Kamel Daoud a-t-il été dupé par Albert Camus ?
C’est l’histoire
D’un vieux garçon collé aux jupons d’une mère qui se meut dans un silence meurtri. Il nous raconte, dans l’ordre et le désordre, dans le brouhaha d’un bar où rôdent un ou plusieurs fantômes, sa vie d’homme « sous-aimé », ou mal-aimé, castré de cœur et de tendresse, malmené, manipulé…, jusqu’à tuer, non pas pour venger son frère, mais pour exaucer le vœu exhumé de sa propre mère : « M’ma ! » « la Ouma ? ».
Du talent
De Kamel Daoud qui se situe de toute évidence dans un éternel recommencement. A chaque page, il vous donne l’impression de relire à voix-off « L’étranger » de Camus pour la nième fois, disons vingt-cinq, et à chaque fois vous butez avec lui sur la même scène, la même ligne, le même mot, et vous reprenez la lecture depuis le début, et ainsi de suite, pour qu’en fin de compte, vous ne finissez jamais l’histoire jusqu’au bout, et vous arrivez malgré tout à une certitude : Meursault a bel et bien tué un arabe innocent.
C’est machiavélique, frustrant mais réussi. C’est ce qu’on appelle faire tourner le lecteur en boucle, en débitant la même chanson du Français qui tue l’Arabe, tout en tournant l’absurde en bourrique.

Albert Camus
De Camus
Qui a réussi à planter au cœur de son histoire un plot, –– inévitable et visible d’aussi loin, que vous soyez à Alger, à Paris ou ailleurs, d’avant ou d’après-guerre —, en y accrochant un fanion où est inscrit à jamais ceci : « un Français a tué un Arabe. »
Cette focalisation volontaire, matérialisée par un meurtre, aurait pu être « l’issue normale et tragique» d’une histoire quelconque. Car en cette période de «chaleur» et « d’éblouissement visuel », un « Français » ne pouvait tuer qu’un « Arabe », et vice versa.
Or Camus n’a pas poussé l’absurde jusqu’au bout de l’absurde, évitant sans doute d’éveiller tout soupçon des prémices de la rébellion. Il aurait pu faire acquitter son personnage. N’est-ce pas ? Un Français qui tue un Arabe aurait pu être acquitté. Et c’est cela qui aurait pu inciter, non pas à la critique, comme celle qu’on entend redondant « Le soleil qui tue ! », mais à la révolte « Poussez l’autre et au plus vite de son beau soleil ! ».
Tandis qu’Albert Camus nous dit implicitement à travers son roman – si l’on ne s’arrête pas à son plot étendard, et si on va jusqu’au bout de son raisonnement –, il nous dit ceci : « Ne vous inquiétez pas mes chers amis, quoi qu’il arrive, la « justice » de ma mère est là. Les « Meursault(s) » peuvent tuer autant de « Moussa(s) » qu’il en faudra pour les éloigner du sable chaud, de la mer et surtout du « soleil », mais « ma » justice les jugera et les condamnera tous.
Est-ce alors le génie de Camus d’avoir après tout essayé de convaincre, que malgré la guerre absurde, l’injustice et l’aveuglement des uns et des autres, l’Algérie-française finirait par triompher, en résolvant une équation à deux inconnus ? Car « sa justice » serait la plus légitime, la plus forte, la plus ancrée !
Pourquoi alors la « justice » de Daoud n’a pas condamné l’arabe qui a soulagé sa mère en tuant un français ? Est-ce par nostalgie, instinctive ou raisonnée ? N’y a-t-il plus de justice dans ce pays «castré» par cette mère trop envahissante, trop superstitieuse, trop orientale, et qui a enfin peu d’affinité avec la raison ?
Et du reste
Qui dans ce cas comme dans l’autre, posons-nous cette question inévitable : Daoud a-t-il été dupé par Camus ? Moussa l’Arabe a-t-il été manipulé par Meursault le français au point de se donner un prénom qui commence par la même lettre ; le «M» de Marie l’attachante, de Meriem la mal aimante, de M’ma, de Maman, de Meursault, … La justice de l’Etranger serait-elle par-delà celle que décrit la contre-enquête ?
Et s’il était possible de priver le roman de Daoud du Meursault de Camus ! Aurait-il eu l’écho et l’aura qu’il connaît ? Serait-il davantage authentique et bienfaisant ?
À qui la faute ?
Il serait inutile de s’en prendre à l’imam et un peu moins à sa folie ; il n’y est pour «rien». Lui aussi rêve de tout ce dont on peut rêver quand on a encore des désirs (même enfouis), sauf qu’il patiente, longtemps, pour après la vie, et jouir un jour de la volupté du vin et du sein.
Il faudra alors creuser profondément cette relation qu’on peut qualifier sans trop se tromper d’«incestueuse», avec cette mère qui a castré, au vu et au su de tous, tout un peuple, en l’empêchant d’aimer la vie tout court… Un peuple sans langue ; sinon trois. Deux qui à force de s’entretuer ont fini par agoniser, et l’autre trop moderne à son goût parce qu’il se trouve archaïque. Pas de religion, sinon une, qui à force d’être laissée entre les mains du premier venu, elle est devenue le bastion de guerriers illuminés. Et puis pas d’Histoire, car ce peuple oublie vite et tout, il est amnésique, il dit toujours qu’il ne se souvient de rien. Vous imaginez un peuple sans langue, sans religion et sans Histoire ! Rien ! Même plus de tribus, juste des individus éparpillés entre les langues, les religions et les Histoires des autres.
Allez ! Que tous les vieux garçons castrés ou pas, et qui n’ont jamais osé dire « je déteste ma mère », et qui croient encore que leur maman est un être idéal qui peut satisfaire tous leurs besoin, que tous lisent ce roman*, et qu’ils soient plus « sauvages » envers cette mère, afin qu’ils puissent aimer la femme…
Ahcène Hédir
* »Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud




Je vais surprendre plus d un!Mais nous dans notre entourage familiale nous avons toujours entendu dire,est ce vrai ou faux?que le géniteur biologique de ALBERT CAMUS serait "un kabyle" ouvrier fermier " qui travaillait dans la ferme des SINTES à birkadem,famille de la maman de camus!
Y a til eu confusion avec René Georges Sintès naît de père SINTES de birkadem ,immigrés colons espagnoles originaire de Minorque, et de mère KABYLE , née à Molière dans la kabylie des BABORS 'Ouarsenis (aujourd'hui Bordj Bou Naama), élevée en tant qu'orpheline dans un couvent des Sœurs Blanches, où elle recevra une éducation catholique particulièrement rigoureuse?!!!!
En tout cas ,lorsqu on observe albert camus ,ce qui saute de prime abord aux yeux c est cette proximité physique et typique de notre ethnie KABYLE en OCCIDENT MEDITERRANEEN à DEUX PAS DE PALMA DE MAJORQUE ET D IBIZA( terme amazighokabyle désignant toujours cette île si proche)
En réalité Meursault n'a pas tué l'Arabe –d'ailleurs son cadavre n'a pas été retrouvé. Se sachant devoir quitter sous peu l'Algérie, Meursault l'a juste chargé d'une mission : veiller, en son absence, aux intérêts supérieurs de la "France historique" et prôner durablement le culte de l'amnésie. L'arme suprême à utiliser : hizb frança.Tout un roman, encore un autre, pour compléter la trilogie Daoudocamusienne.
Désolé pour les petites fautes d orthographe !rédiger ,vite fait ,sans relire,un message entre deux escales d avion pas facile!!!!
L’Etranger : le titre pourtant était suffisamment éloquent pour qu’on n’aille pas l’enfermer dans un une identité quelconque.
Et puis il y a encore cette identification récurrente de Camus à son personnage. Et pourtant si on essayait de ne prendre Camus que par là ou il a péché le plus 🙁 entre la justice et ma mère je choisirai ma mère) pour le comparer à son personnage, Meursault, une seule chose saute aux yeux, ils sont opposés. Meursault paraissait indifférent au sort des ses proches ou des "autres".
Nous rabâcher encore que L’Etranger est un livre sur l’Algérie c’est faire injure à la littérature. On veut nous faire croire que l’Etranger est l’histoire d’un français qui a tueR un arabe. Ou un essai sur l’injustice.
Si Camus dans des circonstances purement marginales a dit la phrase qui l’a définitivement condamné aux gémonies et d’une façon récurrente à chaque fois que notre refoulé et notre gène récessif d’ex-colonisés se réactivent c’est pour nous donner l’occasion de le clouer au pilori Alors qu’il reconnaissait lui-même que cette phrase n’était pas la meilleure qu’il ait prononcée.
Si Camus a dit : entre la justice et ma mère je choisi ma mère , Meursault, lui, s’enfichait et de la justice , et de sa mère.
Delà à faire dire à Camus : "Ne vous inquiétez pas mes chers amis, quoi qu’il arrive, la "justice" de ma mère est là. Les "Meursault(s)" peuvent tuer autant de "Moussa(s)" qu’il en faudra pour les éloigner du sable chaud, de la mer et surtout du "soleil", mais "ma" justice les jugera et les condamnera tous ».
Comme si Camus avait invité Daoud à lui saloper sa philosophie de l’absurde en écrivant l’Etranger pour qu’il réagisse. Maintenant l’Etranger est un roman épistolaire.
Eh ben, moi j’ai compris autre chose : Il ne s’agit pas de juger Meursault parce qu’il a tueR un Arabe ou parce qu’il n’assiste pas à l’enterrement de sa mère, Meursault ne pouvait pas s’arrêter à ce genre de conventions : le problème est ailleurs. Au delà du bien et du mal. L’absurde n’est pas dans le geste de Meursault ou dans la légèreté avec laquelle il prend la mort de sa mère. L’absurde est dans ce que le génie de Camus a réussi à provoquer chez ses lecteurs algériens. L’absurde n’est pas dans L’Etranger, pas encore. Car Camus n’en avait semé que quelques bribes dans son roman. L’absurde n’est même pas dans l’écriture : il est dans la lecture de l’Etranger.
On nous a dit que pour comprendre le roman de Daoud il fallait lire l’Etranger. Moi je pense que c’est le contraire : pour comprendre l’Etranger il fallait lire Meursault, contre-enquête, de Daoud.
. « Etranger à moi-même et à ce monde, armé pour tout secours d'une pensée qui se nie elle-même dès qu'elle affirme, quelle est cette condition où je ne puis avoir la paix qu'en refusant de savoir et de vivre, où l'appétit de conquête se heurte à des murs qui défient ses assauts ? » le mythe de Sisyphe.
La vérité est que pour comprendre l'Etranger il fallait lire "la chute".
Dans « la chute », de Camus, ya ahl lkoutoub , un ancien avocat déblatère de tout et de rien comme le personnage de K.Daoud : Haroun.
Un ancien avocat passe sur un pont, il voit une ombre penchée sur le parapet, il passe. Puis il entend un plouf dans l’eau. Il se retourne à peine puis continue son chemin sans chercher à la sauver ni avertir la police ou les pompiers. De cette femme qui se jette à l’eau on ne saura jamais rien. Pas de Kamel Daoud pour contre-enquêter . Kamel Daoud aurait pu inviter cette pauvre Dame pour charger le chwari à Camus. Ipitite que cette dame c’est Mes3ouda la sœur de Moussa le frère de Haroun le narrateur. Rien que pour montrer que Camus n’en était pas à son premier forfait.
Bon, c’était peut-être une sœur cachée !
L’avocat commence par se dénoncer au détour de ses divagations :
« Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. Au bout du pont, je pris les quais en direction de Saint-Michel, où je demeurais. J’avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j’entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d’un corps qui s’abat sur l’eau.» A. Camus – La chute.
Le juge qui raconte la scène, l’expédie au bout de quelques lignes :
Même s’il est conscient de son indifférence et de son manque de courage puis change de sujet. Puis il continue son plaidoyer et un réquisitoire sur son monde en zappant l’événement principal. Comme sil « la chute » : titre du roman concernait l’avocat et non la suicidaire. Comme dans l’Etranger. C’est là que le suicide et l’absurde s’entrechoque (le mythe de Sisyphe).
« Les hommes aussi sécrètent de l'inhumain. Dans certaines heures de lucidité, l'aspect mécanique de leurs gestes, leur pantomime privée de sens rend stupide tout ce qui les entoure. Un homme parle au téléphone derrière une cloison vitrée ; on ne l'entend pas, mais on voit sa mimique sans portée : on se demande pourquoi il vit. »( le mythe de Sisyphe)
Et pourtant en nous baladant à travers les élucubrations d’un avocat à la fois accusateur et conscient de sa culpabilité , on aurait cru qu’il faisait une éloge à l’indifférence. Que nenni.
L’avocat cynique à donf faisait, par son indifférence affichée, son propre procès.
Eh oui la chute, comme dans une mauvaise blague. Est-ce le plongeon de la suicidaire, la déchéance d’un avocat des pauvres déçu, aigri, et déshumanisé, ou tout simplement la chute du roman ?
« Alors, racontez-moi, je vous prie, ce qui vous est arrivé un soir sur les quais de la Seine et comment vous avez réussi à ne jamais risquer votre vie. Prononcez vous-même [170] les mots qui, depuis des années, n’ont cessé de retentir dans mes nuits, et que je dirai enfin par votre bouche : « O jeune fille, jette-toi enco-re dans l’eau pour que j’aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux ! » Une seconde fois, hein, quelle imprudence ! Supposez, cher maître, qu’on nous prenne au mot ? Il faudrait s’exécuter. Brr… ! » l’eau est si froide !( La chute).
Est-ce la chute qui a manqué à l’Etranger, pour kéni la gueule définitivement, a ses détracteurs ?
Franchement jissipas !
Dans l'équation camusienne justice/mère avec sa part d'inconnu, l'on refuse généralement d'admettre que Camus a d'abord reconnu l'injustice avant d'opter pour sa mère, ce que helàs beaucoup d'intellectuels français ou même d'algériens de tous bords n'ont daigné faire. De fait, la sentence de Camus comporte en elle-même la clé de son absolution.
Un éloge, ok!
Je vous cite : "Un peuple sans langue ; sinon trois. Deux qui à force de s’entretuer ont fini par agoniser,…" C'est un peu vite dit! Non!
Ensuite : "Et s’il était possible de priver le roman de Daoud du Meursault de Camus ! Aurait-il eu l’écho et l’aura qu’il connaît ? Serait-il davantage authentique et bienfaisant ?"
Question absurde autant que son inverse "Et s’il était possible de priver le roman de Camus du Moussa de Camus ! Aurait-il eu l’écho et l’aura qu’il connaît ? Serait-il davantage authentique et bienfaisant ?
au fait pas de Goncourt pour ce prochain roman, surtout pas d'illusions!
Aujourdhui ,l algérie algérienne n'est pas morte!
Malgré le relai colonial dévastateur de la francarabia,qu 'a passé Meursault à "l'arabe",planqué à oujda pour l'anéantir.
K.Daoud est un vrai révélateur que le savoir,l instruction,les valeurs civilisationnelles universelles,la prise de distance par rapport aux archaismes morbides imposés par un criminel parti de l'arabisme,HEZ EL ourouba,sont des concepts civilisationnels qui nous permettront de sortir de cet état de déliquescence effroyable dans lequel est maintenu ,sciemment,notre TRES GRAND PAYS ,l'algériealgerienne.
K.Daoud a beaucoup de mérite,lui qui a su échapper à l hydre diabolique de l islamoarabosalafiste, de s être instruit par lui même,autodidacte,en français;ce butin de guerre qui a permis à nos illustres aîné(e)s KatebY,Feraoun,Dib,Mameri,Imalayéne ,
Fadhma,Mimouni,Camus…de donner ses lettres de noblesse à notre génie algeroalgerien que ne cesse de vouloir moyenorientaliser contre nature,ce HIZ EL OUROUBA obscurantiste infamie moyenorientalo-wahabite de belhaj,madani,mezrag ,bougara,celui qui a changé son nom en aboujera pour faire plus arabe et moins algeroalgerien,l effronté belkhadem ,gorge profonde perso-wahabite et leurs semblables de cette nébuleuse asiate hidjazo-étrangére aux antipodes des valeurs humaines et civilisationnelles nord africaines amazighs en méditerranée occidentale ,insatiable dans la destruction de l identité originelle amazigh,parti dit HAZB OUROUBA qui a failli nous plonger dans la nuit morbide arabosalafiste,n'était le valeureux combat de notre armée dignement représentée par nos aînés Nezzar,Sassi A.malek,médienne,lamari,elmokh…..à qui l histoire, un jour ,rendra hommage .
K.Daoud est juste un enfant de cette algerie algerienne authentique,comme l'étaient ,chacun modestement guerouabi,khouya elbadji,amar ezzahi,hassan elhassani,chikh nordine,khlifi ahmed,sid ali kouiret,idir,ferhat,rouiched,sliman azem,cherif khedam,fadila djazairia,notre racée SALWA…!
Un peu plus de tous ces authentiques aîné(e)s de cette algerie algerienne et moins de ces suppots de la 5é colonne arabo-salafobaathiste,de "ces fréres dans le culte mahométan" , des ces partis immondes qui les autoproclament ,sans aucune géne,parti cultuel arabe ou musulman ,comme si dieu,s il existait avait besoin d un PARTI ARABE pour le défendre!!!
Le proverbe amazigh arabophone et pas arabe de chez nous dit justement
NE RESTERONT DANS LE LIT DU FLEUVE QUE SES GALETS!!!
lire: L'arme suprême à utiliser : taxer les hommes gênants de hizb frança.