L’historien français Benjamin Stora a dénoncé hier, la campagne menée contre le film «Hors la loi» du cinéaste Rachid Bouchareb.
Dans un entretien accordé à l’AFP, Stora estime que «le refus d’assumer la guerre d’Algérie est très mal vécu par une part importante de la société française, aujourd’hui: il faut donc l’affronter». Pour l’historien français «il y a toujours eu une très grande difficulté à faire figurer l’Autre, l’ancien indigène du temps colonial, dans le cinéma français. Cette absence est manifeste, tant dans le cinéma de divertissement où l’on reste dans une représentation exotique de l’Autre, que dans le cinéma de dénonciation du colonialisme des années 60, où l’on ne montre pas le combattant d’en face.
Dès que celui-ci commence à agir par lui-même, cela devient problématique ». Bien plus proche qu’une lointaine colonie comme l’Indochine ou un simple protectorat comme la Tunisie, l’Algérie formait trois départements français et «était considérée comme la France », rappelle-t-il. De ce fait, précise Benjamin Stora, la séparation « n’a quasiment pas été représentée à l’écran comme la résultante de la volonté d’indépendance des Algériens. Elle a plutôt été vue comme le produit d’une trahison ou d’un abandon par les Français». Ainsi, précise-t-il, des événements tels que les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en 1945, ne figurent pas dans le cinéma français, même de manière elliptique, c’est un véritable trou noir.
Avec onze autres personnalités dont sept historiens, Benjamin Stora a signé un texte dénonçant la «campagne» contre «Hors-la-loi» menée par le député de droite Lionnel Luca (UMP) qui sans l’avoir vu, a taxé le film de « négationniste», l’accusant de «falsifier» l’histoire. Des associations de harkis, d’anciens combattants, de pieds-noirs ainsi que l’extrême droite, se sont aussi indignées. Le député s’est fondé sur un bref rapport rédigé par le service historique du ministère de la Défense qui relevait «erreurs» et «anachronismes» dans un scénario provisoire. Pour les pétitionnaires, «le travail d’un réalisateur n’est pas celui d’un historien et n’a pas à être jugé par l’Etat ». De son côté Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, commentant les polémiques qui ont éclaté avant même le début du festival sur certains films dont celui de Rachid Bouchareb, a émis l’espoir que la projection à Cannes de ces films recentrera le débat sur les qualités et les défauts du film, et s’éloignera du procès d’intention. «C’est le cas du film de Rachid Bouchareb, que personne n’a encore vu et sur lequel circule une fausse information». Cette fiction, dira t-il, ne relate pas les événements de Sétif du 8 mai 1945, c’est une saga qui commence dans les années 1930 et se termine en 1962. «Je sais bien que Cannes est une telle chambre d’écho que la tentation est grande de l’instrumentaliser pour s’y faire entendre, mais il est temps, dans ces deux cas, d’apaiser les discussions et d’attendre, pour les reprendre, que les films incriminés soient vus».
Le Festival de Cannes déroule mercredi son tapis rouge aux cinéastes du monde entier. Parmi les films les plus attendus figurent les dernières productions des Américains Woody Allen, «You will meet a tall dark stranger » et Oliver Stone «Wall Street 2». Mais c’est un film qui a provoqué le plus fort avis de tempête sur la Croisette : quatre ans après le sacre des acteurs «d’Indigènes» qui avaient reçu un prix d’interprétation collectif, la venue du cinéaste franco-algérien Rachid Bouchareb avec «Hors-la-loi» a suscité la polémique.
Ce long métrage suit, de la fin des années 1930 à l’indépendance algérienne en 1962, le destin de trois frères à travers les tumultes de l’histoire franco-algérienne. Une douzaine d’intellectuels ont réagi en dénonçant le «retour en force de la bonne conscience coloniale». Une polémique qui rappellera des souvenirs au cinéaste de la Nouvelle vague Jean-Luc Godard qui, à 79 ans, présente, hors compétition, son Film «Socialisme». Son film «Le Petit Soldat », tourné en 1959, avait été interdit jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie, en 1963, et un député nommé Jean-Marie Le Pen, qui n’était pas encore leader de l’extrême droite française, avait alors exigé l’expulsion du cinéaste suisse.
Source : Q.O.




En France, il existe encore les dividendes du nostalgique colonialisme representé dans la société française par l’extreme droite, à leur tete Lepen qui a perdu un oeil durant la guerre d’algerie;les harkis, les traitres de leurs freres algeriens, comparables aux anciens colaborateurs pendant la seconde guerre mondiale;et enfin les pieds noirs qui ont perdu leurs privilèges, considérés comme citoyens de premier collège qui exploitaient jadis les indigènes.Les remords les font parler;ne les écoutez pas, ils sont minoritaires dans la société française d’aujourd’hui.
pourquoi polemiquer pour rien alors que meme le pouvoir algerien n’est pas tres chaud pour la diffusion de ce film.l’illegitimite la corruption etc l’empechent de prendre position car certaians n’ont pas ete acteurs de l’histoire et plutot usurpateurs.le pouvoir prefere ne pas se prononcer par lachete et fait le dos rond comme a son accutummee en attendant que l’orage passe.le peuple a la memoire courte ne reagira pas de sitot.les gouvernants le savent.
Ce qui se passe entre les Algeriens et les Francais ressemble beaucoup a ce qui se passe entre les Kabyles et les Algeriens. C’est la haine de soi(la haine des ses origines) qui anime cette discorde entre des freres de sang. Car ignore que les Francais et les Algeriens sont tout aussi Berberes (Amazighs) que les Kabyles???
Merci Benjamin Stora pour cette interventio digne des grands hommes. Ce Lionel Luca, député de l’Ump, doit normalement laisser la politique et s’aligner du côté des anciens de l’OAS. Concernant le film, le réalisateur n’a fait que relater des faits historiques. Pourtant, tout les français savaient que les Nord-Africains ont beaucoup contribué pour lutter contre le nazisme et le fascisme. En outre, les tirailleurs Nord-Africains ont fait plus que ce qu’on attendait d’eux pendant les deux guerres mondiales. Malgré tout ce qu’ils ont donné, on n’a pas pri en cnsidération leurs faits d’armes et on les a toujours considérés comme des bicots. Rappelons-nous des massacres de Kherrata, Guelma et Sétif pour mieux analyser la mentalité coloniale qui considère le colonisé comme un sous-homme nommé indigène. Ce député de l’extrême droite, nommé Lionel Luca, doit comprendre que le négationnaisme s’applique à ceux qui ont applaudi les crimes contre l’humanité. Lui, en critiquant un film qui défend l’humanisme, peut être clssé dans le clan des fscistes.
Mes sentiments sont compliqués à l’égard de l’Algérie. Il est clair que malgrès les horreurs du passé, nous continuons à l’avoir dans le ‘sang’. Je veux dire que l’Algérie ne sera jamais pour nous un pays comme les autres même si des fois on se dis que ça pourrait être mieux comme ça avec votre choix de l’arabité. On dirais que vous vous acharnez à reculer souvent avec votre doctrine d’un autre age qui tue dans l’os toute initiative. Aussi, bien sûr on a pas oublié qu’on a été rejeté à la mer. C’est pour ça que c’est un sujet très sensible pour nous, un peu comme les juifs. Il y a de plus en plus de nos concitoyens (d’origine algérienne le plus souvent) qui éprouve le besoin de faire la lumière sur cette partie pas très glorieuse de notre histoire.
Vous vous trompez mon cher ami. Benjamin Stora est beaucoup plus algérien qu’historien français. C’est un digne fils de Khenchela. Il a prouvé par le passé son patriotisme et son amour pour le pays. Au Maroc où il a séjourné lors d’une année sabbatique à l’institut de Jacques Berque de Rabat, il était traité sous l’appellation de l’espion algérien. Un jour justice te sera rendue Benjamin.
Oui, mr Benjamain Stora "Il faut affronter son passé".Seulement on ne peut affronter que ce qu’on connait déjà.Hélas l’histoire de algérie n’est vraiment connu que par des gens de votre rang et non par le peuple algérien.
De 1954 à nos jours, ceux qui se présentaient comme les "Talleyrand" d’hier, ont falsifié, brisé et replâtré les diffèrents pans de notre histoire et se présentent aujourdhui comme des "Brutus" à qui tout échappe, hormis quelques rares témoins, contrains probablement au silence. Une simple question? Sommes-nous seulement capables, aujourdh’ui de nous débarasser des tabouts qui entourent cette histoire tumultueuse et passer tout au peigne fin? Et là, on pourra entamer peut-être le vrai débat.
Salut à tous sans oublier les journalistes du site"Le Matin".
TAZRORT.
Mokrane-09 2010, Ta discertaion devrait être considerée comme une image totalement incontestable que l’Algèrien d’aujourd’hui se devrait de garder à jamais dans sa plus profonde mémoire. Je t’en félicite et te prie de croire à ma sincère cordialité-Doudou