Hafidh Derradji, Boussalem et Lahri !

Décidément, en Algérie, les journalistes se suivent et leurs mésaventures se ressemblent au service public …Rétrospective.

On se souvient de ce journaliste, figure de la rédaction sportive de l’ENTV et qui s’était retrouvé directeur de l’information de cette chaîne sous Hamraoui Habib Chawki (HHC). C’est sous sa direction que l’unique avait été un véritable fer de lance de la propagande du régime, notamment lors des mouvements contestataires qui ont marqué le pays au début des années 2000. Plus tard, il sera même propulsé “Directeur Général-adjoint”… Cependant, un désaccord entre Hafidh Derradji et quelques figures d’un clan du pouvoir scellera l’avenir du journaliste au sein de l’ENTV. C’est d’ailleurs une autre chaîne propagandiste qu’il rejoindra par la suite, Al Jazeera.

Ce journaliste qui se déclare aujourd’hui opposant à Bouteflika n’a jamais pris le soin de s’expliquer sur le rôle qui a été le sien dans la promotion du discours du pouvoir.

Des souvenirs nous reviennent également d’une émission politique animée par un journaliste non moins connu. Ce jour-là, un responsable politique de l’opposition, Ahmed Djeddai, venait dénoncer en direct le fameux “laissez-passer” imposé par les autorités aux portes de Hassi-Messaoud. L’information divulguée par l’invité semblait choquer Karim Boussalem. Ce dernier avait violemment réagi aux déclarations de son invité, demandant aux téléspectateurs d’intervenir pendant l’émission afin de démentir les propos tenus sur le plateau. Aussitôt, un homme appelle à l’antenne et affirme avec assurance et sans scrupule qu’il n’y avait aucun “laissez-passer” exigé à l’entrée de la ville. En ne réagissant pas à ce témoignage, Ahmed Djeddai laissait à la population de la région de Ouargla le soin de constater par elle-même la honteuse machination.

Ironie du sort, ce journaliste sera également écarté du 20h quelques années plus tard par un simple coup de téléphone. Raison avancée, il aurait traité les sujets liés aux réformes du chef de l’État de façon un peu trop molle…

Nous arrivons enfin au récent cas du journaliste Ahmed Lahri. Ce dernier a été évincé de la présentation du 19h de Canal Algérie pour avoir cité Abdelaziz Bouteflika sans le précéder du fameux prédicat honorifique de « Son Excellence Monsieur le Président de la République ».

Les journalistes de la chaîne publique doivent comprendre que les tenants du pouvoir se passeront d’eux de façon brutale et ingrate au moindre faux pas. Ils doivent savoir qu’on ne les met pas en avant pour leurs compétences mais pour leur allégeance ! Ces journalistes ont participé d’une façon ou d’une autre à la construction du discours officiel du régime sans se soucier du devoir d’éthique qu’impose leur métier. Hier, Boussalem et Derradji, aujourd’hui, Lahri, et demain, qui sait ?

En ce qui me concerne, tant que ce Monsieur n’aura pas dénoncé publiquement son éviction du journal de 19h ainsi que les manœuvres de ses supérieurs et du pouvoir dont ils usent et abusent, je ne peux m’exprimer en sa faveur.

Nous ne devons pas verser dans le soutien à outrance. Parfois, les frontières sont infimes entre le régime et ses victimes. Nos paroles ne doivent pas être banales et nos actes pas fortuits.

Enfin, ma présente contribution ne remet nullement en cause les qualités humaines de ce Monsieur. Mon jugement s’arrête aux frontières de ce que je constate à l’écran.

Abdou Bendjoudi

Militant pour le changement pacifique

Rédaction
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7 commentaires

  1. Mais, mon bon Monsieur, vous semblez ignorer l'attrait irrésistible de la mangeoire! Elle retient par le nombril une partie prépondérante du ghashi algérien (des membres du protocole barzidentiel aux nouveaux fils et filles de chouhadas de la 25ième heure, en passant par d'autres et d'autres) qui font allégeance au système. Il y a un seul espoir : que le prix du pétrole descende à 8 voir 5 dollar….alléluia

  2. Bonjour
    Vous m'étonnez quant vous considerez le gouvernement Algérien comme étant une bande de Mafia. Non et je le regrette car la Mafia est une famille structurée et orgainsée. Contrairement à ce gouvernement qu'est qu'une bande de voyous

  3. Vous demandez en quelque sorte au pauvre petit gnou isolé du troupeau de commencer lui-même et seul à attaquer la horde de hyènes qui le cerne avant de voir si vous voulez bien l'aider ou pas à s'en sortir de ce mauvais pas. C'est une attitude très militante.

  4. Mais vous êtes en train de divaguer mr Derradji .De cette façon vous appellez les algériens a voter pour Bouteflika. Vous ne savez pas qu il y a l a fraude en algérie depuis 1962 ? Même si les algeriens silencieux que vous dites votent contre le pouvoir va dire qu'ils ont voté pour . Croyez vous vraiment que le pouvoir en place va respecter les rösultats du vote populaire ? si oui vous révez.

  5. Avant eux et faisant preuve de plus d'audace et de courage , il y avait le présentateur de Sidi Aich qui en avait marre des discours ronronnants du parti unique avait lancé à l'écran : Passons aux choses sérieuses ! pour rompre avec la dictature du mensonge et la propagande de ses mass-média et de ses journalistes garagouzes.

  6. Hachemi Souami, ancien journaliste de la RTA, un jour lors du JT de 23 heures, apres avoir fini avec les interminables info locales imposées par le pouvoir, a dit "passons aux choses sérieuses" pour attaquer l'info internationale. Il a été bien sur limogé et est devenu membre fondateur du RCD.

  7. Continuons à réagir de cette maniére, et jamais notre pays ne s'engagera vers la démocratie et le changement réel.
    Tout ce qui me rejoint dans ma lutte pour faire avancer les choses…dans le bon sens , je l'accepte qu'il le fasse par dépit, par calcul, ou par esprit de vengeance n'est pas mon probléme. Ce n'est pas le moment de chercher le sexe des anges, la situation exige le grand rassemblement

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