Gaïd Salah : "Au nom de l’armée" ou "pour piéger l’armée" ?

En Algérie, l’armée est censée avoir quitté l’arène partisane aux lendemains des évènements d’Octobre 1988. Ce retrait a été formalisé par une prise de distance publique avec le comité central du FLN. Théoriquement, de nombreux éléments sont censés avoir consolidé cette prise de distance et pas seulement la lettre et l’esprit des textes « constitutionnels ».

Citons en premier lieu les errements Sant’Egidiots du FLN. Enième trahison des idéaux que cet appareil fanfaronne depuis le CNRA de Tripoli avoir en legs et en héritage. Ce parti a manqué, de façon criarde, au front intérieur qui a fait face à la déferlante islamiste. Alors que l’armée défendait les institutions algériennes face à l’Etat islamique du FIS, le FLN complotait avec la sédition antinationale. C’est à ce moment que «l’Etat profond» fomente le RND, variante de parti-Etat bricolée dans les arcanes de la bureaucratie rentière, comme parade stratégique à un face à face insoutenable avec Ettahadi-Tafat, le RCD et la résistance citoyenne armée à l’islamisme.

En second lieu, nous pouvons relever les interminables louanges d’un processus de «professionnalisation» de l’armée. En toute logique, cette «professionnalisation», si elle est assumée jusqu’au bout, ne peut être qu’une rupture avec la partielle tradition populaire qui a marqué l’institution militaire. En se «professionnalisant» l’armée est amenée à rompre simultanément avec l’héritage révolutionnaire des wilayas historiques et celui de l’élan de la résistance populaire à l’islamisme. Recentrée sur les métiers et les missions militaires, l’armée n’a plus la possibilité de se concevoir comme l’émanation d’une tradition rebelle. D’ailleurs, ce processus s’est tout naturellement traduit par un très large recul de la conscription. Il se manifeste aussi dans un souci constant, grandissant et discret, de coopération avec les forces militaires agissantes en Méditerranée, Otan en tête.

Pour professionnelle qu’on nous la présente, l’armée algérienne a pourtant du mal à assoir son leadership dans sa région naturelle d’influence. En plus de «l’in-opérabilité» du CEMOC, elle enregistre des revers dans sa profondeur sahélienne et se retrouve en position d’appui logistique de fait aux opérations extérieurs françaises, Serval et Barkhane.

L’autre conséquence censée encenser cette «professionnalisation» est identifiée dans les velléités bruyantes de limitation des missions politiques des services de sécurité de l’armée. Pourtant ce dessaisissement du DRS ne donne pas la moindre garantie de constituer une liquidation totale de toute police politique en Algérie.

Et pourtant, aux lendemains d’un congrès préfabriqué du FLN, son dixième du genre, un homme prend sa plume pour rédiger une missive d’implication partisane de l’armée dans les luttes de succession à la tête d’un Etat patrimonial. A défaut d’apporter des lectures étayées par des éléments d’information crédibles, il est tout au moins possible de poser d’incontournables questionnements : Pourquoi un tel geste d’arrogance ? Ou, en vérité, n’est-il qu’un fol acte de désespoir ? Cette missive est-elle faite, comme les formes le suggèrent, au nom du commandement de l’armée ? Ou bien, au contraire, le but est justement d’enfermer ce commandement dans des choix qui lui sont étrangers ? Faut-il ou pas considérer comme fortuit la survenue de ces recompositions à la veille d’une surprenante visite présidentielle française ?…. Tant de questions qui ne peuvent trouver de réponses dans l’immédiat. Mais qui méritent une réflexion collective et attentive.

Mohand Bakir

Renvois

1- Bouteflika assume et revendique cette orientation, se souvenir de son fameux « M Hattab », de ses regrets de n’avoir pas l’âge de rejoindre les maquis de Tala Acha et H’tatba ; sans oublier son cris de ralliement lancé contre les généraux : « Aidez-moi contre eux ».

2- Tonitruantes déclarations de Saâdani.

3- Certaines tournures de phrases le suggèrent.

8 commentaires

  1. C'est ce que j'appele du N'IMPORTE QUOI !

    C'est vous qui donnez une lecture, qui ne vous reguarde pas, pour autant dire. C'est de la manipulation, c.a.d. comptant sur des ZIGOMARS, pour fire une jonction entre l'appartenance d'un bonhomme et ses fonctions, qui n'ont rien a voir l'une avec l'autre…

    Vous et toute la presse mickey delivrez un non-evenement, en une intimidation. ils savent a qui ils ont affaire, et franchement, ils n'ont pas tort ! Car ce vieux frog a aussi un pied labas…

  2. Une tempête dans un verre d'eau.

    La grande muette a toujours soutenu le FLN (parti toujours au pouvoir) et façonne la vie politique depuis l'indépendance, la seule différence c'est : que cette fois ci ce soutien l'a exhibé pour la première fois dans la place publique.

    Le FLN c'est le parti de l'ANP (anciennement ALN), qui est historiquement le bras armé du FLN, deux choses inséparables. Le jour où le FLN sera rendu au peuple et placé au musée de l'histoire, l'armée ce jour là sera peut être neutre??.

    Donc rien d'étonnant.

  3. ‘’Alors qu’il est attendu de toutes les forces du pays qu’elles fassent bloc autour de la préservation des intérêts suprêmes de la Nation, il est des voix qui, partant d’intérêts étroits et mues par la volonté de s’adonner à des règlements de comptes personnels, se sont élevées pour appeler publiquement l’ANP à violer la Constitution et la Loi afin qu’elles puissent mettre à exécution les complots fomentés contre l’Algérie et son peuple’’

    La succession d’événements dans tout environnement chaotique, particulièrement chez nous, ne peut résulter de la seule volonté des protagonistes du Chaos –qui ne sont que pantins pris dans le piège des fils qui les animent-, elle obéît, au point où nous en sommes, à la réactivité instantanée de cette structure anatomique la plus ancienne de notre cerveau qu’est le reptilien et son corollaire, la peur.

    La sensation du vertige, pour certains, se fait de plus en plus dense et intense.

    Deux scénarios se disputent une probable situation à venir :

    1- Effondrement soudain du régime en place avec l’enchaînement de cette période trouble de règlements de comptes tous azimuts, inhérente à cette circonstance.

    2- Prise de conscience salutaire, dans un même élan, de tous ceux et celles qui souhaitent, veulent un changement pour l’intérêt suprême de notre Patrie et de son Peuple.

    Il n’y a plus aucune place pour un troisième scénario. ck

  4. La sortie de Gaid Salah sonne comme un désaveu. Il est possible qu'il ne soit pas d'accord quant à la personne pressentie à la succession à Bouteflika. Pour lui un loup est peut être dans la bergerie…

  5. Jouer aux innocents c'est vouloir accréditer l'idée que l'Algérie a était à une certains moment de son histoire une démocratie depuis qu'elle est devenue indépendante en 1962.

    Or, toute personne non hypocrites hormis celles qui dans leurs fonction ont occupées des fonctions aux des administrations de l'état, que nous savons sont impliquées dans l'état catastrophique dans lequel se trouve notre pays.

    L'armée Algérienne a toujours nommer les présidents de ce pays, elle les faits et elle les défait à son grée, comme cela lui plait, pourvu que l'homme qu'elle nomme la serve en priorité c'est connue.

    J'ai rien contre l'armée, dans la mesure où il faut une armée, la police, la gendarmerie, et toute la composante administrative comme dans tout les pays du monde.

    Mais chez nous, depuis l'arrivée de ce président et de sa mafia des affaires, l'Algérie n'est plus un pays comme les autres avec ses gestions heureuses et malheureuses, Avant notre pays servait la France et les pays autres pays occidentaux depuis 1962.

    Depuis l'arrivée des mafieux et de leur président actuel, l'Algérie elle est devenue la putain de la France de ses amis autres pays occidentaux.

    Tant que les Algériens ne bougeront pas, les beaux jours des hommes comme Gaïd Salah et ses amis vont continuer, un pays est sensé appartenir à son peuple, c'est à dire c'est le peuple fait le pays, chez nous c'est le peuple qui appartient à son pays, c'est à dire la richesse de son sol fait que le peuple est devenu serviteur du pays, ce dont profite les mafieux, ils jettent les miettes au petit peuple, les mafieux continuent à gaver leurs maitres occidentaux.

    Alors, s'il vous plait, laisser l'innocence de côté et taisons nous, ne nous ridiculisons pas davantage.

  6. on a écrit beaucoup sur cette lettre ,maintenant plusieurs options sont sur la table ,on ne peut pas encore prononcer un jugement definitive mais il est dejà clair et net que Gaid fait de la politique partisane au nom de l'armée;C'est anticonstitutionnel.

  7. Mohand Bakir n'est pas comme vous pensez :c'est plutot votre commentaire qui est du n'importe quoi..Vous etes trop vague vous n'expliquez pas vos raisonnements:quand on critique on doit
    exposer clairement les desaccords.Sinon ça parait personnel..

    La critique est aisée ,l'art est difficile

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