Rosetta, le combat de la lumière contre l’obscurantisme des croyances

Lorsque nous ne possédons pas le talent des grands penseurs, il faut toujours s’excuser d’évoquer une devise que tous les jeunes étudiants se précipitent à inscrire sur leur copie, c’est le cas du fameux «connais-toi toi-même». Mais cet appel à la raison inscrite au frontispice du Temple de Delphes, repris par Socrate à son compte, est la seule qui puisse introduire notre propos d’aujourd’hui. Après tout, ce qui est inscrit au Panthéon des grandes phrases de la philosophie est universel et chacun peut en faire un incipit de sa réflexion sans droit d’auteur ni risque de platitude.

La conquête spatiale n’est pas nouvelle. Depuis le célèbre bip-bip de Spoutnik, premier objet satellisé par l’homme, jusqu’aux sondes Voyager qui ont dépassé les confins du système solaire, la même question fonde notre aventure humaine, « qui sommes-nous, d’où provenons nous et sommes-nous seuls dans l’univers ? ».

La sonde Rosetta a été lancée en 2004 pour un périple de plus de dix ans afin de bénéficier des accélérations dues aux rebonds gravitationnels à l’approche de plusieurs planètes. Rosetta avait pour mission de rejoindre et d’étudier la comète Churyumov-Gerasimenko (67P) dite Tchoury. Après s’être installée en orbite autour de la comète, la sonde spatiale a libéré l’atterrisseur Philae qui se posa à sa surface. Après un atterrissage réussi, le robot a donné des sueurs froides aux ingénieurs de l’ESA, l’agence spatiale européenne, en ne pouvant s’agripper correctement puis en tombant dans la léthargie de la panne d’énergie. Le voila maintenant réveillé par la proximité du soleil qui a rechargé ses batteries. Philae commence sa mission et l’humanité va encore une fois approfondir la connaissance de ses origines. Il va falloir s’atteler rapidement à la tâche car les responsables du programme scientifique prévoient une fin tragique de Rosetta en septembre 2016 car, sans carburant ni suffisamment d’énergie solaire, elle succombera aux lois de l’attraction de la comète et s’écrasera sur l’objet de son étude.

Nous savons aujourd’hui que les comètes sont les débris non agrégés du système solaire originel et que nous-mêmes sommes issus des éléments organiques de l’espace. Notre quête est double, la recherche du vivant mais aussi la recherche des causes de notre propre existence puisque nous sommes poussières d’étoiles. Par ce périple dans l’espace, c’est nous-mêmes que nous recherchons car l’homme est conscient de son existence et refuse de vivre sans tenter de découvrir le sens de son origine.

Les premières communautés humaines ont bâti une explication divine, en tout cas surnaturelle, aux phénomènes étranges et menaçants de l’environnement terrestre, y compris lors de l’avènement de la civilisation grecque, il y a plus de trois millénaires. Le rattachement d’un dieu à un phénomène naturel était le fait aussi bien des Babyloniens, des égyptiens que des grecs. Pour ces derniers, le récit mythologique d’Homère, dans l’Iliade et l’Odyssée, constitue la plus grande œuvre écrite reproduisant l’épopée humaine et sa relation avec les dieux.

La véritable histoire de la philosophie a commencé dans la Grèce antique lorsque les présocratiques ont voulu expliquer le monde par l’observation des phénomènes naturels de leur environnement, s’éloignant ainsi des récits mythologiques homériques. Le vent, la foudre, les secousses telluriques, la floraison ou le feu n’étaient plus des manifestations justifiées par l’existence des dieux mais des réalités dont on pouvait tenter une description et en donner un sens. Les explications des présocratiques nous sembleraient aujourd’hui farfelues, elles relèvent pourtant d’une immense capacité à prolonger l’observation de conjectures descriptives faisant de ces savants des hommes remarquables pour une époque sans télescope ni Smartphone.

Socrate a introduit l’homme et ses réflexions au centre des préoccupations humaines et la philosophie est ainsi née. Mais l’explication divine n’avait pas dit son dernier mot et nous savons la propagation des religions monothéistes qui allaient envahir la pensée humaine dans son explication des origines et des phénomènes de son environnement.

Le combat entre la science et les croyances, le plus souvent obscurantistes, a été pavé de millions de morts. L’obscurantisme a subi un premier grand échec lors de la révolution copernicienne. En plaçant le soleil au centre du système et non plus la planète où nous vivons, Copernic a bouleversé la pensée du monde et Galilée, au prix de sa vie, le prouvera par son observation. Nous savons ce qu’il lui en a coûté car ceux qui veulent éclairer le monde des découvertes de la science se heurtent à la terrible sanction de ceux qui veulent nous abrutir et nous dominer. Aujourd’hui, plus personne ne nie l’évidence de la structure du système solaire mais d’autres combats sont éternellement à refaire.

Rosetta et Philae vont nous permettre de faire un pas supplémentaire dans la connaissance de nous-mêmes en pénétrant un peu plus le mystère des comètes qui sont les vestiges d’un système solaire naissant. Rien ni personne ne peut entraver la marche inexorable de la science. Si d’autres recherchent le sens de la vie par des explications extrascientifiques, libres à eux de le faire. Rosetta est un outil supplémentaire dans la quête des lumières par le raisonnement, la démarche scientifique et son aboutissement technologique.

Nous savons par ailleurs que notre étoile, le Soleil, s’éteindra dans environ cinq milliards d’années par épuisement de son carburant énergétique. La quête de l’espace est donc également celle de la destinée de peuplement de l’humanité. Cette perspective est lointaine mais elle donne du sens à notre existence. L’humanité est vouée à coloniser l’espace car c’est son propre berceau naturel qu’elle rejoint.

Dans l’exploration spatiale, le choix des noms n’est pas neutre. Philae signifie «celui qui aime» et Rosetta tient son nom de la pierre Rosette qui permit à Champollion de décrypter le langage d’une des civilisations les plus brillantes du passé. La double symbolique est ainsi posée entre la curiosité intellectuelle de l’homme et le lien entre son présent et sa connaissance des civilisations anciennes. Le voyage vers une comète représente tout le sens de l’évolution des civilisations qui ne peut s’établir si le futur ne sert de continuum au passé.

On a coutume de dire qu’un scientifique passe sa vie à vouloir détruire les hypothèses de ses petits camarades. Par cette boutade, on veut exprimer la force de la science qui ne se satisfait pas de certitudes mais de recherches et de raisons. Ce combat perpétuel entre les chercheurs a cette grande vertu qu’il n’assassine que des théories, pas des êtres humains. Les millions de morts que nous devons aux certitudes et à l’obscurantisme ne suffiront donc jamais à ceux qui n’ont d’ambition que de camoufler leur médiocrité ou de satisfaire leur appétit féroce de dominer les autres lorsqu’ils n’ont pas pu le faire avec leur intelligence et leur contribution à faire avancer l’humanité.

En attendant, les milliards dépensés dans le voyage extraordinaire de Rosetta sont des plus légitimes car c’est notre raison d’être de toujours avoir l’esprit libre de sa curiosité pour qu’aucune vérité ne s’impose sans qu’elle soit immédiatement remise en cause par la méthode scientifique et la raison.

Libre à chacun de croire en ce qu’il veut. Moi, je crois en l’homme et en son exceptionnelle capacité de se nourrir de doutes permanents qui le fait avancer dans le progrès humain, scientifique, social et intellectuel. Rosetta et Philae sont nos espoirs, pas nos certitudes.

Sid Lakhdar Boumédiene

Enseignant

Rédaction
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21 commentaires

  1. Justement, le problème est là ! Le doute permanent !

    Jésus répondit à un pèlerin qui lui dit : Seigneur, je vous cherchais : tu ne m’aurais pas cherché si tu ne m’avais pas déjà trouvé. Les gens veulent des certitudes. Le doute, lui, est inhérent à toute recherche, je parle du doute scientifique, bien entendu.

    Si tout le monde prenait le temps de douter il buguerait leurs certitudes et partant , aucune certitude n’a entamé la foi des croyants. La découverte de l’héliocentrisme n’a rien bouleversé en matière de foi et la fraction de seconde qu’a duré le bigbang n’a pas remis en cause la création du monde en sept jours.
    Et même si Philae découvrait de l’eau du saucisson et du vin, cela n’ébranlera en rien la foi des gens. Ceux qui croient resteront inébranlablement rivés à leurs certitudes pour ne pas dissoner et péter les plombs. Aucune découverte ne serait remettre en cause leur foi.

    Quant à ceux que le doute accompagne dans toutes leurs interrogations ils continueront après chaque réponse attendue à se poser de nouvelles questions.

    Philae n’est pas à la recherche d’une planque, pour l’instant, mais de nos origines.

    En attendant je prie pour que cette sonde découvre un tire-bouchon ou un décapsuleur et un mégot de Havane sur cette comète.

    Cela , non de Dieu, prouvera que Bacchus existe ! Ou que Dieu comme disait Gainsbar, est un buveur de bière et de vin qui fume des Havane .

  2. "Moi, je crois en l’homme et en son exceptionnelle capacité de se nourrir de doutes permanents…"
    Moi aussi je crois dans le doute permanent.

  3. Les Européens ont oubliés quelques choses de très importants, ils auraient dû prévoir une cabine pour envoyer les dirigeants de l'Arabie Saoudite et du Qatar dans l'espace pour chercher leur jardin du paradis et peut-être y rencontrer les Saints et les prophètes de toutes les nationalités.

  4. Bonjour,

    Je vous lis toujours en bas de mes articles et je trouve cela dommage. Vous semblez avoir goût à la poesie, à la dérison, à l'ésotérisme, à l'humour, à l'histoire, à l'analyse politique et à bien des choses dont je ne comprends pas tout, probablement par incompétence.
    Pourquoi tant de talent qui est toujours en-dessous des articles, dans leur commentaire et non dans leur rédaction ?
    J'attends que votre nom soit au-dessus, dans l'exercice d'une réflexion écrite, vous y seriez certainement à votre véritable place.
    Au plaisir de vous lire,

    Très amicalement

  5. les choses ne sont pas toujours antagonistes !!!

    La science permet de comprendre le monde avec les connaissances du moment … avec le temps qui passe, ces connaissances changent, s'améliorent, se perfectionnent et sont parfois même contredites par de nouvelles découvertes !!! En fait, la science ne prédit pas la vérité du monde vécu mais permet de comprendre son mode de fonctionnement !!! c'est la raison pour laquelle cette science fait appel à des "modèles" et à des "théories" qui peuvent s'avérer corrects dans certains cas et incorrects dans d'autres !!! A l'exemple, du mystère de la présence de la vie sur terre et pas ailleurs !!! du mystère de la création d'un univers aussi gigantestque !!! du mystère du début du temps !!!

    La croyance est une affaire de conviction personelle … certains croient toujours que la terre est plate, d'autres à l'existence d'extra-terrestres et des OVNI !!! d'autres qu'Elvis n'est pasmort !!! d'autres que la vie n'a jamais existé et que c'est juste notre cerveau qui nous joue des tours !!!
    il n'ya rien de scientifque dans ces pensées !!!

  6. Bel article, merci.

    Rajoutons-en un peu de poivre et sel.

    "… Nous savons par ailleurs que notre étoile, le Soleil, s’éteindra dans environ cinq milliards d’années par épuisement de son carburant énergétique. La quête de l’espace est donc également celle de la destinée de peuplement de l’humanité. Cette perspective est lointaine mais elle donne du sens à notre existence…"

    J'aimerais preciser que le delais n'est pas de 5 milliards d'anne'es. quelque chose comme l'esperance de vie qui peut bien etre de 90 ans en 2015, sans pour autant etre une certitude. En Orient moyen, c'est vraiment aleatoire, due aux balles, obus ou drones, c.a.d. les causes perdues. Ailleurs, le dangers le danger est plus du cote' des maladies.

    Bref, cette esperance-de-vie, de l'Humanite' donc, est plus sujette a la fragilite' des Humains qu'a un systeme auto-regle', dont il ne suffit que decoder le fonctionnement pour re-orienter sa mission (en direction de nos ombitions). La question pertinante alors est plus est "ou est le le noeud le plus faible, qui ferait chambourler toute la baraque ?

    Par example, on sait qu'un petit rapprochement ou eloignement de l'orbite terrestre, causerait l'extinction d'especes entieres, particulierement la plus fragile et dependante de toute – les Zumains – Pas tous biensur, mais ceux qui aiment ronger le bois, et d'entre-eux les branches qui portent leurs nids.

    Pour rajouter a votre nouvelle, 2 autres, ici-meme, sur terre.

    1. Un jeune chercheur Australien, vient de finir un documentaire sur une recherche qu'il a mene'e depuis 20 ans – documentant ainsi l'existence de culture transmissible mais qui evolue, chez d'autres especes. Nos cousins les chimponze's et meme des oiseaux. Les corbeaux Australiens fabriquent des instruments, c.a.d. des bouts de batons avec des crochets, et meme des lames et scies, dont ils se servent pour trouer dans les troncs d'arbres et du sol et y pecher des vers-de-terre, c.a.d. de la protein.

    2. Jusque-la, on pensait que la reproduction entre especes etait impossible, c.a.d. qu'un Saoudien avec une chamelle, ne tiendrait jamais. Il semblerait que non. L'evidence/traces physiques qui prouvent l'acouplement entre Neanderthals Europeens et moyen-orientaux aura ete' trouve'e au en Galile'e, c.a.d. en Palestine pour certains et Israel pour d'autres – ou plus justement "hors-Afrique" pour les zumains.

    3. Durant l'exercise de retracage du parcours personnel de certains Americains, moyen l'Analyse ADN, une compagnie Americaine specialise'e en la matiere (sequencer les genes), on tombe sur une femme d'un type de gene (MTDNA) completement different de ce qui est jusque-la connu. Cette sequence renvoit son heritage a plus d'un million d'anne'es avant la sequence la plus connue aux Humains. C.a.d. qu'elle appartiendrait a une autre espece, ou plutot, que des genes d'une autre espece (pre-humaine). En d'autres termes les genes d'une autre espece. Geographiquement parlant, cette Madame (merveilleuse faut-il le noter) sont tracable au Cameroune.

    Mieux encore, les soupsons sont que tandis des liens avec d'autres mamipheres, generalement elegants et intelligeants, peuvent specule's pour les Africains, il en serait autre-chose pour beaucoup d'autres, genre des ours bruts, des Lezards, etc. Alors, conseil. La prochaine-fois que vous vous retrouvez dans le Metro, analysez les formes de la boite cranienne, la longueur du cou, etc. On ne sait jamais, a cote' de qui vous etes assied – ou pire, a qui remettez-vous vos enfants tous les matins, en les deposant a l'ecole?

  7. « Le jour où l'homme saura que Dieu est l'homme et que le diable est aussi l'homme, alors l'homme aura tout compris ! »

  8. Avez-vous réellement lu l'article ? Ce que je dis est exactement la même chose que votre propos, sauf que je n'ai pas la même conclusion. Ou alors, très légèrement différente.

    C'est déjà assez difficile lorsque nous ne sommes pas d'accord (mais légitime), évitons la contradiction lorsque nous le sommes.

    Très amicalement

  9. Bonjour,

    Je vous remercie pour votre message. Les choses ne sont vraiment pas antagonistes, vous avez tout à fait raison. Et ce n'est pas celui qui prône une ouverture d'esprit qui le nierait. Mon analyse, bien que différente, serait en première ligne si les croyants venaient à subir un ostracisme quelconque. Il ne me semble pas que la tendance soit, à l'heure actuelle, de ce côté.

    Bien entendu que celui qui revendique l'esprit critique libre doit impérativement accepter et encourager celui qui croit en une autre vérité que lui (je n'aime pas ce mot mais je n'en trouve pas d'autres). C'est une chose entendue et il n'y a pas à y revenir car, dans ce cas, il se comporterait exactement comme ceux qu'il combat.

    En revanche, une "pensée" n'est jamais scientifique, ce serait horrible pour la pensée humaine qu'elle le soit. D'autre part, ceux qui croient en autre chose n'ont vraiment jamais été sur le terrain scientifique, c'est le moins que l'on puisse dire. Cela se saurait s'ils en avaient la preuve matérielle.
    Enfin, ce n'est pas dans cette tribune que vous trouverez des développements scientifiques, il y a des revues pour cela. Nous avons tous publié dans les disciplines nous concernant (je parle des profs). C'est un exercice différent de notre "pensée" intime et c'est heureusement différent.

    Très amicalement

  10. Pour rajouter un tout petit complément. Une partie de votre commentaire sur la fragilité des théories est exactement le propos de mon article si l'on considère l'histoire. Je pense que votre sentiment heurté a répondu aussi à des considérations dont nous partageons pourtant l'analyse. Il suffit de relire l'article, j'ai clairement appuyé votre point de vue. C'est même tout le sens de l'article, je l'ai certainement raté.

    Mais tant pis pour moi, lorsqu'on se risque à aller sur ce terrain, même si ce n'est pas le but de heurter, la réaction est toujours la même. Je la subis depuis cinquante ans, je n'y prête plus attention et vous prie de croire en ma sympathie..

    Très amicalement (vraiment)

  11. La réponse "avez-vous réellement mon article" ne s'adresse pas à vous, c'est une erreur de destinataire.

  12. Merci pour votre commentaires et vos précisions.

    En matière purement scientifique, vous pourriez effectivement m'apprendre beaucoup de choses, oh que oui, merci de l'avoir fait. Mais mon propos était général sur ce point car ce n'était pas le but premier de l'article.

    Très amicalement

  13. Une petite bouffée d’oxygène pur de temps à autre nous fait un bien extraordinaire.

  14. Quand Saint-Exupéry écrivit le petit prince pour nous parler de l’espace il emprunta le chemin des écoliers. Il vendit plus de livres qu’Huber Reeves et tous les astrophysiciens réunis.

    Si je n'avais pas gaspillé toutes mes prétentions dès mon jeune âge, j'aurais osé, maintenant que je suis vieux, vous dire que je ne suis venu que pour apporter un supplément d'âme à vos propos qui n'en manquaient guère .

    Il ne s’agit pas d’éblouir ou de convaincre cher camarade ! Ou d’étaler un brin de sa préciosité ici pour épater ou pour forcer à l’exégèse. Je ne mourrais donc ni du désespoir de ne pas être connu ni du ridicule de ne pas être compris. Je n’écris quasiment jamais quand je ne suis pas en colère et j’aime lire les commentaires plus que les articles, à vrai dire. Ce que j’aime en eux c’est que le plus souvent ils sont sincères et brut de décoffrages. J’aime les commentaires parce que ce sont surtout des impressions, au sens des artistes. Soleil levant quoi ! La majorité de ceux qui écrivent ici ont de sacrés bagages. Enfin, quand je parle de bagages… Vous me comprenez : ce n’est pas d’érudition qu’il s’agit, seulement. Il s’agit de réactions à chaud qui ne partent pas du cerveau rationnel , ou de ce qu’il en reste: tout me vient de mon cerveau émotionnel.

    Vous voyez, donc camarade, je sais que j’ai raté l’occasion de ne pas faire chier mon monde ! Pardonnez donc mes intrusions.

    Et comme je n’ai pas été capable de mettre ne serait-ce qu’une once d’élégance dans mes propos désespérés, car, putain et non de dieu, je n’ai pas réussi à transcender la mouise ni à me décarcasser de ma rancœur et de ma rage , et sachant que vous connaissez le scorpion de l’histoire, sa nature et ses piques, laissez-moi vous rappelez ses mots de jean Amrouche : "je fais quasiment tout en français, sauf pleurer ; je ne sais le faire qu’en kabyle".

    Et pour vous témoigner un peu d’affection dans ce monde de brutes et me faire pardonner mon intrusion, recevez ces mots de Brel :

    Avec Elégance :

    Se sentir quelque peu romain
    Mais au temps de la décadence
    Gratter sa mémoire í deux mains
    Ne plus parler qu'í son silence
    Et
    Ne plus vouloir se faire aimer
    Pour cause de trop peu d'importance
    Etre désespéré
    Mais avec élégance

    Sentir la pente plus glissante
    Qu'au temps où le corps étais mince
    Lire dans les yeus de ravissantes
    Que cinquante ans c'est la province
    Et
    Brûler sa jeunesse mourante
    Mais faire celui qui s'en dispense
    Etre désespéré
    Mais avec élégance

    Sortir pour traverser des bars
    Où l'on est chaque fois le plus vieux
    Y éclabousser de pourboires
    Quelques barmans silencieux
    Et
    Grignoter des banalités
    Avec des vieilles en puissance
    Etre désespéré
    Mais avec élégance

    Savoir qu'on a toujours eu peur
    Savoir son poids de lâcheté
    Pouvoir se passer de bonheur
    Savoir ne plus se pardonner
    Et
    N'avoir plus grand chose á rêver
    Mais écouter son coeur qui danse
    Etre désespéré
    Mais avec espérance

  15. Si on avait dépensé un quart de tout l'argent "gaspillé" par la NASA et l'ESA dans certains projets spatiaux pour la préservation de la nature, de sa biodiversité et de ses animaux, notre planète se porterait beacoup mieux et …. l'être humain aussi !!! car jusqu'à l'instant rien ne présage de la possbilité de trouver une autre planéte de "rechange" vivable avant que notre planéte terre ne rende l'âme !!! … et il ne lui reste pas beaucoup de temps (en durée de vie de planétes) !!!

    Selon le grand Physicien R. Feynman (membre de la comission d'enquête sur l'explosion de la navette Challenger, 1986), une partie de ces projets spatiaux sont juste de l'argent jeté par la fenêtre !!! Le perfectionnement des équipements de laboratoires sur terre a atteint un tel niveau que toutes les expériences réalisées sur orbite et coutant des budgets faramineux sont reproductibles sur terre et avec des couts très réduits !!!

  16. Des scientifiques , des savants au sens propre du terme , qui ne se nourrissent pas de fausses illusions ni de slogans creux tel : El 3iolmou noor . Des gens qui savent qu'il est illusoire de chercher ailleurs que ce que la science peut donner et prouver.Les lois de la nature qui nous échappent ou qu'on a pas réussi à établir ne sont pas forcément du domaine des secrets de Dieu comme veulent nous embobiner les obscurantistes pour couper court à l'intelligence humaine, au déterminisme et au rationnalisme de l'homme.Les obscurantistes cherchent des raccourcis , des échappatoires , des exutoires qui leur permettent de se soumettre à un Dieu unique , omnipotent et omniscient qui décide de tout et qui fait tout à leur place , ôtant ainsi à l'homme toute sa perspicacité , son imagination et son esprit de conquête pour comprendre et transformer ce monde ce monde .

  17. Et pourtant il va falloir que vous y mettiez du votre pour canaliser toutes ces pensées qui vont dans tous les sens. Elles seraient d'autant plus mises en valeur si vous leur enleviez cette rage qui éparpille le propos et lui enlève toute cohérence qui, pourtant, se ressent dans l'esprit.

    Vous avez une formation dont je reconnais la génération. Il est dommage que vous ne la domptiez pas par un propos plus tenu. Sa valeur apparaîtrait alors davantage. Je suis sûr que vous y arrivez lorsque vous enlevez ce masque.

    Très amicalement

  18. C'est tout à fait exact. Il n'y a rien à rajouter à votre propos.

    Très amicalement

  19. Oui c'est un point de vue très ancien et légitime. Je ne le partage pas du tout mais il se tient et se comprend.

    Je pense que les deux vont ensemble. Ce genre de projet donne du sens aux choses et, surtout, permet de dépasser les limites de ses rêves tout autant qu'ils font avancer les technologies. Qui, elles, servent directement votre attente plus concrète et immédiate au profit de la planète.

    Vous me rajeunissez car, au lycée, il y a bien longtemps, deux clans s'opposaient (amicalement) à propos du programme Apollo. Certains partageaient déjà votre point de vue, moi j'étais dans l'autre camp.

    Tout cela est sain

    Très amicalement

  20. La science est diverses, il ne faut pas oublier que ces gens ne sont rien d'autres que des salariés et sous les ordres, faut-il rappeler qu'Einstein avait fourni toutes informations sur ses découvertes sur le nucléaire à la Russie, pour éviter qu'une seule nation puissent imposer son diktat à la planète, mais finalement, lorsque on se donne la peine de faire des écoles de qualités et qui investissent dans le recherche scientifique parviennent sans l'aide Monsieur Einstein à fabriquer la bombe atomique.

    Les programmes de recherches de l'espace, qu'il soit civiles où militaires dériveront sur le militaire, la preuve sont les bombardements avec des drones, ont tue des innocents au Pakistan et en Afghanistan, des femmes et des enfants, et l'assassin est assis sur sa chaise en Amérique dans un bureau tout confort, il ne risque pas d'être poursuivi pour crime contre l'humanité.

    La destruction de la planète par les produits chimiques et la nourriture fabriquée à partir des produits chimique qu'ils nous font ingurgiter les grandes surfaces et consorts, avec l'accord voir même orchestrer par les gouvernements, qui génèrent les maladies les plus diverses et qui tuent des millions de personnes, jamais les responsables ne seront poursuivis pour leurs crimes et leurs méfaits provoqués par les produits chimiques.

    La science Hypocrites des religieux qui depuis la nuit des temps faisaient massacrées des innocents, violés des millions de femmes, assassinée des millions d'enfants, et qui continue de nos jours en tuent au nom de dieu, que jamais personne n'a rencontré, rien que pour atteindre le sommet et gouverner par la violence.

    L'être humain est une bête, plus bête que les bêtes elles mêmes, la nature et faite par la violence elle finira par la violence, l'être dans sa folie des grandeurs finira par s'auto-détruire pour la richesse qu'il n'emportera pas avec lui, il le sait, mais cela ne l'empêche de continuer dans sa folie meurtrière, jusqu'à son extinction sur la planète terre.

  21. Je vous avais pourtant dit que je n’écris que sous l’effet de la colère, je n’ai jamais écrit autrement. Vous, vous voulez me faire dompter ma rage, canaliser mes fureurs, pour avoir droit au chapitre, comme si j’attendais au portillon ou candidat au gotha des sachants. Si mon psy vous entendez il vous ferait un procès : lui qui ne cesse de me dire : vas-y, lâche toi, ne réprime aucun sentiment, balance tout comme ça vient surtout n’essaye pas de recomposer ou d’interpréter.

    Et pourtant, n’est ce pas vous qui écriviez en réponse à un commentateur (khelaf hellal) , qui n’a pas manqué de vous faire remarquer non quelque prétention que ce soit mais ce qui transparaissait de votre article ou qu’il a cru comprendre en vous lisant seulement : « La signature "enseignant" rajoute peut-être au sentiment de la leçon prétentieuse, c'est ce que j'ai un peu ressenti dans votre propos. Mais que voulez-vous que je signe ? Je ne suis ni plombier ni banquier. »

    Et c’est encore vous qui écriviez en réponse à un tacle mignon : « Enfin, ce n'est pas dans cette tribune que vous trouverez des développements scientifiques….. »

    Même si personne n’a essayé de vous attraper par là, ce que vous ne vous interdisez pas à l’égard des autres.

    Cela aurait pu vous faire comprendre pourquoi la majorité des commentateurs font fi du style ou même de la pertinence dans leurs propos et se lâche allégrement. Ils ont l’avantage du pseudo qui ne les obligent ni à affiner leur texte ni à respecter une quelconque grille d’écriture.

    On vous dit que nous n’avions aucune prétention à n’analyse et que nous ne faisions que verser des sentiments. Voudriez-vous leur enlever toute leur sincérité par souci d’élaboration ?

    Mais pour ce qui me concerne, vous avez raison : beaucoup me trouve confus, diffus, parfois infus bien que je sois, quelque part, pour certains seulement, disponible à la cooptation. Si seulement je m’arrangeais un peu, évidement.

    Mais, à mon âge, on ne se refait pas, Monsieur, on ne se refait pas !

    Bien affectueusement.

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