Les fanfaronnades d'Ahmed Ouyahia

C’est un Ahmed Ouyahia ragaillardi, le verbe haut et plein de morgue qui s’est adressé aux membres du Sénat.

Ahmed Ouyahia s’est laissé aller comme jamais, ce mercredi à une séquence de langue de bois d’ében. L’homme a l’art de faire diversion dans la peau. Contrairement à hier, aujourd’hui, il n’est plus question de « faillite » de l’Algérie – n’a-t-il pas déclaré, à plusieurs reprises, que les parlementaires et fonctionnaires risquaient de ne pas percevoir leurs salaires ?- C’est un Ahmed Ouyahia plein d’arrogance, un tantinet donneur de leçons qui a répondu aux sénateurs mercredi. Pas seulement. Le Premier ministre s’en est pris violemment aussi et surtout à « certains (qui) espéraient que cet automne allait être celui de la faillite de l’Algérie, de la colère de son peuple et de l’arrêt de son avancée ». Evidemment pour Ahmed Ouyahia – en bon enfant du système qui ne supporte pas la contradiction – les économistes qui ont démonté son plan, souhaitent « la faillite de l’Algérie ». Rien que ça ! Mais heureusement, « grâce à Dieu, l’illusion de ceux-là s’est évaporée ». Au passage, un hommage à la nord-coréenne est rendu à « la direction éclairée du président ».

Le sourire carnassier, il appostrophe l’histoire récente et balaye tout ce qui a été fait avant 1999. Se rappelle-t-il seulement qu’il a été chef de gouvernement sous Liamine Zeroual ? Qu’importe la réponse ! Car, avec ce « serviteur « de l’Etat, comme aiment à le qualifier ses « amis », on est dans l’imposture permanente. Aussi, pour Ouyahia, l’Algérie prospère commence manifestement avec l’arrivée de l’actuel locataire de la résidence de Zéralda. Avant ? Il y avait le terrorisme et le chômage. Sacré oublieux !

« Les exemples sont encore nombreux sur cette Algérie qui avance depuis 1999 », tonne-t-il sarcastique. « Le peuple en vit les résultats partout à travers le pays et connaît la destination des 1000 milliards de dollars dépensés pour son bien-être en écoles, hôpitaux, logements et autres réalisations ». Voilà notre auguste Premier ministre qui renvoie les interrogations des économistes à d’improbables réalisations ! Presque deux décennies d’improvisation de politiques publiques et de projets dispendieux sont devenues des « réalisations pour le bien-être des Algériens ». Ces Algériens pourtant qui font des pieds et des mains pour fuir par milliers « le paradis Algérie » depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir. Ingrats va !

Il est évident que le chef de l’exécutif n’oserait pas s’appesantir sur ces jeunes qui disent « préférer être mangés par les poissons que de continuer à vivre en Algérie ». Ni encore sur l’impressionnant nombre de cadres, médecins et ingénieurs qui quittent le pays des « réalisations de Bouteflika » pour des cieux plus cléments. Le bilan ne doit souffrir aucune autocritique. Tout est balayé. Même ses déclarations alarmistes de ces derniers jours sont oubliées. Renversant !

Il en veut pour preuve de ce nouvel optimisme « le débat parlementaire » sur le plan d’action du gouvernement qui a démontré toute la « vitalité de la démocratie », renvoyant par là l’ascenseur à ses hôtes. Pour lui, bien entendu, « les servitudes volontaires » de ces « élus » sont somme toute naturelles.

Glissant avec aplomb dans sa réponse, cette déclaration toute ampoulée, dans laquelle il invite les Algériens « à garder confiance car notre pays est dirigé avec sagesse par un grand dirigeant du monde, le président de la République ». Quelle louange modeste !

Dans la foulée, Ouyahia a annoncé la levée en 2018 du gel sur la totalité des projets. Diantre ! Et nous qui croyions tous les ministres, le Premier ministre compris, qui nous assuraient qu’aucun projet n’a été gelé !!!

En attendant de meilleures promesses, ce discours, comme nombre d’autres, rejoindra le cimetière de nos espérances.

Yacine K.

7 commentaires

  1. On peut tout justifier avec des mots et / ou avec son langage corporel. Ce qu’on arrivera difficilement à cacher est la performance du pays.
    Celle-ci, est mondialement connue pour être plutôt passable malgré toutes les ressources consenties et 55 ans d’efforts.
    J’avoue qu’au vu des résultats présents, ce premier, ou quelqu’un d’autre de son parti et / ou de la coalition ou même des institutions présentes ne sont aptes à tirer le pays vers une performance plus élevée ni même concourir avec ou contre d’autres pays.
    La machine algérienne n’est pas performante car les élites qui se sont succédées à son pilotage l’ont tirée loin des normes et standards internationaux. Il faudra dorénavant penser à y revenir et au plutôt. Je ne suis pas sûr que l’actuel équipe en a cette capabilité, loin de là. En tous cas, on verra avec le temps. A la revoyure.

  2. Il y a une fin à tout sauf la honte et le déshonneur de ces soi-disant gouvernants qui ont mené tout un pays à la catastrophe. Il fallait qu' un jour ou l'autre ils payent la rançon de leur cynisme de leur médiocrité et leur fuite en avant. Nous y sommes presque. Il ne sert à rien de monter sur ses ergots , on le voit venir le tartarin maintenant qu'il n'y a plus d'argent pour faire dans le prestige , pour acheter la paix sociale ou pour allécher ses clientèles d'allégeance électorale.

  3. Des tartarins aux commandes du pays, entre deux mensonges ils vous sortent un exploit pavoisant les cantines scolaires comme un trophée de leur aventurière gouvernance. Qu'ils nous disent plutôt ce qu'ils n'ont pas pu faire pour sauver notre pays de la débâcle actuelle, ce qu’ils n’ont pas été capable de faire avant d’en arriver là, pourquoi tout a foiré sous leur gouvernance, pourquoi ils ne se reconnaissent pas dans cette grande bérézina économique et sociale qu'ils ont façonnée de leurs mains, par leur entêtement , leur médiocrité et leur fuite en avant?

  4. Tiens, Tiens, nous avons même de l'or ? mine de rien l'Algérie va bien, et nous pouvons payer les députés préoccupation d'ailleurs de Mr le premier ministre. Un retournement à 180 ° digne de la plus grande pirouette et de cette fameuse girouette qui dort midi nord !

  5. Franchement, je ne comprends pas comment, vous arrivez a trouver autant de neurones a projeter une operation mafieuse dans une republique structuree, sachant comment celle-ci fonctionne. Que je sache, les bananieres ne manquent pas de lexique, pour decrire les differentes operations et leur auteurs… A titre d'example: De quelle "parlementaires" parlez-vous – ne faut-il pas deja un parlement ? Et google est-il aussi ignard que ca pour omettre dans ses banques de donne'es la definition d'un parlement ?

    Je ne fait point allusion au Congre' Americain, qui lui est comme "hors de ce monde, en termes de souverainete' mais surtout representation de l'opinion publique et l'acces a cette fonction. Limitons-nous a la notion europeenne:

    " … Un parlement est une assemblée ou un ensemble des assemblées qui assure la représentation du peuple dans les Etats démocratiques. Lieu de délibération et détenteur du pouvoir législatif, il est principalement chargé de voter les lois et le budget et de contrôler l'action du gouvernement. …"

    Decidemment, il n'y a pas que Yaya, qui fout la charue avant les bourikos !!!

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