Voilà bientôt cinquante ans, Louisette, qu’il ne reste plus de ton dernier cri, le cri exaucé, «Tahia El-Djazaïr ! » qu’un cri refoulé. Avec quelle voix t’obstines-tu à vouloir raconter un temps oublié dans l’Algérie oublieuse ? «Violée, l’âme écrasée». Ils t’ont chassée de ta guerre pour faire place à Mezrag puisque, tout est question de légitimité historique, qu’il faut en inventer une, la plus convaincante, pour les islamistes et, surtout, délégitimer ceux que l’on soupçonne vouloir s’opposer à une cohabitation avec «nos frères» islamistes.
Tu n’as plus de place dans ta guerre, Louisette.
Qu’ont donc à y faire les femmes ?
Des êtres fragiles, vouées à l’obéissance ou à la dépravation. Et qu’ont donc à y faire les Kabyles ? Des traîtres ! J’ai pensé à toi, Louisette, en relisant Ben Bella, intermédiaire officiel entre Bouteflika et l’AIS, en train de prononcer sa sentence : «Je ne suis pas en train de profaner des tombes, mais on savait que Abane Ramdane, qui avait pour épouse une ressortissante française, et qui était contre la lutte armée, est la cause des dissensions qui avaient miné la cause algérienne.»(1)
L’épouse, ressortissante française de surcroît, ne peut être qu’une créature de la duplicité, fourbe, maligne. Et tant pis pour Emilie Busquant, la Lorraine qui a cousu le premier drapeau algérien, la femme de Messali Hadj. «Émilie ! L’épouse étrangère ! Étrangère à tous. Aux Européens qui la voient en voleuse ou en putain des mauvais quartiers de Paris ; aux pieds-noirs qui la traitent de ”salope de Française qui excite les Arabes contre les Français”… et aux Arabes qui l’attaquent sur le terrain de la religion. Même dans le parti, elle gêne tout le monde : les ahuris qui trafiquent avec les Allemands, les opportunistes qui veulent ménager la France, les éléments panarabes et panislamistes du Comité central qui rêvent d’un État théocratique… Personne ne veut d’une femme libérée pour le président du parti !»(2) Mais de cela, seul le mendiant du cimetière pourra t’en parler.
Lui seul sait répondre aux prophètes contrefacteurs, intronisés par le mensonge qu’ils ont fait dire à l’histoire et à Dieu. «Ah, si vous saviez écouter les tombes ! Le soir, elles maudissent vos chansons et vos vingt siècles d’irrévérence, vos serments et vos psalmodies. Il ne m’a pas manqué un seul jour de deuil et vous avez toujours su pleurer après la dernière larme. Nous avons tant juré, sur la foi du psaume et du poème, qu’Alger est le havre de Dieu, nous avons tant juré que nous resterons beaux et forts et que la mer ne nous prendra pas… Je suis le mendiant du cimetière et, de mon coin, à l’heure des enterrements, il m’arrive parfois de surprendre comme un soulagement confus dans le regard des hommes, dépités de n’être pas restés beaux et forts… mais secrètement consolés que la mer ait quand même pris quelques-uns de leurs enfants.»
Voilà bientôt cinquante ans, Louisette, qu’il ne reste plus de ton dernier cri, le cri exaucé, «Tahia El-Djazaïr ! » qu’un cri refoulé. Avec quelle voix t’obstines-tu à vouloir raconter un temps oublié dans l’Algérie oublieuse ? «Violée, l’âme écrasée». Ils t’ont chassée de ta guerre pour faire place à Mezrag puisque, tout est question de légitimité historique, qu’il faut en inventer une, la plus convaincante, pour les islamistes et, surtout, délégitimer ceux que l’on soupçonne vouloir s’opposer à une cohabitation avec «nos frères» islamistes. Seul le mendiant du cimetière avait reconnu ton sanglot et tes soirs de tortures, tes haillons sur ton corps souillé…«Allongée nue, toujours nue… Et les brutes qui passaient…» Voilà cinquante ans qu’il te voit promener ton ombre sur les parois de l’amnésie et qu’il n’y a plus que les murs qui te racontent. Mais tu ne savais pas, Lila, que la liberté avait un prix : la mort ; la mort un chemin : la torture ; la torture un visage : Maurice Schmitt. Ils t’ont chassée de ta guerre, toi la femme, la rescapée de Chebli, pour délégitimer le combat des femmes d’aujourd’hui, comme ils en ont chassé Abane le Kabyle, Annie des Alpes, Federico de Catalogne, Henri le communiste, Chico le Gitan, parce que, vois-tu, une guerre si violemment porteuse de rêves, une guerre menée par les femmes, les combattants volontaires venus d’Europe ou d’Amérique, les communistes, les anarchistes de Catalogne, cette guerre ne laisse pas beaucoup de place à l’autre Algérie, celle qui s’apprête à légaliser de nouveau le FIS et où Belkhadem nourrit l’ambition de succéder à Bouteflika.
Seul le mendiant du cimetière pourra leur parler d’Emilie Busquant parce qu’il a rencontré Messali Hadj. «Si tu dois raconter un jour tes souvenirs, dis que c’est dans les yeux d’Émilie, ce jour du coup de foudre, ce 15 octobre 1924, à Paris, dans la petite chambre de bonne de la rue du Repos, dis que c’est dans les yeux d’Émilie que Hadj M., le père du nationalisme algérien, a vu nettement, très nettement, à quoi ressemblait l’indépendance de l’Algérie ! Dis ce que je n’ose pas dire ! Pourquoi est-ce que je te raconte tout ça ? Enfin… Il faut que je le dise à quelqu’un ! Émilie n’avait pas encore vingt ans. Elle était ravissante, avec sa belle chevelure couleur acajou et sa taille gracieuse. Oui, depuis ce jour du coup de foudre, Émilie est ma mère, ma sœur, mon amante. Elle m’a aidé à forger un regard internationaliste au parti, à lier la libération du peuple algérien à la libération du monde. Je l’entends encore faire le parallèle entre la Révolution française de 1789 et l’indépendance de l’Algérie, dans ce discours retentissant de 1934 à la Mutualité ! C’est sous son parfum que j’ai milité. Un parfum d’eau de Cologne ! Oui, mon arme, c’était l’eau de Cologne d’Émilie ! Elle a écouté chaque soir le récit de mes journées et la confession de mes angoisses, chaque soir, avec tendresse, comme une maman devant son enfant lui rapportant sa dernière turbulence dans le quartier. Elle m’écoutait religieusement, jusqu’à la fin, m’accueillant dans ses bras quand il m’arrivait de craquer. Puis, immanquablement, elle allait chercher le flacon d’eau de Cologne et m’en frottait tout le corps. Je redevenais alors moi-même. Oui, quand nous serons libres, qui se rappellera la place de l’amour dans nos triomphes ?»(2)
Alors, ils t’ont chassée de ta guerre. Qu’ont donc à y faire les femmes ? Louisette, Djamila, Hassiba… Ahmed Ben Bella, intermédiaire officiel entre Bouteflika et l’AIS, disqualifie Abane Ramdane en parfaite connaissance de cause. Il fait place à Mezrag «Le rapport de l’Islam avec la Révolution algérienne est là, en contrepoint, irréfragable. Il est dans cette mouvance ininterrompue entre le Maghreb et le Machreq. Il est dans les yeux rivés sur la Kaâba et un tombeau à Médine. Il est – cela doit être souligné – dans l’attitude magnanime du peuple algérien vis-à-vis des Français, au lendemain même de sa victoire. Il est encore, telle une estampille indélébile sur toutes les chartes, toutes les constitutions, tous les textes fondamentaux de l’après-indépendance. Et même lorsque nous paraissons nous en éloigner le plus, lorsque, par exemple, le développement se confond avec son contraire et que l’agression culturelle, sous couvert de modernité, se fait triomphante, c’est justement à ce moment-là que se produit la récurrence. A ce moment-là, notre jeunesse dans une vague irrésistible atteignant toute la terre d’Islam, construit et emplit les mosquées. Alors, à nouveau, notre passé, intensément, resurgit et revit en nous, emplissant notre espace et fondant notre imaginaire redevenu créatif et s’élève, fuse dans l’arc-en-ciel de ce mot magique : Allah Akbar.»(3)
Qu’importe le FIS, Louisette ! Voilà bientôt un demi-siècle que tu résonnes d’une voix interdite, comme une ombre sur nos enfants égarés ; ceux-là qui n’ont jamais su de quels péchés ils étaient coupables, et que j’ai vus épuiser leurs existences à vouloir rejoindre les récifs d’en face, à périr en mer ou à mourir pour des causes interminables. Tu avais continué un voyage ancien, comme les oiseaux de la légende de l’Afghan, qui partent de père en fils, depuis des siècles, à la recherche du Simorg, l’oiseau mythique, si beau que nul ne peut le regarder. Le même voyage répété, à la recherche d’une lumière improbable, incertaine, mais, comme dans la légende de l’Afghan, c’est l’idée de la lumière qui nous était indispensable…
Mais tu le sais, Louisette : tu as laissé tomber un serment rose. Il sert aux hommes d’ici pour leurs illusions, à donner un prix à leur honneur et un visage à leurs amours réprimés. Sur ton testament maculé de sang, ils prient parfois en tribu, le dos tourné aux années d’orgueil, ils prient parfois en tribu, à la recherche du premier palmier, mais s’accrochent le soir à ton parfum…
M. B.
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(1) Sur Al Jazeera, en 2002.
(2) Extraits du Mensonge de Dieu, Mohamed Benchicou (Ed. Michalon).
(3) Conférence à Genève 1985.
Source de cet article :
https://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/05/19/article.php?sid=117366&cid=2





Des charognards , des falsificateurs , des révisionnistes servés à la rente pétroliére s'en prennent aujourdhui aux symboles de notre révolution en dénaturant le noble combat de Abane ramdane , des femmes moudjahidates et des combattants communistes qui se sont sacrifiés pour l'indépendance du pays et le rêve Algérien. De nouveaux prophètes contrefacteurs sont venus détourner les esprits et entâcher l'idéal de liberté et de dignité de nos glorieux chouhadas pour nous raconter n'importe quoi pour se faire valoir . Un nombrilisme dévastateur qui ne ménage aucune partie ni leurs compagnons de luttes ni les chouhadas tombés au champ d'honneur .Des nouveaux prophétes imposteurs qui n'ont vu que ce qui les arrange pour s'accaparer des rênes du pouvoir en instrumentalisant la sensibilité religieuse de la majorité.Des nouveaux prophètes de malheurs qui sèment la violence et le sang pour imposer leurs diktats et leurs dogmes à leurs compatriotes qui ont choisi de vivre librement ou différemment dans ce pays qui est le leur.
Mon grand pere me racontait au temps ou il etait vivant que les islamistes a travers les oulamas dont il disent etre les heritiers ont toujours defendu l idee d une algerie sous les bottes du colonialisme francais et qu il voulait un islame sous le hidjab du drapeau francais – politique assimilationiste de Ben badis- Voila pourquoi l algerie de bouteflika et de ben bella ainsi que celle de boumediene nous parle plus de Ben badis que de jean-mouhoub Amrouche qui pourtant avait jouer un role determinant pour l independance de l algerie a travers l ONU et aupres du generale de gaulle.
le FIS a gagné haut la main les électiions. Ce que le pouvoir n' a jamais réussi. On l'a privé de cette victoire et on les a envoyé mourir au sahara. Tôt ou tard il reviendra par la grande porte que veuille les laic et lescommuniste et le patron de l'ugta ou non.
Amar BenToumi met à nu Benbella.
par Amar bentoumi.
Après les déclarations de Ben Bella à Jeune Afrique, je me dois de rétablir la vérité sur certains faits dont j’ai eu connaissance en ma qualité d’avocat du PPA-MTLD et puis du FLN.
Rôle de Ben Bella au sein de l’Organisation spéciale (OS)
Après avoir mis sur pied l’OS qu’il a dirigée pendant environ une année, Mohamed Belouizded a dû, pour des raisons de santé très graves (tuberculose contractée au cours de la reconstitution du parti (décimé lors des massacres du 8 Mai 1945) dans le Constantinois, cesser ses activités. La commission des Quatre composée de Lahouel ? Lamine Debaghine, Boukadoum et Aït Ahmed, a proposé au Bureau politique Aït Ahmed comme chef de l’OS en remplacement de Belouizded, ainsi que l’adoption d’un découpage territorial en cinq zones calqué sur celui du PPA-MTLD. Ces propositions adoptées, Aït Ahmed prend le commandement de l’OS qu’il a dirigée pendant deux ans durant lesquels il a élaboré les manuels de formation des cadres et des militants, un manuel relatif à l’attitude des militants en cas d’arrestation. Aït Ahmed a mis en place les structures de l’OS et grandement renforcé la logistique que Belouizded a commencé à mettre en place. Ben Bella a été désigné à la tête de la zone de l’Oranie et Mohamed Boudiaf à la tête du Constantinois. L’inspection qui eut lieu, pour établir le bilan avant la réunion du Comité central élargi de Zeddine, fin décembre 1948, a révélé que les résultats obtenus par Boudiaf étaient nettement supérieurs à ceux, plutôt décevants, de Ben Bella. Lors de la crise dite «berbériste» de 1949, Aït Ahmed, soupçonné d’en être l’instigateur, a été écarté de la direction de l’OS. En octobre 1949, Ben Bella a été désigné à la tête de l’état-major de l’OS. Ce qui lui a valu ce poste, en dépit de ses maigres résultats à la tête de l’Oranie, était plutôt ses dix ans passés au sein de l’armée française (1937-1947) et ses «exploits» pendant la Seconde Guerre mondiale, dont il ne cessait de se vanter et qui lui ont valu sa médaille militaire et ses quatre citations. Mais Ben Bella n’est resté à la tête de l’OS que près de sept à huit mois. Le parti avait loué pour Ben Bella un appartement situé au 36, rue Auber-Seger, à Alger, chez une femme européenne. Lorsqu’en mars-avril 1949, la police a commencé à enquêter sur l’affaire de l’OS, le parti a ordonné à Ben Bella de quitter l’appartement en question et de se mettre au vert mais ce dernier a refusé de s’y soumettre, préférant rester en compagnie de Madame Tendière avec qui il entretenait une relation intime. C’est ainsi que Ben Bella a été arrêté en mars 1950 sans opposer aucune résistance et a même remis spontanément à la police son arme – un 7,65 appartenant à l’OS de l’Oranie qu’il a illégalement gardé – qui se trouvait sur la table de nuit de la chambre de la dame qui l’hébergeait. Début mai 1950, Ben Bella est présenté par le commissaire Havard de la PRG au commissaire divisionnaire Costes, qui lui a donné une paire de gifles pour s’être allié à «anti-français» lui disant qu’en raison de ses états de service pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne souhaitait pas lui infliger le même traitement que subissaient les autres membres de l’OS, à condition qu’il livre toutes les informations en sa possession. Le commissaire divisionnaire Costes a averti Ben Bella qu’il était informé par Belhadj Djilali (inspecteur général de l’OS) de tout ce qui concerne l’OS et son rôle personnel (celui de Ben Bella, ndlr) et qu’il ne s’avise pas de mentir ou de cacher des informations. Du papier et un crayon ont été remis à Ben Bella installé dans une pièce pour rédiger son «récit». Au bout de quelque temps, Ben Bella frappe à la porte pour demander du papier. C’est dire, selon le jargon policier, qu’il a vidé son sac !Déféré devant le juge d’instruction, il a confirmé ses déclarations faites devant la police et par lesquelles il a dénoncé Saïd Amrani qui l’a remplacé à la tête de l’OS et dont la police ignorait même l’existence. Ben Bella avait livré beaucoup de militants et de cadres dont Khider, Boutelilis, etc. A propos de l’affaire de la poste d’Oran, Ben Bella a écrit dans sa déposition : «S’il me revenait d’autres détails, je ne manquerais pas de vous en faire part ou de les dire au juge d’instruction.» Le juge d’instruction a ordonné son incarcération à la prison de Blida où je lui ai rendu visite en compagnie de Maître Kiouane. Ce dernier a transmis à Ben Bella les instructions fermes du parti qui ordonne à tous les militants détenus de revenir sur leurs déclarations faites à la police, invoquant la torture et dénonçant un complot policier contre le MTLD, parti légal. Dans un premier temps, Ben Bella a catégoriquement refusé d’obtempérer sous prétexte qu’il ne pouvait «se déjuger». Ce n’est qu’après de fortes pressions qu’il a fini par obéir aux instructions du parti et adopter la même attitude que ses codétenus.
Rôle de Ben Bella dans l’affaire de la poste d’Oran
Près de soixante ans après, Ben Bella s’attribue à lui seul les mérites de l’affaire de l’attaque de la poste d’Oran. «L’organisation principale du coup jusqu’au moindre détail, c’est moi», déclare-t-il. C’est une contrevérité et une falsification grossière de l’histoire. Il n’y était pas. Il n’y a pas participé. Sa seule contribution consistait à présenter Bekhti Nemmiche, agent de la poste d’Oran, à Aït Ahmed qui ont étudié le plan des lieux ensemble.
Comment le père de Ben Bella a acquis ses biens à Maghnia
Entre 1952 et 1953, la commune mixte de Maghnia a attaqué en justice la famille Ben Bella, notamment la mère et la sœur de Ahmed Ben Bella, pour les déposséder de leurs biens fonciers et immobiliers. L’objet de cette action en justice était la révocation des concessions accordées au père Ben Bella par la commune de Maghnia pour services rendus à la France. Ces concessions consistaient en un caravansérail qui servait d’écurie et de fondouk, des terrains agricoles et des vergers d’oliviers et divers arbres fruitiers. Cette action en justice a été engagée contre la famille Ben Bella pour se venger de son fils Ahmed après son évasion de la prison de Blida. Le tribunal de grande instance de Tlemcen qui a cité à comparaître la mère, la sœur et par défaut Ahmed Ben Bella, a donné raison à la commune de Maghnia et a ordonné la dépossession des Ben Bella et leur expulsion y compris de la maison où ils habitaient. J’ai été chargé par le parti de m’occuper de cette affaire qui n’avait aucun rapport direct avec la répression et j’ai introduit un appel auprès de la cour d’Alger où je me suis présenté pour défendre les intérêts de madame Ben Bella et de sa fille et implicitement de Ahmed Ben Bella. A la veille du déclenchement de la guerre de Libération nationale, j’ai plaidé cette affaire devant la cour d’Alger et j’ai fait infirmer la décision du tribunal de Tlemcen. La question qui se pose en fin de compte, pourquoi ce Marocain qu’était le père de Ben Bella, a-t-il obtenu des autorités coloniales de pareilles concessions ? Je n’ai pas trouvé de réponse immédiatement. Plus tard, lors de ma détention au Sud, ordonnée par le même Ben Bella, un compagnon de détention, en l’occurrence Bensoltane, natif de Maghnia et militant de la première heure du PPA, m’avait dit qu’il a su que cette récompense dont a bénéficié le père de Ben Bella après l’avoir fait quitter le Maroc pour le protéger, était le résultat des trahisons et des crimes qu’il avait commis au Maroc. Le père de Ben Bella a donc été récompensé parce qu’il a trahi son peuple marocain, sa patrie et son roi. C’est ça la marocanité héréditaire de Monsieur Ahmed Ben Bella. Par ailleurs, j’ai une question à poser à Monsieur Ben Bella même si j’ai, en partie, la réponse. Que sont devenus les bijoux collectés dans le cadre du Fonds de solidarité (Soundoq ettadhamoun), au début de l’indépendance et qui s’estimaient à des quintaux, si ce n’est à des tonnes d’or et d’argent dont les femmes algérienne se sont dépouillées pour se parer de la liberté retrouver et aider l’économie algérienne à prendre son essor ? Une partie de ce fonds a été retrouvée à la Villa Jolie, où des sacs de bijoux étaient entassés dans des pièces jusqu’au plafond. Et c’est Ben Bella qui les y avait déposés. L’inventaire de ce qui a été retrouvé a été établi officiellement après le coup d’Etat du 19 juin 1965, par le président de la Cour suprême de l’époque et par son procureur général respectivement Benbahmed et Maître Mostafaï El Hadi. Des sacs pleins de devises ont été également retrouvés à la Villa Jolie, car Monsieur Ben Bella puisait comme bon lui semblait dans le fonds de devises de la Banque centrale pour distribuer l’argent selon ses humeurs. La question reste posée : où est passé le reste de Soundouq ettadhamoun et qu’en a-t-il fait ?
A propos du déclenchement du 1er Novembre
Là aussi Ben Bella dit : «Le 1er Novembre, c’est moi.» Une autre ignominie. Car tout le monde sait que le 1er Novembre n’a pas été décidé au Caire où s’était réfugié Ben Bella, mais en Algérie. Tout le monde sait aussi le rôle joué par Boudiaf, Taïeb El Watani, dans la préparation du déclenchement de la guerre de Libération nationale. Sans Boudiaf, sans les démarches qu’il a entreprises, sans l’aide qu’il a reçue de la part d’un nombre réduit de militants dont Didouche, la réunion des 22 n’aurait jamais pu avoir lieu. Le principe d’une action armée a été décidé lors de la réunion des 22 à laquelle Ben Bella n’a pas participé, parce qu’il ne pouvait pas y être puisqu’il était au Caire. L’assemblée des 22 a mandaté les Cinq auxquels s’était joint Krim Belkacem pour devenir le comité des Six qui s’est réuni chez Mourad Boukchoura à Bologhine et a décidé de la date du 1er Novembre pour lancer l’insurrection. Donc, Ben Bella n’a pas participé à cette décision et, à ce titre, ne peut prétendre que le 1er Novembre, c’était lui. Mieux encore, Ben Bella n’a pas assisté à la création du CRUA dont le véritable artisan était Boudiaf qui en a eu le financement grâce à Lahouel et dont l’organe central, Le Patriote, était dirigé par Salah Louanchi et tiré et distribué à partir du local des SMA, à la Pêcherie. Ben Bella n’y est pour rien dans cet épisode glorieux. Ben Bella était plutôt à l’origine de l’arrestation au Caire de Lagha, président des SMA. D’ailleurs, au Caire, Ben Bella était l’agent de Fethi Dib, chef des services secrets égyptiens. Quand Lahouel Hocine est arrivé en novembre 1954 au Caire, en compagnie de Mhamed Yazid pour discuter de l’ouverture de la représentation du MTLD à l’extérieur et dont le chef était Mohamed Khider, il s’est indigné du fait que ses interlocuteurs soient des éléments des Moukhabaret. Lahouel a refusé de dialoguer avec la police égyptienne et a exigé qu’il soit reçu par un niveau politique supérieur. Lahouel avait déclaré alors : «Nous sommes un parti politique, nous exigeons de discuter avec des autorités politiques.» Ce coup de gueule de Lahouel contre les Egyptiens et Ben Bella a valu au leader centraliste l’ire du Caire ce qui l’avait contraint à se réfugier en Allemagne puisqu’en Algérie, la révolution avait déjà commencé.
Le rôle de Ben Bella dans la révolution
Khider était le premier à se réfugier au Caire lors du démantèlement de l’OS et après la levée de son immunité parlementaire. Le MTLD lui avait alors demandé de se rendre aux autorités coloniales, mais Khider a refusé et avec l’aide de M’hamed Yazid, il s’est rendu en Suisse avant de rejoindre le Caire. Aït Ahmed, en sa qualité d’ancien responsable de l’OS et craignant d’être arrêté, le parti lui ordonna de quitter l’Algérie et de se rendre au Caire. Enfin, et après son évasion organisée par le parti, Ben Bella était le troisième à rallier le Caire.Il est exact que Ben Bella a fait partie du Bureau du PPA au Caire. Il est tout aussi exact, à l’instar des autres membres du Bureau du Caire, Mohamed Khider et Hocine Aït Ahmed, il a opté pour le FLN. A ce titre, chacun des trois membres de la délégation du FLN à l’extérieur avant d’être rejoint par Boudiaf, était chargé d’une mission : Khider était chargé des questions politiques. A ce titre, il a été contacté par la SFIO pour tenter d’entrer en contact avec le FLN et engager des négociations. Aït Ahmed était chargé des relations internationales qui, assisté de M’hamed Yazid, a représenté le FLN lors de la conférence des non-alignés à Bandong. C’est toujours Aït Ahmed qui représentait l’Algérie aux Nations Unies jusqu’à son arrestation. Ben Bella était chargé de pourvoir les maquis en armes. De 1954 à 1955, aucune arme n’a été fournie par Ben Bella aux maquis, ce qui a poussé Benboulaïd à puiser dans ses propres fonds dans l’espoir de se rendre en Libye pour acheter des armes. C’est d’ailleurs lors de son périple à pied vers la Libye qu’il a été arrêté aux frontières tunisiennes. En 1956, la situation n’a pas changé et le bilan de Ben Bella était négatif. C’est pour cette raison que Larbi Ben M’hidi a pris le risque de se rendre au Caire où il a eu une discussion orageuse avec Ben Bella à propos de sa mission qu’il n’a pas remplie. Dès son retour, en Algérie, Ben M’hidi a rendu compte de sa mission au Caire à Abane.
Le Congrès de la Soummam
Ben Bella prétend qu’il a été empêché par Abane d’assister au Congrès de la Soummam. Ben Bella oublie de dire qu’il voulait que le Congrès se tienne à San Remo, situé à la frontière franco-italienne, ce qui constituait un risque sérieux pour la sécurité de la direction de la Révolution. Ben Bella était alors à Madrid. Il a envoyé à San Remo Khider pour la délégation de l’extérieur et Doum pour la Fédération FLN de France. Pour Abane, il n’était pas question de tenir le congrès ailleurs qu’en Algérie aussi bien pour des raisons de symbolique politique que pour des raisons sécuritaires. Au-delà de ces considérations, le Congrès concerne, en premier lieu, ceux qui étaient à l’intérieur et qui affrontaient l’ennemi militairement et politiquement. Pour mémoire, le Congrès devait se tenir dans un autre endroit que la région d’Ifri mais toujours dans la Kabylie. Ce lieu a été bombardé. Pour rappel aussi, Zighoud Youcef avait proposé la tenue du Congrès dans le Nord constantinois.
A propos du «cinéma» vestimentaire de Messali Hadj
Monsieur Ben Bella ! L’accoutrement de Massali Hadj, à savoir sa chéchia, sa gandoura, son burnous et sa canne, avait un sens identitaire qui le différenciait des colonialistes qu’il combattait. Cette façon de s’habiller n’était ni excentrique ni fantasmagorique. Elle faisait partie de la dimension politique de l’homme qu’était Messali. Elle avait une valeur aux yeux du peuple. Par cet accoutrement, Messali affirmait la personnalité algérienne. Quant à la barbe qui le caractérisait depuis son engagement politique, Messali a juré de ne la raser qu’après l’indépendance. Pourquoi Ben Bella ne parle-t-il pas du charisme de Messali, de sa verve et son talent de tribun hors pair et de sa foi inébranlable en l’indépendance du pays ? Il a résisté à tout le monde et aujourd’hui on présente les Oulémas comme des révolutionnaires à l’origine de l’indépendance. C’est une autre monstruosité et une falsification éhontée de l’histoire. Le père du nationalisme algérien est bel et bien Messali Hadj. Cependant, il mérite d’être condamné pour ses choix à la veille du 1er Novembre 1954, pour le sang qu’il a fait verser entre les Algériens, pour sa mégalomanie, oui l’histoire le jugera. Mais jusqu’à la création du CRUA, Messali a été le représentant du nationalisme algérien. Lorsque Messali a commencé à parler de la présidence à vie du parti, de pleins pouvoirs, il s’est mis sur le banc des accusés et le peuple a tranché le 1er Novembre et en 1956 en choisissant le FLN contre le MNA. C’est cet épisode que Ben Bella aurait dû aborder et non l’aspect vestimentaire d’un homme qui a réussi à imposer le fait national algérien et l’idée de l’indépendance alors que les assimilationnistes étaient légion au sein du mouvement national. En tout état de cause, Ben Bella est mal placé pour critiquer le culte de la personnalité de Messali Hadj et de sa folie des grandeurs. N’a-t-il pas fait pire quand il était président de la République ? Je me souviens d’une réunion du gouvernement qu’il a présidée après son retour d’un voyage en Guinée. Il n’a pas cessé de parler du «cinéma» de l’accueil qui lui a été réservé. Il jubilait au point de regretter qu’en Algérie, ce genre de «cinéma» n’existait pas. Enfin, je tiens à dire que Ben Bella est responsable de la fin tragique de beaucoup de héros de la Révolution. Qu’il se souvienne, lui qui n’a pas tiré un coup de feu durant les sept ans et demi de la Révolution, de sa décision d’exécuter Chaâbani, chef de la wilaya, colonel de l’ALN de l’intérieur. Du rôle qu’il a joué dans l’exécution de Abane et j’en passe.
Les trahisons de Ben Bella
Pour finir, je tiens à dévoiler un fait que Khider m’a raconté. Khider a soutenu Ben Bella après un accord commun. L’un et l’autre visaient le pouvoir. L’un et l’autre avaient ses raisons. A ce titre, ils s’étaient entendus de se partager le pouvoir. Khider espérait en fait être président de la République à titre honorifique et Ben Bella chef du gouvernement avec les pleins pouvoirs de l’exécutif. Pour Khider, Ben Bella était jeune, il avait tout l’avenir devant lui. Donc Khider espérait faire un mandat à la tête du pays avant de se retirer dans une ferme à Douéra pour finir sa vie. Ben Bella est venu d’Oran à Alger où les armées de la Wilaya IV régnaient en maîtres. Lors d’une réunion de nuit chez Rabah Bitat, en présence de Khider, de Bousmaha, de Lakhdar Bouragaâ, de Boumaâza et de moi-même, il a été dit à Khider qu’il était le bienvenu, mais Ben Bella n’avait pas intérêt à venir à Alger. Les responsables de la Wilaya IV ont informé Khider qu’ils ne voulaient ni de Ben Bella ni de Boumediene même comme députés. C’est Khider qui a fait venir Ben Bella clandestinement à Alger et c’est Fares qui l’a hébergé dans une villa à Rocher-Noir, à Boumerdes, un hélicoptère était prêt à l’évacuer en cas de besoin. Plus tard, Fares, le commandant Azzedine, moi et d’autres avons été mis en résidence surveillée. Lors de la réunion des cadres du parti tenue au lycée Amara-Rachid, tous les commissaires politiques, à l’exception de Mostghalmi, se sont engagés à reprendre les armes pour empêcher Ben Bella de prendre le pouvoir. Ben Bella, ayant été informé par Mostghalmi de ce qui se tramait, a quitté Alger pour Oran. Ben Bella a fait intervenir l’ambassadeur d’Egypte à Alger pour trouver un arrangement avec Khider à qui il a demandé de s’éclipser pendant six mois, et à son retour, l’engagement pris pour le partage du pouvoir sera respecté. A son retour, Khider a compris le jeu de celui qu’il considérait comme son fils. Ben Bella a trahi tous ceux qui l’ont aidé, y compris Khider. Sur le plan intellectuel, Ben Bella n’a aucune honnêteté. J’ai travaillé avec lui et je sais de quoi je parle. Il s’approprie les idées des autres en les étalant dans les journaux. Entre 1956 et 1962, il a été emprisonné sans se donner la peine d’améliorer son français. Entre 1965 et 1982, date de sa libération par Chadli, il n’a fait aucun effort pour apprendre l’arabe classique, lui qui se dit arabe. Aujourd’hui, Ben Bella verse, à travers son délire, dans la désinformation et le détournement de l’histoire. C’est pour cette raison que j’ai tenu à lui répondre car le devoir de mémoire m’est imposé comme il s’impose à tous les témoins vivants de notre histoire. Je suis en train d’écrire pour dire et rétablir les vérités telles que vécues. Nul n’a le droit de se taire sur la falsification de l’histoire qui est le patrimoine de tous les Algériens.
A. B.
*Amar Bentoumi a été avocat du PPA-MTLD
de 1947 à 1954, puis avocat du FLN jusqu’en 1962. Député de Constantine à l’Assemblée constituante, il a été le premier ministre de la Justice de l’Algérie indépendante. Après un désaccord avec Ben Bella qui l’a poussé à quitter le gouvernement, il a été interné en compagnie de Farhat Abbas à Adrar.
Ancien bâtonnier d’Alger.
M.slimane chekroune, je vous prie de bien vouloir nous communiquer la source de cette article merci.
M.slimane chekroune, je vous prie de bien vouloir nous indiquer la source de votre article, merci
@ Madjid Ali : Le FIS N'a pas gagné les élections "haut la main" comme vous dites! Il les a gagnées grâce à une position de "plus haute imposture" par rapport à celle du pouvoir: "Andhour illa essama Allahou maâna!". Si c'est cela gagner "haut la main" alors le FIS gagnera encore et toujours. Yaw barkana min etmasskhir khou. Le mensonge de Dieu ça suffit ! Entre le FIS et le pouvoir, la bataille est claire, c'est à qui portera la supercherie d'Allah au plus haut. Entre L'empastillé de Belkhadem et Ali Belhadj, je ne vois vraiment pas quelle frontière pourrait délimiter la stupidité de leur combat pour le pouvoir. Tu sais mon ami, Ouellah que si on me donnait 1/4 d'heure à la télé chaque soir, je saurais décontaminer le petit peuple de cette haine que les gardiens de l'Islam distillent en permanence sur la petite Lucarne de l'ENTV depuis qu'on a laissé parler l'immam el Ghazali l'Egyptien et combattu la parole de Kateb Yacine, l'Algérien.
D'ailleurs, chez nous, les choses sont simples, l'écrasante majorité vibre en phase avec Kateb Yacine, Boualem Sansal, Ali Dilem, Mohamed Benchicou, Fellag, etc, mais les imposteurs du pouvoirs s'acharnent à nous faire vibrer sur des rythmes contre-nature : Ahmed Ben-Bella, Houari Boumedine , Chadli Bendjedi, Abdelaazi Bouteflika Ali Belhadj, Abas El-madani, El Hadj Tewfik etc…Ne citant évidemment que de GRANDS hommes de culture face à de petits politiciens cachés derrière une armée stupide.
C'est parce-que ces gens là ont confisqué jusqu'à notre droit d'être Algériens, parce-que communistes, parce-que laïcs, parce- que Kabyles, etc. que j'ose leur dire MERDE, sachant qu'ils peuvent toujours compter sur des R'djels comme vous et des Yacef Saadi, l'imposteur de la bataille d'Alger, pour continuer leur triste imposture.
Je viens d'écouter le discours d'OBAMA sur l'avenir de bon voisinage entre la Palestine et Israël, et je ne peux qu'applaudir son message qui peut se résumer ainsi : Il est temps que les uns et les autres arrêtent de formater leurs enfants sur la haine de l'autre. Postulat valable pour les deux côtés de belligérance. Juifs, Musulmans, Hindous, Chrétiens etc..Chacun revendique l'exclusivité d'un message stupide ! Dieu n'est pas con pour préférer une race parmi tant d'autres. Quand le comprendrez vous nom de Dieu !
Quant Arrêterez vous cette machination diabolique qui consiste à transformer 35 millions d'êtres-humains en mendiants du cimetière ?
Ah si Koreich avait vaincu !
J'ai lu ceci pour vous
"par Amar Bentoumi*
Après les déclarations de Ben Bella à Jeune Afrique, je me dois de rétablir la vérité sur certains faits dont j’ai eu connaissance en ma qualité d’avocat du PPA-MTLD, puis du FLN.
Rôle de Ben Bella au sein de l’Organisation spéciale (OS)
Après avoir mis sur pied l’OS qu’il a dirigée pendant environ une année, Mohamed Belouizded a dû, pour des raisons de santé très graves (tuberculose contractée au cours de la reconstitution du parti (décimé lors des massacres du 8 Mai 1945) dans le Constantinois, cesser ses activités. La commission des Quatre composée de Lahouel, Lamine Debaghine, Boukadoum et Aït Ahmed, a proposé au Bureau politique Aït Ahmed comme chef de l’OS en remplacement de Belouizded, ainsi que l’adoption d’un découpage territorial en cinq zones calqué sur celui du PPA-MTLD. Ces propositions adoptées, Aït Ahmed prend le commandement de l’OS qu’il a dirigée pendant deux ans durant lesquels il a élaboré les manuels de formation des cadres et des militants, un manuel relatif à l’attitude des militants en cas d’arrestation. Aït Ahmed a mis en place les structures de l’OS et grandement renforcé la logistique que Belouizded a commencé à mettre en place. Ben Bella a été désigné à la tête de la zone de l’Oranie et Mohamed Boudiaf à la tête du Constantinois. L’inspection qui eut lieu, pour établir le bilan avant la réunion du Comité central élargi de Zeddine, fin décembre 1948, a révélé que les résultats obtenus par Boudiaf étaient nettement supérieurs à ceux, plutôt décevants, de Ben Bella.
Lors de la crise dite «berbériste» de 1949, Aït Ahmed, soupçonné d’en être l’instigateur, a été écarté de la direction de l’OS. En octobre 1949, Ben Bella a été désigné à la tête de l’état-major de l’OS. Ce qui lui a valu ce poste, en dépit de ses maigres résultats à la tête de l’Oranie, était plutôt ses dix ans passés au sein de l’armée française (1937-1947) et ses «exploits» pendant la Seconde Guerre mondiale, dont il ne cessait de se vanter et qui lui ont valu sa médaille militaire et ses quatre citations. Mais Ben Bella n’est resté à la tête de l’OS que près de sept à huit mois. Le parti avait loué pour Ben Bella un appartement situé au 36, rue Auber-Seger, à Alger, chez une femme européenne. Lorsqu’en mars-avril 1949, la police a commencé à enquêter sur l’affaire de l’OS, le parti a ordonné à Ben Bella de quitter l’appartement en question et de se mettre au vert mais ce dernier a refusé de s’y soumettre, préférant rester en compagnie de Madame Tendière avec qui il entretenait une relation intime. C’est ainsi que Ben Bella a été arrêté en mars 1950 sans opposer aucune résistance et a même remis spontanément à la police son arme – un 7,65 appartenant à l’OS de l’Oranie qu’il a illégalement gardé – qui se trouvait sur la table de nuit de la chambre de la dame qui l’hébergeait.
Début mai 1950, Ben Bella est présenté par le commissaire Havard de la PRG au commissaire divisionnaire Costes, qui lui a donné une paire de gifles pour s’être allié à «anti-français» lui disant qu’en raison de ses états de service pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne souhaitait pas lui infliger le même traitement que subissaient les autres membres de l’OS, à condition qu’il livre toutes les informations en sa possession. Le commissaire divisionnaire Costes a averti Ben Bella qu’il était informé par Belhadj Djilali (inspecteur général de l’OS) de tout ce qui concerne l’OS et son rôle personnel (celui de Ben Bella, ndlr) et qu’il ne s’avise pas de mentir ou de cacher des informations. Du papier et un crayon ont été remis à Ben Bella installé dans une pièce pour rédiger son «récit». Au bout de quelque temps, Ben Bella frappe à la porte pour demander du papier. C’est dire, selon le jargon policier, qu’il a vidé son sac !
Déféré devant le juge d’instruction, il a confirmé ses déclarations faites devant la police et par lesquelles il a dénoncé Saïd Amrani qui l’a remplacé à la tête de l’OS et dont la police ignorait même l’existence. Ben Bella avait livré beaucoup de militants et de cadres dont Khider, Boutelilis, etc.
A propos de l’affaire de la poste d’Oran, Ben Bella a écrit dans sa déposition : «S’il me revenait d’autres détails, je ne manquerais pas de vous en faire part ou de les dire au juge d’instruction.» Le juge d’instruction a ordonné son incarcération à la prison de Blida où je lui ai rendu visite en compagnie de Maître Kiouane. Ce dernier a transmis à Ben Bella les instructions fermes du parti qui ordonne à tous les militants détenus de revenir sur leurs déclarations faites à la police, invoquant la torture et dénonçant un complot policier contre le MTLD, parti légal. Dans un premier temps, Ben Bella a catégoriquement refusé d’obtempérer sous prétexte qu’il ne pouvait «se déjuger». Ce n’est qu’après de fortes pressions qu’il a fini par obéir aux instructions du parti et adopter la même attitude que ses codétenus.
Rôle de Ben Bella dans l’affaire de la poste d’Oran
Près de soixante ans après, Ben Bella s’attribue à lui seul les mérites de l’affaire de l’attaque de la poste d’Oran. «L’organisation principale du coup jusqu’au moindre détail, c’est moi», déclare-t-il. C’est une contrevérité et une falsification grossière de l’histoire. Il n’y était pas. Il n’y a pas participé. Sa seule contribution consistait à présenter Bekhti Nemmiche, agent de la poste d’Oran, à Aït Ahmed qui ont étudié le plan des lieux ensemble.
Comment le père de Ben Bella a acquis ses biens à Maghnia
Entre 1952 et 1953, la commune mixte de Maghnia a attaqué en justice la famille Ben Bella, notamment la mère et la sœur de Ahmed Ben Bella, pour les déposséder de leurs biens fonciers et immobiliers. L’objet de cette action en justice était la révocation des concessions accordées au père Ben Bella par la commune de Maghnia pour services rendus à la France. Ces concessions consistaient en un caravansérail qui servait d’écurie et de fondouk, des terrains agricoles et des vergers d’oliviers et divers arbres fruitiers. Cette action en justice a été engagée contre la famille Ben Bella pour se venger de son fils Ahmed après son évasion de la prison de Blida.
Le tribunal de grande instance de Tlemcen qui a cité à comparaître la mère, la sœur et par défaut Ahmed Ben Bella, a donné raison à la commune de Maghnia et a ordonné la dépossession des Ben Bella et leur expulsion y compris de la maison où ils habitaient. J’ai été chargé par le parti de m’occuper de cette affaire qui n’avait aucun rapport direct avec la répression et j’ai introduit un appel auprès de la cour d’Alger où je me suis présenté pour défendre les intérêts de madame Ben Bella et de sa fille et implicitement de Ahmed Ben Bella. A la veille du déclenchement de la guerre de Libération nationale, j’ai plaidé cette affaire devant la cour d’Alger et j’ai fait infirmer la décision du tribunal de Tlemcen.
La question qui se pose en fin de compte, pourquoi ce Marocain qu’était le père de Ben Bella, a-t-il obtenu des autorités coloniales de pareilles concessions ? Je n’ai pas trouvé de réponse immédiatement. Plus tard, lors de ma détention au Sud, ordonnée par le même Ben Bella, un compagnon de détention, en l’occurrence Bensoltane, natif de Maghnia et militant de la première heure du PPA, m’avait dit qu’il a su que cette récompense dont a bénéficié le père de Ben Bella après l’avoir fait quitter le Maroc pour le protéger, était le résultat des trahisons et des crimes qu’il avait commis au Maroc.
Le père de Ben Bella a donc été récompensé parce qu’il a trahi son peuple marocain, sa patrie et son roi. C’est ça la marocanité héréditaire de Monsieur Ahmed Ben Bella. Par ailleurs, j’ai une question à poser à Monsieur Ben Bella même si j’ai, en partie, la réponse. Que sont devenus les bijoux collectés dans le cadre du Fonds de solidarité (Soundoq ettadhamoun), au début de l’indépendance et qui s’estimaient à des quintaux, si ce n’est à des tonnes d’or et d’argent dont les femmes algérienne se sont dépouillées pour se parer de la liberté retrouver et aider l’économie algérienne à prendre son essor ? Une partie de ce fonds a été retrouvée à la Villa Jolie, où des sacs de bijoux étaient entassés dans des pièces jusqu’au plafond. Et c’est Ben Bella qui les y avait déposés. L’inventaire de ce qui a été retrouvé a été établi officiellement après le coup d’Etat du 19 juin 1965, par le président de la Cour suprême de l’époque et par son procureur général respectivement Benbahmed et Maître Mostafaï El Hadi. Des sacs pleins de devises ont été également retrouvés à la Villa Jolie, car Monsieur Ben Bella puisait comme bon lui semblait dans le fonds de devises de la Banque centrale pour distribuer l’argent selon ses humeurs. La question reste posée : où est passé le reste de Soundouq ettadhamoun et qu’en a-t-il fait ?
A propos du déclenchement du 1er Novembre
Là aussi Ben Bella dit : «Le 1er Novembre, c’est moi.» Une autre ignominie. Car tout le monde sait que le 1er Novembre n’a pas été décidé au Caire où s’était réfugié Ben Bella, mais en Algérie. Tout le monde sait aussi le rôle joué par Boudiaf, Taïeb El Watani, dans la préparation du déclenchement de la guerre de Libération nationale. Sans Boudiaf, sans les démarches qu’il a entreprises, sans l’aide qu’il a reçue de la part d’un nombre réduit de militants dont Didouche, la réunion des 22 n’aurait jamais pu avoir lieu.
Le principe d’une action armée a été décidé lors de la réunion des 22 à laquelle Ben Bella n’a pas participé, parce qu’il ne pouvait pas y être puisqu’il était au Caire. L’assemblée des 22 a mandaté les Cinq auxquels s’était joint Krim Belkacem pour devenir le comité des Six qui s’est réuni chez Mourad Boukchoura à Bologhine et a décidé de la date du 1er Novembre pour lancer l’insurrection.
Donc, Ben Bella n’a pas participé à cette décision et, à ce titre, ne peut prétendre que le 1er Novembre, c’était lui. Mieux encore, Ben Bella n’a pas assisté à la création du CRUA dont le véritable artisan était Boudiaf qui en a eu le financement grâce à Lahouel et dont l’organe central, Le Patriote, était dirigé par Salah Louanchi et tiré et distribué à partir du local des SMA, à la Pêcherie. Ben Bella n’y est pour rien dans cet épisode glorieux.
Ben Bella était plutôt à l’origine de l’arrestation au Caire de Lagha, président des SMA. D’ailleurs, au Caire, Ben Bella était l’agent de Fethi Dib, chef des services secrets égyptiens. Quand Lahouel Hocine est arrivé en novembre 1954 au Caire, en compagnie de Mhamed Yazid pour discuter de l’ouverture de la représentation du MTLD à l’extérieur et dont le chef était Mohamed Khider, il s’est indigné du fait que ses interlocuteurs soient des éléments des Moukhabaret. Lahouel a refusé de dialoguer avec la police égyptienne et a exigé qu’il soit reçu par un niveau politique supérieur.
Lahouel avait déclaré alors : «Nous sommes un parti politique, nous exigeons de discuter avec des autorités politiques.» Ce coup de gueule de Lahouel contre les Egyptiens et Ben Bella a valu au leader centraliste l’ire du Caire ce qui l’avait contraint à se réfugier en Allemagne puisqu’en Algérie, la révolution avait déjà commencé.
Le rôle de Ben Bella dans la révolution
Khider était le premier à se réfugier au Caire lors du démantèlement de l’OS et après la levée de son immunité parlementaire. Le MTLD lui avait alors demandé de se rendre aux autorités coloniales, mais Khider a refusé et avec l’aide de M’hamed Yazid, il s’est rendu en Suisse avant de rejoindre le Caire. Aït Ahmed, en sa qualité d’ancien responsable de l’OS et craignant d’être arrêté, le parti lui ordonna de quitter l’Algérie et de se rendre au Caire. Enfin, et après son évasion organisée par le parti, Ben Bella était le troisième à rallier le Caire.Il est exact que Ben Bella a fait partie du Bureau du PPA au Caire. Il est tout aussi exact, à l’instar des autres membres du Bureau du Caire, Mohamed Khider et Hocine Aït Ahmed, il a opté pour le FLN. A ce titre, chacun des trois membres de la délégation du FLN à l’extérieur avant d’être rejoint par Boudiaf, était chargé d’une mission : Khider était chargé des questions politiques. A ce titre, il a été contacté par la SFIO pour tenter d’entrer en contact avec le FLN et engager des négociations. Aït Ahmed était chargé des relations internationales qui, assisté de M’hamed Yazid, a représenté le FLN lors de la conférence des non-alignés à Bandong. C’est toujours Aït Ahmed qui représentait l’Algérie aux Nations Unies jusqu’à son arrestation. Ben Bella était chargé de pourvoir les maquis en armes. De 1954 à 1955, aucune arme n’a été fournie par Ben Bella aux maquis, ce qui a poussé Benboulaïd à puiser dans ses propres fonds dans l’espoir de se rendre en Libye pour acheter des armes. C’est d’ailleurs lors de son périple à pied vers la Libye qu’il a été arrêté aux frontières tunisiennes. En 1956, la situation n’a pas changé et le bilan de Ben Bella était négatif. C’est pour cette raison que Larbi Ben M’hidi a pris le risque de se rendre au Caire où il a eu une discussion orageuse avec Ben Bella à propos de sa mission qu’il n’a pas remplie. Dès son retour, en Algérie, Ben M’hidi a rendu compte de sa mission au Caire à Abane.
Le Congrès de la Soummam
Ben Bella prétend qu’il a été empêché par Abane d’assister au Congrès de la Soummam. Ben Bella oublie de dire qu’il voulait que le Congrès se tienne à San Remo, situé à la frontière franco-italienne, ce qui constituait un risque sérieux pour la sécurité de la direction de la Révolution. Ben Bella était alors à Madrid. Il a envoyé à San Remo Khider pour la délégation de l’extérieur et Doum pour la Fédération FLN de France. Pour Abane, il n’était pas question de tenir le congrès ailleurs qu’en Algérie aussi bien pour des raisons de symbolique politique que pour des raisons sécuritaires.
Au-delà de ces considérations, le Congrès concerne, en premier lieu, ceux qui étaient à l’intérieur et qui affrontaient l’ennemi militairement et politiquement. Pour mémoire, le Congrès devait se tenir dans un autre endroit que la région d’Ifri mais toujours dans la Kabylie. Ce lieu a été bombardé. Pour rappel aussi, Zighoud Youcef avait proposé la tenue du Congrès dans le Nord constantinois.
A propos du «cinéma» vestimentaire de Messali Hadj
Monsieur Ben Bella ! L’accoutrement de Massali Hadj, à savoir sa chéchia, sa gandoura, son burnous et sa canne, avait un sens identitaire qui le différenciait des colonialistes qu’il combattait. Cette façon de s’habiller n’était ni excentrique ni fantasmagorique. Elle faisait partie de la dimension politique de l’homme qu’était Messali. Elle avait une valeur aux yeux du peuple. Par cet accoutrement, Messali affirmait la personnalité algérienne. Quant à la barbe qui le caractérisait depuis son engagement politique, Messali a juré de ne la raser qu’après l’indépendance. Pourquoi Ben Bella ne parle-t-il pas du charisme de Messali, de sa verve et son talent de tribun hors pair et de sa foi inébranlable en l’indépendance du pays ? Il a résisté à tout le monde et aujourd’hui on présente les Oulémas comme des révolutionnaires à l’origine de l’indépendance. C’est une autre monstruosité et une falsification éhontée de l’histoire.
Le père du nationalisme algérien est bel et bien Messali Hadj. Cependant, il mérite d’être condamné pour ses choix à la veille du 1er Novembre 1954, pour le sang qu’il a fait verser entre les Algériens, pour sa mégalomanie, oui l’histoire le jugera. Mais jusqu’à la création du CRUA, Messali a été le représentant du nationalisme algérien.
Lorsque Messali a commencé à parler de la présidence à vie du parti, de pleins pouvoirs, il s’est mis sur le banc des accusés et le peuple a tranché le 1er Novembre et en 1956 en choisissant le FLN contre le MNA. C’est cet épisode que Ben Bella aurait dû aborder et non l’aspect vestimentaire d’un homme qui a réussi à imposer le fait national algérien et l’idée de l’indépendance alors que les assimilationnistes étaient légion au sein du mouvement national.
En tout état de cause, Ben Bella est mal placé pour critiquer le culte de la personnalité de Messali Hadj et de sa folie des grandeurs. N’a-t-il pas fait pire quand il était président de la République ? Je me souviens d’une réunion du gouvernement qu’il a présidée après son retour d’un voyage en Guinée. Il n’a pas cessé de parler du «cinéma» de l’accueil qui lui a été réservé. Il jubilait au point de regretter qu’en Algérie, ce genre de «cinéma» n’existait pas.
Enfin, je tiens à dire que Ben Bella est responsable de la fin tragique de beaucoup de héros de la Révolution. Qu’il se souvienne, lui qui n’a pas tiré un coup de feu durant les sept ans et demi de la Révolution, de sa décision d’exécuter Chaâbani, chef de la wilaya, colonel de l’ALN de l’intérieur. Du rôle qu’il a joué dans l’exécution de Abane et j’en passe.
Les trahisons de Ben Bella
Pour finir, je tiens à dévoiler un fait que Khider m’a raconté. Khider a soutenu Ben Bella après un accord commun. L’un et l’autre visaient le pouvoir. L’un et l’autre avaient ses raisons. A ce titre, ils s’étaient entendus de se partager le pouvoir. Khider espérait en fait être président de la République à titre honorifique et Ben Bella chef du gouvernement avec les pleins pouvoirs de l’exécutif. Pour Khider, Ben Bella était jeune, il avait tout l’avenir devant lui. Donc Khider espérait faire un mandat à la tête du pays avant de se retirer dans une ferme à Douéra pour finir sa vie. Ben Bella est venu d’Oran à Alger où les armées de la Wilaya IV régnaient en maîtres. Lors d’une réunion de nuit chez Rabah Bitat, en présence de Khider, de Bousmaha, de Lakhdar Bouragaâ, de Boumaâza et de moi-même, il a été dit à Khider qu’il était le bienvenu, mais Ben Bella n’avait pas intérêt à venir à Alger. Les responsables de la Wilaya IV ont informé Khider qu’ils ne voulaient ni de Ben Bella ni de Boumediene même comme députés. C’est Khider qui a fait venir Ben Bella clandestinement à Alger et c’est Fares qui l’a hébergé dans une villa à Rocher-Noir, à Boumerdes, un hélicoptère était prêt à l’évacuer en cas de besoin. Plus tard, Fares, le commandant Azzedine, moi et d’autres avons été mis en résidence surveillée.
Lors de la réunion des cadres du parti tenue au lycée Amara-Rachid, tous les commissaires politiques, à l’exception de Mostghalmi, se sont engagés à reprendre les armes pour empêcher Ben Bella de prendre le pouvoir. Ben Bella, ayant été informé par Mostghalmi de ce qui se tramait, a quitté Alger pour Oran. Ben Bella a fait intervenir l’ambassadeur d’Egypte à Alger pour trouver un arrangement avec Khider à qui il a demandé de s’éclipser pendant six mois, et à son retour, l’engagement pris pour le partage du pouvoir sera respecté. A son retour, Khider a compris le jeu de celui qu’il considérait comme son fils.
Ben Bella a trahi tous ceux qui l’ont aidé, y compris Khider. Sur le plan intellectuel, Ben Bella n’a aucune honnêteté. J’ai travaillé avec lui et je sais de quoi je parle. Il s’approprie les idées des autres en les étalant dans les journaux.
Entre 1956 et 1962, il a été emprisonné sans se donner la peine d’améliorer son français. Entre 1965 et 1982, date de sa libération par Chadli, il n’a fait aucun effort pour apprendre l’arabe classique, lui qui se dit arabe.
Aujourd’hui, Ben Bella verse, à travers son délire, dans la désinformation et le détournement de l’histoire. C’est pour cette raison que j’ai tenu à lui répondre car le devoir de mémoire m’est imposé comme il s’impose à tous les témoins vivants de notre histoire.
Je suis en train d’écrire pour dire et rétablir les vérités telles que vécues. Nul n’a le droit de se taire sur la falsification de l’histoire qui est le patrimoine de tous les Algériens.
A. B.
*Amar Bentoumi a été avocat du PPA-MTLD
de 1947 à 1954, puis avocat du FLN jusqu’en 1962. Député de Constantine à l’Assemblée constituante, il a été le premier ministre de la Justice de l’Algérie indépendante. Après un désaccord avec Ben Bella qui l’a poussé à quitter le gouvernement, il a été interné en compagnie de Farhat Abbas à Adrar.
Ancien bâtonnier d’Alger."
Comment avons nous accepté cet énergumène comme Président ?
Je n'arrive toujours pas a comprendre comment ces grands hommes de l'Algerie qui ont tout fait pour sortir le colonialisme francais se sont fait avoir par des gens comme Ben Bella que vous decrivez comme nulle. Ma question est la suivante: Qui est vraiment nulle dans toute cette histoire?
Moi je pense que tout le monde a failli, car ça ne sert a rien de soustraire l'Algerie a l'occupant Français pour l'offrir a pire.
@ Mass messaoud haddak: Voici le lien vers l'article de Bentoumi sur la tribune online
http://www.latribune-online.com/archives_pdf/archives_2011/archives_pdf_mai_2011/52052.html
Dahmane
A Kacem Madani : je suis d’accord avec vous : le FIS n’a pas gagné les élections ! Il faut faire parler les chiffres, il faut leur faire dire la vérité : ce n’est pas avec 40 pour cent des voix qu’on peut disposer de 80 pour cent des sièges !!!! A la proportionnelle il aurait eu au max 40 pour cent des sièges !!! C’est le mode de scrutin qui était idiot ou plutôt il a été manipule par le FLN qui espérant récolter la mise ! Là aussi c’est encore idiot ! Le fis à son apogée, à sa cime et avec les ‘’votes’’ sanction n’a pu faire que 40 pour cent des voix ! Je veux dire tout simplement que les Algériens quoi qu’on en dise ne sont pas islamistes dans leur majorité. Le pouvoir en place en a profité pour ‘’régler’’ ses comptes à sa manière non pas pour sauver la démocratie mais pour sauver sa peau. Rappel : la veille les FIS avait déclaré qu’il allait instaurer des tribunaux populaires et le lendemain c’en était fini pour lui.
A Kacem Madani: vous dites''Yacef Saadi, imposteur de la bataille d'Alger'! Franchement vous racontez n'importe quoi. Parler ainsi de l'un des vrais héros de la révolution algérienne dénote une ignorance de votre part de l'histoire de la bataille d'Alger, qui, par ailleurs, comme l'a mentionné Mohamed Lebjaoui, membre du CNRA et présent â la Casbah en 1957 est plutôt ''la bataille d'Algérie''. (voir son livre''Bataille d'Alger ou bataille d'Algérie''.Car après la bataille d'Alger qui dura presque 10 mois (en oct.1957, la maison où se sont réfugiés Ali La Pointe, Hassiba et Petit Omar a été dynamitée), la question algérienne a été discutée â l'ONU, internationalisée, une internationalisation qui amena De Gaulle â entrevoir l'indépendance de l'Algérie. Je lis vos commentaires depuis un bon moment. Je vous ai toujours trouvé brillant mais cette fois-ci vous m'avez déçu, car politiquement vous jouez le jeu du clan d'Oujda qui tout en visant â marginaliser et à contenir les Kabyles en Kabylie, vise aussi à effacer l'épopée héroique des Algérois, dont l'origine est, par ailleurs kabyle, et notamment l'histoire de la bataille d'Alger en essayant de salir les héros algérois, parmi lesquels,Yacef Saadi.
@Mass Petit Omar. Juste j’interviens sur Yacef Saadi, son rôle pendant la première Bataille d'Alger et la seconde en 1962 contre le GPRA et son ralliement à Ben Bella et Boumediene. Yacef Saadi, j'ai vu son témoignage sur LCI, et je vous donne le lien pour sa déposition après son arrestation. Je ne dirais pas un imposteur, il s’est sacrifié lui aussi, et surtout ses regrets aux victimes civils, il a pleuré pendant l’interview. Mais quelque part il avait trahi la révolution. Certes les consignes de Abane et surtout Ben Mhidi, consiste à ne rien dire pendant 24 heures, il avait respecté les consignes mais il a tout balancé par la suite. Voilà la problématique de Yacef Saadi, qu'il soit Kabyle-Algérois ou arabophone ça ne change en rien la donne. Historiquement parlant. Nous la nouvelle génération, on peut par ignorance de la situation de l'époque condamner Mass Yacef mais au moins il a le mérite avec ses compagnons de lutte, il y avait des réseaux en parallèle à son réseau et surtout de mon côté c'est là que je me méfie des Bleus de chauffe et la Force K récupérée par Krim. Un imposteur ? Non je ne dirais pas ça par contre là où je le condamne, c'est en 1962, il s'est mis du côté de l'armée des frontières (et peut être de l’OAS ?) pour combattre le GPRA, est ce qu'il a reçu des instructions ? Il n y a que l'intéressé qui pourra répondre à ces questions. Le lien de la déposition de Yacef après son arrestation 100 pages.
http://www.salan.asso.fr/bio.htm
http://www.salan.asso.fr/archives.htm
Dahmane
C'était une loi électorale à la c… Voilà pourquoi le FIS prétend avoir gagné l'élection, cette loi avait fait bien sûr l'affaire du système, histoire de dire l'islamisme ou bien nous "la politique de l'épouvantail". Une sorte de frappe préventive contre les démocrates, voilà pour résumer un peu ce que s'est passé à l'époque.
@Dahmane Amazigh : Merci l'ami pour vos compléments toujours utiles (Ouellah ma-th-lidh dhi Larvaa nath irathen en Juillet, akh-khlesagh thabiirth avec plaisir).
Si j'attribue le mot imposture à Yacef Saadi, il ne s'agit pas de son rôle ou de son engagement dans la révolution, rôle que personne ne peut prétendre connaitre dans les moindres détails d'intégrité ou de trahison (seuls le véritable petit Omar ou Ali la pointe en possèdent quelques éléments de vérité, vérité écrasée sous le poids des murs dynamités de "eddar-reiba" de la casbah) .
Par contre, J'ai bien connu Yahia, le frêre de Yacef Saadi pendant les années 70, juste avant sa mort (Ellah yarahmou) et je peux vous dire que Yahia a vécu dans une misère terrible, se déplaçant péniblement avec des béquilles le long de la rue Debbih Cherif pendant que son frère s'affairait à rentrer dans le gros business de la petite famille révolutionnaire. Et c'est en ce sens que je le considère comme un imposteur, car on ne me fera jamais croire qu'un héros de la révolution puisse à ce point manquer d'un tant soit peu d'humanisme pour laisser jusqu'à son propre frère dans une déchéance inimaginable pendant que lui se remplissait les poches de façon bien désinvolte pour un "Grand Héros" de la bataille d'Alger.
C'est bien beau de s'identifier au petit omar, encore faut-il avoir l'humilité de laisser aux autres le bénéfice du doute sans avoir à les traiter d'ignorants. Je pourrais en dire d'avantage sur Yacef Saadi, comme par exemple ce jour (j'y étais !) ou Boumédiene l'avait chargé de calmer la révolte des habitants de la Casbah (jour mémorable d'insultes à son endroit) mais je laisse les uns et les autres dans la certitude de leurs crédos : Allah Akbar ! Matin midi et soir, et ne pas souscrire à un tel tempo, c'est aussi faire preuve d'ignorance dans le référentiel de ceux qui s'imaginent avoir tout compris tout en réfutant aux autres le droit de raisonner dans un autre référentiel d'analyse que le leurs.
La France a su nous imposer Benbella, Boumediene, Nezzar, Bouteflika etc comme Héros de le révolution Algérienne, alors qu'ils n'ont jamais tiré la moindre cartouche contre l'ennemi ! De même, la France a imposé des héros factices de la révolution pour mieux brouiller notre véritable histoire. La preuve, ne se sont-ils pas dépêchés de confisquer jusqu'aux dépouilles de Amirouche et de Haoues ?
Seuls des imposteurs peuvent se permettre de s'ériger en héros, de leur vivant, tout en ignorant avec arrogance le rôle des autres, comme par exemple celui de Louisette Ighil-Ahriz, pour ne citer qu'elle.
Il est grand temps de remettre de l'ordre dans ce cafouillis de matraquage d'héroïsme et de "harkisme" que les gens du pouvoir imposent depuis 1962 pour perpétuer leur imposture. Mais ce ne sont certainement pas des postions défensives qui consistent à traiter d'ignorants ceux qui avancent un angle de vue et d'analyse différent, si divergent soit-il de la vérité, que l'on y parviendra.
Un jour, bihaouli-ellah, peut-être rajouterais-je une page à notre histoire, celle du regard d'un enfant innocent qui a vécu les affres de la guerre mais qui, à l'age de 8-10 ans, ne comprenait pas tant de surenchère de cruauté de la part des hommes, d'un coté comme de l'autre.
Nous ne sommes pas des héros, mais je pense que nos regards d'enfants peuvent constituer un réservoir de vifs témoignages qui aideraient à porter un regard serein tout en démystifiant une certaine auto-proclamation héroïque, car cette guerre nous l'avons "vue", pour ne pas dire vécue, du village natal de Kabylie à la rue Bab-Azzoun d'Alger, dans de multiples allers et de retours, ballottés entre la prévenance des uns et l'irrévérence des autres…d'un côté comme de l'autre….
A Dahmane Amazigh:Bravo, vous êtes toujours égal â vous-meme.
1)-Yacef pendant la bataille d'Alger:Je connais la déposition de Yacef Saadi.Le colonel Yacef n'avait rien â dire de compromettant.Sa déposition a été faite après le démantèlement de l'organisation et le dynamitage de la maison (5, rue des Abderrames,Casbah) ou se trouvaient Ali Lapointe,Hassiba et Petit Omar.Ensuite,pour ceux qui ne le savent pas Yacef saadi a été condamné à mort mais la venue au pouvoir de Degaulle en France a mis fin aux éxécutions des Algériens emprisonnés.
2)–Yacef en 1962 et son ralliement â l'Armée des frontières et Ben bella.Ceci est une autre question.Ma réponse â Kacem Madani concernait le premier point,car traite il le colonel yacef Saadi d'imposteur en relation avec cette période.Un jugement sans fondement.Étant donné que yacef saadi n'a jamais eu par la suite d'activités politiques visant â légitimer la dictature de Boumedienne et du clan d'oujda ce qui importe pour nous Algérois au stade au stade, c'est que la population algéroise( zonne autone d'alger,willaya 4) renoue avec ses moments glorieux de la révolution algérienne et qu'elles connaissent ses héros,parmi lesquels le colonel Yacef Saadi
Salutations
@Mass Kacem Madani et Petit Omar : Je suis très touché, mes remerciements. La reconnaissance est la mémoire du cœur !
J’essaye juste de mon coté de comprendre certaines choses, à ce cauchemar qui n’en finit pas depuis l’arrivée des Phéniciens en Afrique du nord, il y a de cela plus de 25 siècles. Pourquoi on n’a pas les capacités de s’autogérer, on doit toujours appeler quelqu’un de l’extérieur pour nous gouverner. Est-ce notre égo ou juste un peuple qui tient beaucoup à sa liberté bizarre de chez bizarre. @ Mass Petit Omar : juste pour compléter votre poste concernant les activités du colonel Yacef à qui on doit du respect malgré tout, la guerre n’est jamais une bonne chose à faire durant sa vie. En 62, Ben Bella l’avait nommé ministre de l’amitié avec les peuples. Un autre fait bizarre, que Yacef est propriétaire d’une villa à Cap d’Antibes. Je n’ai rien contre. Dieu est grand.
Je vais vous raconter une anecdote, une fois, commémoration du 1 novembre, je me souviens de l’année en 2003/2004, j’étais avec mon frère, pour préparer la présentation des armes et tirer quelques coups de feu en la mémoire de nos martyrs, mon frère a eu la désagréable idée de poser une question à toute l’assistante présente ce jour, la famille révolutionnaire, j’ai un cousin présent, lui a été torturé à plusieurs reprises par l’armée française, à cause de son frère qui était un ancien des Wafens allemands, groupes de chocs de Fort national, il ne m’a tout raconté par pudeur et respect, mais je sais qu’il a subi les pires atrocités de la part des parachutistes français, gégène, eau de javel, humiliations sexuels, etc…. Un moment mon frère à posé la question suivante en kabyle évidement: Que celui qui avait tué un Français, lève la main ? Stupeur personne ? C’est là que j’ai compris comme quoi il ne restait pas beaucoup de nos valeureux maquisards, sauf les clonés du FLN post indépendance. Il faudrait réécrire l’histoire de la guerre d’Algérie.