Les raisons d'une improbable implosion sociale à très court terme en Algérie

« Certains veulent créer un sentiment de sinistrose en Algérie et veulent semer le désordre. Le terrain est propice car reconnaissons que des ministres en place ne savent pas communiquer ou ne sont plus crédibles tant aux yeux de la population algérienne que de l’opinion internationale. Pourtant à court terme l’Algérie ne risque pas l’implosion sociale contrairement à certaines supputations. Mais le temps se compte, ayant un répit de trois années( passant par une profonde moralisation de ceux qui dirigent la Cité, en fait un renouveau de la gouvernance centrale et locale ». (1)

Premièrement, l’Algérie n’est pas dans la situation de 1986, où les réserves de change étaient presque inexistantes avec un endettement qui commençait à devenir pesant. Avec 122 milliards de dollars de réserves de change fin 2016, 112 milliards de dollars selon le FMI, et une dette extérieure inférieure à 4 ou 5 milliards de dollars, ces réserves de change, si elles sont bien utilisées, peuvent à la fois servir de tampon social.

Deuxièmement, vu la crise du logement, le regroupement de la cellule familiale concerne une grande fraction de la population et les charges sont payées grâce au revenu familial global. Mais il faut faire attention : résoudre la crise du logement sans relancer la machine économique prépare à terme l’explosion sociale.

Troisièmement, grâce à leur travail mais également aux subventions étatiques, les familles algériennes ont accumulé une épargne sous différentes formes. Cependant, il suffit de visiter les endroits officiels de vente de bijoux pour voir qu’il y a « déthésaurisation » et que cette épargne est, malheureusement, en train d’être dépensée face à la détérioration de leur pouvoir d’achat. Cela peut tenir encore deux à trois ans. A la fin de cette période, tout peut arriver.

Quatrièmement, l’Etat, malgré des tensions budgétaires qui iront en s’accroissant, les dispositions de la loi de finances de 2017, continue à subventionner les principaux produits de première nécessité (27% du budget): il n’est pas question de toucher à deux produits essentiels pour les plus pauvres, à savoir le pain et le lait. En revanche, à terme, il s’agira de cibler les subventions qui, généralisées, sont insoutenables pour le budget. Pour rappel, sur les 28 milliards de dollars de subventions – sans compter les transferts sociaux – les carburants accaparent plus de 10 milliards de dollars.

L’Algérie a un répit seulement de trois ans pour changer de cap et éviter de vives tensions sociales entre 2018 et 2020. Certes, à court terme, cette situation peut être maîtrisable, sous réserve d’une plus grande rigueur budgétaire et d’une lutte contre les surcoûts, le gaspillage et la corruption. Avec la baisse des recettes de Sonatrach de 45%, il est indispensable d’accroître la fiscalité ordinaire : c’est là un exercice difficile sans pénaliser les activités productives et les couches les plus défavorisées. Mais, à moyen terme, en cas de faiblesse de la production interne, d’un dérapage accéléré de la valeur du dinar corrélé à la baisse des réserves de change, nous devrions assister à un processus inflationniste accéléré.

Entre le budget de fonctionnement et d’équipement, l’Algérie a fonctionné sur un base d’un cours de 86 dollars en 2016 selon le FMI d’où d’inévitables tensions budgétaires. En effet, il faut être aussi conscient que sans réformes structurelles, évitant les replâtrages et les discours populistes, l’implosion sociale est inévitable à l’horizon 2018-2020. L’inflation joue toujours comme facteur de redistribution des revenus au profit des revenus variables et il appartient à l’Etat de concilier l’efficacité économique et une profonde justice sociale, laquelle n’est pas antinomique avec l’efficacité. Tous les appareils de l’Etat doivent donner l’exemple.

J’avais préconisé, lors d’une conférence devant le Premier ministre, en novembre 2014, que les responsables au plus haut niveau (présidence, gouvernement, hauts cadres de l’Etat, députés, sénateurs, etc.) donnent l’exemple par une réduction de leurs salaires et évitent des réceptions inutiles. Certes, une telle attitude n’aura pas une importante répercussion sur le budget de l’Etat, mais ce sera un signe fort de mobilisation en faveur d’une austérité justement partagée. Car tout responsable doit penser au devenir de l’Algérie. La question est pertinente et relève de la géostratégie. Heureusement que je viens d’être écouté trois ans plus tard, des responsables ayant vécu de l’illusion de la rente croyaient que le cours allaient repartir vers 90/100 dollars. Rappelons la déclaration irresponsable de l’actuel Ministre de l’industrie le 31/08/2015, reproduit par l’APS je le cite : « L’Algérie peut vivre même avec un baril de 10 dollars ».

Professeur Abderrahmane Mebtoul

(1) Extrait de l’entretien accordé par le professeur Mebtoul au quotidien américain « Americain Herald Tribune », le 28 décembre 2016.

8 commentaires

  1. ils ont dit "L’Algérie peut vivre même avec un baril de 10 dollars" et voil
    qu'ils s' affolent déjä alors que le baril est encore a 50 $.

    Quelqu 'un d' autre a dit aussi,que même avec un baril a 120 $ on ne s'en sortirait pas car il est mathématiquement impossible qu 'un pays de 40 millions de bouches à nourir puissent eternellement vivre sans rien produire c.a.d en important tout ce qu il consomme.
    On a vecu avec cette 'épée de damocles sur nos têtes pendant près de 40 ans personne ne s en soucier . Eh bien messieurs les ministres et députés dansez maintenant expliquez au peuple pourquoi vous avez laissez murir et camoufler cette situation qui a enfanté la crise actuelle.
    Le pouvoir ne pouvait pas ignorer qu un peuple qui ne produit rien est voué a la decadence et a la misère il en a eu un signal lors de la chute du baril de 1988 .Mais il feint d' ignorer ces parametres politiques que tous les pays du monde tiennent a l'oeil et previennent à temps leurs consequences. Chez ce qui ce qui interesse nos gouverants c'est le pouvoir pour voler ,voler et fuire comme Ben ALI

  2. La crise algerienne n'est pas due uniquement au prix du baril de pétrole.
    Qu 'il soit a 10 ,50 ou 120 $ c'est du pareil au même, les voleurs ne laisseront que les miettes,ils rempliront leurs poches et laisseront le peuple dans la misère dans tous les cas de figure et tant qu'on aura pas un Etat serieux construit sur un fondement identitaire solide et une constitution respectable et respectée, une justice juste, et une école qui donne des outils de travail en mains,aucun résultat positif ne sortira de notre glorieuse revolution de 1954.
    Nous le gachi, on a obtenu uniquement le droit de nous mal gouverner et eux (les harkis qui ont pris la releve du colon) ont ontenu le droit de nous rnanconner et de nous faire marcher a la mitraileuse avec balles réelles sans que qu 'aucun de ces Etats qui se reclament en faveur des droits de l' homme ne pipe un seul mot pour nous protéger

  3. 54 ans de mal gouvernance FLN'iste et de delapidation des fonds publiques ça se paye cher.

    Il faut savoir que dans ce bled 70 % des locataires des logement appartenant ä l'Etat ne paye pas leur loyer.
    hadi blad khali moh, koul ,achrab,ou rouh

  4. Les loyers ne sont pas encaissés .les prêts ANSEJ et autres ne sont pas remboursés ,les impots impayés sont effacés ,les gens qui ont etudier avec des bourses faramineuses sont partis ailleurs sans rembourser les bourses et sans honorer leurs engagements contractuels de servir l'Etat en contreartie du financementde leurs etudes,totu cela laisse des traces sur les registres comptables et des trous noirs dans les budgets.A quabnd les enquetes et les poursuites de ces fraudeurs?

  5. Et pourquoi a t on assssiné feu Boudiaf ?? Ou en est l'enquête qu' il a engagé auprès de fafa pour rappratrier les milliards qui ont pris l'avion à l aeroport Houari Boumedienne en direction d'Orly??

  6. a t on jeté un coup d oeil sur les comptes bancaires des veuves de :
    Ben bella
    Boumedienne
    Ali Kafer
    Chadly
    Bitat
    Messadia
    Belkhir

    ils ont tous tété à la mamelle de la vache à lait Sonatrach

  7. il faut appeler au calme nos jeunes furieux a juste titre mais en même temps il faut faire comprendre au pouvoir qu'ils sont prets a redescendre de nouveau dans la rue mchouch kechouch par centaines de mille .Tenons ces viellards cancereux et voleurs sous pression pour leur faire peter leurs plombs et leurs ressorts deja usés par l 'age .

  8. j' attend avec impatience les hallucinations d'Ouyahia sur cet evennement de Bejaia qui devrait lui servir d avertissement.

    il doit prendre acte qu'il est dans le colimateur des jeunes kabyles. pas seulement des binatinaux ,loin du pays mais même de ceux qui sont juste a coté derrière son dos .ä Bejaia Tizi,Alger et Bouira

    il va encore dire qu ils sont des ennemis de l 'Algerie et qu ils ont manipulés par l'invisible , innomable et fantomatique main étrangere et s il dit que c 'est le MAK qui a fait cela il reconnaitra de facto par la même occasion que le MAK a toute la kabylie en mains et q' il arrive à mobiliser et démobiliser notre jeunesse qui lui obeit au moindre signe.

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