La patronne du FN, Marine Le Pen, se dit "candidate du peuple"

A sept mois de l’élection présidentielle en France, la candidate du Front national Marine Le Pen s’est présentée dimanche comme la « candidate du peuple ». Elle a endossé un profil rassembleur dans son discours à l’université d’été du FN à Fréju (sud-est).

Tout aussi bourgeoise qu’elle est, la fille de Jean-Marie Le Pen n’a pas froid aux yeux en prétendant son extraction d’origine populaire. « Je suis la candidate du peuple et je veux vous parler de la France, car c’est elle qui nous réunis », a lancé Marine Le Pen devant plus de 3000 personnes. Pendant plus d’une heure, la candidate du FN a déroulé ses thèmes de prédilection: identité nationale, sécurité, immigration et saillies répétées contre l’Europe.

La surenchère et l’emphase ne sont jamais loin dans le propos. « Nous voulons une France libre, maîtresse de ses lois, de sa monnaie et gardienne de ses frontières », a-t-elle dit devant un pupitre barré de son nouveau slogan de campagne: « Au nom du peuple ». Ce slogan, dévoilé dimanche, « est un parfait condensé de notre combat », a déclaré Florian Philippot, un des vice-présidents du FN.

Aucune attaque directe n’a été dirigée contre ses rivaux dans l’optique de 2017. Après avoir taclé la veille Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de droite dont les thèmes de campagne empruntent beaucoup au FN, elle a choisi d’éviter la polémique.

De l’avis de plusieurs observateurs, le FN entend afficher le visage le plus « crédible » possible d’ici au premier tour du scrutin présidentiel en avril prochain. Si toutes les enquêtes d’opinion assurent que Marine Le Pen se qualifiera pour le second tour – décisif – de la présidentielle, ils la donnent battue au final dans l’hypothèse actuelle la plus probable, face à un candidat de droite.

Elle a dressé dimanche, comme à son habitude, un tableau dramatique de la situation française: un pays enchaîné où la démocratie a disparu et attaché telle une marionnette à ses vrais maîtres extérieurs… « Bruxelles, Berlin, Washington ».

Plusieurs éléments abîment la France. Et Marine Le Pen d’énumérer « l’immigrationnisme », la perte d’identité, le multiculturalisme et les attaques du « système » contre les « petits Français ». Sous une pluie de drapeaux tricolores, la candidate a été acclamée par des « Marine présidente ! » ou encore des « On est chez nous ! ».

La patronne du FN a fait référence au général de Gaulle, pour vanter la « liberté » que le pays doit s’employer à retrouver, glorifiant cette « France libre » qui ne serait, selon elle, qu’un souvenir.

Avec AFP