Une contribution de Lahouari Addi : Les intellectuels algériens et la crise de l’Etat Indépendant

L’universitaire algérien Lahouari Addi nous fait parvenir la réflexion ci-après, qui est une contributionn au colloque sur Philippe Lucas.

Nous la publions intégralement, mais en trois parties, pour les commodités de lecture.

Les 3 parties sont définies par la structure du texte lui-même :

1. Les limites idéologiques du mouvement de libération nationale

2. La compétition entre francophones et arabophones

3. Les imams-enseignants

Dans cette partie-préambule, nous vous proposons l’explication introductive de l’auteur.

II y a deux raisons pour lesquelles j’ai accepté sans hésiter de participer à ce colloque sur « L’ Implication et Engagement de l’intellectuel », organisé en hommage à Philippe Lucas, à l’université de Lumière-Lyon 2 qui m’a accueilli depuis mon exil, suite aux tragiques événements qui ensanglantent mon pays.

La première raison est qu’un certain nombre d’intellectuels algériens ont été tués ces dernières années pour leur engagement dans la vie publique. Je laisserai de côté la question – non encore tranchée – de l’identité des assassins, mais le fait est qu’ils ont été tués parce que ce sont des intellectuels qui ont atteint une notoriété publique dans leur pays. La deuxième raison est que Philippe Lucas avait un lien très fort à l’Algérie, qu’il portait dans son coeur puisqu’il avait choisi ce pays comme terrain de recherche, porté par la conviction que l’universitaire est un agent de la transformation sociale, surtout dans les pays du tiers monde où le besoin de développement et de progrès social est plus fort qu’ailleurs. De ce point de vue, il y a une part d’idéalisme chez l’intellectuel engagé, impliqué dans la société dont il cherche à infléchir l’orientation vers une meilleure mobilisation des ressources afin de diminuer les contraintes dans lesquelles se débattent les plus démunis. Sans cet idéalisme, l’intellectuel serait un fonctionnaire soucieux de sa carrière professionnelle, parlant de sa recherche avec détachement, comme le ferait le biologiste évoquant ses expériences pour lesquelles il ne ressent aucun sentiment.

En tant qu’universitaires, spécialistes de sciences humaines, nous sommes tous engagés et impliqués, de par la nature de notre travail, mais il y a des degrés d’implication. Je peux dire que Philippe Lucas était à un degré extrême d’engagement dans le pays où il a choisi de travailler et de vivre pendant plusieurs années : l’Algérie. Il a contribué à ouvrir l’université algérienne aux problématiques de développement dont ont été avides les générations d’étudiants qu’il a vus défiler, et a donc participé à la formation de ce savoir que les intellectuels algériens ont utilisé pour tenter de transformer la société.

Si deux décennies plus tard certains d’entre eux ont été assassinés, c’est parce que ce savoir, symboliquement ou réellement, heurtait des intérêts idéologiques et des représentations culturelles qui se sentaient menacés par cette audace de l’intellectuel engagé prétendant que la société est non seulement objet de connaissance, mais aussi qu’elle est susceptible d’être transformée par l’action volontaire de ses membres.

Dans une société où les consciences ne sont pas sécularisées, cette posture est subversive pour l’ordre social, car mettre l’accent aussi fortement sur la causalité humaine, c’est saper toutes les légitimités qui justifient l’ordre social immanent, structuré autour de rapports de force et d’intérêts conflictuels, se reproduisant dans l’inégalité, voire la domination, s’agissant de certaines catégories emprisonnées dans des statuts qui indiquent leurs positions et surtout leurs devoirs.

Dans une société où, au lendemain de l’indépendance, tout semblait possible avec la décolonisation, l’intellectuel était dangereux parce qu’il maintenait la mobilisation pour l’objectif suivant – le développement -, alors que les acteurs du mouvement de libération nationale se contentaient de l’indépendance formelle, cherchant uniquement à monnayer leur participation au combat qui y a mené pour tirer privilèges et gratifications. La légitimité historique acquise par l’adhésion au combat libérateur, au lieu d’ouvrir d’autres perspectives politiques – l’État de droit, la citoyenneté, la démocratie… – a été mise au service de l’appropriation privée du pouvoir.

C’est ainsi que l’Algérie a transformé ses héros en rentiers, que le Pouvoir cherchait

à neutraliser pour qu’il ne servent pas de référence et d’autorité morale à ceux qui seraient tentés de s’inspirer de leur action passée. Banalisés, aspirés dans des affaires commerciales juteuses, qui dans l’import, qui dans le débit de boissons alcoolisées, ces héros ont été peu sollicités par les intellectuels, notamment tes historiens, pour écrire l’histoire de la libération nationale dont la genèse et le déroulement pourraient expliquer bien des difficultés et des obstacles présents. L’intellectuel algérien s’est trouvé pris entre les limites idéologiques du mouvement de libération, dont il a pensé que la dynamique irait au-delà de l’Indépendance, et la stérile compétition entre arabophones et francophones qu’il n’a pas su dépasser.

A lire : Partie 1. Les limites idéologiques du mouvement de libération nationale

24 commentaires

  1. L’identité des assassins des intellectuels algériens n’est pas encore tranchée M. Lahouari Addi? Vous nous en direz tant! Et les résultats de la régression féconde, ils sont tranchés?

  2. Résultats de la non adoption de la régression féconde = 200.000 morts.

  3. non monsiuer Addi, il y’a bien des philosophes "connus" .je vous en cite 2 ou 3 au hasard
    * ARKOUN
    * BOUAMRANE
    * CHAOUKI ZINE

    Quant aux inconnus, ils sont légions .Le philosophe dans la cité n’est pas obligé de monnayer ses publications pour se dire l’amant de la sagesse

  4. Mr Mohand,
    Au lieu de ruer dans les brancards, vous seriez plus inspiré d’opposer à Mr ADDI -sur lequel on a dit pis que pendre- des arguments susceptibles de faire avancer le débat (j’allais dire le schmilblick !)Ne trouvez vous pas qu’il est, en effet, trop commode de vouloir prétendre clore le débat en deux phrases assassines? Vous pensez éluder les questions qui fâchent par une déroba

  5. cet article revele bien le visage de l’algerie objet de convoitise pour tous ce qui ont programmé sa decadence gepuis les années années pré-indépendance.et les intellectuelles etaient de connivence avec le pouvoir de la pensée unique, ne cherchant que leur priviléges aux depands de la cité

  6. Depuis 1992, les écrits de Monsieur Addi Lahouari s’imposent car ils ont un contenu, un sens, ils sont vivants.Cependant, pour les petites gens que nous sommes, qui ne somme pas né à la bonne époque ni au bon endroit ni au bon moment, peut-être n’avions-nous pas les capacités requises pour faire de petites et grandes études, nous avons des difficultés à donner un sens au mot : "Intellectuel". Un individu qui voit son pays rongé par la corruption, livré à l’arbitraire, aux loi de la jungle…, qui demeure bras croisé, les yeux fermés, la langue bâillonnée et la plume dans son fourreau, mérite-t-il le titre d’intellectuel’ Durant les années 90, des massacres de masse qui ont fait plus de 200.000 morts, certains d’entre ces sanglantes tueries ont eu lieu dans le voisinage immédiat de casernes des forces de l’ordres sans qu’elles interviennent pour secourir les victimes ou inquiéter les assaillant. Ceux qui ont demander une commission d’enquête internationale pour faire la lumière, pour dire avec précision, qui fait quoi et qui tue qui? en Algarie, ont été ravalés au rang de ;"munichois", "de vichystes" et "de complices des islamistes barbares". Or, faute d’une commission d’enquête compétente et neutre, les assassins demeurent à ce jour dans l’anonymat, impunis. Ceux qui se sont opposés au principe d’une commission d’nequête internationale n’ont pas encore apporté la preuve de l’implication ou de la non-implication des islamistes dans ces massacres. S’il s’avéré que les moines de Thibirines, par exemple, étaient victimes des services algériens, les intellectuels qui avaient accusé les islamistes sans preuve, mériteraient encore le titre d’intellectuels? Notre petite vision de l’intellectuel c’est qu’il doit s’impliquer, favoriser le dialogue. Pour beaucoup d’intellectuel algériens, le débat relève de l’hérisie.Sauf votre respect, Monsieur le professeur, le nom de certains pseudo intellectuels algériens me donne envie de vomir.Comme auparavant, je lirai vos textes car ils constituent un source de savoir pour tous ceux qui voudraient se donner la peine de vous lire.

  7. Bonne initiative de la part de Monsieur ADDI Lahouari.
    Je ne suis pas d’accord avec cette catégorisation des intellectuels algériens. Ils ne constituent pas Deux groupes opposés. Faut-il d’abord définir ce que c’est qu’un Intellectuel algérien? Ou bien un Intellectuel seulement? A partir d’une définition claire et des exemples précis de certains noms d’intellectuels, nous pouvons situer ces intellectuels algériens. Chaque intellectuel a son itinéraire et parcours singulier. Il ses propres convictions, idées et réflexions. On lisant cette contribution intéressante de Monsieur ADDI, je me demande où peut-on mettre certains intellectuels par exemple: KATEB Yacine, Mouloud MAMMERI, Mohammed ARKOUN, Tahar DJAOUT (pour ne citer que ceux-là), car cette schématisation exclu nécessairement certains intellectuels algériens qui sont plus proches et porté par leur peuple (nous ne pouvons pas oublier les foules immenses qui ont accompagné l’enterrement de Mammeri, Kateb, Djaout…etc). Il ne suffit pas de réduire l’intellectuel à la langue d’expression et l’opposer à certains fanatiques imbibés d’idéologie obscurantiste.
    Bon courage et au plaisir de vous lire encore Monsieur ADDI Lahouari.
    Votre compatriote GAYA du Canada.

  8. Avec tout le respect que vous dois monsieur hegel2008, je crois sincèrement que tu es complètement à coté de la plaque malgré le pédantisme que ton pseudonyme laisse supposer! Dépasser par la profondeur de l’analyse, tu y fais intrusion par un commentaire qui n’a ni queue ni tête! Bravo notre Hegel!

  9. La question des assassins n’a pas été encore tranchée eh! oui c’est une vérité. Si vous les connaissez ce serait un crime de ne pas les avoir dénoncé. L’intellectuel est celui qui porte un regard critique sur ce qu’il observe et ce n’est pas celui qui adopte les thèses des autres. La première identification qui a trait aux assassins d’intellectuels et artistes en Algérie est bien entendu, la jonction des intérêts du pouvoir et de l’obscurantisme religieux. C’est déjà une excellente entrée en matière d’un travail d’investigation intellectuel

  10. A Poitevin: Monsieur Addi ne dit pas qu’il connait les noms des assassins des intellectuels algeriens, contrairement a ceux qui crkient a tue-tete apres chaque assassinat que c’est bel et bien les terros du GIA qui en sont les auteurs. Meme pour l’assassinat de Boudiaf, ils ont voulu nous faire croire que c’etait un islamiste qui l’a assassiné. Voila, je crois que Monsieur Addi ne voulait accuser personne mais, faute de preuves tangibles, ils est legitime de douter de toutes les versions, qu’elles soient officielles ou non. Nous voulons des preuves materielles que c’est bel et bien les islamistes qui assassinaient les intellectuels. Ce n’est pas ainsi que les autorités algeriennes repliquent a chaque fois que quelque personnalité politique ou service de sécurité etait accusé dans les assassinats ou autres. Alors, nous, les citoyens, nous voulons aussi des preuves, donnez des preuves que Boumaarafi est devenu islamo, donnez des preuves quant a l’implication des islamos dans les assassinats.
    PS: Je ne suis pas islamo. Je ne suis d’aucune obédience politique. Je ne suis pas du courant du qui-tue. Je veux la vérité par des preuves.

  11. Le débat pseudo contradictoire entre CHAFIK et ADDI n’est d’aucune utilité car pendant que CHAFIK joue au spin doctor du système pour nous faire avaler des couleuvres, ADDI revient toujours à sa fameuse régression féconde c’est-à-dire une sympathie tellement profonde pour les islamistes et le projet intégriste qu’il n’arrive pas à la dissumuler malgré ses talents de sociologue. chassez le naturel il revient au galop car c’est là la véritable nature de ADDI. En fait CHAFIK et ADDI veulent occuper le terrain de l’opposition pour mener un même combat au profit de l’alliance islamo fasciste au pouvoir.
    L’algerie reconnaîtra les siens tôt ou tard et en attendant aimez la ou …quittez la.

  12. A BEN

    Pourqoui serait-ce du pédantisme de choisir un pseudo qui ev vaut bien un autre !Quant à être dépassé par la "profondeur" des nalyses, mon Dieu j’en reste pantois…
    Et puis ce n’est pas moi le sujet
    peut etre que cela vous derange d’avoir cité 3 noms de philosophes .Mea culpa, dans ma citation j’ai oublié l’un des plus illustres : LACHERAF
    Que cela vous plaise ou non, j’ai le droit d’apporter la contradiction .

  13. La définition que fait M Addi sur l’intellectuel n’est pas du tout rationnelle car, elle est loin de refléter la réalité historique de notre pays et de notre peuple .Je crois comprendre qu’il est très influencé par les islamos-baathistes et ses penchants trop prononcés envers les islamistes Algériens ne date pas d’aujourd’hui, hélàs pour lui nos ancètres berbères n’existent pas ou ne doivent plus exister, c’est vraiment criminel de la part d’un homme qui se dit intellectuel d’occulter et de sacrifier l’hitoire réelle et authentique à celle des envahisseurs inbnou hillal, fort heureusement les écrits d’Ibn Khaldoun et de Charles André Julien existent et éxisteront pour toujours de même que ceux de Mouloud Mammeri mais aussi de Kateb Yacine .

  14. @ ahmed mahmoud

    Mr Ahmed, je ne sait pas si vous savait ce que veut dire un sociologue, et je suis bien deçus de lire quelqu’un d’inconnue critiquer quelqu’un qui as donnée des conférences a Princeton ( chercher, informez vous ) avant de critiquer, ce MONSIEUR a été critiquer par Mr Oueld kablia qui douter de ses capacité a faire une analyse sociologique et méthodologique, ça suffit, ça suffit, je suis sure que vous faite l’opposant pour faire casser tout le temps les initiatives qui vous échappent, je suis sure que vous êtes un agent AAmil du DRS qui abois a chaque passage des gens du savoir et qui on prouver leur compétence et ils ont rayonnée hors ce gouffre d’ignorant qu’est devenus l’Algérie, honte a vous de critiquer une personnalité comme ADDI, c’est politologue et sociologue, il a des ouvrages et des interview et il est professeur "DES" université a Lyon, et pour votre information lisez bien l’histoire et vous allez savoir que si nos sociologue et philosophe se mettent au travail ça deviendra un bon signe d’une révolte, je ne sait pas si vous savez que l’école de Chicago était constitue de sociologue et d’autre personnalité et a permis de sauver la société américaine du crash de 1929

  15. Depuis sa " regression féconde" A.L est connu pour ses penchants islamistes en plus du fait qu’il est un fervent adepte du "qui-tu-qui". 15 ans aprés la campangne d’assassinat des intellectuels, il continue à penser que "l’identité des assassins n’est pas encore tranchée". Moi je ne perdrai pas mon temps à lire quelqu’un dont la malhonnetete intellectuelle est legendaire.

  16. Merci pour la réaction mon ami Rédha!
    Je m’excuse auprés de vous tous "Amis du Matin d’Algérie", je me vois dans l’obligation d’utiliser une formule avec la grosse gueule"Ahmed Mahmoud": Lorsqu’on a pas les moyens de pisser loin, tache de ne pas péter plus haut que ton truc".
    Le pays est dans une phase qu’on ne peut espérer même pas à un ennemi, disaient nos grand mères, car même le peu de matière grise que la vague des obcurantistes a raté se voit hélas calomnier par des gens qui n’ont point de scrupule.
    Vas remplir ta petite cervelle avec les livres pour connaitre à quel titan tu t’attaque.
    Lis d’abord une de ses oeuvres pour déduire qu’elle réellemnt sa nature.
    Pour finir avec ce genre de discours, je te propose d’ouvrire sa première recherche qu’ il a réalisé en 1988"Impasse du populisme: Algérie collectivité politique et Etat en construction" pour que tu saches de quoi est fait ton passé et quel devenir aura le pays.
    Enfin, instruis toi et puis donne toi les moyens de critiquer tes semblables pas ceux qui te dépasse d’années lumières.
    Pardon encore pour la formule chers amis du Matin.

  17. A jnamouss: je suis citoyen algerien. je ne suis pas intellectuel. Mais personne ne pourra me faire gober que Boudiaf et Matoub ont été tués par des islamistes. Personne, meme pas Addi Lahouari. Je me demande pourquoi vous vous mettez tous a crier au diable quand quelqu’un se met a douter des communiqués laconiques et des versions officielles quant a l’identité des assassins des intellectuels. Donnez des preuves que c’est bel et bien des islamistes qui ont assassiné Boudiaf et Matoub. Donnez nous vos preuves. Quant a suspecter d’autres parties protagonistes dans ce conflit algero algerien d’etre derriere ces assassinats, Addi lahouari, en tant qu’intellectuel (lui, il l’est, toi, non) a le devoir et le droit de le faire. Quant a moi, je sais une choseL: l’algerie retrouvera la paix et prosperera quand les services seront au service de la nation. Fakou et que l’on me taxe pas, svp, d’etre de ceux du qui-tu qui.

  18. Lors du scrutin législatif du 22 décembre Une régression peut-elle être féconde ?
    En 1992, lors du scrutin législatif du 22 décembre, suite à une victoire franche et massive du front islamique du salut « FIS », légitimement, certains cercles proches du pouvoir avaient manifesté leur crainte d’un pouvoir islamiste. Fallait-il laisser, tranquillement, le processus démocratique en cours se poursuivre ou fallait-il le stopper violemment. A noter que les romains, donc il y a très longtemps, comparaient la vox populi à la volonté des dieux. Pouvait-on stopper un processus démocratique au seul motif que les candidats pourris du pouvoir ont été désavoués ? Monsieur Addi Lahouari avait souhaité sa poursuite. Les tenants des thèses d’un pouvoir à manier avec des pincettes, le nez boucher, ont avancé que Hitler, le fondateur du nazisme et Mussolini, le père du fascisme, étaient arrivés au pouvoir par la voie des urnes. Une analogie avec les régimes précédemment cités n’a pas lieu d’être. Dans les années 20 et 30 du siècle dernier, l’Allemagne et l’Italie étaient des superpuissances : économiques, industrielles, financières, militaires, politiques, artistique, culturelle, etc. En 1992, les islamistes algériens avaient 1000 ans de retard sur les pharaons. Par conséquent, ils étaient trop impuissants pour imposer leur diktat, si tant est qu’ils en avaient l’intention. Monsieur Aït Ahmed, un visionnaire hors paire, avait prévenu, en cas de coup de force les conséquences seraient graves, il y a eu coup de forces et les conséquences ont été dramatiques. Suite à la fameuses plate-forme de San’t Egidio, le même Aït Ahmed avait encor prévenu : «… Si le pouvoir refuse, maintenant, de dialoguer avec l’opposition légitime, un jour prochain, il ira dans les maquis, à la faveur de la nuit, les phares de 4X4 tout allumés, pour chercher des terroristes avec lesquels négocier… » Et, en 1997, Monsieur Smaïl el Ammari, à la tombée de la nuit, avec les phares des 4X4 tout allumés, était allé dans les maquis pour négocier une trêve avec Monsieur Madani Mozrag, un : « Terroriste ». « …Malheur aux intellectuels qui ne font entendre leur voix ni ne se révoltent que lorsqu’ils ont la tête entre le glaive et billot… », (Djoubran Khalil Djoubran, auteur des années 20 du siècle dernier). Certains intellectuels algériens n’ont rien vu venir dans le passé, ils verront rien venir dans le futur. Une régression peut-elle être féconde ? Le peuple algérien est un peuple traditionnel, pragmatique. Longtemps éloigné de la chose politique, et longtemps trompé par ses mafieux dirigeants, il juge le maçon aux pieds du mur. Des deux choses l’une, ou les FIS, qui avait, indiscutablement, triomphé électoralement, était aussi bon gestionnaire, c’est tout bénéf. pour tous les algériens. Dans le cas contraire, si le FIS était animé par des bouffons, le peuple le constatera et le renverra dans son gourbi par la voie des urnes. Oui, parfaitement, une régression peut-être hautement féconde. Par ailleurs, Socrate, le philosophe grec dit : « …une personne qui se trompe doit être corrigée. Si elle refuse d’être corrigé, il faut l’aider jusqu’à ce qu’elle se rende compte par elle-même qu’elle s’est trompé ». Souvenons-nous de l’adage populaire : « teba’ el kedhab hatta el bab darou », (suivre l’affabulateur jusqu’à son dernier refuge). J’ai en tête les noms de beaucoup d’intellectuels algériens qui ont, en temps opportun, mouillé leur chemise, pris des risques, pour éviter à la société algérienne de sombre dans le sang, les l’armes, la misère et le désespoir. Ils ont été diffamés par certains de leurs confrères qui ont vendu leur âme à un régime obscène pour un plat de lentilles. Aux diffamés, j’exprime ma solidarité active, ma reconnaissance perpétuelle. Vifs ou morts, je m’incline devant eux jusqu’à l’usure totale de mes vertèbres. Aussi, je me souviens des hommelettes et des femelettes, qui ont usurpé le titre d’intellectuels, appelé au meurtre et diffamé des innocents. Vivants, je les haïrai, mépriserai et morts j’irai cracher sur leur tertre d’ordures. Morts ou vifs les salauds restent des salauds. Merci Addi de m’avoir donner l’occasion de vider une partie de mon sac.

  19. Mon dieu, je crois rêver!!! Il y a encore des gens qui croient au FIS en 2008. C’est vrai qu’il y a beaucoup à dire sur l’injustice, la corruption et la mauvaise gestion des affaires du pays, mais il faut vraiment être un dindon pour croire à l’islamocratie. Vous vous rendez compte, si le FIS avait été élu et qu’il n’avait pas tenu ses promesses, le peuple l’aurait remplacé sereinement par la voie des urnes et ses dirigeants se seraient retirés calmement dans les mosquées ou auraient consacré le reste de leur vie aux œuvres de charité. Encore une fourberie. Depuis quand ceux qui veulent gouverner au nom du Coran et de la vérité absolue croient-ils à la démocratie de l’Occident impie et à l’alternance au pouvoir? On dirait que certains ont la mémoire courte. Benhadj ne clamait-il pas haut et fort qu’il n’y avait pas d’alternative à la voie de dieu! Med Said n’avait-il pas déjà exigé des Algériens de commencer à changer leurs habitudes alimentaires et vestimentaires? Les intimidations n’avaient-elles pas commencées bien avant les élections. Quelle naïveté!

    Il y a des gens qui n’ont rien compris à la mouvance islamiste ou bien cherchent intentionnellement à occulter la réalité. Je le répète fort que le coup d’arrêt des élections était un VRAI SALUT pour l’Algérie qui avait failli sombrer dans un obscurantisme total planifié par tous les fanatiques Algériens et leurs suppôts occidentaux et du Moyen-Orient qui cherchaient la moindre faille pour y semer la pagaille. Si le FIS avait gagné, l’Algérie serait devenue un autre Afghanistan occupée, divisée, et peut-être même éclatée en morceaux. Il faut le dire tout haut que l’armée algérienne a su faire barrage aux aventuriers islamistes et éviter le pire au pays. Ceux qui la diabolisaient à l’époque voulaient tout simplement détruire la seule institution solide qui pouvait assurer l’intégrité du territoire. Je salue le courage de M. Zeroual qui a répondu à l’appel de détresse du pays. Vous allez me dire à quoi ça a servi de sauver ce pays pour le donner au pantin Boutef, mais ça c’est un autre sujet sur lequel on peut longuement discuter.

    Les thèses sont formidables dans les salles de conférence climatisées et devant les micros, la réalité est tout à fait autre chose. Il vaut mieux avoir un pays avec quelques généraux corrompus que de ne pas avoir de pays du tout. Bien sûr, ceci ne nous empêche pas de critiquer la situation actuelle du pays pour améliorer. Mais il faut avoir le pays tout d’abord pour critiquer ceux qui le gouvernent. Il faut avoir la stabilité pour pouvoir développer. Qu’il soit intellectuel ou pas, M. Addi a choisi son camp dès le départ. C’est un islamiste et s’il est honnête il ne doit pas le cacher. Il était parmi les premiers à vilipender l’armée et à propager le fameux Qui tue Qui.

  20. A tout ceux qui sont contre le "qui tue qui"je voudrais bien savoir qui a décimé ma dechra.Personnellement, j’ai rencontré plusieurs repentis, ils prétendent tous qu’ils n’en savent rien.Alors qui va nous dire qui a tué nos freres et soeurs?Normalement c’est l’état à travers ses institutions sécuritaire et judiciaire.Et lorsq’on sait on peut pardonner.Sans ça, on ne pardonnera jamais.C’est a quoi j’adhère a toutes les analyses de L.Addi que je remerci beaucoup.

  21. Une régression peut-elle être féconde ?

    Oui, après 14 siècles.

  22. Quand a commencé la décolonisation dans les années 50 pour l’Afrique, la France a commencé par mettre en oeuvre son système post indépendance. Elle commencera par exécuter et surtout faire exécuter tous ceux qui présentaient un obstacle pour sa future stratégie : Abane ramdane, Krim Belkacem, Khider, Ben M’Hidi, Maurice Audin….et tant d’autres .La bataille d’Alger lui aura permis grâce à la complicité de nombreux algériens de procéder à un grand « assainissement » dans les rangs de la guérilla algérienne. Au lendemain de l’indépendance, les dés étaient déjà pipés et l’indépendance remise entre les mains de l’islamo fascisme sous la houlette de Ben Bella, Boumediene, Boussouf, Bouteflika ….et autres truands.
    Non et mille fois non l’Algérie n’est pas un pays indépendant, nous avons été arnaqués et le combat de Hassiba Ben Bouali, Ali la pointe…. n’est pas terminé et ce serait leur rendre hommage en continuant le combat pour la libération de l’Algérie du néo colonialisme arabo islamique légué par la France dans un but de verrouillage et de blocage de la société algérienne. Oui l’algerie recèle de réels intellectuels à l’image de Ibn Khadoun « Idha U3ribat Khouribat » qui avait déjà prédit que la culture arabo musulmane n’apporterait que tristesse, misère et désolation.

  23. AH OUI! L’IDENTITE DES ASSASSINS?
    ON EST PAS PRES DE SAVOIR LA REPONSE.
    SALUT LES ANCIENS.

  24. 200 000 mort est un vraie salut pour ce p… de pays, et t’ose ouvrire ta p ta guelle, fermela.
    Quant a la democratie, tu torche le c.. avec car elle n’arrete pas les masacres

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