Pour la première fois, les clans belligérants n’ont pas pu entièrement crypter comme à leur habitude leurs faits et gestes, ce qui témoigne de la férocité et de l’âpreté du conflit qui couve. A peine nommé il y a trois mois, le nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune est démis de ses fonctions après s’être vu « recadrer » par un chef d’Etat décidément invisible et aphone. Tebboune avait tenté de lancer une campagne contre la corruption, stratagème employé de tout temps pour faire redorer le blason du pouvoir. Mais cette fois-ci la machine s’est grippée, probablement parce que les promoteurs de la campagne « mains propres » n’ont pas voulu associer le camp opposé (qu’ils cherchaient à neutraliser ?). Visiblement l’objectif assigné à cette campagne qui ciblait nommément Ali Haddad, dont le profil mêle affairisme et clientélisme, était de rendre populaire le nouveau Premier ministre qui se serait mis sous la protection de Gaïd Salah, chef d’Etat-major et vice-ministre de la Défense nationale. En application des instructions du Premier ministre des mises en demeure adressées à des entreprises dont celle d’Ali Haddad ont été publiées dans la presse. Elles sommaient ces sociétés de droit privé d’honorer dans les meilleurs délais leurs engagements vis-à-vis de l’Etat en vue de finaliser les travaux restants.
Signe d’une implication active, le ministère de la Défense nationale publie lui aussi une mise en demeure à l’encontre d’une entreprise, semble-t-il partenaire de celle de Haddad. Ce détail atteste du lien qui unissait Tebboune à l’institution dirigée par Gaïd Salah.
La levée de boucliers contre Tebboune qui s’en est suivie, semble être inspirée par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) d’Athmane Tartag. Ainsi Sidi-Saïd qui a dû se souvenir des sueurs froides qu’il avait versées dans l’affaire Khalifa, s’était démené comme un diable pour soutenir Haddad. Le secrétaire général de l’UGTA n’aurait jamais osé voler au secours de ce dernier ni braver le Ministère de la Défense nationale s’il n’y avait pas été invité. Mais l’attaque la plus virulente est venue du quotidien L’Expression qui, saisissant l’opportunité de la rencontre entre Tebboune et son homologue français, Édouard Philippe, accuse Tebboune d’avoir adopté un profil bas qui rappelle celui qu’aurait eu le Colonel Si Salah pendant la guerre d’indépendance, lorsque celui-ci avait rencontré à l’insu du FLN le général de Gaulle. La vigueur de la riposte anti-Tebboune a dû faire réfléchir l’Etat-major.
Ouyahia revient
Surnommé par la presse « l’homme des sales besognes », Ahmed Ouyahia est le prototype de l’homo politicus algerianus des travées secrètes. Apprécié par les décideurs de l’armée, il a toujours suivi comme une ombre Abdelaziz Bouteflika, soit en tant que chef de l’Exécutif, poste qu’il occupera de 2003 à 2006, puis de 2008 à 2012 ; soit en tant que chef de cabinet du Président de la République, poste qu’il occupera de 2014 à 2017. Sans oublier qu’il avait déjà occupé sous le général Zeroual le poste de chef de l’Exécutif de 1995 à 1998. Tout ceci renseigne sur la réalité de l’étendue du pouvoir qu’avait pu exercer le chef de l’exécutif actuel. C’est donc le DRS qui en est sorti vainqueur du conflit qui l’opposait à l’Etat-major. Tebboune qui, lui aussi, a dû se rappeler la sueur froide qui avait perlé sur son front lors du procès Khalifa dans lequel il avait été cité, est parti en déclarant qu’il restait « fidèle à Bouteflika » autrement dit, qu’il ne bougera pas le petit doigt contre l’ordre établi. Le retour d’Ouyahia semble indiquer que les parties en conflit se sont entendues sur une solution provisoire en attendant de trouver le potentiel successeur d’Abdelaziz Bouteflika dont l’inaptitude à gouverner n’a jamais paru aussi éloquente.
Mais pourquoi Tebboune avait-il dérangé ?
Il semblerait que le clan qui l’avait porté était tenté par une opération de toilettage à même de crédibiliser l’action du pouvoir dont l’impopularité est devenue patente depuis les élections législatives de mai 2017 qui avaient été marquées par un fort taux d’abstention. Le pouvoir a été d’autant plus sensible à ces résultats qu’ils avaient pour lui valeur de plébiscite. En s’attaquant aux opérateurs économiques de la bourgeoisie compradore, les parrains de Tebboune semblent avoir sous-estimé les gros intérêts qu’ils étaient susceptibles de heurter au sein même de leur propre maison. Cette bataille clanique n’est pas l’expression d’un dualisme bourgeoisie compradore/ bourgeoisie bureaucratique d’Etat. Il s’agit d’un affrontement pour le contrôle du pouvoir politique entre deux tendances au sein même de la bourgeoisie compradore, laquelle dispose de relais solides jusque dans les circuits étatiques.
Larbi Graïne, journaliste




Oui vous avez raison biensure ,c' est une bagare entre eux pour la prise du pouvoir les interets de l'algerie n y sont absolument pas pris en compte .Seul le pouvoir compte pour ces bandits.
Bourgeoisie pour bourgeoisie, j’aurais préféré celle de 1962. Celle-ci était compétente, honnête et très expérimentée en politique. Elle était surtout composée d’hommes de valeurs reconnues ; des hommes capables de négocier des accords internationaux et des situations bien plus inégales que celles d’aujourd’hui. Hélas elle s’était fait avoir par de jeunes loups aux dents longues mais avec des vues plutôt limitées.
Ces jeunes loups en 55 ans avaient fini par créer une école de pensée qui caractérise l’actuel leadership (pouvoir et opposition) dans son ensemble.
Le bilan de ces jeunes loups n’est pas très flatteur et l’avenir du pays est grossièrement hypothéqué. Par exemple, le Dinar Algérien est sans valeur sérieuse, une Bourse d’Alger inexistante sinon complètement déboussolée, des business leaders pas tellement entreprenants et sans standards, le tout dans une économie déraillée et qui coutera très cher pour remettre sur les rails. L’absence du pays au sein de l’OMC et d’autres instances internationales coute et coutera encore beaucoup plus avec le temps. Ceci est grave car avec la chute et surement le remplacement de toutes énergies d’origine fossile par les renouvelables et les nouvelles technologies, les revenues en devises s’amoindriront pour toujours.
Plus grave encore, une situation politique tellement un-orthodoxe qu’on a beaucoup de mal à voir une issue sage, pacifique et surtout honorable. Un pays qui était le plus occidentalisé et en avance de tous ses voisins se retrouve emporté et tombé plus bas que le dernier de ceux-ci. L’Algérie est un pays toujours sous-développé et en faillite sur tous les plans et sa métropole est toujours outre Méditerranée, pour tous, notamment ses artistes, intellectuels et au-dessus de tous ses politiciens. Ces jeunes loups cités plus haut qui paradoxalement finissent par s’y installer, pour faire des affaires, passer d’agréables vacances, éduquer leur progéniture et éventuellement s’y soigner.
si on sépare 'argent et la politique
il n' y aura plus d'état,
donc…..
@ Faro Laz. Tout à fait vrai ! votre contribution peut aisément se vérifier en consultant les archives et documents.
Au début de l'indépendance, la chambre de commerce avait un rôle important surtout lorsqu'il fallait choisir un créneau, cela évitait aux investisseurs de se lancer dans des commerces ou industries saturés. La bourgeoisie de 1962 était discrète, intelligente et humbles. Celle d'aujourd'hui, ses "réussites sont exhibées d'une manière ostentatoire et indécente devant la condition modeste des Algériens en général ! Il est dommage qu'un si beau ait pu régresser à ce point et cela comme vous le dites sur tous les plans !!
Votre contribution prouve qu'il y a encore dans ce pays des hommes dont la mémoire reste vive et c'est cela qu'il faudrait faire connaitre à cette génération dont les repères se perdent aujourd'hui !
La réalité et on l'a dit avant cet article que le "faux clan divers – if" dit de "Annaba" en réalité le clan de Gaid salah et ses généraux rapprochés de son état major et tous Milliardaires comme les autres civils Haddad et consort , ce clan veut avoir le pouvoir en 2019 et s'oppose de manière virulente aux prétendus désirs de Said Bouteflika à la succession (jusqu'à ce jour il n'a rien dit…?), et on l'a dit que Gaid Salah a ses pions au gouvernement comme l'actuel ministre de l'intérieur qui se voyait déjà à la place de Tebboune , et oui contrôler l'intérieur et sa machine électorale , Gaid salah a réussi a mettre son cheval de troie.
Bouteflika est en face à face avec l'état major de l'Armée après avoir réduit le D R S au silence et que l'armée craint à nos jours, l'actuelle C S S a t elle eu les moyens , question qu'on a posé auparavant.
Pour faire court l'armée doit être « basiquement » reformatée en plusieurs corps d'armée et un état major général des armées avec l'aviation actuelle en armée de l'air et la direction actuelle de la maeine en une autre marine avec son état major, au lieu de l'hétéroclite état major de Gaid Salah et le seul contrôlant les forces armées, danger pour la nation.
Gaid salah ne stoppera pas ses manigances au vu des intérets qu'il défend, la sécurité de l'armée doit être réduite stricto sensu au role de service de renseignement militaire pour d'abord s'assurer de la sécurité de l'armée et ne plus jouer à l'héritier du D R S, et ce caractère d'officier de police judiciaire des éléments de la D C S A doit se limiter au champs militaire et pas plus;
le ministère chargé de la sécurité auprès du président de la république doit être rapidement mis en oeuvre et structuré, à ce jour il n'y a que le décret de sa création….?
La DCSA comme la DGSN seront mis sous tutelle opérationnelle du ministère de la sécurité nationale et gare aux autres centres de décision sécuritairres autrement que chacun reste dans ses domaines.
Bouteflika a foutu le bordel et gare au retour de manivelle, au fait Gaid Salah devra demander son départ à la retraite ou alors………..
Pouvoir militaire plus un pouvoir politique à ajouter à ces milliardaires en képi casquette et voilà l’oligarchie dictatoriale que Bouteflika laissera en héritage, pas mal comme vengeance pré mortem et finale de Fakhamatou Rais.
Je ne comprends pas pourquoi tu loues les charognards d'avant et juste après 62. Le vol et la piraterie étaient l'âme de la "guerre de libération"
La bourgeoisie compradore: la bourgeoisie insolente, inculte, nuisible, sans foi ni loi. Une bourgeoisie de va- nu- pieds pour laquelle "la fin justifie les moyens" ,
Je crois que l'Algérie, se trouvera dans quelques années dans une situation économique telle qu'elle sera obligée de soumettre sa souveraineté et son pays à l'ancienne puissance. A t-on voulu cela je suis tenté de répondre oui. Dans quel but ? Vengeance ou beaucoup plus que cela ? Mais je reste optimiste je me dis que même parmi ces gens peut-être qu'il y en aura qui aura ou auront un réveil salvateur !! Est ce de l'angélisme j'y tombe parfois et je me dis qu'un ancien méchant retrouvera peut-être le bon chemin de l'Algérie.