Athée, c’est mon droit !

La liberté de conscience ne se discute pas, elle est profondément inscrite dans l’âme des êtres humains. Elle peut se camoufler dans un silence intérieur, se protéger par le mensonge ou par l’hypocrisie prudente, elle n’en est pas moins tenace face à toutes les intimidations. Nous ne sommes pas nés sur cette terre pour nous plier à ce que l’on ne croit pas et il en ira toujours ainsi de la marche du monde.

Je suis athée, profondément athée et j’ai vécu la douleur de l’oppressante religion pendant toute ma jeunesse algérienne. Très tôt on m’a annoncé que j’étais musulman, puis on m‘a dit que j’étais arabe et socialiste et puis encore et encore… On n’a cessé de me dire qui j’étais et ce que je devais penser. Dans le parcours épuisant de ces longues années, je me suis battu pour affronter la bêtise et le danger d’une pression morale qui voulait diriger mon esprit de discernement. Ils se sont épuisés à le faire, sans résultat, autant qu’ils m’ont épuisé, je dois l’avouer.

Tout au long de ces années, moi, je voulais leur dire que j’étais tout simplement moi-même et que j’aimais passionnément ce pays où j’étais né, sans qu’il soit besoin de déclamer des professions de foi à s’en époumoner. J’ai d’ailleurs constaté que ceux qui faisaient un étalage outrancier de leur nationalisme ou de leur foi n’ont jamais eu d’état d’âme lorsqu’il s’est agit d’investir ou de résider dans les pays impies et supposés ennemis.

Je crois profondément aux hommes et à leur capacité à créer, innover et produire le beau, l’utile et le sublime. Je crois en la science et à son beau défi, quotidien. Je crois aux projets des communautés des hommes, avec leurs rêves, leurs faiblesses et leurs heurts.

Il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’une pensée, un texte ou une doctrine, nés au septième siècle viennent me dicter ma conscience, mon droit et mes actes. J’ai la liberté de penser et de croire à ce que j’estime être utile pour faire avancer mon humanité et non à la faire enfermer. Il ne me viendrait jamais à l’idée d’ordonner à mon épouse, un être humain libre, la façon de penser, de s’habiller ou de se comporter en public et certainement pas qu’elle soit une esclave enterrée dans un statut moyenâgeux.

Que les gens croient à ce qu’ils veulent, qu’ils pratiquent la foi de leur choix, librement et avec toute la satisfaction possible. Mais qu’ils ne me dictent pas ma conscience dans le but de m’abrutir ou me dominer. C’est inutile et tous les obscurs du monde ne suffiront pas à stopper l’avancée des libertés individuelles, des sciences et des cultures.

Mais bien entendu que je suis pour la défense des croyances, de n’importe quelle nature qu’elles soient. L’homme a besoin de transcendance, de quelque chose qui le dépasse afin qu’il en tire un sens dans la vie. Mais la transcendance, on peut la trouver dans n’importe quelle chose de plus haut que nous, qui nous dépasse et qui est notre quête. Cette transcendance existe déjà, elle porte le nom de valeurs, d’humanisme, de démocratie, de culture et de droit. Pas besoin qu’on nous oblige à croire en une autre transcendance et encore moins lorsque c’est dans la violence que l’on veut nous convaincre.

Une réponse à l’un des mes articles faisait état de la phrase suivante «Les obscurantistes cherchent des raccourcis, des échappatoires, des exutoires qui leur permettent de se soumettre à un Dieu unique, omnipotent et omniscient qui décide de tout et qui fait tout à leur place, ôtant ainsi à l’homme toute sa perspicacité , son imagination et son esprit de conquête pour comprendre et transformer ce monde ce monde» . Je trouve qu’il n’y a rien à rajouter à ce commentaire.

Et pourtant, dans une ancienne vie, lorsqu’il s’était agit de publier pour la libération des premiers militants du FIS incarcérés dans le désert, dans des conditions immondes, je n’ai pas hésité une seule seconde, en tant que membre du conseil exécutif d’un parti politique. Dans une tribune publiée dans un quotidien national, j’ai fustigé le pouvoir algérien qui parquait des êtres humains dans des conditions bestiales, surveillés par les fonctionnaires de la barbarie, la police politique. Ma profonde conviction était à des années lumières de ces personnes emprisonnées, et encore, ce n’est pas assez évalué. Nous savions qu’ils étaient dangereux et que certains d’entre eux risquaient de basculer dans le pire. Mais à un moment précis, l’humanité qui est en nous ne pouvait faire abstraction de l’intolérable injustice qui est faite aux hommes qui, malgré tout, souffrent. Qu’importe si nous avions tort, nous devions dénoncer l’insupportable dès lors que celui qui les maltraite est à l’origine de leur colère puis, hélas, de leur barbarie.

Les véritables coupables, nous les connaissons. Chacun aura désigné dans son for intérieur l’innommable régime militaire qui s’est gavé jusqu’au vomi et qui a maltraité jusqu’au sang des êtres humains. Mais les algériens ont oublié un autre coupable, qui s’est bien caché, et qui est certainement le plus grand responsable, à mes yeux. Dans les années postindépendance, une bourgeoise algérienne naissante voulait remplacer l’ancienne bourgeoisie coloniale. Elle fut la première à jouer avec le feu en installant les postures et les attributs de son nouveau statut. Ils devaient être ostentatoires et enracinés dans l’histoire nationale (à laquelle ils n’avaient franchement pas adhéré lors de la période coloniale). Tout d’un coup, ces parfaits francophones, qui n’écrivaient pas autant l’arabe que moi le chinois, se sont mis au burnous, aux belles phrases lancées en aparté et montraient avec fierté à leurs invités une bibliothèque garnie d’œuvres arabo-musulmanes (dont ils n’avaient pas lu la moindre ligne), au milieu desquelles trônait un coran relié en dorure (dont ils ne comprenaient pas le moindre mot).

Ce sont à mes yeux les grands coupables de la dérive car, entre deux achats de Mercedes ou d’escales dans le monde, ils n’avaient pas su, ou voulu, voir la douleur et la frustration des autres. Et voilà le résultat, alors que des jeunes ont leur place à l’Université ou dans les bibliothèques, nous les retrouvons à égorger des êtres humains à travers le monde. Faute de leur avoir ouvert l’esprit, on les a embrigadés aux fins d’être dociles et peu regardant envers le pouvoir politique. Tant qu’ils restent dans leurs mosquées, se disaient-ils, la voie est libre pour la gigantesque spoliation financière et politique. Oui mais voila, ils en sont sortis et pas du tout avec les meilleures intentions du monde.

Le mal étant fait depuis longtemps, il est vrai que nous sommes maintenant face à de dangereux fous et une dérive de la société algérienne qui n’arrive plus à retrouver son élan intellectuel et ses rêves des années passées.

Quelle est la solution ? Je n’en ai pas, je suis athée et qu’on me laisse en paix avec les croyances, dans cette dernière partie de ma vie.

Sid Lakhdar Boumédiene

Enseignant

19 commentaires

  1. Camarade, votre athéisme ressemble à une conversion.

    Mais vous salue bien bas, ne serais-ce que pour la forme, moi qui n’ai encore pas fini de me fâcher avec vous." Confesser" ainsi votre athéisme, çà me les scie. Laissez-moi espérez seulement que vous n’iriez pas faire comme l’autre : manger votre chapeau.

    Ce qui sort de vos écrits et vous l’avouez, tout en vous en défendant ailleurs, escamotant ainsi toute votre argumentation , c’est que vous vous êtes enfermé dans une dialectique et dans le doute sans pouvoir vous en sortir : « L’homme a besoin de transcendance, de quelque chose qui le dépasse afin qu’il en tire un sens dans la vie. » Je pouvais attendre cette phrase de n’importe quel mollah, mais pas de vous, camarade. Non, non, ne dites pas qu’il ne s’agit pas forcément de Dieu. Vous savez bien que c’est ce coté là qu’il crèche. Dieu niche dans les détails, et vous le savez. Ou alors c’est encore plus grave ! Seriez-vous en train de dire que l’homme n’a pas besoin de Dieu mais d’un maitre ?

    Un proverbe kabyle dit « Awer t3echqed guvlad, nagh at babète ». Ne sois pas amoureux d’un rocher sinon tu le porteras. Cela est valable pour votre doute, au lieu d‘en sortir vous vous y enfermez.

    Sauf si cette "chose" qui le dépasse c’est un chapeau ! Dans ce cas j’en ai un, un borsalino, que je peux vous offrir pour transcender près de votre cerveau.

    Et c’est là que les bras m’en tombent, cher Boumediene. Vous donnez raison à Pascal qui disait : « peu de confiture éloigne de Dieu beaucoup y ramène ». Je crois que lui parlait de science, mais, là, n’est-ce pas pareil ?

    Car vous tombez au bout du compte dans le panneau et vous prêtez allègrement le flanc aux croyances : « la vie sur terre seule te parait trop bornée pour l’immense univers ; c’est pourquoi tu développes cette vie et tu la transportes dans d’autres êtres sur d’autres mondes…" t'aurait répondu un vrai athée: Feuerbach.

    C’est ensuite méthodologiquement une erreur de vouloir donner un sens à tout prix à sa petite vie : Vous avez complètement abdiqué la raison parce que finalement vous avez peur d’admettre que l’homme erre dans le néant.
    Vous vous fourvoyez camarade, car c’est par ce phénomène d’extériorisation qu’on nous a livré à Dieu. Si l’homme est si atteint que ça et il a besoin de transcendance pourquoi il ne la chercherait pas en lui-même ?

    Si l’homme a besoin de dépassement, qu’il s’occupe de lui même, quoi !

    Ce n’est pas en se projetant dans l’irrationnel dans « quelque chose qui le dépasse » que vous allez le libérer de l’aliénation.

    Té, pourquoi pas un veau d’or. Ou un Dieu ? En guise de "chose" qui nous dépasse?

    Vous n’êtes pas à une contradiction prêt, camarade.

    Je ne pense pas que vous ayez eu à surgir d’un moyen âge ou comme vous dites à vous battre férocement « pour affronter la bêtise et le danger d’une pression morale qui voulait diriger votre esprit de discernement » vous n’aviez pas besoin d’une grande témérité ou d’une grande érudition, là ou l’incrédulité eût suffi .

    J’ai connu aussi cette époque mais je n’ai pas eu à m’en faire car je croyais fermement que la raison allait triompher de toutes leurs simagrées. Ni les rengaines ressassées ni les promesses des lendemains enchantés ni les menaces des geôles d’ici-bas ou de l’au-delà ni les takrirates n’ont pu ébranler mon esprit. Même à mes plus forts moments de faiblesse (oxymore) j’ai dépassé le doute pour me dire qu’il suffit de les regarder pour se rendre compte qu’ils se mettent le doigt dans l’œil et qu’ils se trompent allégrement.

    Je n’ai pas, non plus comme vous, eu à déconstruire leurs schèmes pour me démontrer que Dieu n’existe pas. Je ne voulais tout simplement pas rentrer dans leur jeu en faisant de l’athéisme un sacerdoce, même si j’admettais que cela pouvait être un passage obligé. Et là il ne s’agit pas que de religion mais de questions ontologiques plus largement.

    Entre Bakounine et Proudhon qui disaient que même si Dieu existait il faudrait s’en débarrasser et Sartre pour qui : Dieu n’est pas un problème, puisque de toute façon que Dieu existe ou pas ça ne changera rien à nos problèmes existentiels. j'avais choisi d'écouter ce dernier et j'ai suivi mes propres lubies.

    Je voyais donc aussi notre bourgeoisie parvenue se construire un habitus et elle me rappelait le "Bourgeois gentilhomme" de Molière. Je me disais qu’ils vont finir quand même par être sérieux, car ils auront besoin d’une vraie culture de classe un jour. Je ne sais plus qui disait: " entre une vie qui se joue et celle qui se vit il n’y pas une grande différence" ? C’est que ces bougres ont fini par y croire et se prendre à leur propre jeu. Et pire encore, c’est que le peuple aussi a fini , sans être tout à fait dupe, par jouer le jeu et s’y prendre à son tour.

    Mais j’ai fini assez tôt par me rendre compte que je me trompais. J’avais oublié un facteur culturel important, même si j’e pensais que nous avions un problème de culture et de société et que nous devions muter pour accéder non au futur mais ne serait-ce qu'être en phase avec le présent.

    Ibn Khaldoun avait bien vu ça en comparant la culture des sédentaires et celle des nomades : elbadawiya. Raymond Barre avait dit de ses compatriotes qu’ils avaient une culture d’immigrés. Les nôtres ont une culture d’émigrés. Ou de bédouins (nomades) plus précisément.

    Quelque soit ce que notre société a fait quels que soient ses errements cela ne m’a pas offusqué. Ma rage et ma colère, je les ai dirigées contre nos élites, qui se sont gavées de couleuvres et qui on été complaisantes, et pire encore : au lieu de démonter cette idéologie létale ils ont cherché à nous faire prendre un autre chemin pour Dieu.

    J’ai vu à la télé un écrivain algérien renommé dont je tairai le nom, parce que je ne suis pas une balance pour vous dire qu’il s’agit de Mimouni, qui, fuyant une condamnation à mort par les zombies d’alors, s’était réfugié à Tunis et qui expliquait à son fils le coran version soft.

    A titre personnel, juste pour ma gouverne, je pense que la question concernant Dieu à été épuisée aux 18 et 19ème siècles , il est inutile de plagier Feuerbach, Proudhon, Marx, Freud Voltaire pour mieux convaincre aujourd’hui.

    Vous faites comme Moïse, camarade, mais à l'envers. Vous voulez nous sortir de Dieu pour nous balader à la quête du"" rien" sous prétexte que ce rien c'est quelque "chose" dont nous aurions besoin. Là, vous avez fait fort !

    Chapeau bas.

  2. Voilà quelqu'un qui assume pleinement son athéisme et qui le revendique comme un droit sans aller outrager ni choquer les autres croyances quelqu'en soient-elles. une attitude saine de démocrate qui ne va pas aller bousculer ou en imposer aux autres ses certitudes profondes.Mais en est-il la même choses pour les adeptes de l'islam pur et dur? De cet Islam propensionniste et expéditionniste qui fouine dans la vie des autres et tient à leur en imposer de ses dogmes de sa chari3a , de ses interdits etc…Une attitude irrespectueuse et intolérante qui pousse ses fanatiques jusquà sévir par le seif et la violence. A défaut de revendiquer leur droit, ils s'attaquent aux droits des autres comme pour dominer tout ce qui ne leur ressemble pas.Ils glissent ainsi peu à peu vers le fascisme , cette doctrine ségrégationniste qui s'arroge la suprématie idéologique et raciale sur toutes les ethnies et courants de pensées et qui entreprend de les faire soumettre toutes par la violence ou de les exterminer jusqu'au bout dans le mode de " la solution finale" des Nazis. Dans ces situations dramatiques on ne peut même pas parler du droit d'avoir des droits , l'urgence est dans le comment sauver sa peau ou sa tête de ses persécuteurs.

  3. "… Le mal étant fait depuis longtemps, il est vrai que nous sommes maintenant face à de dangereux fous et une dérive de la société algérienne qui n’arrive plus à retrouver son élan intellectuel et ses rêves des années passées."

    Particulierement "…RE-trouver son eln…" – Les idee's n'etant pas des montagnes, il n'y a point besoin d'elan… Je vous suggere, d'etre l'elan des aventures intellectuelles de votre descendance. Pour que se soit INTELLECTUEL, il faut une langue de support. Si vous voulez etre et qu'ils le soient eux aussi, vos descendants, les miens, et d'autres… des reveurs, il n'y a qu'a commencer a rever nous-meme… A moins que vous pensiez que le reve n'est que la visite d'un passe' lointain dans ses reves.

    Je suggere que le reve, c'est le montage de bouts d'abstractions monte'es dans un ordre qui exprime la realite' du present – En effet la realite' du present conditionne enormemment la maniere de ce montage. Nous n'avons pas besoin de nous mettre a rever a leur place(les futures generations), mais l'obligation de leur laisser derriere faute d'un laboratoire d'experimentation, au moins les outils de s'en faire un.

    L'outil elementaire, est la Grammaire d'une langue originelle et authentiquement la leur, ou du moins des fragments et un projet de construction (et nonde reconstruction). La reconstruction de l'histoire, n'est certainement pas(je l'espere), pour revivre l'histoire mais differemment, mais d'etre soi-meme dans celle du present et du future.

  4. merci et mille merci pour votre rubrique c est une tres belle lecon d humanite et de tendresse soyez fier de ce que vous ete aucun dieu ne veux ni vous juger ni vous blamer donc soyez heureux et vivez votre vie vous ete l un des rares algeriens dont on doit etre fiere

  5. Si seulement l'homme parvient a vaincre son hypocrisie, nous seriions tous des anges.

  6. Aujourd'hui en occident, l'extrémisme laique commence a prendre de l'ampleur et aboutira tot ou tard à une confrontation avec l'extrémisme religieux … et là ou il y'a extrémisme … il y'a dérive !!!

    la laiceté est une obligation de l'état et non des individus !!! à condition que chacun respecte les croyances de l'autre …

  7. Le temps est un vecteur unidirectionnel.

    Quand a croire en quoi que se soit, c'est refuser de raisonner, ou la faiblesse de la raison devant l'emotionnel – avec de belle histoires. Celles du psychopathe de labas, est depourvue de tendresse feminine – tres en accord avec son vecu – mais pas le notre, bon sang. Nos references Feminines, sont des femmes qui se sacrifient pour leur progenitures et non celle de manipulatrices… ce qui a certainnement bouleverse' le psycho de labas.

    Les religions, c'est un rapport de force entre zommes et rien d'autre – qui va imposer sa vision des choses – en ce qui concerne les Riens, la vision n'a porte' que sur la gestion de la rente, et les masses qui ont produit les arnakeurs, sont incapables d'articuler une vision d'apres rente – faute de langue et de symboles qui font d'un language une langue – prisonniers dans les languages des autres, aussi bien le francais que l'arabe.

  8. ouch !!!!!

    " la laiceté est une obligation de l'état et non des individus !!! "

    J'ai passe' toute ma vie d'adulte en Amerique du nord, et je suis handicape' quand a certaines notions, comme celle que nous criez 'L'etat sans les individus" – Pourriez-vous elaborer ?

  9. Utopie ! Et qu'auriez-vous que tout le monde ait droit a la sienne? Des qu'une telle franchise et honnetete' est banale, autre chose emergera comme ideal.

  10. Je lis le texte en essayons de ne pas me perdre de l'esprit dans lequel il est ecrit. L'auteur merite notre notre reconnaissance ne serait, pour le partage dont il fait preuve – Cependant, ca serait une perte seche de son effort, si on y goutte pas – Il faut etre un monstre pour bouffer tout ca seul, non?

    Alors, allons-y…

    Je note avec interet ce passage – dans votre commentaire – C'est subtile et vous avez trouve' une cerise camarad !!!!

    "… Ou alors c’est encore plus grave ! Seriez-vous en train de dire que l’homme n’a pas besoin de Dieu mais d’un maitre ? "

    Ce Dieu c'est comme un enorme nombre multiple d'une infinite' de nombre. C'est tellement foux, que le twist, de Dieu a Maitre n'est qu'une question d'un miniscule petit detail… Et c'est pour ca qu'il vaut mieux avaler sa langue que de dire "j'ai faim !"

  11. L homme a créé dieu.
    Ainsi commença la plus tragique et la plus grande des impostures catastrophiques!

  12. Monsieur,

    C'est bien la dernière fois que je vous réponds car il semble que vous avez un compte à régler avec l'humanité, ce ne sera pas donc pas avec moi. Il faudra que vous compreniez un jour que personne ne refuse d'admettre votre niveau de culture si vous cessiez votre rage et votre dérision à tout.
    Je vous laisse à vos réponses que je ne lirai plus. C'est d'ailleurs une énorme bêtise d'avoir voulu entrer dans ce jeu qui ne me ressemble pas du tout.
    Cependant, avant de tourner la page, vous marquez un point dans ce déversement de paroles. Oui, vous avez raison, pendant soixante ans de ma vie, j'ai refusé de déconstruire ou de me prêter à une confession publique (en privée, c'était quotidien). Oui, vous avez raison, il n'y a pas à le faire pour se convaincre de la supercherie. C'est une pratique des croyants, il ne faut pas y adhérer, vous avez totalement raison.
    Cependant, le début de cet article est repris d'une tribune publiée sur El Watan en octobre 2010 (c'est déjà loin) où j'ai intervenu pour défendre la foi des catholiques berbères qui avaient eu quelques ennuis. Et cette fois-ci, c'était pour appuyer la démarche de Rachid Boudjedra (avec lequel j'avais été pourtant en totale contradiction dans les années quatre vingt dix, non pas sur ses positions mais sur sa stratégie).
    Vous pourriez me croire ou non, j'ai du rater un épisode, je ne savais pas qu'il s'était rétracté. Ce n'est pas mon cas puisque je l'ai publié en 2010.
    Il ne s'agit pas d'une déclaration au confessionnal mais d'essayer de libérer la parole quotidienne de beaucoup de jeunes algériens.
    je vous laisse à votre plus-que-parfait du subjonctif que je n'utile plus depuis les années soixante dix, on m'a appris depuis à employer des tournures simples.
    Quant au reste, je ne comprends pas vos écrits.
    Bonne chance à vous

  13. "rechercher un sens à sa petite vie" quelle bêtise! c'est effectivement la pire des aliénations de l'homme moderne. Un bémol quand même sur l'article de Boumediene, il n'est pas forcément destiné à Hend, moi-même ou n'importe quel francophone algérien mais à la masse populaire qui écume les Souks au heures de travail, les mosquées au heures de prières et tarawihs et les paraboles hertziennes pour attendre le shorr et à cet égard, pour faire mouche, cet article devrait être écrit en arabe mais là attention! le camarade Boumediene risque, comme l'autre, de manger son chapeau….

  14. Wa Si Boumediene !

    Ah non ! Vous n’êtes arbitre en rien pour siffler la fin de la partie ! Vous n’avez pas à choisir qui doit vous commenter. Pas plus que vous n’ayez une qualité quelconque pour me noter ! Il n'y a pas de prof il n'y pas d'élève ici personne n'ira au piquet ne sera exclu.

    Diogène lavait son linge dans un ruisseau affublé d’un manteau qu’il avait mité lui-même artificiellement pour faire humble, za3ma. Un de ses disciples le regarda et lui dit : Diogène, je vois ton orgueil à travers les trous de ton manteau.
    A vrai dire, vous ne pouvez rien regarder sans votre lorgnette de didacticien et de pédagogue .Vous ne cherchez que la faute, alors forcément, pour éviter le nihilisme total, vous faites comme Abraham à Sodome à la quête de ce qui peut être juste dans mon fouillis pour m’épargner. Et c’est là que vos ablu… heu, pardon, vos absolutions, sont pires que des sentences : « Vous avez une formation dont je reconnais la génération. Il est dommage que vous ne la domptiez pas par un propos plus tenu. Sa valeur apparaîtrait alors davantage. »

    La plus part de mes commentaires ne concernent pas les articles en question ni leurs auteurs et les forums sont ouverts au tout venant. Personne ne cherche ici des réponses aux questions qu’il se pose, mais juste à ajouter une opinion, à chaud, à d’autres qui se valent tous, sans prétention. D’ailleurs il s’agit plus de réactions que de commentaires à vrai dire. Je n’ai jamais imaginé que c’est par les chemins de la gribouille que je parviendrai à la consécration.
    Moi j’avais d’emblée affiché la couleur et déclaré que je n‘écris que sous la colère et le plus souvent sous la vigilance de Bacchus. Et même si j’avais lâché la bride à mon courroux je n’ai pas été jusqu’à écrire que votre texte et d’une ringardise et d’une trivialité désarçonantes et que si je cherchais à tout prix la petite bête dans votre texte je n’aurais eu aucun mal à trouver le diable qui y niche. Je n’ai nullement pris la mouche pour vous déplaire et encore moins pour vous offenser. Et si mouche il y avait, elle a changé d’âne maintenant.

    : « Vous avez une formation dont je reconnais la génération. Il est dommage que vous ne la domptiez pas par un propos plus tenu. Sa valeur apparaîtrait alors davantage. »

    Je ne suis ni théologien ni athéologien ni philosophe ni ontologiste pour essayer d’élever mon niveau. Je ne me livre à aucune analyse, je donne une opinion.
    Tout d’abord laissez-moi vous dire que quelque soit l’idée que vous vous faites de Dieu ou d’autres choses cela n’altère point le respect que je vous dois. Il ne s’agit pas de vous mais de ce que vous écrivez ici. Du reste vous n’avez nullement besoin de vous faire tout un micmac ou d’une profession de foi pour être athée. Le moins que l’on puisse dire c’est que vous avez plus de courage intellectuel que moi. Franchement, moi j’aurais fait comme l’autre, j’aurais mangé mon chapeau et je n’aurais même pas dit : et pourtant elle tourne. Je ne sais que trop le salaire de l’apostasie. Il ne faut pas oublier que chez nous on nait musulman, toute tentative de distanciation (etejdid déjà) est une hérésie. Mais je vous avoue que je n’ai pas eu comme vous à faire l’expérience de l’oppression religieuse, personne ne m’a obligé à prier ou à faire le ramadhan, et même si la société kabyle est une société totalitaire comme partout chez nous, par ailleurs, personne ne m’a bassiné avec la religion car les montagnards de chez nous n’étaient pas dupes. Quand ils avaient la foi, il s’agit de cette foi de charbonnier où on croit sans chercher à comprendre. D’ailleurs on fait dériver satiriquement le mot Kabyle de « qbel » et on dit : aqveyli iqevlène ur yezri. Qbayli li qbel blama ichouf Le kabyle qui a accepté sans voir (preuve).
    Quand vous dites « je suis athée » je me sens obligé de vous croire sur parole. Même si c’est vous qui conseillez le doute. J’ai toujours considéré l’athéisme comme la négation nette et sans bavure de l’idée même d’un dieu et non comme un déisme qui ne se dit pas. Vous, vous dites qu’il n’y pas de dieu mais comme nous sommes pommés nous avons besoin de quête donc de faire comme s’il existait. En sorte l’être dans le néant est insupportable alors faisons comme si la vie avait un sens. L’homme n’étant quasiment rien dans cet univers aux milliards de milliards de galaxies, alors faisons lui croire qu’il est important, qu’il est missionné qu’il y joue un rôle. Un coup vous cherchez à humaniser Dieu, un coup vous voulez déifier l’homme en évacuant le fait que c’est ainsi avec ce « besoin de croire en quelque chose » que tout a commencé : le polythéisme, le panthéisme, l'animisme, le chamanisme, et, plus prêt de nous, le raëlisme, la scientologie etc.
    Puisque nous sommes en plein dans le sujet permettez-moi de vous parler du traitement des addictions aux drogues et de rappeler votre propos : « l’homme à besoin de se transcender, de ce quelque chose qui le dépasse…. ».
    On dit, dans le milieu de l’addictologie : il n’y pas de société sans drogues. Alors comme le sevrage total est difficile à obtenir on passe par la voie des substituts.
    Le problème c’est que quand le substitut est efficace : le Subutex et la Méthadone par exemple, pour l’héroïne, ces produits ne sont pas utilisés comme traitement pour en sortir mais comme drogue, par les drogués.
    Vous vous nous dites la même chose : Dieu n’existe pas mais nous ne pouvons pas nous en passer. Il nous faut nous débarrasser de ce Dieu « inhumain » mais il nous faut le remplacer par quelque chose que nous aurions affublé de valeurs que nous aimons. Vous persistez d’autant plus à vous enfoncer dans ce quelque chose qui « porte le nom de valeurs, d’humanisme, de démocratie, de culture et de droit » mais qui serait dans un ailleurs « plus haut que nous, qui nous dépasse et qui est notre quête » car, selon vous, nous ne saurions vivre sans ce quelque chose qui nous dépasse. Sans nous garantir que cette chose ne sera pas plus aliénante.
    Quand vous dites que l’humanisme est le droit sont transcendants vous ne faites rien d’autre que ce que les autres 3amalou ma qeblakoum : mettre dans un être céleste les fantasmes qu’ils n’osent pas réaliser en eux.
    Or Dieu, celui des religions du moins, n’est autre que le produit d’un processus mental par lequel l’homme pose hors de lui un être transcendant, Dieu ou ce quelque chose, dans lequel il transfert ses propres qualités ou ses propres valeurs. « Cette transcendance existe déjà, elle porte le nom de valeurs, d’humanisme, de démocratie, de culture et de droit. » Vous ne dites pas, ou à peine, qu’il va nous falloir lui vouer un culte, mais on y échappera. Vous voulez nous faire un paradis sans les fleuves de vin de miel et les houris. Un paradis où on trimerait comme ici bas mais où on aurait droit à la sécurité sociale, aux allocs, et aux congés payés. A ce tarif là je préfère le paradis des monothéistes, lui au moins il est en phase avec mes phantasmes les plus débridés: du vin et des vierges révolving, à gogo !
    Il faut savoir : ou ces valeurs sont humaines, elles ne sont pas transcendantes ou elles sont transcendantes elles ne sont pas humaines ! Sauf si vous voulez faire comme les croyants réaliser la démocratie, le droit, l’humanisme, pas sur terre, mais au ciel. Et là en quoi êtes-vous différent des croyants en un Dieu transcendant ou en un au-delà ?
    Franchement, je « crois » que vous êtes en train de nous faire, sous couvert de matérialisme athée, une théologie dans le dos.

    Woullah ya Si !

  15. "Quelque soit ce que notre société a fait quels que soient ses errements cela ne m’a pas offusqué. Ma rage et ma colère, je les ai dirigées contre nos élites, qui se sont gavées de couleuvres et qui on été complaisantes, et pire encore : au lieu de démonter cette idéologie létale ils ont cherché à nous faire prendre un autre chemin pour Dieu" Moi, je comprends parfaitement ce constat…. et je ne crois pas que ce soit dirigé contre vous personnellement. Vous esquissez le début de commencement d'un débat social sur ce canard , gardez le cap et soyez zen @ Si LAKHDAR.

  16. Au crépuscule de sa vie Rachid Boudjedra veut libérer sa conscience et ne plus se mentir et mentir aux autres.Cet anti-conformiste adepte de la vérité vraie est profondément révolté par cette société éduquée dans un fatalisme et un fanatisme des plus rétrogrades véhiculés par cette religion figée au 7e siècle,réfractaire à toute évolution positive malgré les progrès immenses faits par l'humanité et dont elle est restée en marge à coups de yadjouz et layadjouz sans queues ni têtes décrétés par des têtes vides ayant trouvé un terrain fertile semé d'ignorance crasse et de bêtise à couper au couteau.Il y a 40 millions d'habitants en Algérie dont les 4/5e ont fait l'école "Talebienne" et son éducation religieuse dés l'âge de 5 ans sans compter les"extra"dans les écoles coraniques aux mains d'ignorants militants de l'islam politique dont beaucoup croient dur comme fer que les GIA,AQMI et DAECH sont des défenseurs de l'Islam contre les athées,les Juifs,les Chrétiens et tous qui ne sont pas musulmans donc mécréants.Nous avons eu un acompte de cette faune de zombies qui ont défilés devant l'APN avec le drapeau de DAECH,juste après le massacre des journalistes de Charlie Hébdo pour nous dire qu'ils ne sont pas avec Charlie la victime mais avec DAECH le bourreau.Ces fanatiques nous disent clairement et à la face du monde que si on n'est pas avec eux,on est contre eux.Ce climat inquisiteur est encouragé par ceux qui gouvernent par la peur,la corruption,la magouille et l'ignorance pour faire passer la pilule de leur désastreuse gestion du pays.

  17. Lire" mais on n'y échappera pas".
    Pour le reste vous auriez corrigé sans moi!

  18. Chapeau bas, Mr Hend Barwaqi, c'est bien la première fois que j'adhère à l'utilisation de la rhétorique pour contrecarrer le développement d'une "thèse" sur un objet polémique, par la dialectique. Vous dites ne pas faire là une analyse des propos que vous critiquer, cela est d'une modestie que je pense sincère, n'ayant rien à voir avec le manteau mite de Diogene. Il n'en reste pas moins qu'il transpare dans votre texte l'ossature d'une analyse critique qui gagnerait à être faite à froid. Je serai la première à la lire avec un grand intérêt car là je reste un peu sur ma faim. Encore une fois, respect à votre plume, vous êtes bien le genre de personne que j'aimerais rencontrer sur mon chemin. (Je vous prie d'excuser les fautes d'orthographe). A tantôt.

  19. Le grand RB a perdu le jour où l'animateur, de l'unique TV de l'époque, d'une immission sur les livres et les écrivains lui avait (demander d'écrire en arabe). ce jour RB à vendu son âme aux faussaires de l'esprit et ce sont eux qui le condamne maintenant. il s'est soumis aux arabisants et il est devenu comme, il ne s'est plus qui il est. un allemand ne réfléchi qu'en allemand (sa langue) idem pour pour l’américain l'espagnol, le kurde , le tadjik, le turque, l'arabe, le chinois, l'islandais. mais celui qui n'a pas de langue primaire (maternelle ou celle qu'il maitrise) il ne pense pas , il divague. RB à perdu son combat pour la liberté d'expression sur le plateau de la faleuse RTA il y a presque 30ans. il doit s'en souvenir. il est allé sur une autre chaine satellite (de l'ex RTA) pour passer devant une mahkama () et il a été condamné. c'est difficile d'expliquer en français, ce que les autres ont compris en arabe. Bon courage.

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