QASSAMEN !

Chronique parue le 11 septembre 2003

Pour la mémoire des enfants scouts de Mostaganem souillée par vos dobermans, pour le cri de Sadaoui prolongé dans le râle de Massinissa Guermah, sur la tombe d’Ali La Pointe interdite à Taoufik Ben Brik, pour les années passées avec Saïd Mekbel, sur le mausolée de Sidi Abdelkader et pour le Zaccar du fer et des cerisaies, nous ne nous tairons pas. Vous m’avez pris le passeport et quelques journées passées dans des commissariats à regarder Dilem justifier une inspiration. Je vous plains de m’avoir laissé le reste, mes souvenirs et le temps de contempler vos affolements, piètres monarques à la recherche d’un rab de règne dans un pays que vous avez forcé au mépris, lui qu’insupporte la fatuité des petites personnes se méprenant sur ses indulgences. Massu n’écoutait pas El Anka et Aussaresses ne savait rien de la gasba, mais que n’avez-vous, à votre tour, suffisamment écouté la mélodie de Mustapha Toumi nous rappelant la peur des loups devant le lion même blessé, une vieille légende, sans doute, d’un ancêtre, roi d’Alger désarmé mais protégeant, avec une foi algérienne, Sidi Abderrahmane des appétits ottomans ? Vous n’êtes pas de ce pays, il est vrai, vous n’en savez ni la générosité ni la majesté, vous n’avez donc aucune idée de la futilité de vos complots. Ce pays vous a déjà répudiés. A vous voir cependant opposer tant d’arrogance à la clémence d’une terre rebelle, je crois bien que vous n’êtes d’aucun pays, intrigants apatrides que nul terreau ne revendique, mercenaires sans cause à la conquête perpétuelle d’une identité impossible. Il me revient à l’esprit la taquinerie qu’un confrère oranais s’est cru obligé de commettre à mon endroit, écrivant, avec un humour très approximatif, que le directeur du Matin, interdit de quitter le territoire national, risque d’attraper la conjonctivite. C’était prêter à la conjonctivite des pouvoirs de cécité supérieurs à ceux de la lâcheté : mon vénérable confrère, avec des yeux sains, n’a rien vu du calvaire de Sadaoui, de la prédation organisée par le cercle d’Oujda, de la rapine et des émirs émiratis invités par nos dirigeants à tuer notre faune et à faire prostituer nos femmes. Puis je me suis rangé à cette idée que notre journaliste était victime des apatrides. Enfant du Zaccar, dans cette Miliana où je passais par la maison natale d’Ali La Pointe pour regagner mon école, enfant du Zaccar j’y ai vu des Marocains l’arpenter à la lumière d’une lampe incertaine, ouvriers mineurs chargés d’extraire le minerai au péril de leur vie, des hommes au regard digne des fils du Rif. Ils ont peuplé mon enfance, ces Marocains gueules noires et je plains mon confrère oranais de n’avoir connu, lui, que des Marocains à la sale gueule. C’est une ignorance mère de tous les pédantismes. Je lui sais toutefois gré de s’inquiéter pour mon passeport à la place de mes enfants élevés par leur mère, fille de Bab El Oued, dans la tradition de toujours partager le sort que leur réservent les choix de leurs parents quand ils savent qu’ils sont justes. Bab El Oued, à quelques mètres de la tombe de Sid-Ali Benmechiche, le collègue de leur mère à l’APS, premier journaliste criblé de balles en un octobre 88 qui a vu nos mères commencer à pleurer pour leurs fils.

Pour Sid-Ali nous ne nous tairons pas.

Qassaman !

Pour les années passées avec Saïd Mekbel, Amar Ouagueni et Kheïreddine Ameyar, pour Tahar et Dorban, pour les martyrs de la profession à qui nos plumes doivent d’avoir survécu au doute, pour la mémoire des enfants scouts de Mostaganem souillée par vos dobermans, pour la cité de Kaki devenue celle de Si Affif et pour le gaouel forcé au silence éternel, Alloula qui ne reviendra plus et Medjoubi qui n’accompagnera plus Sonia, pour Alger de Zinet que vous n’avez pas connue et pour Momo dont vous ignorez les mots, pour Agoumi dévitalisé par l’exil et pour les rimes de l’exil de Cheikh Hasnaoui condamné au trépas insulaire, pour toutes les montagnes de mon pays, celle de Baya léguée par Meddour, mon Zaccar où le GIA a remplacé les cerisaies, l’imposant Djurdjura de Abane et de Matoub, l’Ouarsenis de Bougara et les fiers Aurès de Ben M’hidi ; sur la tombe d’Ali La Pointe que vous avez interdite à Taoufik Ben Brik, pour Abdelhak Benhamouda qui vous regarde rire avec Abassi Madani et pardonner aux assassins de Bentalha, pour Moufdi Zakaria et le M’zab de nos ancêtres, qassaman, nous ne nous tairons pas !

Comment pouvez-vous prétendre à la paix des plumes du vivant de Djamal Amrani quand le poète vous a vus, de la main qui pendit Ben M’hidi, étrangler le téton dénudé qui allaita sur la terre berbère, de jeunes dieux et de vieux rêves ?

Nous ne nous tairons pas.

Pour le cri de Sadaoui prolongé dans le râle de Massinissa Guermah, pour l’honneur du supplicié réhabilité par Bachir Hadj Ali pardonnant à ses tortionnaires, pour Embarek embrassant les mineurs de mon Zaccar, pour le fils du pauvre que nous fûmes avant que Mouloud Feraoun ne fasse notre portrait, pour la galette solitaire, repas l’année de la gale, pour Boualem le mécano mort au maquis à 17 ans, pour les gavroches de Tizi vous condamnant à l’infamie pour la postérité, pour la guernina que vous n’avez jamais mangée, pour les bacheraf qui nous ont bercés, pour nos femmes humiliées sur cette terre pourpre, pour nos tombes creusées de nuit dans la forêt quand la haine sacrée suintait des tombes et des minarets, pour cette nuit dans la maison vide où Katia n’est pas rentrée et qu’il pleuvait sur nous les larmes des dieux qui pleuraient, pour les miracles partagés entre les poings levés et les pucelles d’Alger, pour la mer rendue à ses rades par le choix d’Ourida Meddad, par nos serments passés entre le sein et la main qui le caressait, Qassamen nous ne nous tairons pas, je jure sur ton sein que le lis a grandi, mandole rends-moi mes mains, c’est l’heure du combat. Et je jure que nos héroïnes séduites resteront nôtres quand vous les abandonnerez, que nous ne garderons de Zohra que l’épopée de La Casbah du commandant Azzedine et le goût du Vialar de mon grand-père, que de Khalida ne restera que l’image du bandeau sur un front rebelle. Vous n’avez rien à faire dans nos intimes dynasties. C’est comme ça depuis que les fleuves irriguent nos terres et nos orgueils, de la Tafna de l’Emir Abdelkader triomphant de Bugeaud au Chlef qui accueillaient les séguias de nos cerisaies. Interrogez les fleuves et les montagnes, Sidi Mcid et Sidi Lahouari, les nuits d’Oran à l’heure où pleure le banjo, les aubes où renaît l’honneur perdu d’El Murdjadjo, chante banjo mes siècles de sang et laisse pleurer les souvenirs. chante et n’oublie rien de la longue nuit des fils du figuier, interrogez les 3 000 cadres dont vous avez volé le bonheur de vivre, demandez aux veuves de Raïs et de Sidi Youcef, interrogez Sidi-Bouguedour et la dix-huitième mosquée, la brise rue de la Marine, le souvenir de Abane et l’honneur de la Soummam, la violette et l’aubépine que vous avez écrasées, celles que nous baptisâmes Amzal et Guermah, leurs cris jetés dans l’histoire, leur parfum qui embaume la patrie, Tkout et l’enfant arraché à la mère, Nedjma et tous nos amours interdits, Nedjma et l’oliveraie de Thala, Nedjma et le poing levé d’Icherriden, Nedjma et la fleur de Beni Douala…Interrogez Nedjma, interrogez Zhor Zerari Algérienne debout, ou les enfants des patriotes assassinés, ceux-là qui ont peur pour leurs pères à l’heure de la concorde, demandez aux mères des soldats morts à Sidi Ali Bounab, à Kenza qui pleure toujours son papa Lounès, demandez qu’ils se taisent à ces fils d’une Algérie à gagner…D’’une vie arrachée aux entrailles de la mort, nous existerons, nous graverons dans l’histoire l’amour de nos plumes égorgées et du voile déchiré nous libérerons les sourcils d’Alger. Et que brûlent les noms de tes bourreaux sur nos iris, tes bourreaux, patrie, en treillis, en costume ou en kamis, ceux qui, avec la lame du croissant, décapitèrent ta chair ou ceux qui, fils d’Oudja ou Judas aux galons verts leur tendirent la main, te poignardant du pacte de Lucifer, et leurs crocs sur tes seins, vendirent ton lait aux enchères… Nous ne nous tairons pas. Et qu’importe si la défaillance venait à nous surprendre, nos fils ont déjà gravé dans les lignes de leurs mains, le secret de nos femmes et la légende des peupliers ! Elle ne se trouve écrite dans aucun cahier, juste, un soir, dans les yeux de nos mères. Ils jurent déjà que nul ventre de cette terre ne sera assez grand pour vous protéger de leur colère. Vous avez perdu.

M.B.

Chronique parue le 11 septembre 2003 dans LE MATIN – Réactualisée le 14 septembre 2010

26 commentaires

  1. Merci pour cette magnifique Chronique, merci de leur dit que nous sommes et resterons debout.

    Merci de nous republier vos fameuses Chroniques du Matin car les sujet sont hélas toujours d’actualité.

    Merci d’avoir rendu hommage au enfants de l’Algérie, je rajouterai juste un et pas des moindre valeureux, Omar Toumi, le fameux OIASEAU BLEU.

  2. Et dire qu’il y’a des enragés de la repentance qui demandent des excuses à la France.!!!!De qui se moquent ils ? Quelle est le but de cette démarche ou plus exactement de mascarade qu’ils nous jouent à chaque fois qu’ils sont en mal d’arguments pour expliquer l’état plus que déplorable ce ce pays.La France a bon dos, je suis tombé par terre c’est la faute à Voltaire, je suis tombé dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau. Savent ils seulement que nous les Algériens de 2010, refusons de gober leurs mensonges, nous ne croyons plus à l’histoire biaisée de leur école sinistrée, nous n’avons plus confiance en leurs institutions délabrés, nous ne lisons plus leur presse aux ordres, en bref nous avons acquis un sens critique, en voyageant dans le monde, en côtoyant d’autres peuples, en scrutant ce qui se passe ailleurs, en lisant une presse plus crédibles, en regardant des chianes de télévision plus professionnelles, bref nous avons appris à séparer le bon grain de l’ivraie.Les enragés de la repentance devraient réviser leur, eux aussi leurs leçons, faire leur méa culpa, et commencer par balayer devant leur portes avant de dénigrer celle du voisin, juger les méfaits des islamistes criminels, leur demander de se repentir publiquement davant ce peuple laissé pour compte, humilié, marginalisé au point ou il est devenu personae non grata dans le monde entier, y compris dans un pays aussi misérable que l’égypte.Seule cette ouvre de salubrité peut faire retrouver à l’algérie un semblant de crédibilité internationale et du coup le respect que l’on se doit entre les états.Inutile de demander aux autres de se repentir tandis qu’on le refuse à ses citoyens qui ont soif de savoir ce qui s’est passé et se passe encore dans leur propre pays. Une question de logique élémentaire, pas plus.

  3. Les personnes citées dans ce texte ne sont plus de ce bas monde, la vie est faite ainsi, et le destin en decide. Pour moi la liste est plus longue, et je me permet de cité un seul nom Abdelkader Hachani que ce monde repose en paix.
    Un hommage ce n’est pas que des mots, ce n’est pas que des larmes, et ce n’est pas que des discours.
    Le premier novembre, le 05 juillet auusi sont grandement celebrés, beaucoups d’encre a coulé en hommage aux martyrs de la revolution. svp ou en est le pays apres 50 ans d’independance??????
    ou en est l’histoire de cette revolution???????? ou en est l’histoire de nos martyres???????? ou en est l’histoire de l’Algerie??????????.
    Un hommage ce n’est pas que des ecris. Le premier novembre, et le 05 juillet sont grandiosement celebrées en hommage a Boudiaf, a Ait Ahmed et aux autres, mais qui a assassiné Boudiaf????? ce n’est pas la France, qui a exilé Ait Ahmed?????? ce n’est pas la France. Un hommage ce n’est pas que des ecris, car les hypocrites ecrivent, pleurent, et celebrent un hommage. Le meilleur moyen de rendre hommage c’est avant tout de dire la verité rien que la verité et d’agir sincerement pour la memoire de ces martyrs.
    Les honneurs que nous reservent les hypocrites, comme les hommages qu’on nous rend, sont souvent accompagnés de propos mensongers debités sans egard a notre propre valeur, dans le but de nous tromper sur nous-meme. Les hommages rendus aux morts sont la parure des vivants. Le plus bel hommage que nous puissions rendre a un auteur n’est pas de rester attachés a la lecture de ses pages, mais plutot de cesser inconsciemment de lire, de reposer le livre, de le mediter et de voir au dela de ses intentions avec des yeux neufs, car l’hypocrisie, est un hommage que le vice rend a la vertu.
    Allah yerham koul el mouminines.
    Gloire a nos martyres.

  4. Cette chronique n’est autre que la preuve, l’illustration parlante d’un journaliste virulent et d’un écrivain de talent refusant de couber l’échine. Mohamed Benchicou a défié par sa liberté de ton et son style au vitriol ce pouvoir à une époque où il mettait à l’unisson tous les moyens pour asseoir sa dictature. Cette chronique, il m’est arrivé de la lire et de la croquer dans mes accés de solitude et de tristesse alors que son auteur était détenu deux ans durant à la prison d’EL HARRACH.Sans vouloir nullement le flatter, Benchicou s’est illustré par une résistance farouche contre le systéme. Résultat: il a perdu son journal, ses biens immobiliers à HUSSEIN DEY et a enduré un purgatoire dans les geôles du pouvoir. Sa lutte est frontale: il a choisi le camp des opprimés et accepté de se ruiner pour la démocratie. Son combat est noble: c’est un homme des grandes causes. A sa place beaucoup auraient choisi de rentabiliser au maximum le journal le Matin, quotidien francophone le plus lu et le plus riche en matière de publicité. Si Benchicou a voulu abdiquer, il l’aurait fait juste après qu’on ait suspendu le Matin pour le contraindre à s’acquitter de son dû envers les inprimeries. Au contraire, le Matin a repris et redoublé de virulence: que de scandales s’est-il acharné à mettre au grand jour tels les dossiers de SONATRACH, AL SHORAFA. Personnellement, je trouve que cette chronique qui m’a marqué est un chef d’oeuvre: Benchicou y a brandi toutes ses nobles causes. Avec sa plume remarquable, ce maître incontesté de la chronique a brillé non seulement par son verbe caustique que par son courage de s’adresser sans détour aux gouvernants. Franchement, je craque pour les souvenirs d’enfance qui sommeillent en lui et sa hargne sans égale. je suis complétement ivre lorsque je lis le passage:" intrigants apatrides que nul terreau ne revendique, mercenaires sans cause à la recherche perpétuelle d’une identité impossible.." Je tiens à lui rendre un vibrant hommage digne d’un homme debout, sincère et intégre qui s’est illustré sur ses pairs( les autres directeurs de publications en Algérie) par son attachement aux principes démocratiques plutôt qu’aux intérêts personnels. Il a de tout temps donné du fil à retordre au sérail alors qu’il aurait pu comme l’ont fait les opportunistes de tout bord, préférè se plier en quatre pour glorifier le systéme politique en échange de manne publicitaire. En lui faisant passer deux ans de prison, le pouvoir a cru pouvoir l’humilier, l’affaiblir: il n’en est rien puisqu’il est sorti en 2006 intact, grandi et plus déterminé à aller jusqu’au bout de son combat.Je tiens à lui exprimer toute ma gratitude pour l’audace littéraire et politique. On peut largement ajouter son nom à la liste des valeureux et nobles militants de la démocratie de ce pays. Beaucoup de ces chroniques me font palpiter mais" KASSAMAN", franchement me fait marrer et m’émouvoir. Bravo Benchicou pour tout, votre courage d’affronter nos despotes et cet héritage précieux ou ce butin de guerre que vous nous avez permis d’hériter à travers vos sublimes oeuvres journalistiques et littéraires. Mille fois, merci.

  5. Dites-nous ?, Dites-nous? ce que que vous n’avez pas pu faire pour sauver notre beau et cher pays parceque les crasses que vous ne cessez de faire nous les connaissons trop bien pour souffrir une nouvelle fois de les entendre et de les subir.Dites-nous le reste ? de ce que vous n’arrétez pas de chanter sur les toits pour redorer votre blason terni par le temps ? Dites-nous ce que vous feignez d’ignorer, sachant que le mal est en vous et que vous êtes là malgré tout comme le clou de Jeha ? Dites-nous que vous ne supportez pas que l’on vous souffle à l’oreille que le plus grand bien que vous pouvez faire à ce pays est de déguerpir sur la pointe des pieds pour nous faire oublier la dynastie des moins mauvais des mauvais. Dites-nous…

  6. J’ai toujours voulu remercier, l’immense Mr. BENCHICOU, le jour de la parution de cette chronique sur le Matin. Je n’ai jamais eu cette opportunité. Et bien la voilà. Merci, merci, merci! De m’avoir, à sa parution, fait pleurer, envahi que j’étais, par un sentiment où le plaisir et la rage s’entremêlaient, pour donner en son temps, cette sensation presque irréelle d’optimisme démesuré, qui confine à la volupté. Que de chemin a été parcouru, que d’eau a coulé sous les ponts. Le bateau est toujours à la merci des flots, plus que jamais. Prions Dieu qu’il ne coule pas. En tout cas, relire votre chronique une seconde fois, fut encore un grand moment de plaisir. Merci, « LES HOMMES », pour reprendre cette expression, chère à la jeunesse d’aujourd’hui, quand elle veut vanter la bravoure d’un homme.

  7. "Qassaman !" veut dire colonialisme arabe en Algerie amazigh! Il faut etre des vrais lobotomises pour continuer a perpetuer cette malediction!

  8. Très bel hommage aux enfants dignes de notre Algérie éternelle.
    Oh peuple Algérien, je t’interpelle!!! Qu’attends pour réagir avant qu’il ne soit trop tard.
    La mère patrie appelle au secours.
    Pour elle, soyons prêt à mener mère des bataille.
    Pour sa survie!!!!

  9. Très belle chronique qui flatte notre sensibilité et nous rappelle une certaine grandeur de notre pays avant que l’esprit du mal ne se soit confortablement installé. Néanmoins, elle nous laisse passifs devant le bateau Algérie qui coule, coule, coule. N’est-il pas utile pour nos intellectuels de créer un espace de réflexion pour tenter de comprendre pourquoi cette déchéance et comment reprendre le chemin du redressement ?

  10. Benchicou c est pas madani amer et tout l ecole au ordres qui s en etait suivi…j ai l impression d entendre une chonson de matoub en lisant cette poesie en prose d un authentique revolutionnaire dont les seuls phrase qui lui ressemble etrangement sont celle de bachir hadj ali mais ou sont les Algeriens et ou sont les revolutionnaires pas les revoltes d un moment…notre pays est au fin fond du fond et nous restons tous des "observateurs" impuisssants. Un jour viendra ou tout va changer radicalement, comme chantait fehat le communiste :ayaraw guidhan, atskhelsem ayen thetcham" traduction:" fils de chiens, un jour vous allez payer ce que vous aviez manger-voler-" kamel si marikane ouggafa New York USA

  11. Permettez-moi de vous adresser ce POÈME
    Ne pleure plus Algérie, ne pleure plus et souris,
    Malgré toutes les blessures marquantes que tu as subies.
    Malmenée durant des siècles sans jamais te résigner,
    Tu as été un exemple de courage pour la Méditerranée.

    Tu as été désirée pour ta chaleur et tes immensités,
    Pour ton ciel bleu que tu offrais en guise charité.
    Tu protégeais tes enfants du mieux que tu pouvais,
    Mais, telle une mère affaiblie, tu ne faisais qu’approuver.

    Tu voyais tes enfants souffrir de toutes les infâmes bassesses,
    Et tu ne faisais que pleurer de tes larmes pures de tristesse.
    Le colonialisme a fait de toi sa maîtresse pendant cent trente ans,
    Et tu as toujours refusé les promesses d’un mariage tentant.

    Le 1er novembre 1954, la décision de le libérer a été prise,
    Tes enfants ont accepté de mourir pour que tu ne sois plus une soumise.
    Ils ont pris les armes pour faire valoir leur droit d’être libres en toute saison,
    Et, durant sept ans, ils ont résisté à cette guerre noble pour nombre de raisons.

    Le 5 juillet 1962, tu as recouvré ta liberté et ta beauté était sur tous les visages,
    De ces femmes, de ces hommes et de ces enfants qui ont cru en toi avec rage.
    Ton indépendance a suscité des ambitions chez ceux qui voulaient t’hériter,
    Ils ont vite ignoré la sensibilité que tu couvais pendant des siècles de cruauté.

    Telle une mère aimante, tu croyais à tout ce qu’on te disait pour t’amadouer,
    Tu laissais faire en pensant que tous tes enfants profiteraient de ta bouée.
    Des années passèrent et tu ne faisais que pleurer car meurtrie de mensonges,
    Tu ne voulais pas voir tes enfants s’entretuer à cause de ces partages étranges.

    Tes enfants ont grandi et ne cherchaient plus à t’écouter, et ils ont souillé ta mémoire,
    Croyant qu’ils allaient sortir riches et grandis de leur éphémère gloire.
    Les autres t’ont imposé le bâillon que tu as refusé pendant des siècles de prison,
    Sans te renier, tu résistes en brandissant tes valeurs avec fierté et passion.

    Ne pleure plus Algérie, ne pleure plus et souris de bonheur,
    Tes enfants ne t’ont pas abandonnée et ils te chantent en chœur.
    Le chant des sirènes est terminé depuis longtemps et ils ont compris,
    Compris dans la douleur de l’âme que rien ne vaut la mère-patrie.

    MOHAMED MÉCHOUAR
    Auteur des livres : Victime et coupable, Le feu de la braise, Le récit de ma mère
    À la mémoire de mon père assassiné par l’OAS le 25 mai 1962 (À ce jour l’attentat n’est pas reconnu)

  12. J’ai beaucoup aimé cette ode à l’amour et au courage, sous toutes leurs formes, dont Mohamed Benchicou nous régale.
    Nos jeunes n’ont vraiment rien à craindre pour leur avenir car au delà des mots et fléaux qui minent aujourd’hui la societé algérienne, ils pourront les transcender en s’inspirant des paroles et des actes des différentes personnalités qui ont porté, chacune dans son domaine, ce pays au firmament des nations.
    Grâce à Dieu leur liste est longue et celle des prédateurs insignifiante meme si ces derniers s’attachent depuis 1999 à généraliser leurs moeurs et pratiques immorales.

    J’ai aussi particulierement aimé le long passage consacré à la femme algérienne, à laquelle Benchicou rend un vibrant hommage pour le role qu’elle a joué, joue et jouera au sein de notre societé sans reperes crédibles.

    Je voudrais signaler à cette occasion l’hommage qui a été rendu à la femme algérienne dans l’article :"Tant qu’il y aura des femmes", publié par R. dans son blog :
    http://decoeuracoeur.centerblog.net

  13. Azoul.
    Et si on publiait des faits avec des noms de personnes impliquées.Cela servira à les dénoncer, les ternir à notre tour et enfin qu’ils se regardent dans "notre miroir". Pemiere question :qui gouverne reellement l’Algerie? On dit que c’est le gééral "Toufik", avec un autre "homme d’affaire", qui est il’
    Dites nous tout! instruisez nous sur ce qui se trame.Il y a pourtant de "belles histoires" à conter. Merci et bravo à Monsieur Benchicou le rebelle.
    Amicalement Twiger

  14. Au frère M.AMEZIANE MECHOUAR.
    Merci à toi de nous avoir gratifiés avec ce poéme porteur d’un message d’espoir. " LAZEM ASSIREM ADYILI"( il faut absolument que l’on garde espoir) n’a cessé d’entonner Matoub le rebelle lequel n’a jamais peur de défier selon ses mots" un monstre à deux têtes: l’intégrisme religieux et le pouvoir algérien. Merci frère de tempérer ainsi l’atmosphère à la tendance alarmiste de ce forum avec ta pointe d’espoir. Notre pays est malade de tous les maux c’est vrai mais narguons ensemble les difficultés pour imposer un changement en bien. Nos aieux ont, eux, consenti le sacrifice par leurs précieuses vies: à nous de continuer le combat de la démocratie sur la même lignée quye nos valeureux martyrs. Nous n’avons juste qu’à oser.

  15. Inspiré par Abane Ramdane, écrit par Moufdi Zakaria, l’hymne national Qassamen, symbolise la lutte du peuple Algérien en lutte contre le colonialisme l’oppression, l’asservissement, un rappel a la France, qui a renié ses engagements, d’octroyer l’indépendance aux pays Africains après la 2eme guerre mondiale. c’est aussi un serment fait a ceux et celles qui on sacrifiés leurs vies pour libérer le peuple Algérien, un engagement pour l’édification d’une Algérie juste et démocratique.Non pas une Algérie
    de mal-vie, de corruption, de et d’in
    justice.chenoud

  16. @ Mohamed Benchicou. Permettez-moi de vous rejoindre en vous dédiant, à vous et à tous les hommes et toutes les femmes du Matindz épris de liberté, les paroles de cet autre poète que vous connaissez bien, car je le sens présent rien qu’en lisant le début de votre appel de coeur! «  Liberté. Sur mes cahiers d’écolier, Sur mon pupitre et les arbres, Sur le sable sur la neige, J’écris ton nom. Sur toutes les pages lues, Sur toutes les pages blanches, Pierre sang papier ou cendre, J’écris ton nom. Sur les images dorées, Sur les armes des guerriers, Sur la couronne des rois, J’écris ton nom. Sur la jungle et le désert, Sur les nids sur les genêts, Sur l’écho de mon enfance, J’écris ton nom. Sur les merveilles des nuits, Sur le pain blanc des journées, Sur les saisons fiancées, J’écris ton nom. Sur tous mes chiffons d’azur, Sur l’étang soleil moisi, Sur le lac lune vivante, J’écris ton nom. Sur les champs sur l’horizon, Sur les ailes des oiseaux, Et sur le moulin des ombres, J’écris ton nom. Sur chaque bouffée d’aurore, Sur la mer sur les bateaux, Sur la montagne démente, J’écris ton nom. Sur la mousse des nuages, Sur les sueurs de l’orage, Sur la pluie épaisse et fade, J’écris ton nom. Sur la vitre des surprises, Sur les lèvres attentives, Bien au-dessus du silence, J’écris ton nom. Sur mes refuges détruits, Sur mes phares écroulés, Sur les murs de mon ennui, J’écris ton nom. Sur l’absence sans désirs, Sur la solitude nue, Sur les marches de la mort, J’écris ton nom. Sur la santé revenue, Sur le risque disparu, Sur l’espoir sans souvenir, J’écris ton nom. Et par le pouvoir d’un mot, Je recommence ma vie, Je suis né pour te connaître, Pour te nommer Liberté. »

  17. merci mr benchicou.anerz wala anekhnu.ah si toutes les mamans algriennes savaient lire, les pauvres, elles pleureraient des oceans.

  18. Je suis vraiment désolée et chagrinée de ne pouvoir participer à vos délires poétiques dans les moments pénibles et extremément difficiles à venir pour la majorité de la population. Ces pamphlets brillants certes, par la beauté des mots, l’authenticité des évenements et des personnages qui demain constitueront la véritable Histoire du pays. écrits avec amour et rage pour decrire le naufrage d’un pays, sombrant dans le trou noir de l’Argent facile, l’Argent roi, par un Homme courageux qui poursuit son combat admirable, mais sans issue car les jeux sont faits, la partie et perdu d’avance, mais engagé par ces convictions jusqu’au dernier souffle. Evidemment nous sommes fiers de cette petite minorité, acceptant les sacrifices, la torture morale et physique, pour faire triompher les idéaux démocratiques. Mais combien sont-ils et que représente cette poignée devant la masse inerte, incapable d’avoir un comportement d’un humain rationnel et raisonnable, produit d’un lavage de cerveau systematique digne de l’époque du KGB. Cette masse que constitue le peuple, dépourvue des moindres valeurs civiques, utilisant les instruments similaires a ceux qui les ont détruit depuis longtemps, comme la violence verable et physique, la haine de soi et de sa communauté, le vol à grand échelle comme moyen de gagner sa vie, dénigrement et critique de son voisinage, les complots et trafics multiples comme stratégie d’accés à l’Argent. Parmi ce peuple, rares sont ceux qui ont la conscience tranquille, qui vivent effectivement et réellement des revenus de leur travail, combien d’Algériens qui sont devenus subitement et rapidement riches, peuvent-ils justifier les fortunes collossales accumulées durant moins d’un mandat?. Sincérement, depuis une trentaine d’années, la descente aux enfers continue inexorablement et personne ne peut arreter cette dégéneresence des hommes et des institutions de l’Etat et du pays. La mission est absolument impossible!!. Trop de bonne volonté laminées, trop de compétences exilées et définitivement, ils ne reviendront jamais sauf temporairement pour prendre leur part du pétrole. trop d’élites ou simplement classe moyenne, vidées par la bétise ambiante et se refugiant dans le silence, le combat est bien entendu inégale. Que reste-il encore en 2010, pour donner l’espoir d’un changement, je me rappelle en 1992, une phrase de Ait Ahmed, qui suppliait les décideurs de ne s’engager dans la violence, disant que l’Algérie est parti pour une guerre de 100 ans. Il n’avait pas tort, seulement les moyens de cette guerre qui changent avec le temps, maintenant les conflits sont à l’interieur des familles, entre voisins d’un quartier, entre collégues de travail. La Paix civile (non pas la paix militaire) a foutu le camps depuis longtemps. Ce peuple admirable des années 70 ne reviendra plus jamais, Arrétez de vous illusionner en vous donnant bonne conscience, en vous disant que rien n’est encore perdu, que la gouvernance change avec les hommes, mais en pire, car la jeunesse qui prendra le gouvernail du pays, qui lui a donné la formation et les clés, qui a formaté le cerveau d’un Algérien pour réfléchir toujours de travers et vers le négativisme?.
    De ces jeunes aujourd’hui, qui deviendront des hommes demain, se poseront la question de savoir comment certaines personnes, anaphabétes, incultes, violentes ont réussi a amasser des fortunes extraordinaires (milliards DA et devises, villas somptueuses, véhicules luxueux) juste aprés avoir exercer un mandat de 4 années facilement et simplement sous étiquette d’un pseudo parti révolutionnaire ( pour moi c’est le parti des voleurs)à titre de président APC, chef de daira, wali etc. Comment expliquer a cette jeunesse dont les parents ne sont pas malins, qui ont fait confiance aux institutions de l’Etat et aux hommes qui les dirigeaint, qui ont fait confiance a l’Administration et aux hommes qui "se servaient" au lieu de servir les Administrés, c’est-à-dire les citoyens, qui ont fait le serment QUASSAMAN comme le mentionne M. BENCHICOU de toujours défendre l’interet general de la population, le droit des citoyens, la justice avant toute chose. Car dans tous les pays du monde, le véritable Etat se construit sur une véritable JUSTICE, sans justice point d’espoir. Dans l’avenir il existerait une jeunesse qui posséderait toutes les richesses du pays, qui se transmettra par héritage, celle la est véritablement intelligente. l’autre qui héritera la misére de leurs parents fiers, intégres, honnetes, instruit, diplomé, etc mais qui crévera de faim, cette derniére maudira ces parents, refusera tout l’heritage et se mettra en marche pour la valise ou le cercueils. J’ai honte de regarder mes enfants dans les yeux, sachant l’avenir que leur réserve ce pays, cela bien entendu entiérement de ma faute. Comment indemniser les hommes qui ont construit ce pays, par leurs compétences intellectuelles, par sacrifices pour lui assurer un devellopement, qui ont aimé ce pays plus que leurs familles et leurs poches? comment expliquez moi comment justifier l’INJUSTICE?.Un Algérien lambda

  19. ah mon ALGERIE! Je t’aime, c’est pour ça que je continue à rever de voir un jour tes enfants se lever comme un seul homme avec l’envie de changer les choses.

  20. Rendez hommage a Matoub en remplacant QUASSAMAN par THAGHOUROU.
    Merci

  21. Tu y crois, toi à cette indépendance? -Bien sûr que j’y crois. Tans mieux, tant mieux. tu es donc prêt à crever pour elle. crève, la tête haute, frère algerien. Toi, paraît-il, tu n’y crois pas, traître ? Hélas ! Non, je n’y crois pas.Crève donc, traître algerien, la tête tranchée ou presque.extrait du livre de Mouloud Feraoun l’anniversaire.Histoire d’amour entre un algerien et une francaise. Si Moh, vous savez que je suis le seul à avoir planter la Garnina dans mon jardin ici en Baviere ? si un jour vous seriez de passage à Nuernberg M’rahba Bik, un couscous Bavarois à la Garnina le vrais sidi-aderrahmane pas loin de Tenes en allant vers Mosta..même notre héros Monsieur Sadaoui qu’il soit le bienvenu. Mon pere me parlait beaucoup de Miliana cette jolie ville où il avait passer son sevice militaire en 1942. pendant la revolution il était Mousabel, même torturé en Kabylie à l’epoque de Massu, mais il n’a jamais voulu demander une pension de Moudjahid. Il a toujours dit "Ana Chelfi ouala nsitou".

  22. azul fellawen,
    merci pour ce long ome, condense renferme beaucoup de symboles… de valeurs…cest vraiment un tableau.comme ahourou…et d’autres poemes de qualite.on aimerait les voir un jour entre les mains de nos ecoliers, de nos enfants.merci l’artiste… que la memoire restera intacte.tanemirth ar timlillith.

  23. POURQUOI ES CE QU’IL Y A QUE LES KABYLES ET LA KABYLIE QUI RESISTENT…LES AUTRES NE SONT ILS PAS ALGERIENS???????

  24. bonne nouvelle!
    air peut etre fait l’embarguo sur el hedjaje algeriens qui ont souffert le martire .
    une semaine complete sans boire, sans manger si c’etait pas les gens mouhsenines qui ont donné leur aide humanitaire, apres la catastrophe de ghaza c le tour des pauvres algeriens, une femme qui meurt a cause d’un arrét cardiaque car elle etait trops fatigué bref allah yarahmek ya boudiaf vous etes pas mort pour rien c les fruits de votre assassinat
    ce pseudo air peut etre qui controle le ciel algerien le shikour de lablad gerrer par la mafia politique, la mafia financiere, le peuple ne peut rien faire, rien dire seul imploré au bon dieu qui doit faire une modjiza

  25. Azul/salam;ainsi tout n’est pas perdu pour mon "pauvre pays";savez-vous "Si Moh"(ça vous rapelle quque chose?)que je vous cherche chaque été lors de mes courts-et néanmoins réguliers-voyages chez nous? (il est vrai que je me cantonne à ma seule wilaya-natale- de V’Gayeth(Bejaia);C dire s’il a y a de chances de vous y voir);pourriez-vs, à propos, me signifier via mon adresse e mail ci-jointe quand(en été, ou/et à l’Aid el Adha prochain)risquez- vous de vous y trouver?(au fait ce n’est pas pour vous "chercher des noises", au contraire).amicalement votre.Adam

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