Le départ du clan au pouvoir : une nécessité pour toute relance

Ils redoublent d’ingéniosité et même de générosité : les économistes algériens, décidés à nous éviter le cauchemar qui nous attend, inondent les pouvoirs publics de suggestions perspicaces, de géniales propositions et même d’astuces non répertoriées dans le catalogue classique universitaire.

Par Mohamed Benchicou

Un État digne de ce nom aurait trouvé là, matière à se tirer d’affaire, amortir le choc de la baisse des cours pétroliers et même, faire redémarrer la « machine économique » au plus vite et éviter que la baisse de croissance conjoncturelle ne se transforme à terme en une baisse de croissance structurelle (ce qui, à notre avis, est déjà le cas).

Mais, aussi méritoires qu’elles puissent être, ces propositions de sauvetage ne s’adressent à personne. Je veux dire à personne parmi ceux qui disposent du pouvoir de décision.

L’explication ne tient pas seulement au fait que nos dirigeants n’écoutent personne, mais à cette vérité beaucoup plus tragique : l’État qui régule, l’État « grand ordonnateur de la croissance » (Pierre Rosanvallon), l’État stratège, l’État « réducteur d’incertitudes », l’État tout court, celui qui aurait pu les écouter, cet État-là, n’existe pas. Même plus sous sa forme mécanique qui est la sienne depuis 1962. En 16 ans, Abdelaziz Bouteflika a tout cassé. En rétablissant les conditions du pouvoir absolu, il a mis fin aux bourgeons d’État moderne qui poussaient laborieusement et fait le lit d’une mafia qui, aujourd’hui, tient lieu d’État.

« Bouteflika ne pouvait pas se contenter du poste de président de la République. Il a voulu s’emparer de tous les postes, celui de ministre comme celui de député ou celui de maire. C’est pour cela qu’il n’y a plus aujourd’hui d’autorité nulle part, celle de l’État, celle du maire ou celle du ministre… », disait Chérif Belkacem.

C’est cette mafia, bien insérée dans les rouages de nos institutions, qui s’oppose à une nouvelle politique d’urgence. N’est-ce-pas le FLN d’Amar Saadani qui s’est élevé publiquement contre le règlement par chèque et le contrôle des importations ?

Ce pouvoir-là va nous conduire jusqu’au naufrage. N’inversons pas l’ordre des choses : il faut un assainissement politique avant de prétendre à un assainissement économique. Il s’agit, dans l’urgence, de mettre fin au régime de Bouteflika et lui substituer, sans délai, un État régulateur et garant des contre-pouvoirs démocratiques, capable de prévenir de nouvelles crises, de limiter l’impact négatif des récessions sur les citoyens et les entreprises, et de combattre la corruption.

L’Algérie a besoin, à son chevet, d’un État rajeuni, redistributeur, investisseur dans l’innovation, la formation et le savoir. Sans quoi, nous allons vers la plus terrible crise que l’on puisse imaginer, celle dont personne ne sait si on s’en relèvera.

M. B.

Rédaction
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11 commentaires

  1. Pourquoi l'armée a permis ,par la fraude,durant plus de 15ans le maintien de bouteflika et de son clan au pouvoir?
    Bouteflika et son clan ne sont rien sans l'aval de l'armée ,de sa police et de sa gendarmerie.

  2. Salut
    Ce que je peux dire moi c'est que le problème en Algérie ne réside pas juste dans un clan supposé travailler en noir et qui est derrière tous les maux qui secouent notre société. Le clan d'aujourd'hui ne sera pas le clan de demain. Comme le clan d'hier n'est pas le clan d'aujourd'hui. Un jour c'était le clan de l'Est, aujourd'hui le clan de l'Ouest. C'est la mentalité du clan qui doit disparaître chez l'algérien. Elle est enracinée en lui jusqu'à la moelle.
    Est ce que les partis politiques ou les élites dits progressistes font quelque chose pour changer la chose. Rien. Tout algérien averti vous dira que des forces progressistes existent même au sein des partis au pouvoir sans pouvoir réel.
    Alors que les partis dans l'opposition ne bougent même pas. je cite un exemple.
    Le droit de manifester , de se réunir ou de se rassembler est sujet à une autorisation administrative alors que dans les pays démocratiques, ce droit est soumis à une déclaration. Ce droit est fondamental dans toute démocratie digne de ce nom.
    Logiquement, tous les partis doivent lutter jusqu'à arracher ce droit. une lutte de tous les jours et une lutte prioritaire. Donc reléguer toutes les autres luttes à un second plan. parce qu'il y a va de leur avenir et de l'avenir du pays. Rien n'est fait. On n'entend même en parler. pourquoi?
    Parce que ces partis ne différent en rien des partis qui se disent au pouvoir. Ils ont les mêmes réflexes. Museler toutes possibilité d'ouverture.
    Même cas pour une commission indépendante de contrôle des élections. rien n'est fait.
    on l'expose un jour puis c'est fini. pas de lutte pour arracher ces droits
    C'est voulu par tout le monde.
    C'est notre destin en tant qu'algériens.

  3. Là, c'est un rêve sans lendemain, si, le peuple ne bouge pas, rien ne bougera, les affaires de corruption continuerons à défier les chroniques nationales et internationales, il faut un parti nouveau débarrasser des vieux illettrés qui occupent les postes depuis plusieurs années et ceux qui viennent du FLN et consort, que l'on cesse de prendre les jeunes Algériens pour des imbéciles, même si effectivement l'enseignement qu'ils ont eux n'est pas très bonne, ils ne sont pas bête, l'intelligence n'a rien à voir avec l'école.

  4. bravo Mr benchico! seulement,nos compatriotes n ont pas l air de s en rendre compte et de réagir au plus vite .

  5. Vous avez en Algérie des potentialités énormes pour le développement d’une agriculture saine, suffisante et pérenne m’avait dit un jour un grand spécialiste du domaine agricole, son Excellence Monsieur Arild Retvedt Oyen, ex-Ambassadeur du Royaume de Norvège à Alger.

    Un projet Algérien d’envergure était sur le point d’être lancé avec une entreprise scandinave d’envergure dont Monsieur Rebrab en connait un bon bout. ck

    http://www.liberte-algerie.com/editorial/fatalite-4093

  6. Pas seulement une nécessité , c'est un impératif immédiat avant qu'il ne soit trop tard. Le système mafieux et toute la Nomenklatura qui broute tranquillement dans ses râteliers a tout à gagner à jouer les prolongations et plus si possible . Ils tablent sur la durée ; en régulant le tempo donnant du temps au temps comme les musiciens du Titanic lors de cette dernière manche encore plus précieuse que les précédentes celle qui leur permettra de rafler un dernier pactole de rémunérations indues et de profiter des privilèges royaux avant la fermeture de la chasse et le naufrage du bateau Algérie.

  7. Vous savez, cela ne m'étonne pas qu'un ancien ambassadeur vous disent cela, si, son pays est directement concerné par l'investissement, concernant Monsieur Rebrab, ce qu'il fait c'est très bien, mais je me pose tout de même des questions, sur ses affaires, et sur ses investissements, qui est derrière avec tant de milliards, ils ne tombent pas du ciel tous seul, ces milliards.

  8. Cela fait déjà un moment que je poste plus de commentaires, tellement l'impénatribilité entre deux univers différents se personnalise à l'agérienne, et c'est ce pouvoir était venu avec la ferme intention de détruire le pays?
    Alors superflus commentaires et ces fleuves d'écrits et de salive sur ce qui semble meubler la scène algérienne.
    Une névrose collective de "Semblants humains" , du haut ou du bas, civils ou en tenues clownesque des forces de polices et autres militaires d'apparat.
    Plus rien ne sauvera ce pays, juste le temps de bouffer ce qui reste commes réserves, et le retour vers le néant.it une seule solution le "Vieillard vicelard et malade" del mouradia doit disparaitre, alors pourquoi un attentat contre le frère, et la mise à la porte des généraux du clan Bendaoud de la DSI/DRS ou de Meliani l'autre général de la garde présidentielle et son remplacement par l'autre vieillard comme Gaid salah l'autre général de corps d'armée (d'hennaya Tlemcen) Benali.Ou pourquoi la dissolution précipité du corps des GIS, ou la doublure des préroragatives de la DCSA en concurrence meutrière avec le DRS de toufik…..Vivement sa mort Fakhamatouhou et encore s'il ne reviendra pas en vampire revenant d'outre tombe.
    On l'ad

  9. QUELLE CONNERIE INSIPIDE? AVEC 80% DES POPULATIONS DANS LES VILLES DU NORD, DES CAMPAGNES VIDES, LA DISPARITION DE L'ANCIENNE GENERATION D'AGRICULTEURS, TOUT LE MONDE DANS LES hlm ET VOITURES ANSEJ, NOURRIS AUX 65 MILLIARDS D'IMPORT IMPORT LA AUSSI REBRAB ET LE GENERAL tOUATI A LA RETRAITE POURRONT peut etre vous edifier, non?uN AMBASSADEUR NORDIQUE DU PAYS DES GLACES ET UN EXPERT COMPTABLE DEVENU PRPHETE AGRICOLE? YA SI ISSA KARIM….. ALLAH YESTAR

  10. Je viens de lire un article de presse, où parait-il le faut président veut construire le OUMMA, du grand Maghreb, il se réveil un peu tard, je pense, il commence vraiment à être sénile. il est temps qu'il dépose sa démission, s'il veut partir propre, avant que le peuple ne le jette comme un mal propre.

  11. J'insiste pour avoir une simulation de situation de l'Algérie avec les caisses presque vides ! Que se passera t-il ? Au plan social, économique, politique surtout ! Un Red Adair ne sauvera pas le pays, j'ai pris R. Adair parce que pour ce dernier il ne s'agira pas d'éteindre un puits de pétrole, mais un feu d'une autre nature.
    Comme nous étions un grand pays dans son acception la plus stricte, je fais allusion à la formidable révolution qui a enfanté – mais comme tout le monde le sait – de la cendre après 62. ''Le feu enfante de la cendre" comme on dit si bien chez nous.
    On aura après le déluge une démocratie de pauvres, avec un pays vidé de ses ressources par la faute de ceux qui se sont soumis comme de faibles proies à la prostitution. Mais peut-être qu'un fou amoureux de l'Algérie de Benm'hidi sauvera ce pays et nous évitera le chaos. Suis-je naif ?

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