A la recherche de mon identité !

L’état civil pour les Algériens a été mis en place en 1891 par les Français. Un patronyme arabisé a été donné aux autochtones d’Algérie appelés indigènes d’Algérie.

En 1830, à l’arrivée de la France en Algérie, il n’y avait pas d’état civil, il n’existait ni registre nominatif ni recensement, les décès et les naissances n’étaient pas déclarés.

La loi du 23 mars 1882 relative à la constitution de l’état civil des « indigènes de l’Algérie » organise un recensement et impose l’obligation d’un patronyme à la totalité de la population constituée à l’époque que d’un « prénom » et de filiation du père. Tel que Akli fils de Tahar.

Création de l’état civil

Le code de l’indigénat adopté le 28 juin 1891 par le gouvernement français (Jules Grévy) imposera surtout aux Kabyles une arabisation des patronymes jusqu’à la consonance latine. Face à une résistance de cette région, la France s’était imposée militairement en Kabylie en 1871 et elle a obligé ses habitants à porter désormais des patronymes arabes. L’institution chargée de cette tâche s’appelait les « Bureaux arabes ». D’indigènes, les Algériens deviendront en 1947 des « Français-musulmans » sans avoir les mêmes droits qu’un citoyen français de métropole.

L’état civil français laissera une situation embrouillée des patronymes, des erreurs de transcription des noms qui n’ont pas de lien avec l’ascendance ; voire des énormités pour certains patronymes. Il s’en suivra qu’à l’indépendance les enfants algériens sont allés à l’école algérienne avec des noms de familles qu’ils n’ont jamais entendus. Une complexité supplémentaire : la loi algérienne (1972) portant arabisation des registres d’état civil et la transcription du français en arabe au bon vouloir du secrétaire de mairie.

L’instauration en Algérie d’un Etat « arabo-islamique » scellera un déni d’identité des descendants des Berbères ou Amazigh.

Repères: L’Algérie fut annexée en 1848 par la France elle sera administrée et départementalisée le 09 décembre de la même année en trois provinces et un territoire du sud (le Sahara).

91: Département d’Alger

92: Département d’Oran

93: Département de Constantine (93 référence de notre immatriculation S. Sociale française toujours en cours)

94: Département du Sahara

La division territoriale de l’Algérie s’est faite en 15 puis en 13 départements (suppression du département de Bougie et du département d’Aumale en 1958/59) jusqu’à l’indépendance 1962. Puis l’Algérie a été redivisée en 31 wilayas en 1974 et ensuite en 48 willayas en 1984 à nos jours.

Louab Makloufi

5 commentaires

  1. ça c'est vrai ça!
    Beaucoup de pays adoptent comme patronyme le prénom suivi du prénom du père. Exemple Hend Umeziane ivarwaqène. Ivarwaqène c'était le nom de mon lieu dit où on avait nos terres. C'est pas le Clan Campbell mais qriv .

    Comme les Khefallah, les Bouabida Abou l3oubeida , Voutverda qui est devenu Boulbarida! Et le partonyme de votre serviteur Hend ivarwaqène qui est devenu Abou-lwarqa. Vous parlez de nom à coucher dehors!

  2. [L’état civil pour les Algériens a été mis en place en 1891 par les Français"….
    Le code de l'indigénat adopté le 28 juin 1891 par le gouvernement français]

    Un correctif a ce ui a eté dit plus haut:
    Le code de l'indigenat date du 28 Jiun 1881 et se rapporte a toutes les colonies francaises.
    Concernant des debuts de l'Etat civil en Algerie, la France a commencé a etablir des 1890 les Registres des Matrices. A la meme epoque, les bureaux dits "bureaux arabes" ont alors oeuvré dans ce sens mais abusivement dans un but precis qu'est l'arabisation des familles algeriennes en affectant des noms patronymiques a consonnance arabe a la majorité de nos ailleux que la France designait comme des "indigenes"!

    http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/indigenat_code.htm

  3. Oui l'ojectif de cette opéation dite "état civil", n'a jamais été de recenser des populations ou même d'organiser leurs vies … En 132 ans de colonisation, FAFA se fouttait du sort de ses indigènes !!!

    l'unique objectif de cette opération est de faire éclater la cohésion tribale et éclatant chaque tribu en
    plusieurs familles diparates !!! rendant ainsi vaine toute possibilité de rébellion ou de révolte contre FAFA ou ses colons !!!

    C'est connu … "on divise pour mieux régner" !!!

  4. "… et impose l'obligation d'un patronyme à la totalité de la population constituée à l'époque que d'un "prénom" et de filiation du père. Tel que Akli fils de Tahar…"

    Pas en grande Kabylie en tout cas. Chez moi c'est: <Nat> <famille> <i> <Aarch/Village>- et par famille, ony trouve une reference <environnementale/endroit> ou <caractere/art&metier>

    Akli mis n Tahar, jamais enttendu.

  5. A y-averwaq, l’hal idhaq
    A thaâejvith anemfaraq… (chanson de femmes, izlan t’lawine)

    Chez les Ath Jennad et leurs voisins iflissen, beaucoup ont pris comme nom patronymique un lieu-dit d’une peitite propriété à eux. J’en connais personnellement plusieurs. Ailleurs, comme les Ath Aïssi, les préposés (le plus souvent des français accompagnés d’interprètes kabyles/arabophones) sont passés, munis d’une liste de noms, et ils ont arbitrairement imposé un nom pour chaque famille par ordre alphabétique. Quand ils arrivaient à la fin de la liste, ils recommençaient à zéro, avec la même liste, dans une autre région.
    J’ai connu un vieux, né en 1870 et qui a vécu plus de 100 ans, qui m’a raconté une scène à laquelle il avait assisté le jour où les noms ont été distribués dans sa commune. Il a dit que tous les chefs de famille (temman bedhroum) avaient été réunis au chef-lieu de commune et on leur a demandé de déclarer les noms qu’ils avaient choisis. Le premier qu’ils ont appelé hésitait, étant réfractaire à l’autorité française. Quand il avait finalement décidé de dire quelque chose, son cousin qui se tenait dérrière lui lui a lancé tout haut : « ouqarara ! » (ne dis riens !) Le préposé français a inscrit “Oukara” sur le registre.

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