Une nouvelle ruse du régime enveloppée derrière un nouveau Plan d’action ?
Cette grave décision interpelle l’ensemble des Algériens, tant ses conséquences risquent de précipiter notre pays dans une situation à la vénézuélienne.
Il faut dire qu’il survient dans un contexte de grave crise économique, fruit de 17 années de gaspillage, de gestion approximative et démagogique, dont les seuls effets notables ont été d’acheter la paix sociale à tous prix, d’enrichir des hommes d’affaires sans scrupules, complices du régime, et de compromettre gravement l’avenir du pays.
Les mesures présentées dans le Plan Ouyahia comme un ensemble de réformes à caractère politique, économique et social ne sont en réalité qu’un catalogue de vœux pieux, de slogans tels qu' »améliorer, dynamiser, soutenir, encourager, rationaliser, etc. »
Nulle trace de bilan et d’autocritique, d’erreurs commises à corriger, alors que l’échec est patent, à tous les niveaux. Pourtant, en d’autres circonstances, aussi bien Ouyahia que Sellal ont déclaré « avoir échoué sur tous les plans », sans en tirer la seule conclusion qui s’impose : démissionner, ne serait-ce que pour servir de fusibles au Président.
Pour démagogique qu’il soit, on sent, derrière ses mesures les plus « hardies » l’influence du FMI, qui n’est jamais bien loin quand il s’agit de prodiguer des conseils à travers les rapports de consultation biannuels qu’il établit, en application de l’article IV de ses statuts.
Je doute que le régime aille jusqu’à réaliser ne serait-ce que le dixième de ce que le Plan d’action contient. A lire entre ses lignes, on devine cependant la volonté de remettre en cause les grands axes de la gouvernance suivie jusqu’ici, ainsi que la volonté de préparer l’opinion à assumer une austérité sans précédent. On y devine aussi la volonté de liquider ce qui reste du secteur public.
C’est l’épreuve de vérité pour le régime, qui se retrouve coincé, d’une part, entre la volonté de donner des gages au FMI et à ses partenaires étrangers et à ses futurs bailleurs de fonds et, d’autre part, par son incapacité à gérer la crise. Il sait, par ailleurs, que le peuple, flatté hier dans tous les sens, n’est pas prêt à accepter l’austérité qui s’annonce, d’autant qu’il sait que cette austérité sera tout sauf partagée.
Il se retrouve ainsi coincé entre l’enclume et le marteau. Dans ces conditions, il cherchera, à n’en pas douter, à gagner du temps, en retardant au maximum l’application des mesures annoncées. Gagner du temps, quitte à tromper, en même temps, et le FMI et le peuple. Mais la marge de manœuvre est devenue plus étroite que jamais et les faits sont têtus.
Le « financement non conventionnel » qu’on nous présente comme une panacée, voire comme un instrument de gestion utilisé par les plus grands pays, est en réalité, dans le contexte économique de notre pays, une arme de destruction massive de ce qui reste comme espoirs de redressement économique.
C’est l’unique recours d’un système de gouvernance qui a grillé toutes ses cartouches, qui sait que désormais il n’a plus les moyens financiers de sa politique. Il sait la paix sociale menacée, mais il doit se donner, coûte que coûte, les moyens d’assurer le fonctionnement des services publics, et notamment assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, pilier du régime. A cet égard, il faut signaler la prépondérance des salariés des Départements de l’Intérieur et de la Défense (un tiers du budget de fonctionnement).
On ne doit pas considérer ce financement très particulier, qui est un financement monétaire, comme une préconisation du FMI, mais comme une alternative à la dévaluation massive, arme préférée de cette institution. Bien entendu, le FMI ne peut pas se substituer à la volonté politique du pays, tant que nous ne frappons pas à sa porte, dans le cadre d’un accord d’ajustement structurel qui viendrait consacrer une faillite déclarée.
La vraie nature du financement non conventionnel
Le pouvoir nous présente ce type de financement comme une panacée, voire un instrument de financement ordinaire, expérimenté sous d’autres cieux. En réalité, il n’est que le moyen de financer le déficit budgétaire par la création monétaire. Faute d’avoir assez de ressources fiscales pour financer les dépenses budgétaires, la décision a été prise de fabriquer de la monnaie sans contrepartie productive.
Rappelons que les contreparties de la masse monétaire en circulation sont l’or (dont le stock ne varie pas), les devises (en diminution en raison de la tenue du prix du pétrole et du gaz) et les avances au Gouvernement (au Trésor public) et à l’économie.
Les avances à l’économie sont représentées par le réescompte d’effets qui sont présentés par les banques commerciales à la Banque d’Algérie, effets de commerce représentatifs de crédits aux entreprises qui créent de la richesse,
Les avances au Trésor Public sont représentées par le découvert autorisé pour financer le déficit budgétaire. C’est une ligne de crédit non remboursable. Comme les dépenses budgétaires ne créent pas de la richesse, les avances au Trésor sont strictement plafonnées par la loi. L’article 45 de la Loi sur la Monnaie et le Crédit (LMC) les limite en effet à 10% des recettes fiscales ordinaires (hors donc les recettes tirées du pétrole et du gaz).
Le problème est que le Fonds de régulation des recettes a été épuisé depuis le début de cette année et que le déficit budgétaire atteint des sommes qui dépassent de loin ce qui peut être financé, sans danger, par la création monétaire.
Les 10% en question ne représentent que 300 milliards de dinars environ alors que le déficit prévu est de 1250 milliards. Encore que ce chiffre est largement sous-évalué. Le déficit probable sera plus près de 2500 milliards de dinars.
Le déficit pour 2017 est sous-évalué car, en l’absence d’un parlement crédible, la Loi de finances a surestimé les recettes (+30% pour les hydrocarbures, +13% pour les recettes fiscales ordinaires) et minimisé les dépenses (-28% pour le budget d’équipement et -4% pour le budget de fonctionnement). Impossible d’atteindre de tels résultats car, vu l’état actuel du marché pétrolier et gazier, on ne voit pas comment on peut augmenter les recettes en provenance des hydrocarbures de 30%.
Comment réduire, par ailleurs, le Budget d’équipement, déjà rachitique, de 28% sans freiner gravement les investissements dans les équipements publics et rogner davantage sur les subventions ? Sans provoquer, autrement dit, une flambée du chômage et du mécontentement social…
La solution imaginée est donc d’amender les statuts de la Banque d’Algérie. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que c’est le verrou de l’article 46 de la Loi sur la LMC qu’il faut sauter. Accessoirement aussi celui de l’article 45, qui interdit à la Banque d’Algérie d’acheter des Bons du Trésor ou de consentir des avances aux banques commerciales contre nantissement de Bons du trésor quand ces opérations sont traitées au profit du Trésor Public.
En attentant aussi gravement à l’indépendance de notre Banque centrale, dernière institution restée relativement indépendante, au moins sur le plan formel, le pouvoir s’arroge le droit de fabriquer à volonté des dinars, et ce, pendant 5 années (c’est écrit noir sur blanc dans le Plan d’action). C’est-à-dire jusqu’en 2022. Si mes estimations sont correctes, et en l’absence de dévaluation massive, ce sera pas moins de 10 000 milliards de dinars à fabriquer. Soit, en 5 ans, le double des dinars créés depuis l’indépendance !
Cette politique est à elle seule la plus parfaite illustration de l’échec dramatique des politiques économiques suivies depuis 1999.
D’autres choix étaient-ils possibles ?
– Il y a d’abord l’endettement extérieur, mais celui-ci continue d’être rejeté. Pas pour les bonnes raisons, d’ailleurs, et de toutes façons il est trop tard pour y recourir car l’urgence n’est plus dans le financement des investissements, mais dans celui de la consommation et des dépenses courantes. Et il n’est rien de pire que de financer la consommation par de l’endettement.
– Il y a ensuite la dévaluation. Le Pouvoir a été contraint d’y recourir, mais de manière graduelle, car il craint de ne devoir pas assumer ses conséquences sur l’inflation et le choc qu’elle induira sur le fragile tissu économique. La population ne peut pas ignorer en effet que la dévaluation est de la responsabilité directe des autorités. Elle leur imputera donc toutes ses conséquences.
Le dinar a commencé à être dévalué lentement mais régulièrement depuis deux ans, mais sa faible ampleur n’a pas suffi à rétablir les équilibres.
C’est l’arme favorite du FMI, pour qui il faudrait déjà dévaluer notre monnaie de 50%, pour commencer. Pour mémoire, le dinar a dévalué de 400% entre 1994 et 1997, consécutivement à l’accord d’ajustement signé avec le FMI.
– Il y a, enfin, les réformes tendant à corriger les problèmes structurels de notre économie, source des déséquilibres financiers. Mais outre leur caractère impopulaire, il faudrait du temps, au moins 4 à 5 ans pour que ces réformes commencent à donner leurs fruits. Or le régime ne dispose ni de temps ni de la légitimité nécessaire pour les accomplir.
Le financement monétaire de l’économie est donc apparu comme la bouée de sauvetage du régime, à la fois :
– Pour financer le déséquilibre entre les recettes et les dépenses fiscales, c’est-à-dire le déficit du Budget de l’Etat (réparti entre les budgets de fonctionnement et d’équipement, dans une proportion de 2/3-1/3). Ce déficit survenant par suite de la baisse prononcée du prix du pétrole depuis 2015.
– Pour équilibrer les comptes extérieurs (la balance des paiements). Comment ? Par la réduction des importations. Le financement par la planche à billets va engendrer une inflation importante qui aboutira à réduire le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises, qui ainsi consommeront moins. Puisqu’on ne pourra pas satisfaire la demande interne par une production locale, on aura moins besoin d’importer. C’est ce qu’on appelle une politique de la demande, par opposition à une politique de l’offre. C’est l’exact opposé de la politique d’achat de la paix sociale suivie entre 2000 et 2015.
En résumé, on finance les déficits par de l’inflation. Assimilable à un impôt invisible, très lourd, qui frappera surtout les classes pauvres et moyennes. Une inflation qui résultera de la fabrication d’énormes quantités de dinars, sans contrepartie productive.
Les épargnants seront aussi touchés, car l’épargne sera mangée par l’inflation. Pour l’éviter, les épargnants se détourneront des banques, au moment où l’on connaît un assèchement des liquidités bancaires et se tourneront vers les biens durables ou, pire, vers la devise sur le marché parallèle. Quant aux entreprises, elles auront du mal à emprunter pour financer leurs investissements car les crédits leur coûteront beaucoup plus cher.
En plus de l’inflation, nous aurons donc un ralentissement général de l’activité économique qui aggravera le chômage existant. Voilà pourquoi la monétisation sans limite de la dette publique est considérée comme la pire des solutions, pire même que le financement par la dévaluation. Car la dévaluation, même si elle est aussi un aveu d’échec, reste une décision de gestion, politiquement assumée, qui oblige donc les pouvoirs publics à prendre un certain nombre de mesures de sauvegarde. Pour protéger le tissu économique et les populations les plus vulnérables.
A part ses inconvénients connus, la dévaluation présente aussi quelques effets positifs, en particulier sur les exportations hors hydrocarbures, qui sont justement un des axes du plan d’action, et sur le tourisme.
Le financement monétaire, au contraire, détruit l’économie par ses ravages inflationnistes tout en provoquant une flambée du chômage à des niveaux sans précédent. De plus, en cachant ses effets à la population, le Pouvoir s’évite de devoir les gérer. C’est de la gouvernance par traîtrise, en somme.
Le rôle de la création monétaire est d’encourager la création de richesses, non à appauvrir le pays en l’inondant de fausse monnaie. En agissant ainsi, l’Etat se comporte comme un contrefacteur, délit réprimé par le code pénal, comme cela est écrit sur nos billets de banque.
Il est du devoir des économistes algériens comme des forces d’opposition d’informer les citoyens sur ce nouveau méfait, d’un genre inédit.
Ali Benouari
Président de Nida el watan.
Ancien Ministre du Trésor




Mr. si nos "députés" qui dans leur majorité ne possèdent pas suffisamment de notions économiques ou monétaires, n'ont pas lu ou étudié les théories de Sismondi, Smith, ou Keynese, croyez-vous qu'ils appréhenderont avec sérieux cette proposition de passer à la planche à billets et par conséquent la rejetteront parce que à haut risques ?
Ne serait-il pas préférable de faire rentrer l'argent détournés par ceux là mêmes qui a présent possèdent des biens et des comptes bien garnis placés ailleurs ?
Ou enfin, n'est-il pas temps de demander à ceux qui sont à l'origine de cette faillite qui frise la banqueroute de s'en aller tout simplement et de laisser le peuple organiser le sauvetage du pays ?
– l'endettement auprès des banques privées internationales engendre les déficits et crée l'inflation de part les intérêts payés par l'emprunteur et que ne correspondent à aucune contrepartie réelle et économique, certains pays ont remboursées dix à vingt fois le montant d'origine de la dette,
et vous savez bien monsieur que la neutralisation des banques centrales des pays souverains est le dada et la revendication des banques privées internationales pour avoir le monopôle de prêter aux gouvernement sans aucune limite ni contrôle et comme le dollar est juste un billet sans contre valeur ces banques l'imprime librement sans restrictions (planche à billet et fausse monnaie si vous voulez mais c'est la réalité),
donc le fait que la banque centrale retrouve une de ses fonctions et un de ses droits n'es pas mauvais pour le pays et c'est la tendance mondiale après la crise financière de 2008 conséquence de la production à outrance du billet vert pour satisfaire la gourmandise des banquiers privés qui inventaient des produits financiers fictifs depuis le début des années 90, et après la crise se sont les états qui ont renfloués les banques privées,
et vous savez que les billets de banques ne se volatilisent pas mais change de main même en cas de crise et que pour la crise de 2008 les pertes des banques sont fictives et que les états se sont fait arnaquer par les grands banquiers du monde en les renflouant et en effaçant ses pertes imaginaires,
autre chose ,
pourquoi quand un état efface les dettes réelles ou imaginaires des privés acquises finalement auprès de sa banque centrale, tout le monde applaudi et trouve ça normal?
si l'état peut effacer les dettes des autres pourquoi il ne pourra pas effacer ses propres dettes acquises auprès de sa propre banque centrale?
vous savez bien que la banque centrale dispose en dinars de l’équivalent de 500 milliards usd , et que cette somme est gelée par la loi sur le crédit et la monnaie imposée par la finance internationale via la BANQUE MONDIALE et le FMI, et que pour libérer cette somme il fallait faire un amendement à cette loi et c'est ce qui à était fait;
Donc cet argument de planche à billet est fallacieux,
après 2008 les états ont renfloués les banques privés en y injectant des milliards de dollars et ce avec la complicité de hauts responsables des gouvernements et celle d'analystes financiers et économistes véreux, corrompus menteurs et falsificateurs de la réalité,
les élus du peuple peuvent êtres ignorants dans ce cas mais ceux qui forment l'élite dans ce deviennent de vrais criminels par leurs fausses analyses, et leurs soutiens malins aux escrocs de la finance mondiale,
Autre chose , une grande partie de la flambée monétaire va aller dans le change , une fuite indirecte de capitaux vers l'étranger.
OUYAHIA A ENFIN TROUVE SON MAITRE
Oui il est tout à fait possible de financer l'économie par la création monétaire, c'est le cas des USA depuis la suspension de la convertibilité or du dollars, mais sur la longue période l'économie du pays finit par s'éroder. Toutes les guerres Américaines des dernières décennies découlent de cette volonté de maintenir coûte que coûte cette monnaie hégémonique à travers les transactions du monde. D'autre part ces pays occidentaux qui ont accepté de fouler au pied un de leur principe cardinal éviter " le financement monétaire " érigé en règle intangible surtout par l'Allemagne, ont accepté d'y recourir à travers les QE, car ils disposent de capacités productives locales excédentaires, qui peuvent satisfaire un accroissement de la demande. L'Algérie est très loin économiquement de tous ces pays, elle qui est mono exportateur de matières premières dont le prix est détermine par le marché international. Ce coup de poignard de Ouyahya et sa clique va précipiter dans l’extrême pauvreté des pans entiers de notre population.
Un pied chez les hélvétes et un autre en algérie!
Rentrez ,vivez au milieu des peuples d algerie et confrontez vous à cette mafia du pouvoir ,si vous voulez être un homme politique digne de ce nom.
Sinon une opposition comme celle des alilou,said samedi,des perfides freres arabomusulmans.,des comme vous écartelés entre l'occident et l'algérie …n 'est que du pain béni dont se nourrit l'accessible H24 ,son clan et ses maîtres képi.
To be or not to be…