Rachid Boudjedra – Boualem Sansal : nazisme et polémiques endémiques

Quand des hommes politiques s’adonnent à une surenchère d’altercations ignominieuses, cela n’étonne plus personne, car cela fait partie d’un jeu de tapageurs aguerris dans lequel la violence verbale spontanée, si elle n’est pas conjuguée à l’agression physique, l’emporte souvent sur l’argumentaire réfléchi. Un jeu auquel nous sommes habitués depuis que l’on s’acharne, en haut lieu, à écrire l’Histoire de la révolution algérienne pour associer à la libération du pays un seul et unique moudjahid, le vénéré, l’unique «habib-Allah» encore en vie, le révéré, l’auguste «fakhamat raïs» Bouteflika. Une histoire allégrement détournée dès les premiers manuels scolaires. Une façon infaillible de l’inoculer dans les cerveaux vierges de nos petits chérubins afin qu’elle soit perçue comme une vérité absolue, scellée et non négociable, au même titre que les autres fausses constantes de la nation, facétieusement resservies dans la nouvelle constitution.

Les exemples d’affronts envers le peuple sont nombreux :

– Quand Bouteflika énonce, toute honte bue, que «le peuple algérien ne s’est pas battu pour son indépendance, nous lui avons offert l’indépendance», cela relève de l’offense grossière à l’endroit du demi-million de combattants qui ont donné leurs vies, et par la même sacrifié celles de leurs familles, pour que soit libéré le pays.

– Quand Amara Benyounes verse dans un langage de voyou, avec des «an3al eddine li ma ihabnach» injurieux envers l’écrasante majorité du peuple qui ne porte pas les hommes d’un pouvoir illégitime dans leurs cœurs, cela représente une signature de bassesse sur laquelle il est préférable de ne pas trop s’épancher.

– Quand Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA, en poste depuis quasiment 20 ans, emboite le pas d’un ton impénitent, en usant de la même formule de gredins«an3el eddine yemat yemahoum», autant ne pas y prêter la moindre attention.

– Quand Abdellah Djabellah monte au créneau pour dénoncer la petite miette constitutionnelle accordée à l’officialisation de Tamazight, cela relève de l’outrage à un peuple auquel il ne s’identifie point ; son attracteur de vie et de mort, son unique lien de terre et de sang, étant situé dans le désert d’Arabie. À telle bévue, il est préférable de ne prêter qu’une sourde oreille, de préférence la gauche, la préférée de Satan et ses susurres.

-Quand Khaled Nezzar se permet de remettre en cause la parole de Hocine Aït Ahmed, tout en brandissant les habituelles simagrées agressives, autant fermer les yeux pour oublier ces faciès d’épouvantails, à l’origine du désastre dans lequel le pays s’est s’engouffré.

– Quand le journal El-Moudjahid pointe du doigt la légèreté d’El-Watan sur une analyse qui concerne des documents secrets, lesquels relèguent Zohra Drif et Yacef Saadi à des rangs de traitres, cela n’étonne point. Les titres de presse étant devenus des arènes de combats sans merci entre les clans qui se disputent la rente et le butin de guerre.

– Quand Nourredine Aït-Hamouda use et abuse de l’aura du colonel Amirouche, son père ce héros, pour se croire tout permis, autant faire l’autruche ou se terrer ailleurs pour un panorama meilleur.

Autant d’offenses et de coups portés à un moral groggy par une valse de supercheries qui ne semble point s’estomper et qui, au contraire, s’amplifie à mesure que les années passent et que le personnel en charge du destin de ce pays ne donne pas le moindre signe d’essoufflement pour lâcher prise et admettre le déphasage flagrant qui le décale du citoyen qu’il est censé représenter pour le mener à bon port.

Mais quand Rachid Boudjedra -l’homme qui nous a fait tant rêver par sa prestation magique sur Ennahar-TV dans laquelle il assume publiquement son athéisme – énonce, dans une récente contribution* « Boualem Sansal a donc menti pour se faire plaindre et salir l’Algérie qu’il ne cesse de dénigrer dans des livres douteux, tels «Le village de l’Allemand» qui fait du peuple algérien un peuple nazi », cela vous submerge de sensations bizarres, lesquelles vous plongent rapidement dans un tourbillon de malaise profond impossible à contenir. Car si les hommes politiques désenchantent par leur inélégante incurie, il y a toujours eu cette satisfaction subtile de voir nos intellectuels porter l’étendard à un niveau supérieur. Ce qui ne peut que rassurer les désorientés que nous sommes ; spectateurs impuissants face aux remous de bêtise humaine que le vent du temps ne fait que renforcer.

Nos intellectuels célèbres ont de tout temps servi de refuge pour déclencher en nous une petite étincelle d’espoir. Ce fut le cas de Kateb Yacine, le premier, dans un testament visuel adressé à l’humanité entière, à nous avoir averti contre les effets pervers de la religion. C’est toujours le cas de Boualem Sansal, lui qui n’hésite jamais à pointer du doigt les risques que font courir à nos civilisations les idéologies extrémistes, en premier lieu l’Islamisme, en ce début du IIIe millénaire. Ce fut aussi le cas pour Rachid Boudjedra, lui que Kateb Yacine aurait remercié, au début de sa carrière, par une simple phrase qui en dit long «Je ne me sens plus seul». Une phrase que le même Boudjedra aurait prononcée à l’endroit de Boualem Sansal, le dernier embarqué au club des mécréants assumés et contestataires, seul club digne de reconnaissance et d’admiration.

Alors, pourquoi soudainement tant d’irritation de la part d’un intellectuel que nous adulons pour ses positions courageuses à l’endroit d’un autre intellectuel qui ne fait que consolider des positions courageuses chaque fois qu’il se retrouve dans des studios radio ou télé étrangères, à défaut d’une audience sérieuse dans son propre pays?

Jalousie ? Envie ? Caprice ? Les trois à la fois ? Allahou a3llam !

Par contre, au-delà de ces incertitudes, affirmer que «Le village de l’Allemand» fait du peuple algérien un peuple nazi est d’une légèreté qui ne prête pas à la moindre méprise. Attester cela avec assurance, prouve que Monsieur Boudjedra n’a jamais lu «Le village de l’Allemand» ! Car comment oserait-on supposer que telle affirmation puisse provenir d’un lecteur de la stature de Boudjedra et la relier au fait qu’il n’y a rien compris ? Abadane ! Moustahil ! On ne peut pas avoir lu «Le village de l’Allemand» et en déduire qu’il est question d’associer le peuple algérien au nazisme!

Résumé en une phrase, «Le Village de l’Allemand» est une torture intellectuelle imposée à une descendance (2 fils) qui cherche à comprendre comment diable un père si affectif, si amène, si délicat, puisse avoir des antécédents liés à la Shoah ! Ce livre, quand on le lit, on ne le pose pas sans l’avoir au préalable feuilleté pour s’imprégner des questionnements qu’il déclenche, tant les raisons du basculement de l’être humain dans l’horreur vous torturent les méninges pendant longtemps. Dresser tout parallèle entre le nazisme et le peuple algérien dans «Le village de l’Allemand» est d’une insanité à vous couper l’envie d’en rajouter. Et au-delà de l’histoire de Hans Schiller, le père, ce livre pose une question fondamentale : Un fils peut-il vivre une vie normale quand il découvre qu’il est le produit génétique d’un monstre ? Les enfants Nezzar ne devraient-ils d’ailleurs pas se poser telle question au lieu de perpétuer l’arrogance, les profits faciles et les incivilités de leur géniteur ?

L’Histoire de Hans Schiller, telle que reconstituée par l’un des fils, démontre qu’il peut arriver qu’à une étape de sa vie, l’être humain, qu’il soit Chrétien, juif, musulman, blanc, jaune, noir, etc., peut se retrouver dans une position critique où il peut basculer tout autant dans l’horreur que dans la félicité, selon l’environnement dans lequel il évolue, surtout quand les contours de la bêtise humaine se retrouvent au pouvoir, avec des hommes non dotés du moindre iota de scrupule et de discernement. Pour autant, le fardeau de l’horreur n’est pas toujours facile à porter par les épaules d’une descendance digne et cultivée! Allez donc expliquer tout cela aux enfants Madani, Mezrag, Belhadj ou Nezzar.

Quelle drôle de sortie donc que celle d’accuser Boualem Sansal de comparer les Algériens à des nazis, lui dont l’unique cauchemar est celui de cet islamisme aveugle qui se donne comme objectif ultime celui de conquérir la planète entière avec la bénédiction d’un créateur qui aurait donné le feu vert et ordonné à ses serviteurs de tuer et détruire toute trace de génie impie sur Terre. La drôlerie est d’autant plus indigeste que le même Rachid Boudjedra se revendique athée. Une position qui n’a pour unique corollaire logique que celui du refus de cet extrémisme insidieux qui vibre aux sons des cloches et des postulats des cieux. Des cieux pourtant bien vides, faut-il le rappeler ?

Allez donc démêler cette « khalota » intellectuelle servie par Rachid Boudjedra !

À moins que tout ce méli-mélo ne soit en fait qu’un clin d’œil au Clan d’El-Mouradia pour quémander un siège parmi les sièges vides du sénat, laissés à l’arbitrage de Bouteflika !? Osons espérer que non. Non, pas toi Rachid Boudjedra ! Surtout pas sur le dos et le sacrifice de celui que nous considérons comme ton seul et unique alter-égo, ton cohéritier du message universel de l’eternel Keblouti, celui qui voulait consacrer sa vie pour éveiller la conscience collective de son pays ! En son nom, nous te pardonnons, mais stp, ne nous déçois plus Rachid Boudjedra !

Kacem Madani

(*) Boualem Sansal censuré en Algérie, tsa du 21/01/2016.

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22 commentaires

  1. Monsieur Boudjedra est tout simplement jaloux, trop jaloux de Boualem Sansal, si jaloux qu'il arrive à dire et à écrire n'importe quoi, effectivement. J'ai arrêté de lire ses chroniques qui sont d'une écriture quelconque et d'un éclairage petit, et mâtinées d'un baathisme arrogant…..Avez -vous lu ce qu'il a pu déblatérer sur Kamal Daoud récemment..? Ce Monsieur court après une reconnaissance, depuis les années 70, qui ne vient pas , d'autant plus qu'il n'arrive plus à produire une oeuvre majeure….
    Enfin, vous oubliez de souligner qu'il fait partie des 19 —– qui ont demandé audience au grabataire, une façon de reconnaitre à ce dernier une légitimité ! ….Vous imaginez Kateb Yacine demander audience au président actuel..?…. Je trouve que comparer M. Boudjedra à Kateb Yacine, c'est rabaisser ce dernier au niveau de l'écrivaillon public, au delà de leurs positionnements politiques qui sont aux antipodes, même si M. Boudjedra, dès qu'il s'agit de Kateb Yacine, il baisse le regard et tente de tirer la couverture à lui….Quant à la récente déclaration de M. Boudjedra sur son athéisme, vous semblez avoir raté un chapitre, puisqu'il s'est repris, et s'est dédié, à la la télé, et en direct, quelques jours après ! Renseignez vous…
    Enfin, je vous trouve bien indulgent à son égard, mais c'est votre problème , je dirais… C'est juste un opportuniste, un autre comme l'Algérie sait bien produire et reproduire, voilà bien des décennies…..!

  2. Effectivement, j’ai été étonné que personne au Matin n’ait relevé ça ! Dès qu’un écrivain algérien sort des rangs et se met à s’universaliser on l’excommunie. Sahli et Lacheraf, d’autres gardiens de la culture, avaient traité Mammeri de "traitre", de "renégat" en comparant sa "colline oubliée" à "la colline inspirée" de Maurras (le papa spirituel à tous les Zemmour Finkielkraut (n’est-ce pas Quelqu’un ?). Et Kateb Yacine n’avait-il pas préféré Le plus misogyne, raciste, et esclavagiste des écrivains (pour les noirs), Faulkner, à Camus.

    Pourquoi ces gens s’acharnent-il à me faire aimer les écrivains que j’aurais étrillés pour le contraire de ce qui leur est reproché?

    Boudjedra en qui sommeille un Tahar Ou3ettar impatient joue parfois le rôle de cerbère de l’algérianité. Après avoir chassé Yasmina Khadra en le traitant « d’écrivain de l’extérieur » ,il récidive contre Sansal. Il aurait pu dire seulement que Sansal , à propos de « 2084 », était un écrivain du postérieur, mais il a été plus virulent : « Le mensonge et l’opportunisme qui semblent le dévaster, éloignent Boualem Sansal de la littérature. La vraie. »

    Ou à propos des livres de Sansal : « Boualem Sansal a donc menti pour se faire plaindre et salir l’Algérie qu’il ne cesse de dénigrer dans des livres douteux, tels « Le village de l’Allemand » qui fait du peuple algérien un peuple nazi, ou le « Serment des Barbares » qui dénonce l’Algérie comme un État dictatorial et sanguinaire, lui qui a fait partie de cet État algérien dont il a dirigé les arcanes les plus hautes et les officines les plus bureaucratiques, pendant une trentaine d’années. » Tyassa 10:44 jeudi 21 janvier 2016 |

    Si ce n’était déjà fait ,j’irai illico acheter tous les livres de Sansal, à la lecture de ce que Boudjedra a écrit. Alors que l’engouement de la critique hexagonale, m’avait inspiré un sentiment tout à fait inverse.

    Si le modéro pouvait laisser passer tous ce que j’ai écrit à ce sujet, et donner ainsi l’occasion à "Quelqu’un" de me lapider, et m’accuser de défendre Boudjedra , alors que c’est bien avant son article que j’ai écrit . Si si …..

  3. Parler de Sansal me donne déjà l’impression de m’attaquer à l’Everest en djellabas avec des tongs et des béquilles comme unique équipement. Mais est-ce suffisant pour renoncer quand on veut se faire des histoires à raconter en revenant , comme Sysiphe après avoir raté, sans même avoir essayé ?

    Contrairement à tous ceux qui ne savent rien des romans de Sansal que les éloges qu’en ont fait les critiques, moi j’ai lu ses livres : parmi eux ceux qui ont fait sa renommée. Et ceux qui sont passés inaperçus. Comme « dites moi le paradis » Un livre qui se lit comme il est écrit avec beaucoup d’érudition, sinon, de la mayonnaise, ou de la confiture, dans tous les sens du premier au sixième degré avec ou sans glaçons cul sec ou par lampées. Ou n’importe comment : vous ouvrez le livre n’importe où, puis vous lisez trois pages en avant et six en arrière, puis vous recommencez. Un nectar d’exotisme qui titille la mauvaise conscience des uns et des autres qui revisite les lieux que les littératures nationaliste et coloniale n’ont jamais osé explorer. Maintenant que les Keblout chers à Yacine ont fini de se rebiffer qu’est-ce qui ne nous est pas permis, me diriez vous : si vous aviez lu Sansal autrement qu’avec des yeux de merlans frits.

    Dois-je d’abord dire que j’ai une grande empathie pour Sansal, Mais je n’aime pas ses livres, que je lis malgré tout pour me faire une raison. Non, j'aime ses livres, car jiswi un peu kamim chouia maso. Est-ce parce que quand je le lis je crois entendre mes propres divagations et que Sansal est le dernier survivant de notre espèce disparue , mais qui radine non avec de quoi refaire , mais avec des gènes de l'autre camp, celle qui à qui on devait notre disparition.

    Bien que n’ayant même pas un centième de son courage pour oser traiter les sujets qu’il a abordés, ni son talent. Cependant il ne dit pas un centième de la vérité et c’est par transfère qu’il opère souvent, comme dans "le village de l’allemand" où il fait porter le chapeau à un nazi qui s’est racheté une conduite chez nous.
    Si dans 2084 Sansal campe son histoire dans un monde spatiotemporellement déconnecté de l’histoire, qui n’aurait selon lui rien à voir avec l’islamisme d’aujourd’hui, dans « Le serment des barbares » il nous noie sous une apesanteur historique où on suffoque à émerger d’un fouillis de rappels de fragments incompréhensibles au lecteur non avisé ou peu au fait des travers de notre histoire récente. Sansal nous égare dans des méandres douteux pour ne pas nous faire entrer dans son histoire. Voila pourquoi Boudjedra interprète comme il veut ! Chah !

    Une histoire de bric et de broc anachronique, comme des souvenirs qui viennent à la mémoire d’un vieillard atteint d’Alzheimer qui régurgite son passé. un inventaire à la Prévert d’un vieux placard où l’on a caché les casseroles qu’on se trimbale sans les assumer, sans la poésie. Des messalistes, Le FIS , Le FLN, le FINS, le général Bellounis, les collons, la mafia politico-financière, le trafic, l’échec économique , l’hôpital de Rouiba , l’éducation national, des berbérsistes , les bazaris, et parallèlement à tout ça : une descente de terroristes vite expédiés par les ninjas, et, en guise de raton laveur : les femmes. Et pour hameçonner son lecteur une intrigue policière sur fond de crimes sordides.

    Tout cela s’entrechoque et s’entrelace, mais pas plus de vingt pages ( sur 396) sur la barbarie islamiste. Des trucs que l’alcool ravive et qu’on se raconte en guise de brèves de comptoir.

    Je me demande comment les allemands qui n’y connaissent rien à notre fatras ont pu primer ce livre.
    Tenez, deux fragments choisis, au hasard, dans le livre : page 87 :
    « Pendant, que les duègnes buvaient les paroles du chien le maitre lapait du nectar dans le nombril de la bien aimée ; il n’avait pas son pareil pour frétiller la queue sans faire de boucan ; des variantes étaient permises ; pour acariâtres qu’elles sont, les matrones n’en sont pas moins femmes qui savent que le chien est le meilleur ami de l‘homme ; ils en riaient comme des bossus mais à la vue d‘un aveugle de passage, ils couraient ligoter leurs chiennes et s’assurer que le forgerons couvrait ses crimes. »
    Puis
    Page222/223 : un passage digne des apnéistes les plus performants.Je vous le livre dans sans intégralité.
    Inspirez, profondément !

    . « Mais il sait à peu près tout sur le tigre du Bengale, l’orang –outan de Bornéo, le grizzly des Appalaches, le moustique géant de Sumatra, les tortues pachydermiques de l’iles de Pâques , le diable solitaire de Tasmanie, l’abeille tueuse d’Amérique latine qui a infesté les States, retrouvée plus tard en Libye en violation de l’embargo sur les armes, les alligators des égouts new-yorkais, les bébés phoques d’Alaska que des caméras misogynes traquent de défilés en devantures, mais on le sait, va, qu’elles sont vendues aux gens du textile chimique et que leur but est de nous endormir ; les oiseaux bleus qui marchent au pas de l’oie sur la canopée du Mato Grosso en sifflotant quatre notes de la cinquième, entre ciel vide, beaux et curieux comme les mythes que les ontologies alpinistes rêvent d’accrocher à leur palmarès ; les poissons aveugles pullulant dans les nappes abyssales, le vermisseaux mutants vivant dans l’eau lourde des piles atomiques, l’holothurie graisseuse qui fait du Chinois à table un drôle de coco, le grillon frileux du métro de Paris le quarterons d’ours des Pyrénéennes septentrionales dont la peau ne vaut plus tripette , tiraillée qu’elle est par le syndicat des transporteurs et la horde verte des pales jean-foutre. » .
    Soufflez !

    Une vraie pâtée qui vous bétonne l’estomac.

    Gourmets s’abstenir

  4. Je savais pourtant que ce n’est pas avec les yeux de gogo converti qu’il faut lire les livres, je savais. Mais! Il faut croire que mon cerveau de télochard crédule est disponible est sujet aux influences.

    Chah fiya nestahèle, j’allais dire, puisque c’est moi qui encore me suis trahi. J’avais juré de ne pas lire de livre au moment où il parait, moi qui ne dis jamais jamais, mais voila que je me suis renié et parjuré, pour si peu, j’allais dire, mais tampi. Comme dans la mauvaise blague, un matin qu’est-ce qui m’a pris, il est né le divin livre : le livre promis. Comme un roi mage, à mauvais jour mauvaise blague, guidé par le markéting et des démons sortis de mon placard, j’ai suivi la ligne jaune et je l’ai acheté. Si c’était la première fois que cela m’arrivait je m’en serais voulu, mais, putain, il faut croire que c’est une habitude, ce n’est pas là le pire de mes péchés. J’aurai pu recevoir, pour ma peine, en guise d’euphorie suprême, une overdose d’indignation ou, du moins, cette gueule de bois quand j’ai bu du mauvais picrate : même pas !
    C’est donc les oreilles rabattues par les critiques élogieuses pendant que je m’en battais les nouilles, avec un c, que j’ai entrepris la lecture de ce livre avec des yeux divergents, sur ce sujet : un œil révolver et un œil ébaudit et beaucoup de patience, évidement.

    Non, ne me demandez donc pas pourquoi j’ai sorti ma mikhrayeuse, Je me suis juste fait avoir, ça ne mérite pas une tempête, ou de dézinguer ‘’2084’’.
    Mais pourquoi j’ai envie de pisser du vinaigre, ya boureb, pourquoi ? Eh, ben je vais vous le dire, tout de go, comme ça je vous épargnerai la peine de vous farcir tout ce vinaigre pur mauvais poil : c’est qu’on veut nous faire une religion d’un livre qui, lui, dézingue la religion. C’est du déconsrtructivisme constructiviste, un veau d’or pour quitter la mythologie mais qui nous force à y revenir car il nous a largué, comme Moïse ses hébreux, dans le désert. Après quarante d’ans d’errance même une potence en guise de terre promise, c’est tentant, ya boureb ! Les islamistes nous ont donné la nausée de l’islam , 2084 , en s’acharnant à poursuivre ses fanatiques, l’a rattrapé. Pour l’athéisme, comme pour les religions, l’enfer c’est d’en sortir, sinon, c’est kifkif, quand on est pris dans leurs filets on est du poisson ou de la volaille, ou des bigots consentants.

    Mais, bah ! 20 neuros pour un livre ou une gueulante, comme pour une gueule de bois : ciryen ditou !

    Est-ce parce que Sansal sait y faire, comme les prophètes, que son livre captive, que le désir d’en sortir vous prend lors de sa lecture, avant de vous faire tourner en bourrique autour de la question. Ailleurs, rien que le vide, brrr : le néant. La cage est étroite, mais la jungle des questionnements c’est terrible : Inna lillahi wa illayhi radji3oun !

    Sansal a le don pour vous fourguer des lézards sous des titres attrape-nigauds : Dans son roman « Les anguilles de Baraqi. ».il vous fait avaler quatre cents pages de couleuvre ; pour les anguilles vous deviez allez vous-même les pêcher.

    Sansal écrit, bien, ok, ok ! Et pour cause : c’est un écri-vain,
    Mais, moi, quand j’achète un livre sur les lanternes je veux qu’il épuise son thème. Pas qu’on me fourgue à la place toute la quincaillerie, et des vessies !
    Comment ça, il n’a pas écrit « les anguilles de Baraqi ? Alors c’est dans « Le sermon des barbares » où il était sensé nous vende un livre sur les islamistes : 400 pages où le complexe du colonisé s’étale comme un refoulé qui reviens sans avoir été appelé, et des fugues passagères vers le sujet principal.
    Il ne faut pas croire non plus que assakhsaragh d’il fakhiya : je dénigre la marchandise. Non, au vu du cru de cette année, aucun livre, excepté peut-être un ou deux, ne mérite d’être millésimé. Le livre de Sansal est largement au dessus du lot, il supporte allègrement la comparaison. Mais, quelle référence ! Sauf que ….
    Sauf que lorsqu’on me somme d’aimer bessif ce livre, ça me met hors de moi alors qu’il y a tromperie sur la marchandise .Rapporter ce livre à l’islamisme est une véritable escroquerie intellectuelle. Sauf pour dire que ce livre, finalement ressemble à l’univers qu’il décrit où il faut croire ce qu’on vous en dit et toute critique interdite. Ce n’est kamim pas la mayonnaise qui fait le plat ! Sansal n’a même pas surfé sur la vague du moment pour forcer le trait, non seulement il a multiplié les contorsions pour passer entre les gouttes, pendant qu’il se défend d’avoir écrit un livre sur l’islamisme 2084 n’est vendu que comme tel. Ce n’est pas un livre sur l’islamisme mais si on veut à tout prix y voir de l’islamisme il faut chercher partout où « l’œil ne passe et repasse » et, en projetant en filigrane ses propres angoisses on y arrive. Comparé aux sociétés musulmanes d’aujourd’hui, ce livre qui n’a rien d’effrayant n’est ni un satyre ni une parodie ni une allégorie allez donc savoir pourquoi il me rappelle ce film de Claude Autan Lara où deux guignols, Gabin et Bourvil, faisaient du marché noir sous l’occupation allemande. Ce qui m’attriste, c e n’est pas que Sansal ait réussi malgré tout à me décevoir, mais que ça été facile pour lui : trop facile !

  5. J’ai écouté un jour Sansal parler de son livre. Il le présentait tel que je l’avais compris : une digression parabolique sur l’islamisme. Puis, plus tard, j’ai lu une analyse littéraire de ce livre par un chercheur. On dirait que le chercheur n’a pas lu le livre de Sansal mais dans les neurones et le subconscient de l’auteur et, quant au style, plus que de la graphologie, on dirait qu’il a fait une analyse chimique de l’encre avec le quel le livre a été imprimé. Comme s’il faisait l’analyse biologique de l’esprit avec lequel Sansal a écrit son livre. Un spectrogramme de masse de l’esprit de l’auteur. Finalement, l’imaginaire de l’analyste masque celui de l’auteur et bride celui du lecteur. Bentalha à travers Guernica vu par Salvador Dali. Or ne peut pas dire que 2084 c’est de l’imagination-pure pure : comme le pied de nez au surréalisme de Magritte : ceci n’est pas une pipe. Al-hucinant, comme on dit au FFS ! Berkoukès mangé avec des couverts en or, ça reste du berkoukès kamim !

    Un dicton kabyle dit: yel wa aqeruy-is sdaw tcacit-is : ce n’est pas avec le cerveau des critiques ou des analystes qu’on lit les livres mais avec le sien à swamim. Et comme je ne suis pas un littéraire au fait des techniques d’analyse pour me livrer à des élucubrations sur la psychopathologie des démons ou des fantasmes de la muse qui inspiraient Sansal, je ne peux que livrer des impressions brutes de décoffrage, ou mes divagations.

    Non, je ne solde pas des comptes, je bazarde des sentiments ! Je ne vais kamim pas lui pouponner son langage, à Fafa, non mais ! Rancuniers, ih ! Et pourquoi pas ?

    On loue et on salue le courage d’avoir traité de sujets qui tuent, qui fâchent, ou qui moussent seulement : le contexte écrase le texte sans compter les cerveaux disponibles aux frissonnements. 200.000 morts et même pas un semblant de compassion, trop horrible réalité, pour que ça émeuve. Parle à mon luc, ma tête est malade, qu’ils nous rétorquaient. Il eût fallu donc une fiction- suppositoire, romancer la tragédie, humaniser chouia nos zombies, même pas une allégorie de ce qui se trame, et ça a passé, ya boureb ! Alors, je ne sais plus si c’est 2084 qu’il eût fallu primer ou son auteur pour son courage ou ses commentateurs algériens qui ne l’ont peut-être même pas lu !
    Charlie Hebdo est passé, en quelques jours seulement de 60.000 exemplaires qu’il peinait à vendre à 8 millions, sans changer ni sa forme ni son contenu. Alors : texte, contexte, paratexte, intertexte, péritexte épitexte, hypertexte ? Ô misère de la trans(t)extualité !
    J’ai appris que les Goncourt s’en sont allés à contrepied décerner, le mardi 3 novembre leur prix à l’écrivain français Mathias Enard, un orientaliste chouia islamophile, pour son roman Boussole. Oh, la hchouma, ya sidi ! Les mille et une nuit versus voyage du coté de l’enfer, si ce n’est pas un pied-de-nez à notre pédantisme, kiskici ? Ils ont dit : on a primé l’érudition plutôt que le singe-savantisme, c’est nous qu’on tartarinise chez les Yabon et non l’inverse, bande de clandestins en puissance dans notre langage ! Mahsev L’exotisme oui, l’introspection narcissique non ! Décidément, Boudjedra disait de Yasmina Khadra qu’il était un écrivain de l’extérieur : Sansal serait-il, sous ses aspects bobos parigots qui ne s’avouent pas, un écrivain de l’intérieur ? Trop de l’intérieur !

    Mais je vous parie que Sansal croulera sous d’autres prix que la mauvaise conscience ou l’exotisme refoulé des attributeurs des prix de consolation en guise de rattrapage accordent à ses enfants adultérins que la colonisation lui a faits à son insu. Comme quoi dans cette histoire d’amour … non pas d’amour : de sexe et de guerre qui nous lie à Fafa, la langue ça sert aussi. On n’est pas que des nymphos, non de Dieu !

    Mais bof, nonobstons un peu kamim: Alors qu’avec 2084 c’est nous qu’on va faire cauchemarder leur refoulé, Boussole est un océan de poésie dès les premières pages, une vraie symphonie du langage, non de Dieu ! Sauf, bien sûr, pour des amateurs exclusifs de tweetos. Y’a pas à chier, le Goncourt est mérité, c’est incontestable. Ou : pour une fois, ce prix est bien attribué, j’aurais dit, si j’étais à table.

    Revenons plutôt à nos démons.

  6. Permettez-moi de vous faire un aveu et vous dire que c’est en faisant le poirier que j’écris ce commentaire, car en lisant 2084 je me suis fait des escarres au luc, tellement je me le suis tapé d’indignation sur le tabouret du bar d’à coté.
    Ce n’est pas pour cela que j’en voudrais à Sansal : mon luc, lui, n’est pas rancunier, c’est honorable.
    Et même pas déçu de ne pas avoir trouvé entre les mots des anguilles porteuses de messages codés annonciateurs qu’on est foutus hamdoullah.
    Apocalypse no, nada, wlech, ya khwali. Car si c’était le cas je vous dirais que ce livre, qui multiplie les avertissements pour qu’on n’aille pas chercher s’il a à voir avec une quelconque réalité littéraire ou matérielle, est un vrai fouillis de dialogismes et de recèles d’impressions ressenties. De « la Planète des singes » où il y a aussi des choses qui n’il vaut mieux ne pas comprendre et endroits où il ne faut pas chercher à savoir, car il y aurait là des preuves qu’avant l’avènement des singes ce furent les hommes qui dominaient, comme si on ne savait pas c’est kiki descend de l’autre , ya Sidi, à ’’ Le nom de la rose’’ d’ Umberto Ecco ( inquisition et conflit théologico-politique , et où des hérétiques arpentent les rues, en passant par Soljenitsyne : Ati le héros de Sansal était dans un sanatorium qui rappelle à s’y méprendre « le pavillon des cancéreux » puis l’archipel du goulag . Ati le héro ta3 Sansal passe de la froideur d’un sanatorium à l’univers totalitaire d’Abiland, dans un seul livre, puis à des tas de situations qui évoqueraient d’autres à des grincheux comme moi qui n’ont pas le sens du discernement, dans une foultitude de livres. Une idylle platonique avec 1984 d’Orwell, pour faire diversion, et des Zawedj elmouta3 en coup de vent avec Vian et son « écume des jours » et Woody Allen. D’accord, des clins d’œil, à peine, pas un pillage de sujets récurrents. J’aurais sans doute adoré 2084 si je n’avais pas lu tous ces livres avant, ou si j’avais été amnésique. Tampi !

    Le thème est porteur, même sans l’imagination de Sansal, il suffit de prendre la première vague pour surfer. Et ni les vagues ni les amateurs de sensations n’auront ces derniers temps manqués. Et, en y ajoutant les dévots et les contempteurs et toutes les ouailles disponibles qui attendent Godot, un train, Sidna Bellaridj ou le Mahdi, on peut faire son Beur à l’aise : pourvu qu’on ait plus d’imagination que Hend Iverwaqène. Tenez Houellebecq, son « Soumission »…Mais laissons tomber Zemmour, Frankeinkraut, et tous les idiots utiles à République : Chebel, Ramadan et les meilleurs d’entre nous que Fafa ventriloque à merveille fait pour nous parler. Ainsi que tous nos jeunes loups aux dents longues, et nos vieux lions tapis dans l’ombre qui eussent mordu eux aussi : si l’occasion leur eût été donnée, bien entendu.
    Bien entendu !
    Mais ce n’est ni son dialogisme avoué ni son intertextualité que je reprocherais à Sansal : c’est peut –être mon interprétation qui lui prête trop et qui plagie. Et quand je parle de Sansal c’est surtout de l’écrivain qu’il s’agit. L’homme lui est bien sous tous ses aspects : le genre de queum avec qui on sbiverai bien un ku, quoi. Un mec entrainant bien sous tous les rapports et qui met le doigt où ça gratte : au milieu de la raie, quoi ! Pas comme Yasmina Khadra et Boudjedra qui vu de loin et de profil sont pompeux limite pédants et dédaigneux. Mais ne me trompe-je pas comme ce souriceau de la fable (le cocher le chat et le souriceau)

    Et même s’agissant que de cela je comprends parfaitement que pour soigner sa stature il pondère ses propos. Tout le monde ne peut pas se lâcher et écrire « j’irai cracher sur vos tombes » après tout. Sansal, lui a les aspects esthétiques à considérer !
    Ce qui m’attriste c’est de me rendre compte que ce n’est pas notre intelligentsia qui nous sortira du marasme. En vérité on ne sait pas si l’hirondelle là-bas est une ma3za oula ghourab nagh d’vururu. Des saint défroqués qui sont rentrés à la casa il y en a eu et il y en aura et tous les sohabas qui ont abjuré. Mimouni fuyant l’intégrisme a emmené dans son exil son coran avec lui .Boudjedra a mangé son chapeau jusqu’au dernier fil en jurant que illa lmouslimine yentassib. Quant à Sansal, il nous dit que ce n’est pas avec les musulmans qu’on a un problème mais avec les islamistes. Pour lui la seule façon d’être anti-islamiste c’est d’être un musulman inoffensif au salafisme humaniste pacifié.
    On surfe sur nos vagues à l’âme : Armageddon, 1984, le bug de l’an 2000, 2012, et maintenant 2084. La fin du monde, je m’en tape ce n’est pas dans ces environs là que j’irai clamecer.
    On n’est pas prêts de sortir de l’auberge si c’est ainsi que le combat idéologique contre l’islamisme est mené.
    D’ailleurs le sous titre est inapproprié car il n’y pas de fin du monde ou est-ce l’après ? Ce n’est nullement une parabole eschatologique sur l’intégrisme non plus, autrement, si ce fut le cas, moi qui suis d’une sérénité inébranlable, au regard de la décennie noire, je me sentirais outragé. Chez nous des gens dénoncent leurs voisins pour dé-jeûnage, on abdique son athéisme, on est entré dans le déni de traumatisme pour se vautrer dans une résilience forcée. De nos jours on crucifie en Arabie, on fait la chasse aux femmes non voilées en Iran et on embastille les évangélistes et les non-jeuneurs en Algérie. Sansal, lui, nous peint un monde où vous ne risquez rien si vous faites semblant de croire et si comme tout le monde vous tmenyikez. Il n’y a rien de terrifiant dans cet ouvrage par rapport à « L’archipel du goulag » c’est un totalitarisme canada-dry qui nous est décrit.

    En attendant de savoir « si c’est la religion qui magnifie le langage ou inversement ». Ni l’un ni l’autre, mon Général, là n’est pas le pourquoi du comment.

  7. Il n’y a pas de mauvais livres en soi : en vérité les livres c’est comme dans une auberge espagnole : on n’y trouve que les émotions qu’on lui a amenées, et de quoi passer le temps. Moi, 2084 m’a fait l’effet de la madeleine de Proust, mais avec mes hantises. Elles étaient là à chaque page que je lisais. Elles m’ont kéni l’ivresse et foutu une gueule de bois alambiquée.
    Si j’avais votre enthousiasme j’abanderai dans l’euphorie générale mais à mon âge on ne bonde plus !
    Je n’ai pas compris ce livre où Sansal ne nous décrit pas un islam au bout de sa logique théorique mais une sorte de dérèglement théocratique ubuesque tragicomique à cause d’illuminés qui lui auraient enlevé un chainon. La religiosité, la dévotion, le communautarisme n’ont rien à y voir, c’est le détraquement de la marche de l’islamisme rampant. Abiland c’est la Suisse comparé à Daeshland. Même pas un Bentalha pour nous sustenter, ya boureb : night in white satin, 2084 ! Sansal, exorcise nos angoisses et nos hantises avant de nous les révéler. Après, forcément, on abonde dans le sens du livre parce qu’il nous révèle que ce que nous redoutons est possible, et comment ?
    Et comment, ya din qessam, les gens ne se sentiraient pas interpellés par les scènes décrites dans ce livre qui ne sont que des scènes de la vie d’aujourd’hui dont le ridicule est poussé à son paroxysme et où le sentiment du déjà vu est présent sur toute la lang…la longueur du livre parsemé de versets qui nous rappellent d’autres : « Dieu est grand il a besoin de fidèles parfaitement soumis , il hait les prétentieux et les calculateurs » et « il n’est pas donné à l’homme de savoir… » .

    .Mais il a raison, quelque part, Sansal, nous avons déjà à faire aujourd’hui à des mutants. Nous avons tous eu cette impression, qu’est-ce qui a buggé, ya boundyou!
    Ce livre qui n’est nullement islamistophobe n’a rien d’un pamphlet ou d’une satire. Au premier degré c’est une caricature, subliminalement il est une ode à l’islamisme ou, si vous préférez, un hymne rewritable au salafisme de nos parents.

    Je sais que ce que j’écris n’enlèvera rien à sa gloire ni n’en rajouterait si je l’avais encensé. Mais je ne crois pas non plus qu’il manquera à mon érudition ou que ce serait juste pour ça que j’aurais l’air idiot devant ceux qui l’auront lu autrement.
    Ce n’est pas un scribouillard comme moi qui fera de l’ombre à une désormais immensité comme lui.

    Quant aux prix littéraires, Il peut désormais s’en passer. Balzac et Maupassant ne vendent presque plus de livres Dostoïevski et Hemingway aussi. D’ailleurs je ne sais plus ce que c’est un bon écrivain au regard de ce qui se vend aujourd’hui. K. Rowing, l’auteure d’Harry Potter a vendu 450 millions d’exemplaires de sa saga du même nom, et E. L. James autant de 50 nuances de Grey à des cougars nymphomanes (ce n’est pas une injure, c’est un compliment) : valent-elles pour autant leurs compatriotes Agatha Christie ou Shakespeare? Si ça pouvait consoler Sansal, notre Yasmina Khadra qui a des millions de lecteurs à traves le monde – que dis-je ? La galaxie – n’a pas eu le prix Goncourt non plus. Que personne ne lise Zola, Maupassant et Stendhal, tout le monde s’en tape : l’actualité c’est Sansal et ce qu’on nous en dit. Cette ingrate de langue française, ce butin de guerre que, nous autres indigènes, nous avions sauvé de la décrépitude à la France, qui aurait pu être reconnaissante, au moins à K Daoud qui leur a ressuscité Camus ou Sansal qui vendent plus de livres que Balzac, Zola et Maupassant réunis aujourd’hui, non ? Jaloux de français !
    Mais que Sansal, Daoud et Yasmina se rassurent en toute modestie : Dieu n’a jamais eu le Goncourt, le prix de l’académie, ni jamais aucun autre prix. Pourtant il a des milliards de lecteurs à travers le monde qui ont lu sa Bible et son Coran et qui lui vouent une admiration inégalable. Et, lui, le début et la fin du monde il s’y connait : ida zoulzilati.

    Un livre, il n’y a rien à dire, c’est le lecteur qui le dézingue ou le magnifie. Et quoi qu’il en soit, je n’ai pas attendu qu’il soit primé pour le lire.

    Connaissez-vous dans votre entourage, un seul mioche d’aujourd’hui qui lirait « Guerre et paix » ?
    Kantamwa je suis et reste implacable et j’affirme que les meilleurs livres sont ceux que j’ai lus.

    Par contre, je suis prêt à abjurer et reboire tout ce fiel si on attribuait à Sansal, pour 2084, et autres islamomontades, le prix Abou-stazi ou Abou-Kalypse, en Algérie.

    Ih, je suis prête à faire partie du jury ! Wech, tkhewfou fina entouma thani?

    Woullah ya Si !

  8. je cite "le peuple algérien ne s’est pas battu pour son indépendance, nous lui avons offert l’indépendance". Après tout, il doit bien avoir raison, s'agissant de son peuple à lui; celui de Tlemcen et environs. Pour le reste, il ne devait avoir une appréciation juste de la situation, lui qui vivait à l'ombre de révolution de la 5ième colonne des frontières marocaines.

  9. je cite encore "Quand Abdellah Djabellah monte au créneau pour dénoncer la petite miette constitutionnelle accordée à l’officialisation de Tamazight, cela relève de l’outrage à un peuple auquel il ne s’identifie point " Je ne suis pas certain de ce que tu en déduis @ Madani, encore une fois, tout comme boutef, il s'adresse bien à son peuple, celui qui est irrémédiablement acquis à l'arabo-islamité et qui existe bel et bien. l'équation est, hélas binaire : to be or not to be?

  10. je cite encore "Alors, pourquoi soudainement tant d’irritation de la part d’un intellectuel que nous adulons pour ses positions courageuses à l’endroit d’un autre intellectuel qui ne fait que consolider des positions courageuses chaque fois qu’il se retrouve dans des studios radio ou télé étrangères, à défaut d’une audience sérieuse dans son propre pays?" par ce que, Rachid Boudjedra, s'identifie à l'arabité et donc atteint dans son fort intérieur par toute l'injustice subie par ses pseudo-frères par les néo-croisades judéo-chrétines.

  11. je cite encore "Quelle drôle de sortie donc que celle d’accuser Boualem Sansal de comparer les Algériens à des nazis, lui dont l’unique cauchemar est celui de cet islamisme aveugle qui se donne comme objectif ultime celui de conquérir la planète entière avec la bénédiction d’un créateur qui aurait donné le feu vert et ordonné à ses serviteurs de tuer et détruire toute trace de génie impie sur Terre." Boualem Sanasal, intellectuellement, aussi sincère que son protagoniste, surfe sur la lame de la vague islamo-fasciste versus chrétino-judéo-hégémonique, sans se poser la question de sa place au sein du dispositif. E'sansal est un terme étymologiquement berbère que son éponyme Boualem doit d'abord réinterroger avant de s'attaquer à d'autres sujets.

  12. «Le village de l’Allemand» qui fait du peuple algérien un peuple nazi", Soit Rachid Boudjedra n'a pas lu le roman ou alors il l'a lu mais il n'a rien compris. Il retrace en fait une histoire réelle d'un village de la wilaya de Sétif qui est tombé entre les mains d'un élu du FIS , un président d'APC qui n'est autre qu'un ancien criminel nazi persécuté qui a fui en Egypte dont le FLN a sollicité les services sous un autre nom pour adhérer à la révolution armée , surtout pour apprendre le maniement des armes aux djounouds . A l'indépendance , il est enregistré comme ancien moudjahid et de par son adhésion à l'ex-FIS il se retrouve élu président de l'APC du village dont je ne me rappelle pas le nom et que Boualem Sansal a appelé le village allemand. Une histoire vraie qui se raconte de bouche à oreille et que Boualem Sansal a retracé dans son roman. Une histoire véridique ou il raconte que le FIS et le FLN -Egypte ont porté le même credo , la même idéologie qui s'est vérifiée au travers des événements tragiques de la décennie 1990 en Algérie .Il a tout simplement révélé un côté sombre et incompréhensible de l'épopée révolutionnaire du FLN et ses accointances avec l'ex parti du FIS.

  13. Avez vous écouté ce curieux personnage déblatérer à la TV sur Kamel Daoud ? L'avez vous écouté et lu aussi se dédire quelques jours après son annonce sur son athéisme…? Vous semblez aussi oublier que ce curieux personnage, pétri d'un baathisme étroit, fait parti des 19 – X qui ont demandé à rencontrer le grabataire au pouvoir, une manière de faire allégeance au prince ! Le comparer à Kateb Yacine est faire preuve d'une cécité intellectuelle et éthique avérée…. Vous êtes bien gentil, bien indulgent avec ce curieux personnage, prêt à vendre son âme pour briller à coté des princes….

  14. Boudjedra est un psychopathe de la même espèce de ces édentées belles mères qui vacillent dans la méchanceté,les coups tordus,la médisance et les insultes lorsque leurs belles filles sont belles,séduisants ,intelligentes et d un niveau éducationnel et humain mille fois supérieur
    Boudjedra disparaîtra comme ces sinistres psychopathes belles mères défigurées par leurs fiels qui les rongeront peu à peu en leurs fors intérieurs
    Quelle calamité ce type devenue!!!
    Mass sansal nous vous saluons pour votre talent et votre Succès d un immense écrivain

  15. Je suis fière en tant qu'Algérien d'avoir des Sansal, Daoud, Kadra, Djebar, Yacine, Boudjera et beaucoup d'autres qui soient Berberophones, Arabophone ou Francophone. C'est la richesse de l'Algérie et c'est notre patrimoine à Toutes et à Tous. Acceptons la diversité et faisons preuve de tolérance et d'ouverture car tout ces Ambassadeurs font beaucoup plus pour l'Algérie quelque soit leurs opinions que les aigris intolérants qui passent leurs temps à vomir sur nos Artistes, nos Écrivains, nos créateurs, nos compétences ,… mais qui n'apportent rien à notre pays. Vive l'Algérie et toute sa diversité qui font notre richesse et notre fierté.

  16. J'ai pas encore lu son livre 2084, mais j'ai suivi ses prestations de promotion sur ce livre et le ce que pense les autres auteurs, Monsieur Boudjedra devra surveiller un peu sa langue, franchement en tant qu'écrivain, il repassera, il n'arrive pas aux chevilles de Monsieur SANSAL OU DE khadra.

  17. Boudjedra a encore raté une occasion de se taire. Son article paru sur TSA intitulé : «Boualem Sansal censuré en Algérie !» est malvenue. Cela nous rappelle la diatribe Sévère à l’encontre de Kamel Daoud, à qui il a reproché de se tromper de cible, allant même jusqu’à qualifier son dernier roman «Meursault contre-enquête » de livre médiocre, « il n’y a rien dans ce livre, c’est une œuvre mineure. Toute cette affaire est une histoire de complexe». En réalité Boudjedra est un récidiviste. N’a-t’il pas déjà traité Rachid Mimouni «d’écrivain de discours»? Toujours égale à lui-même et sans doute persuadé du manque d’impact qu’a eu sa première estocade, lorsqu’il a prédit au livre de Daoud un piètre succès, mais qu'à son grand dam, celui-ci continue de recevoir les éloges. Après avoir gagné le Goncourt du premier Roman 2014 ; ce magnifique récit raflera plusieurs autres titres. Alors il décide cette fois d’aller encore plus loin dans l’invective, il passe à la vitesse supérieure. En sortant l’arme de destruction massive, il livre carrément son confrère Boualem Sansal à la vindicte de la horde intégriste, en déclarant : «Quand j’ai appris qu’il avait été en Israël, j’ai été choqué, mais quand j’ai su qu’il avait prié sur le mur des lamentations, je l’ai trouvé lamentable » le péché suprême, oh, sacrilège! Il accuse carrément Sansal de s’acoquiner avec Israël. Lancer une telle calomnie, après avoir lui-même fait face aux insultes et menaces en clamant, haut et fort sur un plateau de télévision son athéisme témoigne d’un certain masochisme intellectuel. À moins que ça soit un acte de repentance, une tentative d’attirer la sympathie des islamistes après les avoir offensés, allez savoir quelle vilaine mouche l'a piqué? Souvent ce qu’on reproche à nos semblables, c’est ce qui nous colle à la face et au dos.
    Au crépuscule de sa vie littéraire, il aurait pu se choisir un autre rôle. La publication d’un roman d’un confrère devrait le remplir de joie. En ses temps de disette, saluer toute nouvelle œuvre littéraire devrait être au premier rang de ses préoccupations. Renoncer à ce reflexe primaire de cracher sur tout ce qu’on a de meilleurs, alors que le pire nous guette est une question de vie ou de mort, au-delà du symbole, il y va de la crédibilité de l’écrivain.

  18. Boudjedra récidive ! Maintenant c’est Kamel Daoud qui est dans son collimateur ! Et Camus bien entendu ! Même si je n’ai aucune envie de réduire ses propos à leur plus simple expression et quand Boudjedra caricature volontairement à l’extrême. Boudjedra n’a pas tout faut , il travesti la vérité !

    « Dans un article paru récemment dans El Watan, Kamel Daoud nous explique ce qu’est l’Histoire, lui qui a commis une grosse bévue sur la lecture de cette histoire d’Albert Camus et sur sa propre histoire, on ne l’accablera pas. Mais sur la contre-enquête de Mersault, nous voudrions y revenir d’autant plus que le Centre diocésain des Glycines d’Alger vient de consacrer une journée d’étude à Albert Camus.
    Une de plus ! Un non-sens et un contresens de plus. Un mensonge, encore. »- Lire l’histoire et Camus
    10:07 lundi 25 janvier 2016 | Par Rachid Boudjedra | Actualité

    Je ne discuterai pas l’Algérianité de Camus, je m’en tape ! Il n’était pas pour l’indépendance de l’Algérie. Quant au fait de le considérer comme écrivain algérien ou non je ne sais en vérité si c’est un compliment ou un reproche. Pour moi la littérature est universelle ipicitou !

    D’autres ont été contre l’indépendance de l’Algérie, et assimilationniste à donf avant de rejoindre le FLN, faut-il rappeler ces mots de Ferhat Abbas ?

    “Si j'avais découvert la nation algérienne, je serais nationaliste, et je n'en rougirais pas comme d'un crime. Les hommes morts pour l'idéal patriotique sont journellement honorés et respectés. Ma vie ne vaut pas plus que la leur. Et cependant, je ne mourrai pas pour la patrie algérienne, parce que cette patrie n'existe pas. Je ne l'ai pas découverte. J'ai interrogé l'histoire, j'ai interrogé les vivants et les morts, j'ai visité les cimetières, personne ne m'en a parlé…On ne bâtit pas sur du vent. Nous avons écarté, une fois pour toute, les nuées et les chimères pour lier définitivement notre avenir à celui de l'œuvre française dans ce pays…”

    Et Même Benbadis qui sur le plan culturel et cultuel ne veut pas que l’Algérie soit française, ou la France, n’est pas plus indépendantistes que Ferhat Abbas : « . Nous disons ensuite que cette nation algérienne n'est pas la France, ne peut être la France et ne veut pas être la France. Il est impossible qu'elle soit la France, MEME SI ELLE VEUT L'ASSIMILATION. Elle a son territoire déterminé qui est l'Algérie avec ses limites actuelles.
    "Cha3bou ldjazaïri mouslimou wa illa l3ouroubati yentassib" , ça lui suffisait .

    Si Camus avait été pour l’indépendance il serait un grand écrivain sinon c’en est un mauvais ?

    Maintenant sur tout un autre plan, je n’ai pas été contre Sartre quand il disait que Camus est un philosophe pour lycéen ni contre ceux qui le traitent d’écrivain pour collégiens.

  19. Je crois que, tout compte fait, Rachid Boudjedra, a décidé, comme nous, de servir sa part ous’erwath et de t’menyik, à sa façon ! Voilà tout !
    Et si Camus est considéré comme un écrivain pour Lycéens par Sartre, alors autant rester Lycéen ad-vitam-aeternam et laisser perpétuer le rêve de sa petite Lycéenne!
    Allaaaah santé !

  20. Nighak ammi 3zizène, semhass kène i-Hend ay itskharif.

    « iKfer ikech’mith ledjhel
    L’khatris iveddel
    yedda avridh i leh’fa
    Armi ichav ig dellel
    Ay th-iffegh le3qel
    Qessam gh’ress id-yesthoufa. » (semhagh kane a Si Mohend ) .

    Monsieur, Je ne vous ferai pas l’offense de vous apporter la contradiction mais, si vous le permettez, Tahta himayatikoum contre ce vieux grigou malfaisant de Hend Uqaci, je verserai bien un peu d’eau au moulin de la connerie.

    Même si ma pudeur m’interdit, de vous suivre, pour dire comme vous que Boudjedra "il tmenyek".

    Alors que Kamel Daoud , dont l’apport à la philosophie est incontestable, contribue à la complétude de l’œuvre de Camus , comme Magritte à la pipologie, ce vieux grigou de Hend, ose affirmer, qu’il ne s’agit que d’un mauvais polar. Comme si Kamel Daoud aurait osé situer à ce niveau le champ immense de son approche ontologique ! Et cela même si en toute humilité camus lui même ne se considère pas comme un philosophe « Pourquoi suis-je un artiste et non un philosophe ? C’est que je pense selon les mots et non selon les idées ».

    Si certains ont considéré « L’Etranger » comme la quintessence de ce que la philosophie de l’absurde a produit, ce n’est pas l’avis, de nombreux algériens qui le considèrent à peine comme une brimade.

    Ce vieux renégat ,grincheux, envieux et aigri de Hend Uqaci qui n'en est pas à sa dernière forfaiture n’a fait que rejoindre la meute de cette gauche stalinienne gangrenée par la gauchite : cette maladie infantile, du communisme. Pour venir, toute honte bue, nous rappeler de vielles rancœurs et les temps où la chasse aux sorcières était le loisir le plus couru.

    Ne me regarde pas quand je dis « chasse aux sorcières », A Hend n’Djihnama !

    En ces temps là, rappelez-vous. Que dis-je ? tu es si jeune. Il s’agit d’un temps que tu ne pouvais pas connaitre ammi.

    Donc, en ces temps là , le marxisme était une philosophie indépassable, et Camus qui n’était désespéré de l’existentialisme , s’en alla lambiner du coté de l’absurde pour se constituer une zawiya.

    Et comme vous deviez le savoir ou, du moins, vous n'êtes pas sensé l’ignorer, ce ne sont pas les dévots qui manquaient en ces temps messianiques .
    Ni aujourd'hui!

    Camus , en fondant sa zawiya de l’absurde, a vu, tout les charbonniers à la foi facile pour qui l’existentialisme était impénétrable, embarquer afwadjène , fi falfassatouhou. C’est pour cela qu’il a été traité de « philosophe indigent » et d’écrivain pour instituteurs.

    Mais…
    Pardon ! Mêêêê !

    Il me semble qu’on ne saurait réduire les propos de Boudjedra sur Sansal et Kamel Daoud au domaine impénétrable de la tmenyicologie.

    Car connaissant son courage et sa célérité à manger son chapeau et à se renier, il abdique dès l’entame, de sa diatribe contre Camus, Sansal, et Daoud.

    Boudjedra, n’est pas un novice : il sait ou il tape,. Il sait où sont les poux, où sont les lézards, et où sont les anguilles. Sauf qu’il n’a pas le courage intellectuel d’allez jusqu’au bout de sa logique : alors, il botte en touche où il sait qu’il sera suivi.

    Ou, est-ce parce que la balle y était déjà, en touche, avant sa sortie ?

  21. Lorsque on est habitué à léché les assiettes avec les doigts, on peut avoir que ce raisonnement, d'un larbin.

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