Réponse de Said Sadi : Pourquoi Amirouche vous empêche-t-il de dormir plus d’un demi-siècle après sa mort ?

La dernière sortie du segment noir du MALG et l’intervention d’un universitaire que je ne connais pas dans Le Soir d’Algérie confirment la prémice annoncée par les premières réactions qui ont suivi la publication du livre sur Amirouche : le débat n’aura pas lieu. Comme le parcours du colonel de la Wilaya III a croisé celui de nombreux acteurs de la guerre, on peut supposer que d’autres accès plus ou moins éruptifs vont apparaître prochainement non pas pour commenter le livre, ce qui serait normal et bienvenu, mais pour protéger des positions par la censure ou la désinformation.

Pour l’instant contentons-nous de relever qu’il y a un grand émoi dans la basse-cour : l’ouvrage aura déjà eu le mérite de faire sortir du bois les rentiers de la mémoire confisquée.

Commençons par l’universitaire.

La tentative de contenir certains excès n’échappe pas à la marque de fabrique propre au boumedienisme compulsif. L’homme du 19 Juin a laissé son empreinte chez ses ouailles : en politique on ne discute pas, on n’écoute pas, on affirme. Qararna. Pour Monsieur Mebroukine, le doute sur le livre est instillé dès le départ, dès lors que j’ai publié mon livre en avril 2010 ! Lorsque nous ferraillions avec nos amis du PAGS «soutiens critiques» de Boumediene à l’université à la fin des années 1960 et au début des années 1970, il y avait une réaction invariable à chaque fois que nous, les contre-révolutionnaires «redjâiyin » soulevions ou dénoncions un abus, y compris sur des sujets aussi consensuels que la violation des franchises universitaires : c’était toujours au moment où quelque chose «de vital pour la révolution» allait se produire que nous, les alliés de l’impérialisme, avions le malin plaisir à nous exprimer pour gêner la réalisation «des tâches d’édification nationale». Un jour notre intervention se faisait comme par hasard le lendemain de la visite du chef de l’État dans une ferme pilote de la Révolution agraire ; une autre fois les mauvais génies que nous étions n’avaient rien trouvé de mieux que de critiquer une réforme de la Faculté de médecine, dont on paie aujourd’hui les frais, à la veille de l’offensive vietnamienne du Têt…

Depuis, heureusement ce folklore a été dissous dans le fleuve de l’histoire.

Mais voilà donc que Monsieur Mebroukine, inconsolable boumedieniste, découvre avec une rare pertinence que j’ai publié mon livre un mois d’avril 2010, ce qui ne saurait masquer une intention maléfique qui, heureusement, n’a pas échappé aux cartomanciennes du boumedienisme posthume. Comme je n’ai pas pour habitude de faire dans l’approximation ou le sousentendu en politique, je mets à l’aise notre inquisiteur. S’il fait allusion à la concomitance du trentième anniversaire du Printemps amazigh, le mieux eût été de le dire clairement. J’estime aujourd’hui plus que jamais qu’Avril 1980 est un évènement majeur de l’Algérie indépendante et qu’il reste l’une des plus belles traductions de Novembre et de la Soummam dont, par ailleurs, il faut reconnaître à Monsieur Mebroukine la lucidité d’avoir évalué la portée de l’évènement à sa juste mesure, même si Boumediène s’est employé à en réduire la portée.

De la culture de l’homme de l’État

Sur le fond, on se perd en conjectures sur les motivations et les intentions de Mebroukine. Pour lui, et cela ne souffre aucune discussion, Amirouche est un chef de guerre qui n’a jamais dépassé les limites de sa wilaya. Exit les missions des Aurès, de Tunis ou la réunion des colonels dans le Nord-Constantinois. Oubliés les financements accordés aux wilayas en difficulté, évacuées les notes et propositions sur les prises de position politique, sur la communication, la diplomatie, la formation des cadres ainsi que les menaces de l’armée des frontières et du MALG sur l’Algérie d’après guerre… Tout cela a beau être rappeler dans le livre avec documents à l’appui ne saurait faire dévier la culture du boumedieniste qui veut que le but d’une intervention n’est pas de démontrer mais de vérifier un présupposé indépendamment des faits. À l’inverse d’Amirouche, Boumediène est un homme d’État auquel on aurait attribué injustement «deux prétendus coups d’État en 1962 et en 1965» ! Il se trouve que d’autres pensent qu’un chef d’État qui déclare devant la télévision que les habitants «de Kabylie sont des racistes (âunsuriyin) et des séparatistes (infisaliyin) » ne peut prétendre à la qualité de responsable ; car, quand bien même serait-il sincèrement convaincu d’une telle assertion, ce qui serait tout de même assez désastreux, le moindre des reflexes d’un dirigeant, à peu près averti de la chose politique, c’est de se retenir, s’agissant de propos ayant un tel potentiel de déflagration dans un pays nouvellement indépendant. Il se trouve également que des Algériens, sans doute un peu naïfs, pensent qu’un homme qui séquestre les restes de deux héros de la guerre de libération est moralement et politiquement disqualifié pour prétendre à la responsabilité suprême. Quant aux choix économiques, sociaux et culturels retenus depuis 1965, nous en mesurons les conséquences au quotidien tant dans la performance de notre système éducatif que dans notre indépendance alimentaire. Reste l’aspect polémique de l’écrit. Toujours aussi sûr de lui, Monsieur Mebroukine décrète qu’il est interdit de critiquer Boumediène dans la mesure où mort depuis 32 ans, il n’est plus de ce monde pour se défendre. Il se trouve que j’ai combattu Boumediène de son vivant et qu’au cas où cela ne saurait pas Amirouche, sur lequel se déverse tant de fiel, est mort depuis plus longtemps… et plutôt deux fois qu’une. En disant cela, je sais que je ne risque pas d’ébranler Monsieur Mebroukine : le boumedieniste n’ayant que des émetteurs et jamais de récepteurs.

De l’instrumentalisation de l’Histoire

Reste l’inévitable couplet sur la Bleuite où l’obscénité le dispute au sadisme. Là encore, M. Mebroukine s’amuse. Son approche aussi spécieuse que morbide. Il nous explique que les 6000 victimes données par le MALG et le duo Godard-Léger sont excessives mais le chiffre de 350 retrouvé dans les archives algériennes et notamment celles de la Wilaya III est insuffisant. En comptable agréé, M. Mebroukine tâte, sous-pèse et délivre sa vérité : il coupe la poire en deux et décide qu’il y a eu 3 000 victimes, coupables et innocents confondus. Que dire devant tant de légèreté ? La Wilaya III comptait environ 9 000 hommes à la mi 1958. Cela voudrait dire qu’un homme sur trois a péri en quatre mois ! Mais quand on a dit et écrit qu’Amirouche a été à l’origine de l’affaire Melouza alors qu’il se trouvait en Tunisie, pourquoi s’embarrasser de scrupules. Cependant, le plus navrant dans les interventions qui ont suivi la parution du livre sont les attaques politiciennes et l’immoralité à laquelle elles renvoient. Monsieur Mebroukine déplore une évidence : pourquoi ai-je confirmé le fait que Chadli a mis un terme à l’ignominie de Boumediène en donnant une sépulture décente aux colonels Amirouche et Haoues alors qu’il m’a emprisonné. Plus loin, Monsieur Mebroukine me propose un deal. On ne parle pas de la séquestration mais je te confirme que les colonels Amirouche et Haoues ont été donnés à l’armée française par le MALG. On s’arrange. Tu oublies Boumediène et je t’aide à enfoncer Boussouf. À part ça, c’est moi qui instrumentalise l’histoire. Que peuton opposer à un universitaire qui intervient dans un débat avec des intentions aussi obliques ? Passons sur les falsifications factuelles. Nous avons soutenu «la candidature de Bouteflika en 1999» — dont Monsieur Mebroukine a animé la campagne électorale — alors que nous avions appelé au boycott de cette élection au motif qu’à l’époque il n’y avait même pas possibilité d’obtenir le P-V de dépouillement au niveau des bureaux de vote. Notre intégration au gouvernement fut conditionnée par l’engagement public du chef de l’État d’engager toutes les réformes qui fondent notre programme. Mais l’horreur tombe quand Monsieur Mebroukine déclare que nous en sommes sortis en invoquant «le prétexte » des évènements de Kabylie. Des dizaines de morts exécutés de sang froid par un corps d’élite de l’armée sans que le moindre jugement ne soit rendu à ce jour serait «un prétexte». Il y a des lapsus lourds de sens. Quel crédit peut-on avoir en versant des larmes de crocodile sur les victimes de la Bleuite et réduire à un prétexte un acte politique dont je m’honore et qui aura marqué la vie politique algérienne autant sur le plan éthique que pédagogique. Mais sans doute n’était-ce là que des victimes issues d’un cheptel qui n’a que le droit de mourir. Elles ont en quelque sorte rempli leur mission. J’ai pourtant essayé de traiter dans mon livre de ce conditionnement avec les terribles travers qui le sous-tendent assignant à la Kabylie la vocation de martyre. Il faut croire qu’il y a des fantasmes tellement intériorisés qu’ils en deviennent consubstantiels de l’âme d’une bonne partie de l’encadrement algérien, quelle qu’en soit l’origine régionale. Je me suis laissé dire qu’indépendamment de son adoration pour Boumediène, il était arrivé dans le passé à Monsieur Mebroukine d’être mieux inspiré.

Aura-t-il été libre de son propos ou comme cela se dit ici et là, a-t-il été, pour des passifs mal soldés, sommé de descendre dans l’arène ?

Je ne saurais le dire.

Venons-en à la deuxième sortie signée par Monsieur Benachenhou.

Il en est du MALG comme du cholestérol

Soyons clairs. Il ne s’agit pas d’une rechute. Le texte est rédigé par le segment noir du MALG qui n’a pas du tout apprécié sa laborieuse mise au point faite l’avant-veille dans Le Soir d’Algérie. Il a donc dû endosser une mixture archéo-KGB de ses collègues.

Causa nostra en Algérie

D’entrée et pour qu’il n’y ait pas de malentendu sur l’école, l’agression est signée il y a trois jours.

1) Ceux qui n’appartiennent pas ou ne se soumettent pas au diktat de la causa nostra sont des régionalistes.

2) Il faut réhabiliter Messali.

3) Amirouche le sanguinaire a prolongé la guerre.

4) Il est interdit de parler de la séquestration des ossements des colonels Amirouche et Haoues et des milliers de victimes de l’été 1962 et d’après.

J’adresse cette réponse à ces agents mais surtout aux centaines de citoyens et d’anciens maquisards qui m’ont appelé pour me témoigner leur solidarité et exprimer leur répulsion après la prose qui leur a été infligée. Il en est du MALG comme du cholestérol. Il y a le bon MALG et le mauvais MALG, comme il existe le bon et le mauvais cholestérol. L’Histoire a souvent vérifié le phénomène : dans les révolutions mitées par le populisme, le pire prend toujours le pas sur le meilleur. Des centaines de jeunes cadres algériens se sont engagés pour la libération de leur pays. Ils se sont retrouvés à leur corps défendant impliqués dans une machinerie qui les a épuisés dans un fonctionnement quasi carcéral dont l’essentiel des objectifs était, non pas de former les cadres pour l’Algérie indépendante, mais de structurer une pieuvre qui a détourné, à partir de 1958, l’essentiel des énergies et des compétences pour paralyser l’activité militaire et politique du pays au bénéfice d’un régime dont on subit aujourd’hui encore l’abus et les dégâts. On imagine l’apport de ces jeunes au pays s’ils avaient été organisés et orientés pour des tâches de développement national. Voici ce qu’écrivait Amirouche à propos du MALG quelques semaines avant de se diriger vers Tunis : «Désirons que jeunes envoyés par les wilayas soient orientés sur plusieurs branches : Nous envoyons des jeunes à l’Extérieur pour les faire profiter et les préparer à des tâches qui serviront mieux l’Algérie de demain. Or, nous apprenons que la plupart sont dirigés vers les Transmissions. C’est là une façon de ne pas porter de considération à des choses que nous jugeons en toute sincérité dans l’intérêt de l’Algérie. Nous aimerions qu’à l’avenir ces jeunes soient orientés sur d’autres branches, sans évidemment négliger les transmissions.» À chacun ses priorités.

Quand l’hôpital se moque de la charité

Reprenons les arguments de ce segment du MALG. La secte qui dénonce le régionalisme a littéralement colonisé les institutions du pays, à commencer par la plus importante : le gouvernement où treize membres d’une tribu confisquent la quasi-totalité des ministères de souveraineté. Un de ses plus éminents membres vient de révolter ONG et partenaires canadiens en bloquant un financement destiné à promouvoir la protection de l’environnement au motif qu’il concerne la wilaya de Tizi-Ouzou. Ce financement ne coûte pas un centime à l’État, il a été initié par l’APW de Tizi-Ouzou, relayée par le PNUD qui a aidé à contacter les autorités canadiennes. Pour éviter les rétorsions insidieuses, l’APW de Tizi-Ouzou a accepté de partager en deux le financement en associant la région de Boughezoul au projet sans que celle-ci ait entamé la moindre démarche. La réaction des affaires étrangères est claire : ou le financement est affecté dans son intégralité à Boughezoul, ou il sera bloqué. Comme on le voit, le MALG et ses tentacules institutionnelles ou occultes sont des patriotes raffinés peu suspects de régionalisme. S’agissant du cas de Messali, je suis, pour ce qui me concerne, favorable à tout débat. À condition qu’il y ait débat. Mais vous ne pouvez pas vous émouvoir des victimes de la Bleuite en Wilaya III dont vous feignez d’ignorer qu’elle a concerné toutes les wilayas et occulter les milliers de morts engendrés par le MNA. Ces victimes ne sont ni le fait d’une infiltration de l’ennemi ni une réaction à chaud. Elles sont tombées sous les balles d’agents consciemment engagés dans un combat contre les organisations nationalistes. Du point de vue moral, une donnée fondamentale vous échappe messieurs : il y a une différence essentielle entre l’erreur et la faute.

Pour autant, je ne serai jamais de ceux qui nieront le fait que Messali fut un des premiers artisans de la lutte pour l’indépendance.

Je ne cherche pas à taire Melouza mais vous conviendrez, vous qui avez toujours contrôlé l’information et voulu façonné l’opinion, que le fait de sous-traire à l’histoire le massacre de Wagram dans l’Oranie au cours duquel il y eut hélas autant de victimes qu’à Beni- Ilmane (Melouza) pose problème. Le déchaînement contre Amirouche et l’abus des manipulations des informations que vous triturez ont un avantage. Ils dévoilent votre responsabilité dans sa première et sa deuxième mort.

En reprenant à votre compte les informations de l’armée française, vous confirmez la connivence qui liait l’ancienne puissance coloniale à ceux qui refusaient l’État démocratique et social de la Soummam. La souveraineté économique, bradée aujourd’hui dans des scandales dont les dossiers offerts au public sont loin d‘être les plus préjudiciables, a des origines de plus en plus claires. Je ne suis pas un partisan de l’histoire complot ni un amateur de la paranoïa qui renvoie sur l’étranger les méfaits de nos erreurs. Mais force est de constater qu’au regard de la configuration tribale du pouvoir et de ses conséquences sur le potentiel national que ceux qui, résignés à l’indépendance, vous ont aidés à prendre le pouvoir en 1962 soit directement, soit en facilitant l’élimination de vos adversaires, n’ont pas perdu au change. Pour couper court à vos spéculations, il est bon de livrer au lecteur la position d’Amirouche sur la Bleuite : «Réclamons entrée urgente commission d’enquête : la Wilaya III a reçu lors de la découverte du complot “bleu” un télégramme de félicitations. Nous protestons contre cette méthode. Nous aurions été flattés d’avoir reçu des félicitations après enquête et rapport établi par une commission d’enquête envoyée de l’Extérieur, ou formée de cadres étrangers à notre wilaya… Nous nous élevons contre cette confiance exagérée qui peut nous causer beaucoup de préjudices. En effet, qu’un règlement de compte vienne à ensanglanter la Wilaya III ou toute autre sous couvert de “complot” et il serait pour le moins choquant qu’un télégramme de félicitations vienne sanctionner une telle purge. L’interprétation d’une telle réaction ne pourrait s’expliquer que par une manœuvre malhabile en vue de “tenir” un homme ou un comité et d’essayer d’en faire un objet docile. Nous voulons pour respecter l’organisation et l’esprit de la révolution que de telles manœuvres destinées à introduire des méthodes de corruption et de chantage soient vigoureusement bannies.»

Le fantôme d’Amirouche

Pourquoi Amirouche vous empêche-t-il de dormir plus d’un demi-siècle après sa mort ? Parce qu’il représentait et représente toujours votre image inversée. Tant que l’on parlera d’Amirouche, on invoquera patriotisme, rigueur et transparence dans la gestion, solidarité nationale qui a pour souci la protection du plus grand nombre…Vous êtes de mauvais élèves sur ce dossier. À chaque fois que vous avez commis une agression contre le colonel de la Wilaya III, la manœuvre a été contre-productive. Cela ne vous empêche pas de continuer dans la forfaiture. Vous amputez les propos de l’historien Ageron qui traitait de toutes les erreurs de la guerre et pas uniquement de la Wilaya III et vous manipulez les déclarations d’Ali Yahia pour lequel vous trouvez brusquement toutes les vertus alors qu’à ce jour, il n’a pas pu récupérer son cabinet à cause de vos sbires. Le nombre de victimes dont il parlait portait sur toutes les erreurs commises par le FLN. Sans le renier explicitement, vous présentez l’information comme si elle ne devait concerner que la Wilaya III. Enfin vous déclarez sans vergogne que le colonel Amirouche a prolongé la guerre en affaiblissant la Kabylie. De deux choses l’une ; ou la guerre de libération a été menée par le MALG et le front du Mali, et à ce moment on voit mal en quoi le poids de la Wilaya III aurait été d’un quelconque poids sur le cours de la guerre. Ou Amirouche a construit une wilaya exemplaire et alors votre férocité à en réduire l’envergure est une escroquerie intellectuelle et une hérésie politique. Votre aveuglement vous joue de mauvais tours. En déclarant qu’Amirouche n’avait pas le droit de réunir les colonels de l’intérieur, vous dévoilez les véritables raisons qui vous ont amenés à commettre la trahison qui lui a coûté la vie. On peut lire dans un rapport d’Amirouche daté de janvier 1959 ceci : «Aimerions que relations radio soient directes entre wilayas afin de régler des questions urgentes. Aujourd’hui, les relations radio entre les wilayas doivent passer par la voie hiérarchique. Bien que ce système soit rapide, il est préférable que les relations directes entre les wilayas s’établissent. Ainsi, une affaire urgente et nécessitant des explications ne doit souffrir aucun retard.» Boussouf s’est bien gardé de libérer les liaisons entre les wilayas.

En se rendant à Tunis, Amirouche voulait avec les colonels de l’intérieur peser sur les orientations politiques d’un GPRA miné par les dissensions en l’invitant à se consacrer à la lutte armée. Pour ce faire, il fallait mettre un terme à toutes les structures qui dévoyaient énergies et intelligences dans les intrigues d’après guerre. L’armée des frontières et le MALG, quelles que soient leurs opposions ultérieures étaient les deux freins du FLN/ALN en 1959. C’est bien ces deux structures que le colonel Amirouche et ses amis devaient contenir en faisant rentrer les troupes des frontières et en ramenant à un service de renseignement contrôlé par le pouvoir politique le MALG. Il y a une dimension surréaliste dans votre logorrhée. Vous qui avez fait de la torture, des enlèvements, des assassinats et de la corruption une culture d’État avant et après l’indépendance, vous trouvez assez d’audace en 2010 pour charger Amirouche de toutes vos perversions. Tant d’impudeur démontre une chose : tant que le pouvoir reste ce qu’il est, l’Algérie ne connaîtra ni paix, ni justice, ni progrès. Autres choses : ne vous fatiguez pas à envoyer vos messages et autres menaces de mort. Pour deux raisons. Je vous en sais capables. Elles ne servent à rien. Je ne parle pas la langue de la maffia. Dernière information : que les citoyens sachent que l’indisponibilité du livre est due au fait que les imprimeurs disposant de rotatives réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires avec le ministère de l’Education nationale. Il leur a été signifié que s’ils produisaient l’ouvrage consacré au colonel Amirouche, ils risquaient de perdre les marchés de l’État.

Nous sommes tenus de travailler avec des artisans garantissant un travail de qualité.

La deuxième édition sera dans les kiosques à partir du 20 mai. Merci pour la compréhension de tous.

Said Sadi

32 commentaires

  1. tout ce que saadi viens de dire et une pure verite et je vs soutient mr saadi et je salu votre courage

  2. Gloire a nos valeureux Martyrs..

    Soyez en paix, vous qui avez défondu l’Algérie Algérienne et non l’Algérie Egyptienne ou souviètique..
    Gloire a vous, qui, sans aucun complexe avez défié la première puissance mondiale.

    Dans la poubelle de l’hisoire les usurpateurs de notre identité, les faux moudjahidine, l’armé des frontière des 3 B.

    Gloire a Ben Mhidi, Krim, Abane, Amirouche, Khider, Didouche…..

  3. Si si boumedienne et bouteflika ont participé à la guerre de libération, les militaires français se souviennent encore de leurs courages, le premier au MAROC le second au ……MALI, pauvre peuple

  4. Le vraix probleme qui reste NON DIT est: les kabyles ne doivent pas avoir accès au pouvoir, ni à la force de la memoire. Les araboislamistes et les arabistes representent deux faces de la meme monnaie: ils s’alternent pour eviter que l’identite’ de cette soit la reference culturelle et politique. Voilà pourquoi Abane est traité de traitre par des presidents de ce pays. Qu’Amirouche rentre dans les cas de droit comun et…Ait Ahmed auquel on meme proposé de déchoir de la nationalité algerienne: VIVEMENT ALORS UN ETAT KABYLE!

  5. voila une verite historique quant a boumedienne il a eu une mort horrible pour ces crimes crapuleux allah est là mm boutef, zerhouni, kafi, belkhadem l’iranien ils paieront bientot pour leur haine contre les kabyles!!!!!!!vive le mak et le ffs

  6. Said Sadi SVP continuez à écrire sur l’histoire et sur tout le malaise qui ronge notre société algérienne, il faut écrire sur la corruption et son engrenage, il faut écrire sur la souffrance du peuple algérien, il faut écrire sur l’antikabylisme exercé par un clan d’arab-baathiste qui ont nié leur identité et trahi nos ancêtres les berberes (Imazighen), il faut écrire sur l’incompétence de notre gouvernement à gérer notre pays, il faut écrire sur l’integrisme qui ronge notre société et que chaque jour notre societé recule de 50 ans en arriere..il faut érire il faut ecrire il faut ecrire….et ne jamais s’areter d’ecrire N’écoutez les panarabistes de ali kafi, mourad benchehou et toute la clique qui ont confisqué l’indépendance du peuple et ils l’ont privé de gouter au bonheur de la liberté et de l’independance.

  7. Tanmirt a mass Benchikou i yellin taburt i umeslay, yerna ttwali&-tt d tajmilt i gma-k deg umennu& &ef tugdut mass ARGAZ d WAWAL Said Saadi
    La lutte pour la democratie vous a reuni messieurs Bechikou et Saadi et inchalah nous vivrons cette democratie asedduqi si MONTREAL canada

  8. Il faut dire a ce manipulateur qui a ecrit cela que son message est raciste et mensonger. Le peuple kabyle denonce le regime colonial et terroriste arabo-islamo-pillard d’Alger (d’Oujda) qui a confisque l’independance de tout ce territoire amazigh nomme Algerie pour en faire une colonie egyptienne et saoudienne arabo-islamo-mahometane. Oui, le peuple kabyle connait bien ses ennemis. Il s’attaque au regime nazi arabo-islamiste d’Alger—qui nous prive depuis plus de 50 ans de nos patronymes kabyles (amazighs), de notre existence, de notre langue kabyle, et de notre culture kabyle—et aux serviteurs criminels de ce regime. Par ailleurs, le peuple kabyle agit evidemment avec la raison, contrairement aux colons (je dis bien colons) nazis arabo-islamistes qui veulent faire de la Kabylie une colonie allaho-momoho-arabe. Ces connards au service de ceux qui colonisent et l’Algerie et la patrie kabyle ne sont que des ennemis de la liberte et de tous les peuples du monde. Oui, il sont des barbares. Car tout arabophone, kabylophone, amazighophone, ou algerianophone qui prive notre peuple de sa liberte et qui participe a son extermination par l’arabisation, l’islamisation, et la terreur par les armes et les propos sont nos ennemis. Les Algeriens qui sont pour les droits humains de notre peuple amazigh kabyle sont nos freres, mais les Algeriens qui marchent avec le pouvoir colonial arabo-islamo-nazi pour nous priver de notre liberte et pour erradiquer notre existence en tant que Kabyles amazigh de notre terre ancestrale sont et resteront nos ennemis a jamais. On ouvre pas les bras a sa propre mort. Les anti-Ferhat, anti-MAK, et anti-GPK sont des antikabyles, des antihumains et des anti-algeriens a l’instar du pouvoir colonial et pillard mahometo-nazi pour lequel ils bossent.

    C’est aussi clair que l’eau de roche non ?!

  9. Ne vous tracassez pas Mr Saadi bien que je ne vous aime pas je salut votre courage.l’Algerie est pleine de harki lesquels Amirouche aurait exécuté aprés l’indépendance.mais méfiez vous comme même.on a tous vu ce qu’est devenu le Juge Mellouk pour les avoir dénoncer.

  10. Tout ca c’est tres beau Mr. Saadi.
    Ou bien vous etes naif ou bien vous prenez les kabyles pour les plus grand naifs de la terre.
    Avec tout ce que vous dites dans cet article, quel pretexte trouvez-vous pour vous opposer au projet du MAK>

  11. Mr Sadi aurait-il perdu jusqu’au sens de dignité pour réveiller en lui cet aspect de dictateur qui a fait que de nombreux cadres du RCD étaient oblige de rendre le tablier mais sans se soumettre à son dictat.
    Se prend-il pour un saint dont les paroles doivent être bues avec extase et soumission mais jamais sans commentaire et surtout pas une remise en cause.
    Pour un faux politicien il passe à un faux écrivain je n’ose pas histo-rien.
    Il peut se rappeler son parcours de président du RCD qui lui permettait d’être reçu là l’ex colonisateur a sa descente de l’avion et bénéficier du salon d’honneur Parisien, mais aussi d’imposer au peut de cadre RCD ses idées qui ont menés le RCD a la dérive
    Mr Sadi l’histoire s’écrit avec le respect des faits et des acteurs qui l’ont vécu qu’ils soient vivants ou morts. On ne manipule pas l’histoire pour régler ses comptes.
    Vous avouez pour un faux démocrate avoir ferraillé avec le PAGS ? Vous être comporté en contre révolutionnaire et allié de l’impérialisme ?
    «Lorsque nous ferraillions avec nos amis du PAGS «soutiens critiques» de Boumediene à l’université à la fin des années 1960 et au début des années 1970, il y avait une réaction invariable à chaque fois que nous, les contre-révolutionnaires «redjâiyin » soulevions ou dénoncions un abus, y compris sur des sujets aussi consensuels que la violation des franchises universitaires : c’était toujours au moment où quelque chose «de vital pour la révolution» allait se produire que nous, les alliés de l’impérialisme, avions le malin plaisir à nous exprimer pour gêner la réalisation «des tâches d’édification nationale»
    Désolé je m’arrête là il m’est difficile de vous suivre vous changer tellement de veste que je bais plus qui vous êtes. Une fois vous êtes du DRS, une autres fois allié de l’ex colonisateur, une autre fois encore un prisonnier d’opinion, encore une fois au service de Rebrab qui vous paye votre Mercedes et vos salaires… vous êtes beaucoup de chose a la fois et peut être rien du tout.

  12. ALLAH vous garde et vous protège Doc. SADI, ..vous faîtes parler les Ratons comme Kafi et consorts, ..en tout cas, comme à l’accoutumée, quand vous dîtes une chose, ça fait toujours mouche, en 1985 vous avez dit au procureur : " dans 3 ans vous tirerez sur la foule " c’est ce qui fût en 1988 ! en 1991, vous aviez eu le courage d’affronter Abbassi Madani et lui avait lancé comme un défi : " vous n’aurez pas le Pouvoir, ..nous vous en empêcherons ", ..ils ne l’ont pas eu, …et ne l’auront jamais ! en 2009, d’un des sièges de l’APN, vous avez lancé au clan de Oujda : " à nous l’histoire, ..à vous les hydrocarbures ", ..en moins d’une année, nous constatons où l’Algérie en est arrivée grâce aux tenants de l’Histoire, et aux tenants des Hydrocarbures ! Merci, Doc.Sadi pour votre "baçira", un don de ALLAH qui ne la donne pas à n’importe qui, …vos vues ou votre vision retiendra toujours l’attention des Vrais Algériens, ..tout au moins la mienne !

  13. La machine à broyer du Kabyle est mise en branle depuis la crise berbériste de 1949 et continue à marcher de nos jours. Assassinats, intox, exile, prison, kidnapping, isolement, … tout est bon pour étouffer le Kabyle et la Kabylie, source de la conscience, du militantisme et de la contestation.

  14. Je ne suis pas un intellectuel comme vous. Je pense même être moins intelligent que vous. Sans complexe aucun. Et quand j’écris en français ou en arabe je fais beaucoup de fautes. Mais tout de même une question me taraude l’esprit. Comment, yerham babak, vous avez eu cette facilité de publier et de vendre votre livre en Algérie, alors que pour les livres de Benchicou et Sansal ont été saisis manu militari. Pour le cas de Benchicou, on a même vu des libraires interpelés! Ça me rappelle la création de votre parti avant la loi autorisant les partis politiques. Sincèrement, je crois qu’un jour vous devrez kameme nous éclairer sur toutes ces facilités qui vous sont accordées. "On ne collabore pas avec le mal" disait Ghandi. Moi, je vous dis qu’on ne collabore pas avec le mal impunément.

  15. àAbdelkrim qui se pose des questions sur les facilités qu’aurait eu Sadi pour la parution de son livre. je crois que c’est la même facilité qui lui avait répondu à son appel du 4 janvier 1992, quant à l’arrêt du processus éléctoral. il a été entendu par des Algériens qui porte leur Pays dans le coeur, ..et non dans la poche. que ALLAH garde Ces Algériens qui font partie de l’Algérie qui avance, …et ils sont partout…dans le monde. j’éspère que tu es convaincu

  16. de toute les façons vous saviez mr saadi que les opposants à votre projet allaient encore vous taxer d’agent de je ne sais qui;france, imperialisme …et j’en passe…je vous demande moi simple citoyenne de continuer le combat tout comme BENCHICOU merci à tous deux d’etre ce que vous etes .le débat que vous imposez fait sortir des terriers bouillonants de s personnages inodores et incolores .bravo pour la mémoire d’AMIROUCHE

  17. Mille bravos au Dr Saïd Sadi pour avoir cassé le tabou sur l’invulnérabilité de la secte d’Oujda au pouvoir depuis 1962 par leur coup de force contre le légitime GPRA.C’est la panique dans le clan et ni les Benachenhou ni les Mabroukine ni même Ali Kafi n’y pourrons rien.Le Peuple Algérien sait maintenant que pendant que les patriotes combattaient le colonialisme à mains nues, les Boussouf, les Boumediène et consorts planqués au Maroc préparaient la prise du pouvoir aprés l’indépendance qu’ils savaient toute proche.Tous ceux qui pouvaient leur faire de l’ombre ont été assassinés avant et aprés l’indépendance.C’est triste et cette secte a fait trop de mal à ce pauvre pays en politisant la religion, le régionalisme et tout ce qui peut leur servir pour rester au pouvoir.Le Docteur Sadi a le mérite d’avoir mis à nu les pratiques déloyales de cette secte.

  18. Vous étiez ou M Saïd Saadi ! Quand M .Amirouche lui il êtes au premiers rond entrain de faire la guerre au français, je ne comprend toujours pas pourquoi vous aviez pris tout ce temps la pour sortir cette histoire. Pour moi ce que Amirouche ou Boumediene ou n’importe qu’elles moudjahid ont faite ca porter fruits l’Algérie a été libérer. le problème ce pose maintenant vous faite quoi pour sauvé l’Algérie d’ailleurs je comprends toujours pas comment votre parti survie, qui le subventionne n’ spas le vieux ennemi de l’Algérie, elle sont ou vous principe sois disons de moudjahid vous manger avec le loup vous pleurer avec le berger, vous aviez eu de la chance que votre chemin na pas croise celui de Amirouche il vous aurai trancher la gorge.

  19. Cher internaute @Abdelkrim, tu te fourgues dans des élucubrations abracadabrantes. On dirait que tu n’a aucun argument à défendre. C’est dommage car tu as une belle plume.

  20. @Amirouche. Avant de demander a Said SADI ou il etait quand Amirouche etait au premier rond durant la Revolution, tu aurais du chercher d’abord l’age qu’il avait en ce moment pour eviter de tomber dans le ridicule. Et tu aurais du encore chercher de quelle famille vient-il, avant de rabacher les memes refrains de ceux qui veulent brouiller les pistes pour noyer la verite sur leurs roles durant la revolution. Quand aux leches c… qui sont en train de les defendre de peur de perdre les priviliges qu’ils ont eu grace a leurs maitres, la majorite des Algeriens savent qu’ils sont comme la queue d’un coq, elle se courbe tjrs du cote d’ou le vent souffle. nb: S.SAID est ne le 26 Aout 1947.

  21. la bleuite continnue. Elle est meme devenue plus cruelle et plus stupide. Personne ne veut connaitre la verite. tout le monde veut tuer tout le monde. Sadi et Mehenni meme combat.

  22. à AMIROUCHE pour qui l’emploi du temps de SADI semble plus important que la recherche de la vérité, je conseille de changer son pseudo actuel, en "KAFI", s’il veut rendre un hommage quelconque à l’un ou l’autre de nos valeureux Martyrs !!!

  23. Mr sadi, je ne suis pas d’accord avec votre politique algérianiste mais je vous salue du haut ma montagne pour votre livre sur Amirouche que les ennemis de l’Algérie ont assassiné 2 fois..
    Vous avez su faire sortir les marmottes de leur trou pour mieux nous les faire connaître.
    Les qq spécimens que nous avons eu à lire (eh oui, en 2010 les marmottes savent lire et écrire)nous ont livré leur poudre de perlimpinpin pour mieux nous aveugler comme nous sommes depuis 50 ans immunisés contre leur son de cloche qui sent le mensonge et la diversion nous ne risquons rien sinon prendre notre revanche.
    Laissons nos bonimenteurs toujours causer faire diversion.

    Mr SAADI, Votre prochain livre doit être écrit sur la conspiration de l’armée des frontières d’ouja mali et tunis pour nous livrer tous les secrets de la trahison et ainsi boucler la boucle sur nos baathistes la famille révolutionnaire de criminels.
    Que la vérité leur éclate en plein tronche !!!
    Qu’ils disparaissent à jamais!

  24. Monsieur Sadi n’arrive pas à avaler que la PAGS et le MDS tombent toujours juste et voient les choses avant tout le monde. Monsieur Sadi ne veut pas que Ferhat lui raffle l’electorat kabyle. Monsieur sadi veut faire trés mal à Khalida Toumi parce qu’elle a refuser de lui obeir dans son eloignement du pouvoir. c’est cela qui le fait courrir bark.

  25. Question 1 : N’est-pas Dr Said Saidi (DR-SS) qui a dit que "n’a pas de peuple"! Il juste de "Ghachi", traduit "poupulace"! Une déclaration du Pauvre Dr Histoire le lendemain des élections de 1991?

    Question 2 : N’est-ce pas DR-SS qui a aidé boutef le dictateur à s’installer au pouvoir avec ses amis "les régionalistes" memebres des loges d’Orient?

    Questions 3 : N’est-pas DR-SS qui a refusé le soutien à la lutte des démocrates lors de la publication du livre de "L’imposture" de Benchicou?

    Question 4 : N’est-pas le Dr-SS qui a accepté la création du RDC avec le soutien du DRS pour affaiblir le FFS d’un géant politique comme Ait-Ahmed?

    Réponse : Si Amirouche était encore viavant, il serait le premier à fusiller le DRS-S et consort, agent franc-maçon!

    Juste un algérien qui refuse le complot

  26. Ce livre, que j’aimerais, Ô combien, avoir entre les mains pour en savourer le contenu, a au moins le mérite de faire sortir de leurs "tanières luxueuses" les "Graaands Révolutionnaires"… Attention, Docteur Sadi, après le Sieur.Kafi, applaudit par "l’empastillé" ( le contraire m’aurait étonnée d’ailleurs..), après celui que vous citez..En voilà un autre qui a déjà aiguisé ses "incisives"… Personnellement, je me délecteet j’en redemande !! Je vous adooooore, grand frère!!

  27. Au Matin.Je vous prie de publier mon témoignage pour l’Histoire.

    Touché comme beaucoup par la mort du Colonel Amirouche, un étudiant gréviste, élément du MALG comme beaucoup au Maroc, toujours vivant, m’avait fait part d’un rapport passé entre ses mains.
    1°/- La mission de l’armée des frontières est de s’opposer « coûte que coûte » à la construction des « barrages électrifiés aux frontières Algéro-Marocaine et Tunisienne», mais aussi pourvoir en armement les maquis de l’intérieur. Dès qu’un piquet est planté le matin par l’ennemi avait dit le Colonel Amirouche, votre rôle est de le détruire la nuit sinon, l’Algérie sera asphyxiée, l’issu de la guerre de libération compromise.
    En effet, le manque d’armes se faisait ressentir, surtout dans les wilayas éloignées des frontières (III et IV) et ce n’est ni par le désert ni par la mer que les armes pouvaient être acheminées. Un simple bon sens. (Je connais un parent maquisard qui en 1957 n’est resté que quinze jours « degw madaγ- le maquis», n’ayant eu qu’un vieux fusil de chasse déglingué qui rejetait plus de poudre vers l’arrière que vers l’avant, à qui on avait donné l’ordre de regagner le village « ufuγ-is- son engagement», n’étant pas éventé durant cette courte période. Des Moudjahidines encore vivants peuvent témoigner de la chose. La situation était telle qu’on ne faisait que se cacher, les déplacements réduits m’avait-il dit. Même manger était devenu difficile tant la pression sur les villageois était grande (voir les déclarations du Capitaine Si Lamara de la wilaya III après l’indépendance) .
    2°/ Devant cette situation catastrophique, le Colonel Amirouche avait aussi dit en patriote que trop de gens étaient « stationnés aux frontières », qu’il fallait renforcer les maquis, et surtout les équiper en armes.
    Une promesse lui avait été faite lors d’une première intervention : « améliorer la situation, procurer des armes, remédier à la chose». Il y avait eu même un remaniement dans le commandement, l’EMG (Etat Major Général) : Mahmoud Cherif, comme Ministre de l’Armement, nomination du Commandant Kaci…tout un remaniement facile à retrouver dans l’histoire (Archives Nationales d’Outre-mer :29 Moulin de Testa, 13090 Aix-en-Provence. Tout ceci sur le plan strictement militaire qui intéressait le Colonel Amirouche car par ailleurs il y avait des dissensions politiques qui commençaient à transpirer, être nuisibles.
    Ne voyant rien venir des frontières, aucun changement, le Colonel Amirouche avait entrepris un (autre ?)voyage en Tunisie pour éclaircir la situation.
    Naïvement, il prononcé un mot de trop en se rendant à Tunis : « An ruheγ akw nekfuγ » (Je vais venir vous exterminer). Des promesses en l’air, une situation difficile, Amirouche qui par ailleurs n’avait fait exécuter aucun appelé ennemi prisonnier (j’ai eu la confirmation d’un ami agent de liaison entre la Wilaya III et la Wilaya IV qui avait été détenu avec moi par les parachutistes, ) avait de quoi être en colère. Pour comprendre tout ceci, on ne peut détacher la mort d’Amirouche du contexte de l’époque : les barrages électrifiés qui vont déterminer jusqu’à la situation même de l’Algérie actuellement. Par soucis de l’Histoire, pour comprendre la situation, voici ce qu’écrivait Guy Pervillé dans la revue Panoramique le 5 février 2007 à propos de ces barrages et des conséquences:
    Pour une histoire de la guerre d’Algérie : La ligne Morice en Algérie 1956-1962.
    « De tout temps, des hommes « civilisés » ont cru pouvoir vivre durablement à l’abri de la menace des peuples « barbares » en s’entourant de murs ou d’autres lignes fortifiées. La Grande Muraille de Chine et le limes romain, presque contemporains, en sont les meilleurs exemples. L’Afrique du Nord a vu les Romains construire sur son sol, à la limite du territoire cultivable et du désert, le limes, alignement de fortins jalonnant un obstacle continu fait d’un mur et d’un fossé propres à décourager les incursions des nomades berbères insoumis. Quinze siècles plus tard, en 1840, le maréchal Valée avait, lui aussi, entrepris la construction d’un obstacle continu de même type, pour empêcher les cavaliers arabes de l’émir Abd-el-Kader d’attaquer les environs d’Alger (collines du Sahel et plaine de la Mitidja), occupés et colonisés par les Français depuis moins de dix ans. Mais le gouvernement préféra suivre l’avis du général Bugeaud, partisan de conquérir et de coloniser l’Algérie entière pour en faire une nouvelle province française.
    Au XXème siècle, l’art de la fortification se modernisa. En Afrique du Sud, pendant la guerre des Boers (1899-1901), les Anglais inventèrent l’utilisation militaire du fil de fer barbelé pour protéger des blockhaus, et pour les relier entre eux, afin d’entraver la mobilité des commandos boers. En Afrique du Nord, à la frontière égypto-libyenne, les Italiens construisirent en 1931 un obstacle de 270 km de long pour empêcher les résistants libyens de se réfugier en Egypte et d’en revenir ou d’en recevoir des armes. Celui-ci était constitué de plusieurs épaisseurs de réseaux barbelés (dont certains auraient été électrifiés), longés par une route de contrôle reliant des forts ou des fortins communiquant par téléphone et par radio, et trois aéroports. Efficace contre un ennemi aux faibles moyens, cet obstacle ne servit à rien contre les unités blindées britanniques venant d’Egypte pendant la Deuxième guerre mondiale [1].
    En 1956, l’indépendance du Maroc et de la Tunisie obligea l’armée française à envisager une solution semblable pour faire de l’Algérie un champ clos. En effet, la coopération militaire franco-marocaine et franco-tunisienne prévue par des accords bilatéraux avait été vite démentie par une contradiction flagrante entre la poursuite de la guerre par la France contre le FLN algérien, et la solidarité maghrébine que les dirigeants nationalistes des deux Etats nouvellement indépendants ne pouvaient lui refuser. Les troupes françaises maintenues dans les deux pays avaient alors leurs effectifs les plus élevés (125.000 hommes au Maroc et 55.000 en Tunisie) ; mais elles ne pouvaient s’opposer à l’installation de l’ALN algérienne sans l’accord des gouvernements marocain et tunisien. Le 22 octobre 1956, le détournement vers Alger par l’aviation française d’un avion marocain transportant de Rabat vers Tunis les chefs de la délégation extérieure du FLN sonna le glas de la coopération militaire entre la France et ses anciens protectorats. A moins de les reconquérir par la force (solution impossible faute d’effectifs suffisants), il ne restait pas d’autre solution militaire que tenter de boucler hermétiquement les frontières de l’Algérie.
    C’est d’abord à la frontière marocaine que fut expérimenté le premier barrage, sous l’autorité du général Pédron, commandant le corps d’armée d’Oran. Dès le mois de juin 1956, un simple réseau de barbelés fut construit entre la frontière et la route nationale n° 7, dans le secteur côtier tenu par la demi-brigade de fusiliers marins (DBFM) près de Nemours. Renforcé à partir de novembre 1956, il fut perfectionné par le minage et par l’électrification (réalisée sur 10 km en janvier 1957).
    Le ministre de la Défense nationale du gouvernement Bourgès-Maunoury, André Morice, décida le 26 juin 1957 de généraliser cette expérience de façon à réaliser en quelques mois le bouclage des deux frontières. A l’Ouest, la « ligne Pédron » s’éloignait de la frontière marocaine sur les hauts plateaux arides couverts d’une steppe d’alfa, pour aller protéger la route et la voie ferrée reliant Oran à Colomb-Béchar dans leur traversée de l’Atlas saharien. A l’Est, où tout était à faire, la « ligne Morice » suivait et protégeait également la route et la voie ferrée de Bône à Souk-Ahras et Tébessa, ce qui permit sa réalisation en trois mois. Les espaces qui s’étendaient entre les barrages et les frontières furent transformés en « zones interdites », dont les habitants étaient regroupés autour des postes militaires ou évacués. Les étendues plates et désertiques des confins sahariens à l’Est, et des hauts plateaux à l’Ouest, étaient d’abord surveillées par des batteries de canons à tirs automatique déclenché par radar, avant la construction du réseau électrifié. Etant donné la gravité particulière de la menace que l’ALN de Tunisie faisait peser sur le barrage de l’Est, il était prévu de le doubler par un barrage de l’avant plus proche de la frontière tunisienne. Celui-ci fut d’abord construit de Souk-Ahras à Tébessa, de façon à protéger les centres miniers de l’Ouenza et du Kouif, d’octobre 1958 à mars 1959, puis de Souk-Ahras à la mer, de mars à octobre 1959. Ce barrage de l’avant fut appelé « ligne Challe », du nom du nouveau commandant en chef, successeur du général Salan. Il fit plus que doubler la difficulté du passage de la Tunisie vers l’Algérie.
    En effet, le barrage était un ensemble d’obstacles redoutable d’abord par sa largeur : de 100 mètres à plusieurs kilomètres suivant les endroits. On y trouvait au centre, souvent une route et une voie ferrée, et toujours une piste de surveillance utilisée par les véhicules blindés des patrouilles faisant « la herse ». Et des deux côtés (vers l’extérieur et vers l’intérieur) une haie renforcée non minée, puis un réseau intérieur de barbelés miné, une piste technique longeant la clôture électrifiée, puis encore un réseau extérieur miné, et enfin un grillage destiné à tenir les animaux à l’écart. Cet obstacle n’était pourtant pas absolument infranchissable : on pouvait faire sauter les réseaux de barbelés et les mines au moyen de tubes remplis d’explosifs appelés bangalores, et sectionner la clôture électrifiée avec des pinces coupantes à poignées isolantes. Mais l’interruption du courant dans la clôture était immédiatement signalée et localisée par les stations de contrôle technique, ce qui déclenchait l’intervention rapide des patrouilles de la herse sur place, et le bouclage de la zone du franchissement par les troupes du secteur et par les réserves du corps d’armée ou par les réserves générales, avec l’aide des hélicoptères et l’appui de l’aviation. C’est pourquoi les franchissements étaient beaucoup plus difficiles à réussir de l’extérieur vers l’intérieur que dans l’autre sens (tout au moins là où le barrage était proche de la frontière) ; et le doublement de la ligne Morice par la ligne Challe en aggravait énormément la difficulté en enfermant ceux qui avaient réussi à franchir le premier obstacle dans une nasse.
    La construction des barrages fut un tournant de la guerre, aux conséquences considérables. Au début, les chefs du FLN en sous-estimèrent tout-à-fait l’importance : ils n’essayèrent pas de s’opposer à sa construction, et autorisèrent les ouvriers algériens à y travailler à condition qu’ils leur reversent une partie de leurs salaires en tant qu’impôt révolutionnaire [2]. Mais une fois le gros-oeuvre achevé, les barrages firent la preuve de leur efficacité. Au début de 1958, les contingents de l’ALN lourdement chargés d’armes et d’équipements militaires tentèrent de rentrer massivement en Algérie. La « bataille des frontières » fut la plus grande bataille de la guerre.
    En fin de compte, à quoi servirent les barrages ? D’un point de vue strictement militaire, on peut dire qu’ils avaient atteint leur but : couper l’ALN en deux, et empêcher l’ALN extérieure de porter secours à son homologue intérieur, ce qui rendait possible l’étouffement et la destruction de cette dernière par le « plan Challe ». Que ce succès militaire incontestable n’ait pas été exploité à fond par le pouvoir politique français est une autre histoire. Même si la dislocation irrémédiable de l’ALN a été évitée, le ressentiment de l’intérieur contrer l’extérieur a laissé des traces durables. Pendant la crise de l’été 1962, les partisans d’Ahmed Ben Bella et du colonel Boumediene ont reproché au GPRA d’avoir demandé au gouvernement français de maintenir les barrages fermés aux troupes de l’ALN extérieure après la proclamation de l’indépendance le 3 juillet [9], mais les wilayas III et IV, les plus éloignées des frontières, ont pris parti contre l’EMG. D’un autre point de vue, on peut conclure à l’inverse, que l’EMG a réussi à détourner les barrages de leur but et à les récupérer pour ses propres fins en renonçant à les franchir. En effet, la stratégie de harcèlement à partir des frontières lui a permis de limiter ses pertes et d’accumuler à l’abri des barrages des forces armées de plus en plus nombreuses (22.000 hommes en Tunisie et 10.000 au Maroc en mars 1962), suffisamment bien organisées et bien armées pour prendre le pouvoir contre tout concurrent dès le départ des troupes françaises. ».
    Revue Panoramique 5 février 2007
    Nous voyons ainsi l’importance des barrages, la perspicacité du Colonel Amirouche, sa mort.
    Gana Mammeri, chercheur.
    PS. Je n’ai malheureusement pas pu me procurer et lire le livre du Dr Saïd Sadi pas disponible à ce jour.

  28. réponse à juste un algerien…..rendons à cesar ce qui appartient à cesar…ce n’est pas saadi qui a traité le peuple de ghachi …mais boukrouh ..soyez au moins crédibles lorsque l’histoire est évoqué.

  29. lls ont construit sur du mensonge aujourd’hui la meilleure facon de faire de l’opposition en algerie c’est de contribue a retablir toutes les veritees historiques merci docteur ……..

  30. @ à Karima: ma soeur tu n’aurais pas dû répondre à "Juste un alg..", lli h’mar h’mar uw yag3ad h’mar, jusqu’à quand continuerons nous à apprendre aux autres, surtout ce qui ne comprennent rien à rien, ou évitent "la chose" dès qu’ils savent que ça vient d’un kabyle ? il aura fallu un match de foot contre une équipe arabe et qu’ils soient rejetés par les Egypchiens, pour que des Algériens, comme justement ce "Juste un alg…", se rendent compte enfin, que les peuples Nord-Africains sont Amazigh ! même Ben-Bella l’aurait appris, dit on à contre coeur !!! alors que c’est une question qu’il avait fallu règler dès le jour de la Finale de coupe d’Algérie en 1977, …par Boumédiène, …tiens, tiens, .. !

  31. sincerement, je ne vois pas l’utlité de l’ouvrage de siad sadi.l’histoire, on le sait bien, est falsifiée .pour nous, il ya lieu de penser à l’avenir .Eviter les erreurs du passé et oeuvrer pour un futur kabyle pragmatique .mais avant de songer à cela, il faut bien reconnaitre que des fautes ont été commises par nos dirigeants revolutionnaires à l’image de Krim et de Mohamedi said .nous attendons de notre docteur des propositions dans ce ses .merci.

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