Cette langue n’est pas mienne mais mon butin de guerre

« Je n’ai qu’une langue et ce n’est pas la mienne » (*) est un essai de Khaoutar Harchi qui va paraître le 7 septembre à Paris, je ne l’ai donc pas lu. Le présent article préparé et écrit il y a quelques jours, je le dédie à Nabile Farés qui vient de décéder, grand écrivain qui rêvait d’un autre Présent pour sa chère Algérie. Et à travers lui, un hommage à tous ces écrivains algériens qui ont retourné la langue de l’autre contre l’oppression imposée par cet autre.

« La langue est mon territoire, ma patrie », disent des écrivains dont l’œuvre est écrite dans une langue autre que maternelle. Cela a été dit si souvent que ça devient un lieu commun. Ce titre, « je n’ai qu’une langue et ce n’est pas la mienne » ne correspond pas au rapport que les écrivains algériens entretiennent avec la langue française. Pour ma part je lui préfère la fameuse phrase de Kateb Yacine, « la langue française est un butin de guerre ». L’image du butin de Kateb ne faisant pas l’impasse sur le rapport colonial. L’appropriation de la langue française par les écrivains algériens est le fruit amer de la colonisation car leurs langues maternelles étaient frappées d’interdits des classes de la maternelle à l’université. D’une certaine façon, ils n’ont pas choisi la langue française par amour comme chez l’Américain Julien Green ou Andreï Makine le Russe. Ils ont été choisis par elle car c’est la langue de la vie économique et politique (tous les documents/archives de la révolution sont écrits en français). Mais c’est aussi une grande langue qui a véhiculé des idées qui ont fait progresser l’histoire de la France (Voltaire et Diderot) et ensuite par ricochet ravager l’Europe (Napoléon). Ceci dit, la phrase de Kateb me rappelle l’analyse de Jean-Paul Sartre sur la langue de Jean Genet. Ce dernier, on le sait est un enfant de l’assistance publique.

Un sort qui l’a fait glisser sur le « terrain hors-la loi » l’entraînant de prison en prison. Sartre venu au secours de Genet l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, a basé sa défense sur la qualité exceptionnelle de la langue de Genet. Et Genet d’expliquer que pour sortir de l’enfer de la prison, il lui fallait écrire dans la langue la plus classique pour se faire comprendre de ses ennemis de classe. Chez Kateb comme chez Genet, pour que leur écriture portât ses fruits, il leur fallait « violer » la langue car celle-ci a tendance à être formatée par les pouvoirs pour handicaper son caractère subversive. Kateb comme Genet ont donc malmené la langue de l’oppresseur en élevant ladite langue au sommet de sa splendeur et en la transformant en une arme redoutable de séduction qui désarme précisément l’oppresseur.

Ce petit détour par ces deux grands écrivains permet de cerner le rapport que les écrivains algériens, me semble-t-il, entretiennent avec la langue française. Lequel rapport permet à son tour de saisir le regard de la critique française et ses différentes succursales littéraires sur les écrivains algériens. Une chose frappe d’emblée, son regard (de la critique) est d’abord conditionné par les tumultes de l’histoire (**). Ensuite, le jugement de cette critique sur les œuvres algériennes fait des infidélités aux qualités littéraires pour sombrer dans les bras de l’idéologie de la doxa (idées dominantes). La sentence des avocats de ladite doxa est d’autant plus lourde que l’auteur est un citoyen engagé politiquement. (***) C’est ainsi que Kateb Yacine et Mohammed Dib ont fait les frais de leur engagement pour l’indépendance de leur pays. Cependant, leurs œuvres, heureusement n’ont pas été ignorées par la critique progressiste qui avait remarqué et loué leur immense qualité littéraire. Un troisième écrivain plus jeune, postindépendance, fit une entrée remarquée sur la scène littéraire avec la publication de « La répudiation ». Les œuvres de ces trois écrivains liées à la chaude et tragique histoire coloniale de notre pays n’ont jamais été proposées aux fameux cercles qui distribuent les grands prix littéraires. Le souvenir de la guerre d’Algérie s’estompant, Assia Djebar bénéficia d’une sorte d’amnistie. Elle vécut une deuxième jeunesse en tant qu’écrivaine pour ses romans à la fois historique et « féministe ». Ses écrits sur la langue française ont certainement séduit la vieille institution de l’Académie française puisqu’elle lui ouvrit ses portes, devenant ainsi une Immortelle. Elle aurait été dit-on, mise sur la liste des nobélisables potentiels, info ou intox de journalistes voulant tirer profit de l’évènement si jamais il se concrétisait…

A la guerre d’indépendance succéda une guerre sale et à huis clos à partir des années 1990. Le monde et donc le France « ignora » cette guerre contre l’intégrisme islamiste qui ne la touchait pas à cette époque. Elle change d’avis aujourd’hui que la terreur a envahi ses villes et ses églises. L’intégrisme islamiste devenant une obsession, il fallait le décrypter. Qui mieux que la littérature peut sonder les âmes d’une société et fouiller les labyrinthes de l’histoire ? C’est alors que l’on se souvient qu’il existe des écrivains algériens. On commença peu à peu à les inscrire sur les listes des grands prix littéraires, l’Académie française, le Femina et le Goncourt le plus prestigieux d’entre eux. On connaît les transactions et autres magouilles entre les éditeurs pour faire partie de la sélection des prix. Certes les qualités littéraires ne sont pas absentes dans le choix d’un prix mais les considérations idéologiques et aussi mercantiles (exigence du marché qui ne doit pas ignorer les désirs/besoins pour fidéliser les lecteurs) sont présentes dans le choix du futur et heureux élu.

Ainsi des écrivains algériens ont-ils, ces dernières années, faire leur entrée dans le cercle restreint des futurs lauréats car ils abordaient et la guerre d’Algérie et l’intégrisme… Signalons tout de même qu’un écrivain, Salim Bachi n’a pas bénéficié du même tintamarre alors qu’il avait écrit de remarquables romans comme « Le chien d’Ulysse », « Tuez-les tous » ou « Le silence de Mahomet ». Il faut dire qu’à cette époque il n’y avait pas le feu intégriste dans la Maison France. En revanche, Yasmina Khadra eut droit à une « reconnaissance » d’estime quand il s’est aventuré sur le terrain de la « nostalgérie » en mettant en scène des Français d’Algérie qui aimaient le pays qui les a vu naître. Des Français qui n’étaient pas tous des « salauds » (on le savait). Des Français « moyens » comme on dit, à l’image du réalisateur Alexandre Arcady qui transposa « Ce que le jour doit à la nuit » de Yasmina Khadra au cinéma.

Ce n’est pas avec un tel titre résumant l’idéologie de l’auteur que l’on peut atteindre les sommets de la littérature. Ce que le jour doit (l’indépendance) à la nuit(****)(la colonisation). Je ne sais pas mais moi ce titre me rappelle une certaine loi sur les effets positifs de la colonisation. Le deuxième roman de Khadra « L’attentat » (phénomène du kamikaze en Palestine). Tiens, tiens, Algérie de Papa, Palestine des « désespérados », tout pour plaire à une idéologie qui refoule l’histoire coloniale du monde. Reconnaissance de Khadra par le « grand public » mais walou, nada du côté de ses pairs. Certes, la reconnaissance des pairs n’est pas un chemin obligé pour être/devenir un grand écrivain. De grands écrivains dans le monde l’ont prouvé. Je n’ai pas la prétention de définir ce qu’est un grand écrivain. En revanche, ce que je sais, c’est que tout œuvre artistique est un regard sur la vie, le monde, un regard conditionné, soutenu, enrichi par une vision du monde. Bref, un roman, un film, un tableau de peinture raconte une histoire avec les formes les plus sublimes pour rendre compte de la complexité du monde. Voyant si la guerre contre l’islamisme a accouché d’écrivains de talent comme la guerre d’Algérie a enfanté des Kateb, Dib et même Malek Haddad qui arrêta d’écrire dans la langue de Molière. Des écrivains qui peuvent éclairer notre lanterne à nous et non pas seulement désangoisser l’Occident dont les « élites » sont analphabètes de l’histoire et des langues des pays qui ont enfanté l’islamisme. Pourquoi diable ce sont des écrivains français comme Mathias Enard avec « Boussole » prix Goncourt 2015 ou bien Laurent Gaudé avec « Ecoutez nos défaites » bien placé pour le prix de 2016, pourquoi donc ce sont ce genre d’écrivains français qui disent les quatre vérités à cet Occident, non pour le désangoisser mais pour qu’il laisse d’une certaine façon en paix l’autre monde, par exemple en Palestine, en Irak et en Syrie.

En posant cette question, on soulève d’autres interrogations. Celle de cette Algérie provoquant l’exil non pas comme au temps de Kateb Yacine mais cette fois un l’exil de ce jour tant attendu mais qui n’a pas répondu à tous les espoirs à tel point qu’il fait regretter la nuit à certains….

Ali Akika cinéaste

Renvois

(*) Ce titre « appartient » à Jacques Derrida, philosophe né à Alger.

(**) de grands écrivains français ont aussi subi les foudres de l’histoire. Bernard Noël a été interdit car son roman parlait de la torture de l’armée française. Tombeau pour 500 000 soldats de Pierre Guyotat contre la boucherie de la guerre 1914.

(***) Rachid Boudjédra, invité à France-Inter pour parler de son dernier roman fut littéralement agressé et sommé de parler de ‘’la guerre civile’’ en Algérie. Rachid fit poliment savoir au journaliste qu’il aimerait parler de son roman. Devant l’attitude imbécile et ‘’pornographique’’ du journaliste, Rachid s’en alla et le laissa monologuer dans le vide.

(****) La nuit pour Kateb Yacine est coloniale, qui a donné naissance, dit-il à l’Algérie en exil (exil intérieur et d’ailleurs).

16 commentaires

  1. Butin de guerre ? Guezguète ! Un vol oui !

    Si c’était le cas on parlerait créole ou petit nègre : on dirait: warjontay (Argenteuil) torlachache( Retour de La Chasse) , tchartchouba,( cherche en bas) cafdiliou,( les cables de Lyon,où mon père zimigri a travaillé). Et Il y en a d’autres.
    « Et Genet d’expliquer que pour sortir de l’enfer de la prison, il lui fallait écrire dans la langue la plus classique pour se faire comprendre de ses ennemis de classe. »
    J’adore !
    Céline était médecin, il écrit dans la langue la plus crade pour dire .. pour dire tout court !
    Et… il y en a d’autres !
    L’écrivain algérien en mal de reconnaissance est obligé d’épurer sont style au teymoum le plus rêche .Il ramène ses précieuses et ses enluminures.
    Alors que les écrivains français ont inventé des tas de mouvements littéraires pour sortir du classicisme : le romantisme, le surréalisme, le sursurréalisme, le khramayisme (Céline), lenimportcommentisme , Houellebecq , iksitira.

    Et puis m….. D’accord. Nos écrivains sont plus français que les français.

  2. Que ce soit par le francais ou par l'arabe, l'Afrique du Nord continue a subir les saignements du colonialisme, la perte de ses reperes, et la culture de l'oubli.

    Quand les puits de petrole et gas secheraient tous, le neo-colon arabo-musulman algerien comme son frère marocain, tunisien, mauretainien, ou libyien n'aura ni maison de dieu pour ses fantasmes. ni un coin tranquille pour s'y desalterer, mais n'aurait d'autre choix que celui de la "loi de la jungle". Cette meme loi a laquelle, il commencé deja a s'initier depuis les 14 siecles dernier.
    ____________________________________________________________
    D'ici la, qui sait du devenir de Tamazgha?………

  3. Lorsqu'on lit les chroniques de R Boudjedra sur TSA, on se pose la question si c'est vraiment lui qui a écrit "la Répudiation" . Parmi les post indépendance des années 90, nous avons un très grand écrivain que vous avez omis de citer Ami Boualem Sansal à moins que lui il ne rentre pas dans critères retenus!

  4. Etrange que ce monsieur n'ait pas cité Jean Amrouche, Mouloud Mammeri et Mouloud Feraoun dans un article qui se veut traiter du rapport des écrivains à la langue française, en période coloniale….? Et Tahar Djaout, non plus, durant la décennie noire, assassiné par la horde islamiste…. Nos écrivains dit-il.

  5. Le français a longtemps été considéré comme la langue du colonialisme par certains milieux algériens. Après l’indépendance, l’accent a été mis sur l’arabe, langue officielle, et le français a été écarté de l’enseignement et du secteur public. « Le français fut […] ce mobilier poussé dans un coin du salon par l’arabisation à marche forcée dans les années 80 », écrit Jean-Louis Le Touzet dans Libération.

    Paradoxalement, le français est resté partie intégrante de l’héritage colonial. Le français est devenu une langue algérienne qui s’est créolisée en se mélangeant à l’arabe, et qui s’est intégrée dans la vie et dans la langue quotidiennes. Certains quartiers d’Alger continuent ainsi de parler le français. La littérature francophone algérienne est elle aussi toujours vivace, portée par des écrivains comme Mustapha Benfodil, Djamel Mati ou encore le remarquable Kamel Daoud qui chronique chaque jour ses contemporains dans Le Quotiden d’Oran. Et pourtant, l’Algérie ne fait pas partie officiellement de l’Organisation Internationale de la Francophonie, alors que c’est l’un des pays où la population francophone est des plus importantes dans le monde.

    Depuis peu, on assiste à une normalisation du rapport des Algériens au français. On n’est plus dans cette ambivalence, dans ce déchirement entre « la langue du colon et la langue qui porte la modernité ». Le français en vient à ne plus être considéré ni comme la langue du colon, ni comme une langue étrangère, mais comme une langue que les Algériens peuvent enfin s’approprier. Comme l’écrit Khaoula Taleb Ibrahimi, linguiste à Alger II : « la jeune génération [se place] dans un rapport au monde, dont la France fait partie ». « On assiste en ce moment à une francisation à rebours dans l’enseignement supérieur », rapporte-t-il.

    Alors que ce retour au français n’est pas accompagné par la classe politique qui n’a pas accepté l’enseignement dans les deux langues, de nombreuses écoles de langues voient le jour. Des offres de formation diversifiées fleurissent, telles que cours privés et formations linguistiques en ligne, qui permettent par exemple la remise à niveau en français d’étudiants suivant des cursus en sciences dures, et qui sont ainsi dispensés de cours de français. Altissia, spécialiste des formations en langues sur internet, s’inscrit également dans ce contexte de floraison d’offres linguistiques. Avec une offre de cours dans de nombreuses langues, dont le français, Altissia participe ainsi au développement de l’enseignement des langues au Maghreb, et particulièrement en Algérie

    conclusion :
    Merci QUI ?????
    Merci Mme La France Éternelle !!! voyons ?? !!!!!!!!!!!!!!!!!

  6. Bonjour,
    Le comble de la stupidité absolue c'est que pour remplir le tube digestif "l'ambbbore/exbbbore" se fait, de A à Z des procédures, principalement dans la langue de molière. L'anglais est usité pour commercer avec les "arabes du coins" d'orient et/ou les chinois. Pour payer cet "ambbbore / exbbbore" vital à la survie du "Ghachi", le "Betrole" c'est plutôt en anglais que cela se passe. (sa production, son transport, son négoce etc..). La langue "Aa3rbobia" c'est juste pour ânoner et brailler dans les mosqués et se faire punir devant des juges marsiens qui parlent une langue que la majorité ne pige point. Stupidité absolue et unique dans l'Histoire des humains. Rabah Benali.

  7. La langue arabe imposée "constitutionnellement" est une langue COLONIALE qui a été introduite par les envahisseurs arabes.
    Qui pourra nier que la seule langue de l'algerie algerienne est TAMAZIGHT et que
    L'arabe ,le français sont des langues coloniales?!
    Au nom de quelle légitimité l'arabe est elle devenue LA LANGUE OFFICIELLE ET NATIONALE en algerie?!

  8. En filigrane de cet article son auteur mass ali akika semble nous dire que LA LANGUE ARABE EST LA LANGUE DE L ALGERIE ,comme hier le ramassis d apatrides malto gitano- ibero-corso-italo-alsaço-parigo ,affublés de "pieds noirs" nous vociféraient que le français est la LANGUE DE L'ALGERIE!!!!
    Non monsieur ,et le plus grave que tous les PEUPLES D ALGERIE LE SAVENT le relai linguistique que MEURSAULT a remis à L'ARABE est un relai linguistique colonial qui remplace le français par l'arabe.
    Tamazight est la langue de l'algerie…!

  9. LA génération qui a libere le pays etait de culture occidentale (francais-90% – autre langue 10%).
    La génération qui a detruit le pays est de culture arabo-baathiste-musulmane. il ne faut pas trop philosopher messieurs si vous voulez que le pays rejoint les nations developpes et modernes il faut avoir le courage de choisir entre la langue de voltaire et celle d'el matanabi ?
    Voltaire ————->science et devellopement
    el moutanabi ———> le chaos – daech-terrorisme-fanatisme (le chaos pas de science et pas de developement).
    thanmirth.

  10. Kateb Yacine dénonce la colonisation arabe au nom de l'islam

    https://www.youtube.com/watch?v=IYjd5qvdhNQ

    La langue arabe ,cette langue coloniale ,arrivée avec les épées(seifs) génocidaires de okba le vil envahisseur arabe,comme avant lui les vils romains et leur joug,et aprés la vile coloniale française et son criminel apartheid ET SON RAMASSIS de gitano-malto-parigo-ibéro-alsaço corse-apatrides ,appeles pieds noirs qui se croyaient maîtres à tout jamais de notre terre l'algerie algerienne amazighmultilangue .
    Les épées seifs arabomusulmans durant l'envahissement de l'algerie amazigh ET A CE JOUR ,HELAS,,n'ont de cesse de vouloir sectionner ,coûte que coûte, les SEINS de nos GRANDS_MERES ET MERES avec lesquels TAMAZGHA en général et l'algerie algerienne en particulier têtaient SA LANGUE LEGITIME ET IDENTITAIRE tamazight en général et "taqveylit,tachawith,tamzabit,tachanewith…..en particulier
    La langue arabe" régne en maître conquérant au détriment de la langue légitime amazigh JUSTE PARCEQUE cette langue arabe imposée par la colonisation arabomusulmane POSSEDE UNE ARMEE ET UNE POLICE….!
    La hogra arabomusulmane contre l'algerie algerienne amazigh sera LA FORCE de cette derniere tôt ou tard et se retournera contre LE SEIF ARABE qui génocide et qui impose ses us et coutumes asiates arabomoyenorientaux ,comme hier,elle s'est retournée contre la baïonnette coloniale apartheid française et contre le joug romain,byzantain,ottoman…..
    Tamazight sera tôt ou tard la LANGUE de L'ALGERIE ALGERIENNE!

  11. Azul fellak ,ce que tu dis n'est pas faux !…C'est une évidence même ! Mais à qui revient la faute si l'arabe et le français dominent la langue Tamazight ?.. La langue arabe est portée par l'islam ,une religion à laquelle bcp de kabyles (l’écrasante majorité) sont viscéralement attachés . Notre attachement au français vient du fait que cette langue est celle d'une grande civilisation moderne !..Le Tamazight n'a ni ceci ni cela ,elle ne survit que grâce à des populations tribales (incultes et semi -primitives) recluses dans leurs montagnes . C'est vrai que quelques chansonniers et musiciens ,je pense à Idir surtout ,Djamel Allam , Djamel Chir , Nordine Chenoud ,les groupes Afus et Abranis , Sofiane etc , ont réussi à redonner un peu de vie et de modernité à la Culture kabyle .Malheureusement la monté du, Aarouchisme ,du Matoubisme d'une part et la mort du MCB d'autre part (Et tu dois savoir qui est derrière cette mort …un parti qui se proclame de la culture s'il te plait !) a fait replonger la Kabylie dans les abîmes de l'incurie et dans les ténèbres du tribalisme ! …Alors est tu sur que vraiment la lutte continue ?

  12. La brièveté des messages pourrait augurer de belles pépites dans lesquelles la concision aurait ciselé de fortes et belles idées… Notre grand écrivain, confus à l'oral n'est effectivement plus très brillant à l'écrit !

  13. "Matoubisme " .
    Comment oses tu salir Lounas ???

    "Ces populations tribales (incultes et semi -primitives) recluses dans leurs montagnes ".

    Tu oses encore nous traiter d 'incultes
    Tu as depassé une ligne rouge.
    Tu insultes ceux qui t'ont libéré du joug colonial de fafa et qui combattent leurs substituts arabo-musulmans.

    Plus lache que ça, tu ne peux pas être .

    Je ne trouve pas d'autre mot pour t' encadrer.

  14. Té à propos de Butin de guerre ! putain de guerre ! J’allais dire !

    Voici deux extrait qui reflète deux posture à l’égard de la langue de Voltaire.

    Le premier c’est un auteur français dont seul ipitite Kichi devinerait l’auteur qui était considéré à son époque comme le paria de la langue française, et l’autre qui est d’un butindeguerriste plus francisant que voltaire himself.

    Considéré comme antisemite un « juuif, lui écrit :

    « En France, il y a eu Villon, Verlaine, Rimbaud qui étaient des mecs pas propres MAIS « PLUS INTERESSANTS QUE TOI. Ils avaient du mérite, ILS ECRIVAIENT EN BON FRANÇAIS.
    « Quant à toi, qui veut jouer les affranchis et qui ne l’est pas du tout, tu as l’air d’un con.
    « Maintenant sache que moi, Juif, je n’irai pas ME FAIRE CASSER LA GUEULE A LA GUERRE pour « m’entendre traiter de sale youtre et pour qu’un con comme ta gueule dise qu’ils n’y ont eu « que 1 300 tués pendant la dernière guerre.
    « Et puis s’il y avait eu que 1 300 tués, ça prouverait que les youtres SONT PLUS VERNIS QUE « LES CHRETIENS. Et qu’ils [16] n’étaient pas planqués, puisque beaucoup étaient dans la LEGION.
    « Au revoir, dégueulasse.

    « Si les Juifs sont circoncis, ils n’ont pas à en avoir honte. Ça leur permet, au contraire, de « ne pas attraper la vérole. Ils peuvent bien se nettoyer. D’ailleurs, il y a pas de vérolés chez « les Juifs, ou très peu. Les Youpins n’ont pas des bites de chiens qui puent. » « SALVADOR, Juif ».

    NB : Les mots en majus-cule ont été soulignés par l’auteur en italique

    Et l’auteur français lui répond :

    « Ah ! Il ne m’aime que trop, ce Salvador ! C’est l’évidence ! La ferveur l’égare ! Il ne sait plus comment m’étreindre ! me posséder davantage ! Ah ! l’avide ! Ah ! l’éperdu ! Mon Dieu ! comme il s’y prend mal ! Il me froisse, il m’agace, il ne m’excite pas ! La passion le rend impossible. Salvador râlant d’idiotie ! Furieux ? mais tant mieux ! Que diantre !… Jamais trop furieux juste ciel ! Tout effrayant de fureur ! quelle chance ! Mais d’abord de grâce, qu’il me lise Salvador ! le prudent crayon à la main ! Qu’il m’épelle, qu’il tente de m’ânonner ! Avant de se lancer tout seul ! Qu’il me décalque gentiment ! Attendrissant de patience ! Qu’il me lèche sur tous les pourtours, qu’il m’onguente les rudiments de la violence, dévotieux ! Délicatesses des prémisses ! Fragilités impératives ! Salvador, vous me bouzillez !
    Cher ingrat fainéant ! Crapoteuse nature ! Drôle ! Brute pataugière, baveuse de traviole ! Rien de votre affaire ne gicle ! n’emporte, n’allègre ! Une lourde pitié d’ergoteries foireuses ! Votre boutique ! Obscène ! Ah, que les maîtres sont à plaindre qui ne font lever autour d’eux que de telles ivraies blêmes et fades !
    Ah ! rançon de la décadence ! Ah ! que labourer de telles immensités de cancres devient bien avant l’agonie, bien avant l’oubli, la plus terrible des contritions, la plus âcre des pénitences, pour toutes nos vanités, faiblesses, brèves glorioles, orgueils secrets ou pavoisants. »

    Alors que …

    Hassoune voici un extrait du plus rancunier de nos butin deguerristes :

    «Hôpital. Bégonias dans le jardin. Fenêtres ouvertes. Les infirmières à varices déambulent, se méfient des malades qui gloussent et des scorpions qui grouillent sous les lits. Elles ont peur, mais elles auraient mieux fait d'être apodes plutôt que d'énerver les patients avec le glissement furtif de leurs pas. A quoi rime ce va-et-vient doucereux ? L'agitation est d'autant plus vaine qu'elles ne craignent rien : au moindre incident, des hommes dissimulés derrière les portes interviendront et juguleront toute tentative de sédition. Titubation : un malade entre, il a l'air d'un anachorète qui a perdu sa transe; une fois couché, le nouveau venu perd de son intérêt et il ne nous reste plus qu'à chercher un nouveau pôle d'attraction. Les bégonias ? Ils ont l'air passif. Les scorpions ? Ils ne cessent de tourner en rond et le bruit qu'ils font en s'entrechoquant ne peut parvenir qu'à une oreille initiée. Un plateau plein de fruits trône sur la petite table vissée à mon lit; elle est donc venue. Préciser l'heure de son arrivée ou de son départ est au-dessus de mes forces ; me souvenir de ce qu'elle m'a dit exige un effort qui me laissera fourbu toute la semaine, la peau moite ; impression d'avoir mué en utilisant un émollient que le médecin m'aurait donné en cachette car le règlement interdit de telles pratiques : changer de peau. Inutile de me rappeler l'heure de son arrivée, ni la couleur de sa robe ; je connais seulement son prénom : Céline, et le numéro très spécial de sa voiture."

  15. Kichi ne devine pas, il se rappelle avoir lu ce passage en ligne il y a quelques mois, dans « l’Ecole des cadavres », lien envoyé par Verwaq.
    L’arabe algérien et le kabyle sont truffés de mots charmants empruntés à la langue française, utilisés par des gens qui ne parlent pas nécessairement français et qui ne savent pas nécessairement que ce sont des mots français à l’origine. Bouboune (poupon) thapouchite (une pochette) foumada (pommade) et des centaines d’autres. Mes favoris sont “El bayez” (elli y’bouzi, celui qui pose le premier aux dominos) el-borfayor (le pourvoyeur) et bir boutembel (puits d’eau “potable”) doufisse (devises.) En kabyle “avechkidh” tromblon de marque Bousquet, “fek baddar” pour livrer bataille. C’est juste charmant, rien de comique ou de ridicule dedans, car sinon alors les romains créveraient de rire en voyant ce que les français ont fait du latin. Toutes les langues sont bâtardes, aucune exception, l’anglais plus que toutes les autres: 80% de son vocabulaire provient d’autres langues, dont une bonne majorité du français, surtout du vieux français.

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