté mises ensemble donnent lieu à des gags trés drôles. La grande question est de savoir pourquoi A. Belkhadem parlait de 3e mandat en pleine visite du Président N. Sarkozy, alors que celui-ci parlait de concret, 5 milliards d’euros en contrats.
Toutes ces gesticulations et ces sorties médiatiques de nos responsables m’ont fait penser aux frères Daltons de la BD qui étaient en fait des imbéciles. Ils préparaient minutieusement des attaques qui leur rapportaient des butins de rien du tout. Voilà comment les présente le créateur de ces personnages mythiques :
Joe DALTON, le plus âgé, mauvais, petit, méchant et (théoriquement) intelligent.
William Dalton, le deuxième en ordre de taille, considéré par son frère Jack, comme faire-valoir. Il n’a pas de personnalité aussi définie ni aussi éclatante. Il suit généralement les conseils de Joe. Il est considéré comme meilleur tireur de la bande.
Jack DALTON : le troisième en ordre de taille, il est sinistre et a une certaine affinité avec la ruse et les déguisements.
Averel DALTON, le plus grand et le plus jeune, c’est le plus bénêt des quatre, bien qu’il ait parfois des éclairs de génie. Il est foncièrement honnête. Il est célébre pour sa phrase (l’interview) : "Quand est ce qu’on mange ?".
Quand au père des Daltons (Allah yarrehmou), qui fut un bandit comme ses fils, il serait mort le jour où il voulu changer de technique pour ouvrir les coffres-forts en utilisant de la dinamite au lieu de ses outils.
(Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées ne saurait être que fortuite).
MT Hamrouchi
Permettez-moi de corriger l’orthograghe dans mon commentaire ci-dessous que j’ai tapé à la va-vite : Sarkozy au lieu de Sarkosy, France au lieu de france, "Business is business" au lieu de "bisness is bisness". Salutations amicales.