Les forces loyalistes libyennes progressaient mercredi vers Benghazi, la principale ville encore aux mains des rebelles. Ceux-ci ont perdu ces derniers jours le contrôle de plusieurs autres villes et terminaux pétroliers.
« Il n’y a pas de raison que l’événement accidentel auquel nous faisons face pousse à un changement puisque, selon le fonctionnement de la Libye, le pouvoir est aux mains du peuple », a déclaré Mouammar Kadhafi au Figaro.
« Le peuple est libre de faire ce qu’il veut. J’attends juste de la population qu’elle revoie sa relation avec l’étranger. »
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a réclamé mercredi un cessez-le-feu immédiat en Libye.
« Mon souci est de libérer la population des bandes armées qui occupent Benghazi. Ces rebelles risquent de se servir de ses habitants comme bouclier humain », a dit Mouammar Kadhafi.
« Il est fort possible que ces rebelles tuent les civils et qu’ils mettent la faute sur le dos de l’armée libyenne. »
« COMPLOT »
Dans une interview à la chaîne de télévision libanaise LBC, il a dit ne pas s’attendre à une bataille pour le contrôle de Benghazi.
« Non, non, je ne le pense pas », a-t-il répondu à une question sur ce sujet.
« Tous les endroits où (les rebelles) sont retranchés sont en train d’être stérilisés avec l’aide du peuple (…) qui dit où ils se trouvent », a ajouté le dirigeant libyen.
Evoquant « un complot contre le peuple libyen », il a déclaré au Figaro: « Et, quel que soit ce complot – qu’il soit impérialiste, qu’il vienne d’Al Qaida ou bien de l’intérieur -, le peuple libyen doit l’écraser. »
Le président français, Nicolas Sarkozy, qui défend un projet de résolution prévoyant entre autres une zone d’exclusion aérienne en Libye, a appelé mercredi les Etats membres du Conseil de sécurité de l’Onu à prendre leurs responsabilités sur le dossier libyen.
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a formulé l’espoir qu’un vote sur la Libye interviendrait au Conseil de sécurité de l’Onu « pas plus tard que jeudi ».
Le colonel Kadhafi ne s’exprime pas directement sur ces sujets dans l’entretien avec Le Figaro.
Il exclut en revanche d’imiter l’ex-président tunisien Zine Ben Ali et l’Egyptien Hosni Moubarak, qui ont quitté le pouvoir respectivement en janvier et en février face à la révolte d’une partie de la population.
« Me retirer de quoi? », dit-il. « Je ne suis que le guide de la révolution libyenne de 1969. »
« Je n’ai aucun rapport avec la politique et le pouvoir. Je n’ai donc pas de pouvoir à laisser. Je n’ai pas de poste à abandonner. »
Reuters



