Etat de santé de Bouteflika : un silence qui trouble !

L’annulation de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel en Algérie est une première dans les quatre mandats de Bouteflika.

L’annulation de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel en Algérie est une première dans les quatre mandats de Bouteflika.

Cette annulation de dernière minute remet au centre des inquiétudes la question de l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika. Sujet sensible s’il en est, dès qu’il est évoqué le banc et l’arrière du pouvoir se lance dans un formidable tir de barrage. Il est interdit de poser même la question, si l’on comprend le message distillé des lieux du pouvoir. Pourtant, à bientôt 80 ans, l’état de santé du président est cardinale, si l’on met l’Algérie au-dessus de tous les Algériens. Tout le reste n’est que simple démagogie et pur écran de fumée pour cacher aux Algériens ce que tout un chacun appréhende.

Déjà hier lundi, la présidence s’est contentée d’un bref communiqué précisant d’abord que l' »indisponibilité temporaire » du président due à une « bronchite aiguë ». Bien sûr pour couper court à toute supputation, la présidence a précisé que cette annulation est un report « d’un commun accord ». Une précision quelque peu étrange puisque cette annulation ne dépend pas de l’Allemagne mais de l’état de santé du président. De fait, la bienséance diplomatique veut que la chancelière allemande ne peut se déplacer à Alger sans recontrer le président.

Autre information glissée dans le communiqué : « Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République »,.. »se trouve à sa résidence à Alger ». Voilà pour dire aux Algériens que le chef de l’Etat n’a pas été évacué à l’étranger comme les précédentes fois mais qu’il est bien dans « sa résidence ». Après cette brève information, on ferme les canaux. Aucun bilan médical n’est rendu public. Cependant tout un chacun doit s’interroger : « Si Angela Merkel ne devait pas venir en Algériens aurait-on appris l’indisponibilité du président ? » Peu sûr.

Cela étant dit, ces brèves informations ne rassurent pour autant nullement surtout quand on sait la centralité qu’occupe le président dans le pouvoir. Aussi les interrogations deviennent insistantes sur ce président qui ne s’adresse plus aux Algériens et ne rencontre plus aucun homme politique hormis une poignée de son cercle proche. Alors pour éteindre l’incendie des rumeurs, Ahmed Ouyahia, SG du RND mais surtout en tant que directeur de cabinet du président qu’il est allé faire le pompier.

Il a déclaré aujourd’hui que « rien n’empêche le président Bouteflika de poursuivre son mandat ». Le retour de la question de la légitimité du président à rester au pouvoir n’est pas anodin. En animal politique très discipliné, voire vindicatif, Ahmed Ouyahia entendait prévenir qu’il n’est pas question de remettre au centre des débats la santé du président.

Le président « marchera »

Mais tous ceux qui suivent l’actualité nationale se rappellent de cette déclaration d’Ould Abbès quand il avait soutenu en novembre dernier que « le président Bouteflika se remettra à marcher dans quelques mois ». Il a même crâné qu’il se présentera à un cinquième mandat. Les déclarations d’Ould Abbès (83 ans) ont prêté à sourire plus d’un par sa légèreté. Chez la petite tête des thuriféraires et autres groupies du pouvoir, plus c’est gros mieux ça passe. La sortie d’Ould Abbès arrivait une semaine avant que le chef de l’Etat ne soit évacué pour un séjour hospitalier à la clinique d’Alembert de Grenoble en France.

Dans la foulée, Bouteflika est sorti de sa résidence pour inaugurer la nouvelle ville non encore achevée de Sidi Abdellah. Un conseil des ministres a bien été aussi filmé sanctionné par un long communiqué. Mais point de déclaration à la télévision à la fin de l’année. En lieu et place du président, les Algériens ont eu droit à un monologue d’Abdelmalek Sellal.

La rédaction

5 commentaires

  1. C'est ahurissant la prouesse de ces gens à nous faire croire ici et un peu ailleurs que le Président gère gouverne et suit tous les dossiers ! Ne voilà t-il pas qu'on parle d'un 5e mandat alors que notre Président ne s'adresse plus au peuple depuis des années. Pour moi c'est simple : soit le Président n'est pas justiciable de l'ex article 88 et dans ce cas il défend lui même son ou ses bilans, il parle à son peuple, il voyage etc. Soit au contraire il se trouve dans l'incapacité totale de gérer le pays et là le mécanisme juridique dans ce cas est enclenché et des élections présidentielles anticipées sont annoncées ! La visite reportée de la chancelière allemande est énigmatique…
    À la périphérie chacun y va de ses mensonges. Le peuple n'est pas idiot, gare au désastre. Pourquoi ne se décide t-on pas tout simplement à s'engager sur la voie la plus simple en rassemblant toutes les énergies sincères dans ce pays et refonder l'état algérien, ses institutions ? Pourquoi ? Le statut quo peut déboucher sur une explosion sociale qui risque d'emporter tout le pays…

  2. C’est logique ce que vous dites, tout à fait d’accord avec vous et j’en rajoute. C’est quoi? Dans les 2 cas que vous avez cité le peuple n’est pas au centre des préoccupations de ces soit disant décideurs. Parce que nous n’avons pas des représentants au gouvernement, d’ailleurs je ne peux pas citer un ministre élu par le peuple. Ils sont tous parachuté ramenés appelés ou sollicitées,… c’est quoi le secret? Ils ne travaillent pas pour servir le peuple, d’ailleurs ils le savent que leurs patrons ce n’est pas le peuple.
    En connaissant un peux la politique occidentale : ‘’il n’y a pas d’amis en Politique, il y a des intérêts’’. Mais ça ne va pas dire que l’Allemagne ou la France respectent le système Algérien. Ils ne vont pas hésiter une seconde à les juger devant le TPI si le peuple Algérien se mettra debout et prendra son destin en main. Mais ils ne se mêlent pas des affaires qui ne les regardent pas, si les dicteurs Algériens ne menacent pas leurs intérêts directement, il n' y a aucune raison de les bousculer : on appelle ça de la diplomatie.
    Regardez ce qui est arrivé à Kadhafi et Sadam les 2 qui ont touché aux intérêts occidentaux, un lynchage sur la place publique comme des vulgaires voyous. Mais non! ils ne se sont pas opposés à la chute de Ben Ali, ni de Moubarek. Les gouvernements occidentaux travaillent pour les intérêts de leurs pays, ils ont des comptes à rendre aux gens qui les ont élus. Si la dictature Algérienne ouvre les coffres pour s’en servir comme dans un buffet, ils ne vont pas se gêner, ils vont s’en servir, c’est de l’argent facile.
    Nous Algériens nous pleurons dans notre coin pour dire le monde occidental est complice. Oui! Mais est ce que le monde arrêtera de tourner. C’est à nous de nous soulever contre la dictature, non pas l’Allemagne, vous allez voir si les dirigeants auront le courage de tirer sur le peuple. Ils vont fuir tout simplement et encore! ou? En Arabie Saoudite? Non ils vont quitter en silence, je ne pense pas Sellal va laisser les millions en France, et aller vivre en Arabie. Même si ils nous menacent avec toutes les armes achetées dernièrement, ça va rester dans les placards. Ils ne pourront pas s’en servir si le peuple est debout comme un seul homme. Et C’est là que nous allons voir les valeurs occidentales. Pour le moment on attend le 5ieme mandat.

  3. Ould Abbas , médecin de son état, qui soutient que le Président marchera dans les quelques mois qui viennent est un scoop partisan qui ne s'embarrasse pas de précautions particulières inhérentes à sa profession ."Le mensonge plus il est gros mieux il passe" une propagande empruntée à qui vous savez et qui fait son bonhomme de chemin pour gagner du temps et faire durer la vie de château. Le Roi est mort ,vive le Roi !

  4. merkel ne doit pas venir en algérie, c'est faf *a qui le veut ainsi, markel viendrait pour parler des 2700 ou 27000 algériens expulsables mais aussi des possibilités de coopération et des perspectives d'établir des relations stratégiques entre alger et berlin, et là la france tousse et c'est alger qui est atteinte d'une bronchite aiguë contagieuse pour madame merkel,
    c'est la france qui refuse cette rencontre et ses valets obéissent, en inventant un prétexte qui ne tient pas debout..
    d'autres chefs (donc des pays) sont interdits () de se rendre à alger et d'avoir des relations avec l'algerie,
    la relation entre la france et l'algérie est une relation contre nature stérile et non féconde, c'est comme une relation de séparation entre deux conjoints dont l'un refuse que l'autre puisse avoir des relations avec les autres,
    faudra que l'algérie consomme son divorce d'avec la france et regarde ailleurs

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