Des personnalités françaises et algériennes proposent « la reconnaissance » à la place de "repentance" et des "excuses officielles"

Plus de 160 personnalités historiques, des écrivains, des historiens et des hommes de la culture de France et d’Algérie ont signé une déclaration, publiée dans "Le Monde" demandant « aux plus hautes autorités de la République française de reconnaître publiquement l'implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie. » Les signataires, parmi lesquels Hocine Aït-Ahmed (président du FFS), Simone de Bollardière, Mohammed Harbi (historien), proposent, à la place du terme de "repentance" et des "excuses officielles" (« qui seraient dérisoires »), une sorte de « reconnaissance nécessaire pour faire advenir une ère d'échanges et de dialogue entre les deux rives.»

Voici le texte dans son intégralité :

« Le passé colonial ne cesse de resurgir, faisant obstacle à des relations apaisées entre la France et les pays qu'elle a autrefois colonisés. Dans ce passé, l'Algérie a une place particulière, en raison des drames qui s'y sont déroulés. Aujourd'hui encore, trop souvent, l'évocation de la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) est soumise à la concurrence des victimes, avec leurs souffrances et leurs mémoires, alors que l'ensemble des citoyennes et citoyens des deux rives de la Méditerranée aspirent à passer à autre chose. Mais pour construire un avenir de partage, il faut, au présent, regarder en face le passé.

L'histoire apprend, au premier chef, que le système colonial, en contradiction avec les principes affichés par la République française, a entraîné des massacres de centaines de milliers d'Algériens ; et qu'il les a dépossédés, "clochardisés" – pour reprendre le terme de l'ethnologue Germaine Tillion – à une grande échelle, exclus de la citoyenneté, soumis au code de l'indigénat, et sous-éduqués, au déni des lois en vigueur.

A L'ORIGINE DE NOMBREUX DRAMES

Elle nous apprend aussi qu'il y eut de multiples souffrances de Français, parfois déportés en Algérie pour raisons politiques, ou embrigadés dans les guerres coloniales, ou encore pris dans un système dont ils sont devenus, à son effondrement, les victimes expiatoires – comme l'ont été les harkis, enrôlés dans un guêpier qu'ils ne maîtrisaient pas -, sans compter ceux qui ont soutenu l'indépendance algérienne et qui en ont payé le prix.

Quelles qu'aient été les responsabilités de la société, c'est bien la puissance publique française qui, de 1830 à 1962, sous la Ve République, a conduit les politiques coloniales à l'origine de ces drames. Sans omettre la complexité des phénomènes historiques considérés, c'est bien la France qui a envahi l'Algérie en 1830, puis l'a occupée et dominée, et non l'inverse : c'est bien le principe des conquêtes et des dominations coloniales qui est en cause.

En même temps, nous sommes attentifs aux pièges des nationalismes et autres communautarismes qui instrumentalisent ce passé. Ainsi qu'aux pièges d'une histoire officielle qui utilise les mémoires meurtries à des fins de pouvoir, figeant pour l'éternité la France en puissance coloniale et l'Algérie en pays colonisé. Et c'est précisément pour les déjouer – comme pour déjouer les multiples formes de retour du refoulé – que nous voulons que la souffrance de toutes les victimes soit reconnue, et qu'on se tourne enfin vers l'avenir.

Cela peut être accompli non par des entreprises mémorielles unilatérales privilégiant une catégorie de victimes, mais par un travail historique rigoureux, conçu notamment en partenariat franco-algérien. Plus fondamentalement, dépasser le contentieux franco-algérien implique une décision politique, qui ne peut relever du terme religieux de "repentance". Et des "excuses officielles" seraient dérisoires. Nous demandons donc aux plus hautes autorités de la République française de reconnaître publiquement l'implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie. Une reconnaissance nécessaire pour faire advenir une ère d'échanges et de dialogue entre les deux rives, et, au-delà, entre la France et les nations indépendantes issues de son ancien empire colonial. »

Signé :

Hocine Aït-Ahmed (président du FFS, Algérie),

Simone de Bollardière, Mohammed Harbi (historien),

Abdelhamid Mehri (ancien secrétaire général du parti FLN),

Lemnouar Merouche,

Gilbert Meynier,

Edgar Morin (sociologue),

Jack Ralite (ancien ministre),

Yvette Roudy (ancienne ministre),

Françoise Seligmann (LDH),

Benjamin Stora,

Wassyla Tamzali (avocate),

Christiane Taubira (députée de Guyane).

La liste complète des signataires figure sur le site Internet : ldh-toulon.org.

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14 commentaires

  1. Mais bien sur les Algeriens doivent devenir amnesiques si j ai bien compris, une assemblee qui vote une loi en 2005 glorifiant la colonisation et les Algeriens doivent oublier mais bien sur, Ait Ahmed n en rate pas une ainsi que Mehri le groupe San Egidio revient par la fenetre…

  2. Et Monsieur M.C. Abbès dans tout celà, personne n’en parle plus. Et pourtant, force est de constater que c’est grâce à lui, ou à cause de lui ( celà dépend de quel point de vue on se place), que les choses commencent à bouger. Mêmes les mammouths que l’ont croyaient tétanisés à jamais retrouvent un peu de vigueur pour nous pondre une pétition, laquelle soit dit en passant et pour ne pas etre mauvaise langue, est de mon point de vue une bonne initiative.
    Question subsidiaire: Faut-il d’ors et déjà ériger une statue à la gloire de Si Abbès ??

  3. POUR AIT AHMED JE LUI DIRAIS CE PETIT PROVERBE DE CHEZ NOUS : WIN IVGHAN LUQAM AD IZWIR DEG AT WUXXAM!.

  4. LES TRAUMATISMES ENGENDRES PAR LE COLONIALISME ?? VOUS ME FAITES RIRE MESSIEURS AIT AHMED ET MEHRI!?.
    APRÈS 45 ANS DE L INDÉPENDANCE DE L ALGERIE ET VOUS OSEZ PARLER ENCORE DES TRAUMATISMES AMOINS QUE VOUS VOULEZ SAUVER LA FACE DE SI MOH CHERIF ABBAS OU LA DERNIÈRE MASCARADE ÉLECTORALE? C EST CA ?.
    AU LIEU DE CETTE DÉCLARATION MESSIEURS FAITES UNE PÉTITION SUR LES TRAUMATISMES ENGENDRES PAR LA GUERRE DE (1992-????) MACHI KHIR?.
    WALLA HADOUK MOUDJAHDINES?

  5. Monsieur Ait Ahmed et compagnie, que faites-vous des traumatismes causés par le pouvoir GUIZANE qui nous emmerde depuis 1962????? LES CRIMES CONTRE L’HUMANITE ET TOUS LES GENOCIDES PERPETRES PAR LE POUVOIR ALGERIEN NE SONT-ILS PAS DES TRAUMATISMES???? ALLEZ VOUS COUCHER VOUS ETES USES MESSIEURS.

  6. Aller Mr Sarkozy, un petit effort!.Un grand pays sait reconnaitre ses erreurs, la colonisation en etait une grosse.Lisez donc les "Annales Algeriennes" de Pellissier de Reynaud edition de 1836, vous verrez que la France n’etait pas ce pays des droits de l’homme, vous verrez que c’etait une France injuste qui a eventré un pays qui ne lui a rien demandé si ce n’est de payer ses creances, vous etes venu chez nous avec vos 33 000 soldats ce mois de juin 1830, vous nous avez envahi, vos soldats ont violé nos femmes, humilié nos hommes, vous avez exproprié des Algeriens de leur terre et vous en avez fait des indigènes, des femmes de famille noble destinées à une vie honnête ont été poussées à la prostition par la misère que vous avez imposé à notre peuple, ce n’est pas moi qui le dit, c’est Pellissier, un historien de votre bataillon, il dit que les "civilisateurs" que vous etiez sont venu enseigner la corruption à un peuple loyal, lisez le donc.Aujourd’hui Mr Sarkozy, on sait, on sait tout, les massacres commis à Blida sur des innocents après l’invasion, les tirs Burnous que vous fûtes, de 1830 des crimes ont été commis tous les jours sur des Algeriens en Algerie jusqu’à l’inpardonnable 8 Mai 1945, ce carnage que la Republique Française a commis, il se trouve que vous representez cette republique même si vous n’etes pas de cette generation et on ne peut malheureusement pas tourner la page, on a beau essayer de faire comme si…Je suis née dans une Algerie independante Dieu merci mais je ne peux pas oublier comment le pouvez vous?, je ne peux pas pardonner le mepris de la France face à ces massacres, nos ancêtres vous demandent de reconnaitre vos crimes.Sachez, que s’il n y a pas reconnaissance de votre par, ça ne va pas nous tuer mais que cette histoire de haine perdurera entre ces deux pays et ceci jusqu’à la fin des temps car on racontera à notre tour l’histoire à nos enfants et à aucun moment nous ne pourrons dire que l’incident est clos, l’incident ne sera clos que lorsque vous direz "Oui", "Oui, la France a commis des crimes sur votre terre", votre devoir de memoire…Oui "reconnaissance" c’est le mot juste, car les "excuses" la "repentance" ne nous fera pas pardonner à des gens qui ne sont plus là pour le compte de victimes qui le sont moins, la reconnaissance appaisera nos relations, j’en suis certaine.

  7. MESSIEURS FALLAIT FAIRE UNE PÉTITION SUR LES TRAUMATISMES ENGENDRES PAR LA GUERRE DE (1992-????) MACHI KHIR??? WALLA HADOUK MOUDJAHDINES?

  8. Bonjour,

    Je me rappelle de cette phrase lamcée au lendemain de l’assassinat du Président Boudiaf par un de ses proches en réponse à ceux qui étaient fiers de parler  »des séquelles de la colonisation et des acquis de la révolution », il leur répliqua  »j’espère ne pas être vivant le jour où il sera question des  »séquelles de la révolution et des acquis de la colonisation ».

    Heureusement pour lui la maladie, séquelle de son emprisonnement par le colonialisme francais l’a épargné en l’emportant sans qu’il ne soit un témoin de la tournure que prennent les évènements que nous vivons aujourd’hui.

    Efhem yal fehem

    Wahid Mokhtar

  9. Je n’ai pas voulu signer cette pétition, même si je me reconnais totalement dans le contenu. La raison principale en est que je me refuse à ce qu’un pareil cadeau soit fait à Bouteflika. Dans les circonstances actuelles, si la France fait le moindre geste de "reconnaissance" de sa responsabilité, il ne faut pas être naïf, le premier bénéficiaire sera Bouteflika. Il apparaîtra inévitablement comme le champion de la cause nationale, celui qui aura réussi à arracher à l’ancienne puissance coloniale un début de reconnaissance des "aspects négatifs de la colonisation".
    Je ne doute pas de la sincérité et de la probité intellectuelle des illustres signataires, mais ils auraient été mieux inspirés de faire une pétition contre le coup de force constitutionnel qui se prépare pour permettre à Bouteflika d’obtenir un 3è mandat, c’est-à-dire, en pratique, un mandat à vie. Tout ça avec la bénédiction des décideurs de l’ombre qui ont habilement monté cette opération de pseudo crise diplomatique entre Alger et Paris.

  10. n’est il pas plus logique de commencer par exiger des prédateurs qui nous gouvernent et des égorgeurs d’hommes, de femmes et d’enfants de présenter leurs excuses au peuple qu’ils ont martyrisé? je crois que cette polémique est stérile car le colonialisme est un processus historique rationnel (il est le prolongement du capitalisme) et les hommes en tant que tel n’ont aucune responsabilité particulière vis à vis d’un phénomène qui dépasse la volonté individuelle. il serait judicieux néanmmoins de s’interroger sur les motivation profondes de "nos" dirigeants". n’est ce pas une forme puérile de diversion? le peuple a comris depuis longtemps que les gens qui nous gouvernent n’ont qu’un seul objectif en tête: se remplir les poches et assurer l’avenir (à l’étranger de préférence) de leur progéniture. le reste n’est que de la poudre aux yeux

  11. La politique d’ouverture, façon Sarkozy, continue de faire des émules. D’autres appelleraient cela du débauchage, et qui dit débauchage dit aussi manipulation et opportunisme.
    L’opération m’a l’air bien montée quand même.
    Et si on laissait les historiens faire faire leur travail’
    A ce propos je vous conseille un excellent livre : « Coloniser, exterminer » d?Olivier Le Cour Grandmaison.
    Eli fel quelb fel quelb. N’oublions rien mais patientons mes amis, patientons et commençons par régler nos problèmes internes, ne nous laissons pas manipulés.
    C?est vrai que nos nerfs ont été mis à rude épreuve, aspects positifs de la colonisation, politisation du retour de Macias, refus catégorique d?une quelquonque repentance, et maintenant ce nouveau sujet de polémique de la reconnaissance !
    Et pendant ce temps là, le FLN gagne des élections municipales, organisées par lui et pour lui, et un Belkhadem, sûr de son fait, qui nous annonce que Bouteflika sera le candidat de ce même FLN aux prochaines présidentielles.
    Mais n?oublions pas les prochaines échéances, car elles seront capitales : la modification de la constitution, que Belkhadem tient pour acquise, et les élections présidentielles.
    L?urgence est à la lutte contre un troisième mandat de Bouteflika car si nous ne faisons rien les Belhadj, Mazrag et Hattab s?en chargerons. Avec les moyens qu?on leur connaît.
    Accompagné de près de 300 patrons, Sarkozy vient chercher des marchés et nous sommes en plein marasme économique. Gagnant-gagnant est l’actuelle expression favorite des politiciens français, faisant la notre et traitons avec Sarkozy comme avec tout VRP, avec les honneurs dûs à son rang. Sans plus.

  12. La politique d’ouverture, façon Sarkozy, continue de faire des émules. D’autres appelleraient cela du débauchage, et qui dit débauchage dit aussi manipulation et opportunisme.
    L’opération m’a l’air bien montée quand même.
    Et si on laissait les historiens faire faire leur travail’
    A ce propos je vous conseille un excellent livre : « Coloniser, exterminer » d?Olivier Le Cour Grandmaison.
    Eli fel quelb fel quelb. N’oublions rien mais patientons mes amis, patientons et commençons par régler nos problèmes internes, ne nous laissons pas manipulés.
    C?est vrai que nos nerfs ont été mis à rude épreuve, aspects positifs de la colonisation, politisation du retour de Macias, refus catégorique d?une quelquonque repentance, et maintenant ce nouveau sujet de polémique de la reconnaissance !
    Et pendant ce temps là, le FLN gagne des élections municipales, organisées par lui et pour lui, et un Belkhadem, sûr de son fait, qui nous annonce que Bouteflika sera le candidat de ce même FLN aux prochaines présidentielles.
    Mais n?oublions pas les prochaines échéances, car elles seront capitales : la modification de la constitution, que Belkhadem tient pour acquise, et les élections présidentielles.
    L?urgence est à la lutte contre un troisième mandat de Bouteflika car si nous ne faisons rien les Belhadj, Mazrag et Hattab s?en chargerons. Avec les moyens qu?on leur connaît.
    Accompagné de près de 300 patrons, Sarkozy vient chercher des marchés et nous sommes en plein marasme économique. Gagnant-gagnant est l’actuelle expression favorite des politiciens français, faisant la notre et traitons avec Sarkozy comme avec tout VRP, avec les honneurs dûs à son rang. Sans plus.

  13. MALI – HALTE AU GENOCIDE TOUAREG! – [Bravo pour la France, félicitation pour Areva, dommage pour les Touaregs!!!-
    La France se glorifie à juste titre de sa nouvelle victoire, une performance qui lui a permis de signer un contrat fort alléchant avec la Chine pour la fourniture de deux réacteurs nucléaires EPR. Au mois de septembre c?était avec la Libye que le géant du nucléaire Areva ventait ses prouesses en promettant d?importants bénéfices au profit de la France. Quant à nous, touaregs du nord Niger, à chaque tournant de cette implacable tourmente la sueur froide est de mise.

    Il y a quelques mois je disais ceci :

    « Aujourd?hui, les touaregs s?inquiètent de la distribution tous azimuts de permis de recherche et d?exploitation d?uranium sur leurs territoires sans que ne soit envisagée aucune mesure de compensation visant à en amortir les conséquences. Les tribus concernées devront quitter les lieux à la recherche d?hypothétiques territoires d?attache et de nomadisation. Les ressources exploitées donnent à l’Etat les moyens de les combattre, les maîtriser et les réduire à l’état de réfugiés dans leur propre pays. Cet acheminement hélas fatal, du fait de la logique géopolitique et des intérêts des uns et des autres, amputera l’humanité d?un des éléments unique de sa richesse, la culture touarègue, une culture basée sur un code de conduite morale imposé à chacun dans la perspective d?affronter les conditions d?une vie saharienne austère et rudimentaire. La situation est d?autant plus complexe que les permis d?exploitation ont été attribués à des pays comme la Chine qui, malheureusement, n?a aucune politique de respect pour les communautés locales et encore moins l’environnement constituant leur cadre de vie. Leurs méthodes « espèces sonnantes et trébuchantes » intéressent en revanche les gouvernants de ce monde. C?est dans cette logique infernale qu?un conflit armé a éclaté dans le nord Niger avec la création d?un mouvement des Nigériens pour la Justice. Du fond de leur désert ses animateurs luttent pour se faire entendre, alerter la planète et tenter de dénoncer cette situation afin de sauver ce qui peut l’être.

    Face à eux, un Niger qui décide de les anéantir, crée les conditions d?un affrontement sans précèdent et refuse toute idée de dialogue. Les libertés individuelles sont confisquées, les débats contradictoires sont interdits, les radios internationales sont suspendus, les journaux indépendants sont menacés et certains supprimés. La région Touarègue est déclarée en état d?urgence et l’armée s?arroge le droit d?emprisonner, torturer et tuer au besoin sans aucune forme de procès. La communauté internationale passe sous silence cette situation contraire à la Déclaration Universelle des Droits Humains. Le shéma qui se dessine devient très préoccupant et même d?une extrême gravité. En effet, la partie septentrionale du Niger regorge d?impressionnantes ressources minières, uranifères et pétrolifères notamment. Les populations disséminées dans ce désert sont désormais perçues comme une véritable entrave dans la perspective de l’exploitation massive de cette manne.

    L?énergie nucléaire dans sa fulgurante ascension d?énergie propre devient plus que jamais un enjeu planétaire. De la même manière, la montée progressive du prix du baril rend le pétrole nigérien économiquement intéressant. Que représente une poignée de nomades totalement absents du système économique mondial devant de tels enjeux ? Les grandes puissances de cette planète vont alors laisser le dictateur faire le ménage afin de s?en prendre à « l’énergie propre dans un environnement propre (dégagé de toutes ces populations) ». Le tour est joué, le gouvernement nigérien et les puissances étrangères auront tiré leur épingle du jeu. »

    Trois mois plus tard ce shéma se confirme inexorablement. On connaît parfaitement les conséquences néfastes qui résultent des deux permis d?exploitation octroyés il y a quarante ans à la France pour l’extraction des gisements d?uranium à Arlit et Akokan (voir étude Criraad et Sherpa). La population nomadisant dans cet espace a été contrainte de partir sous d?autres cieux. La faune a totalement disparu. Les nappes phréatiques sont polluées. La population fait face à des sérieux problèmes de santé publique.

    Cette année, l’état du Niger a d?octroyé 122 permis d?exploitation d?uranium. En superposant la carte du nord Niger et les limites géographiques des concessions on se rend compte de la catastrophe qui se prépare : Pollution des nappes phréatiques, destruction des airs des pâturages, spoliation des terres des éleveurs, élimination des puits pastoraux et bouleversement de la gestion pastorale.

    Qu?en est-il de la Déclaration des droits des peuples autochtones adoptée en septembre à l’ONU ?
    Notre monde a-t-il le droit de laisser passer sous silence la destruction de tout un peuple dont le crime originel serait d?habiter un Sahara jadis inculte mais devenu immensément riche ?
    Souhaitez vous vraiment que le peuple touareg disparaisse à jamais si cela permettait à votre économie de bien se porter ?
    Acceptez vous de participer à travers la politique de votre pays à la mort d?une population innocente sous prétexte que cela vous permet d?éclairer vos maisons et de cuisiner sur la plaque chauffante.

    Les touaregs n?ont d?autre choix que de se battre ou disparaître. Un choix fort douloureux qui les a amené à prendre les armes et à risquer leur vie. L?armée Nigérienne, qui a le soutien matériel de la France, de la Chine et des Etats-Unis, vient de lancer une offensive sur l’Aïr dans le but de nous réduire au silence. Nos hommes tentent de la contenir avec des moyens bien moins importants. L?armée a réussi à ravitailler la caserne d?Iferouane mise sous embargo par les troupes MNJ depuis le 25 Août dernier, mais cela ne change en rien les données du problème. Nous sommes déterminés à défendre nos terres car c?est une question d?existence. Déterminés et rassemblés, nous réussirons à empêcher à toutes ces sociétés de s?installer chez nous sans notre consentement.

    Encore une fois sont mis en balance et de manière flagrante la richesse matérielle et la valeur humaine.

    La réalité est là, inutile de se voiler la face.

    Issouf Ag MAHA Maire commune Tchirozérine Agadez Niger

    English version Bravo for France, congratulatory for Areva, it?s a pity for Tuaregs

    ————————–

    URGENT : Massacre de civils –

    Comme nous l’avions signalé dans une de nos dernières déclarations en date du 25 novembre, l’armée nigérienne se livre à des massacres de populations civiles dans le nord du pays.

    Un nouveau massacre qui s?ajoute ceux déjà nombreux dont nous avions fait état sur notre site internet.

    Le Gouvernement nigérien montre ainsi la méthode qu?il a visiblement l’intention de mettre en ?uvre pour « ramener la paix dans le paix pays ».Nous attirons l’attention de l’ensemble de Nigériens et des responsables politiques sur les risques que ce gouvernement fait prendre au pays. En effet ces genres d?agissements peuvent changer la nature du conflit et plonger le pays dans un chaos dont il aura du pal à sortir.

    Nous appelons les organisations de la société civile à jouer leur rôle et à rester aux cotés des citoyens dont les droits les plus élémentaires sont bafoués. Nous appelons particulièrement les organisations de défense des droits de l’Homme à épauler les victimes civiles et leurs ayants droits pour leur permettre de faire valoir leurs droits auprès des juridictions nationales et internationales. En effet ces crimes commis sur des paisibles citoyens ne peuvent pas rester impunis et leurs auteurs répondront de leurs actes quels que soit leur niveau de responsabilité.

    Le MNJ quant à lui réaffirme sa position de principe qui consiste à ne pas prendre pour cible des civiles et ne tombera donc pas dans le piège de la provocation orchestrée par les autorités nigériennes.

    Les représentations diplomatiques présentes au Niger ne peuvent pas ignorer cette situation et doivent témoigner des actes du gouvernement auprès de leurs pays respectifs.

    La Communauté internationale, notamment la France ne doivent pas encourager le Niger à travers leur silence à persévérer dans la répression et la violation des droits humains.

    En réprimant la presse nationale, le Gouvernement nigérien cherche à cacher la vérité aux nigériens et à la communauté internationale. Nous espérons que les medias internationaux s?intéresseront davantage à ce qui se passe au Niger et pourront remplir leur rôle.

    Il s?agit de quatre (04) civils Touaregs assassinés à Tchintébizguint, 30 km à l’Ouest d?Agadez :

    1. Bachir Mouhamad, jardinier, 2. Mariko Kané, jardinier 3. Oukhoudane Algha, éleveur 4. Hamad Ibrahim, éleveur marabout.

    Ces civils ont été tués le jeudi 22 novembre 2007 aux environs de 11 heures du matin.

    Chaque victime a reçu :

    * une balle d?ans l’oreille, * une balle au front, * une balle sur le c?ur.

    Voici comment ont commencé tous les génocides.

    Cela se passe au vu et au su des pays dits « civilisés », et démocrates, qui attendent passivement. – Le mouvement MNJ ]- Site du MNJ: http://m-n-j.blogspot.com/2007/11/urgent-massacre-de-civils.html

  14. WASSYLA TAMZALI, JE VOUS VOIS CHÈRE MADAME MAINTENANT, EN DIRECT SUR CANAL ALGERIE !, VOUS VOUS EXPRIMEZ BIEN EN FRANÇAIS!!.
    PERMETTEZ MOI DE VOUS SITUEZ DANS LE CERCLE DES POÈTES KHOBZISTE.

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