Quand à ma main d’exilé
Manque parfois la brise d’Alger
Et que je rentre désolé
Des larmes en sol étranger,
Quand sur ma main d’exilé
Naissent les lignes de bout du monde,
Je lui offre ta peau halée
Et je caresse ta joue ronde.
Ta peau léchée par nos vents…
Vents des oliviers de Sig
Salés par les vagues d’Oran ;
Vents Kabyles au goût de figues,
Chargés de colères félines
Qui font rougir les printemps ;
Ou vents du sud, amants des bédouines,
Qui soulèvent le sable et le temps…
Tous nos zéphyrs sont en toi
Même celui de Annaba
Tamisant ta peau de soie…
Et je leur ouvre grande ma porte
Quand je caresse ta joue ronde
Et je m’abandonne feuille morte
Pour qu’en eux je vagabonde
Au son du luth et d’une gasba…
Tu es ma part de ma terre,
Le sucre qui manque à mes fruits
Le sel du pain de ma mère
La qsida de mes longues nuits.
Quand mes jours de prisonnier
Défilent sans s’arrêter,
Quand commence à me gagner
L’envie sourde de liberté,
J’entre dans le bleu de tes yeux
Et je suis aigle dans le ciel :
Libre, souverain, orgueilleux
Narguant le monde de mes ailes,
Ange au milieu des étoiles
Moineau éclos de nulle part
Errant au gré du mistral
A la recherche du hasard…
Et je me laisse égarer
Dans ce beau désert pervenche
Libre, libre, tu m’as libéré
Libre, tu es ma providence !
Libre, une minute, une seconde,
Le temps d’un songe paternel,
De t’envelopper, ma grande,
D’une robe d’amour éternel.
Tu es ma part de ma terre,
Le sucre qui manque à mes fruits
Le sel du pain de ma mère
La qsida de mes longues nuits.
Miroir de mes joies anciennes.
M.B.
Décembre 2005




Merci à ce Benchicou que j’adore.
A ce Benchicou avec l’âme sensible.
A ce Benchicou qui a pris soin de ses lecteurs sans se rendre compte, en leur donnant par ses écrits leurs confiances en soi…
Merci
Sincerement Merci
La Mahaut:)
Amène!
Je vous ai compris Monsieur Benchicou. Pour une fois je ne pouvais m’empecher de pleurer.
Je vous ai compris cher frere.
Avec ce recitale si emouvant vous nous donnez du baume au coeur mr benchicou, nous avons vraimnt soif de vos ecrits, votre soif de liberte rime toujour avec ta poesie.merci
E M O U V A N T…., merci mille fois
Hier, j’ai eu l’immense honneur d’ouvrir une émission sur le combat de la femme sur une Radio à Marseille avec le vibrant hommage de MONSIEUR Mohamed BENCHICOU à la Femme algérienne.
Je ne peux qu’admirer l’homme pétri de COURAGE et le talentueux poète
Tu me réconcilies avec les hommes algériens ( "je dis tu à tous ceux que j’aime" Jacques PREVERT), tu me fais oublier la photo guignolesque et pitoyable d’une autre petit algérien qui a essayé de "prendre la pose" en ce 8 mars 2011 .
Avec toute mon affection et mon respect le plus sincère
Zineb
Bonjour à tous,
Je tenais à exprimer mon admiration et mon émotion face à tant de jolis verbes, à tant de vérités adressées à celles qui nous ont fait!
C’est une magnifique description du contenu de nos cœurs et de ce que renferment nos âmes!
Ma mère, comme les vôtres, est certainement le plus trésor sur cette terre, je pleure encore de douleur pour toutes ces injustices qu’elle subit mais qu’elle ne tolère! C’est un souffle de liberté, un réconfort, un espoir qu’on ne trouvera chez aucune autre personne.
Une femme d’exception que certains ont voulue soumise sans qu’elle ne cède à cette hantise…
Notre terre ne peut l’être sans son sourire, cette terre ne peut être sans son courage et nous ne pouvons être sans son amour.
Elle est, donc je suis…
Avec tout mon profond respect Mr Benchicou.