Kamel Daoud remporte le Prix Goncourt du premier roman en France

L'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud a remporté mardi le "Prix Goncourt du premier roman" pour son livre "Meursault, contre-enquête", a-t-on appris auprès de son éditeur algérien, Sofiane Hadjadj, présent à Paris pour l'annonce du lauréat.

Le jury de l’Académie Goncourt a désigné à l’unanimité le roman de Kamel Daoud pour ce Prix qui a été décerné à l’auteur algérien par l’écrivain et philosophe français Régis Debray, a précisé M. Hadjadj. Kamel Daoud- qui avait été finaliste au Prix Goncourt 2014 pour le même roman- concourait avec les auteurs Kiko Herrero (« Sauve qui peut Madrid ! »), Miguel Bonnefoy (« Le voyage d’Octavio Payot ») et Jean-Noël Orengo (« La Fleur du Capital »), tous édités en France.

Paru d’abord en Algérie en 2013 (Barzakh), « Meursault, contre-enquête », reprend l’histoire de l’assassinat commis par le personnage polémique de « L’Etranger » d’Albert Camus, en livrant une version du meurtre racontée d’un point vue algérien par le frère de l' »Arabe » assassiné.

Ce livre avait valu à son auteur le Prix François Mauriac de l’Académie Française et le Prix des cinq continents, décerné par l’Organisation internationale de la francophonie, en plus du Prix « Escale littéraire » d’Alger, décerné par des écrivains et journalistes algériens et français. Il avait également reçu le Prix « Liste Goncourt- le choix de l’Orient », lors du 21e Salon du livre francophone de Beyrouth(Liban).

La traduction en langue anglaise de ce roman qui aborde aussi la situation de l’Algérie contemporaine va paraître au mois juin prochain aux Etats-Unis chez l’éditeur new-yorkais « Other Press ».

Né en 1970 à Mostaganem (ouest) Kamel Daoud est l’auteur de plusieurs récits réunis dans le recueil « Le Minotaure 504 » (Sabine Wespieser éditeur, 2011) – initialement paru à Alger sous le titre « La Préface du nègre » (Barzakh,2008). Il est le deuxième auteur algérien à remporter le « Prix Goncourt du premier roman » après Salim Bachi, primé en 2001 pour « Le chien d’Ulysse » (Gallimard).

Attribué dans les années 1990 sous l’appellation « bourses Goncourt », le « Prix Goncourt du premier roman », est, depuis cette année, décerné par l’Académie Goncourt en même temps que les Goncourt de la nouvelle et de la poésie. En 2014, le Prix avait été attribué à l’écrivain français Frédéric Verger pour son roman « Arden ».

APS

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31 commentaires

  1. Cela s'arrose à la chope de bière bien fraiche. Félicitations au lauréat.

  2. Tout d’abord permettez-moi de saluer bien bas et fauderchement l’obtention de ce prix. Et laissez-moi vous avouer que c’est le plus bel orgasme que j’ai eu dans ma vie , quand j’ai appris cette attribution. On ne saurait désormais et même dorénavant plus dire que le butin de guerre n’a à rien servi. Après tout, tout ce qui est anamnèse de la pathologie coloniale suscite l’intérêt des deux cotés de la méditerranée.
    Maintenant que j’ai contribué à l’euphorie collective, et que j’ai versé ma part au réjouissage collectif, laissez-moi me ressaisir et sortir de ma torpeur et de mon étonnement.
    Donc Meursault contre-enquête a bien mérité ce prix. Ne serait-ce que pour sa valeur marketing.

    Quand j’entends mes compatriotes chanter à l’unisson je ne sais pourquoi je me découvre une envie de chanter hors gamme et de foutre des couacs dans l’euphonie. Comme si je ne devais que me réjouir qu’un de nos écrivains ait été racheté au rattrapage.

    Si ce n’était une fiction, « Meursault, contre-enquête » qui a fait chez nous tempête dans les verres d’eau roqyée et réveillé le refoulé des anti-camusiens qui profitèrent de l’événement pour pisser du vinaigre et cracher par procuration sur la tombe de Camus , j’aurais avoué que c’est là que je me dis que finalement Goering la culture et le flingue ce n’est pas antinomique.

    Meursault contre-enquête qui est un produit d’une mauvaise lecture de l’Etranger dont la grille d’écriture est sortie tout droit de l’inconscient colonial, et qui a valu à son auteur les diatribes des gardiens du temple et la réprobation des affidés de Dieu n’a suscité que l’indifférence intéressée et la compassion des derniers parrains au pays de Voltaire , de Le Pen et de Landru .

    Au début, cette sortie dialogiste et intertextuelle m’a parue un brun iconoclaste même si, il ne faut pas l’oublier, nous sommes quand même un pays de chercheurs d’os. Mais il y a eu cette volonté déconstructionniste de L’Etranger. Pardon Derrida, je te jure que ce n’est pas le mot que je voulais employer, pardon pour cet élan didactique qui, je le comprends, n’aura pas manqué de t’offenser.

    Et puis, merde, pourquoi je ne prendrais pas un droit de licence et une autorisation pour les néologismes ?

    Cette volonté destructionniste de l’Etranger, dialogiste, intertextuelle… ça je l’ai déjà dit, ressemble étrangement, non pas étrangement, beaucoup à cette folie djihadiste dans la destruction des Bouddhas de Bâmiyân et du Musée du Mossoul.

    Les intellectuels algériens qui lisent Camus avec des yeux d’ex-colonisés le comprennent de travers. De tout ce que Camus a écrit il n’ont retenu que deux choses : il a fait tueR un algérien sans le nommer , alors que le livre s’appelle l’Etranger, Donc quelqu’un qu’on ne connait pas et qu’on désigne souvent par un non générique : l’arabe, le français, lgewri. Et cette phrase : entre la justice et ma mère je choisirai ma mère. Alors que c’est même écrivain sont des musulmans jusqu’aux ongles et que c’est Boureb lui-même oula son garagiste qui a dit : eldjanatou tahta aqdem el oumahate ! Si ce n’est pas faux-cul, c’est y quoi ? Même Boutef a dit à ce sujet : Camus est un algérien, n’importe quel algérien aurait dit ça.

    Franchement je ne vais pas vous l'avouer ici: mais il m 'est arrivé de me demander, après lecture de Meursault contre-enquête , cékiki a Tuer l'Arabe? Si ce n'est pas le deuxième coup qui a été mortel.

    Question : K.Daoud aurait-il eu le prix Goncourt s’il avait intitulé son livre : Mes3oud, contre-enquête ? Sans rien changer au contenu. Té essayer de lire livre en remplaçant Meursault par Mes3oud !

  3. Avec de la culture ,du savoir universel et des valeurs humaines qui servent de catalyseurs à l'intelligence et à au développement de l'(H)omme(humanité),les pseudocultures morbides ,archaiques et inadaptées au concept de civilisation humaines ,imposées colonialement par le panarabisme , par l épée(le seif) et la propagation de l ignorance à l algérie algerienne disparaîtront un jour de cette terre l algerie privée de prospérité et de paix .
    Le parcours de k.Daoud est édifaint de ce point de vue!
    L'intelligence d esprit retrouve ,ainsi,sa vraie identité,sa vraie appartenance et les vérités historiques que le panarabisme ne cesse de falsifier pour s y maintenir et emp^cher l algerie algerienne d être elle même.Ainsi ,il est gratifiant d entendre K.Daoud revendiquer son amazighité ,lui l arabophone ,comme un cinglant démenti à tous ceux qui croient que l imposteur monde dit arabe est chez LUI en maître ,chez nous ,sur notre terre amazigh ,algerie algerienne,arabophone ,amazighophone,francophone et kabylophone!
    Propageant le savoir et les connaissances ,c est la meilleur façon de nous libérer d un joug panarabiste qui n a que trop duré!

  4. Cher Monsieur Bonjour,

    Puisque vous parlez du butin de guerre du grand Kateb Yacine, je vous renvoie par la même occasion à ce qu'il disait à propos de Camus :

    https://www.youtube.com/watch?v=1YLZ92sbB4o

    La comparaison et le jugement sont implacables, le reste comme disait Mammeri n'est que littérature.

    Bonne écoute.

  5. @ Madani et Uchen !

    Mon premier post, comme la pipe de Magritte qui n’en était pas, n’était qu’un coup de gueule contre le khorotisme (je vais me faire des amis) pas un commentaire. Quant à Camus que j’aime bien ,dans la grande polémique qui l’opposa à Sartre je lui ai préféré ce Dernier. J’étais juste en colère quand je l’ai écrit, et là non seulement je suis en colère mais, en plus, énervé !

    Je ne suis pas un littéraire encore moins un lecteur assidu, je l’avoue, je ne sais pas lire. Tout juste un bouquineur boulimique et éclectique qui lui-même est incapable d’écrire un texte cohérent d’à peine quelques lignes.

    Aussi, quand ce livre est paru, j’ai pensé : quel titre racoleur ! Et j’avais décidé de ne pas le lire. Puis je me suis ravisé. C’est là l’occasion de relire une énième fois l’Etranger. C’est d’ailleurs à la lumière de ce dernier que j’ai entrepris la lecture simultanée de Meursault,contre enquête-l’Etranger.

    C’est que je sais depuis Bakhtine et Kristeva que les livres ne sont que dialogisme, intertextualité, réécriture et plagiat. Je me trompe sans doute, mais c’est ainsi, je ne lis pas comme vous, chers compatriotes. C’est pour cela que je me demande encore ce qui serait advenu de ce roman s’il n’avait pas été écrit taht le3naya ta3 l’Etranger.

    La où vous vous lisez :
    « Meursault :" Aujourd’hui Maman est morte". Tout simplement. Moi je lis : aujourd’hui Maman est morte, ouf !
    Et là où vous lisez : "Aujourd’hui M’ma est vivante". Moi je lis : Aujourd’hui M’ma est vivante, quelle galère !

    Je sais qu’au lieu de l’ingratitude j’aurais pu tartiner des éloges à l’auteur. Suis-je vraiment aussi insensible pour ne pas sentir mon orgueil national frétiller ? Eh ben oui ! Je suis un citoyen indigne. Qu’il ait mérité ou voler le prix Goncourt, je m’en tape. D’autres, beaucoup moins méritants que lui, l’ont eu aussi. Ce n’est pas de Kamel Daoud que les salafistes nous ont rendu sans lavage de cerveau (c’est lui qui l’avoue) qu’il s’agit, mais d’un roman. Ai-je apprécié ou pas ? Ce n’est pas non plus la question. Je n’ai pas réussi à me laisser surprendre par le contenu du livre malgré l’adresse et le talent de l’auteur. Voila, c’est ça, je suis un mauvais lecteur.
    Et comment dire qu’en s’attaquant au monument qu’est Camus en usurpant un titre : butin-de-guerropathie oblige, l’auteur n’est pas entré par effraction dans la cour des grands ?
    Meursault, Camus, c’est déjà une invite à la lecture passionnante. L’Etranger est en soi un monument, sans parler de toute l’encre qu’il a fait couler et des marques indélébiles que le sujet a fait sur les inconscients des deux rives.

    Il y avait déjà des paroisses, des mosquées, des convertis haletants et une époque qui chie le messianisme pour faire un lectorat disponible pour qui tout ce qui viendra dans le filet sera du poisson. Sans parler des rengaines toutes prêtes et du regard compassionnel des bobos de gauche et de tous les assoiffés d’exotisme rutilant.

    Alors ! Outre un titre outrageusement prétentieux et attrape nigauds mais qui ne laisse s’y prendre que des lecteurs férus d’exotisme, l’avènement de ce livre ne pouvait pas laisser indifférent tous les bigots du livre.

    On ne peut pas dire que ce roman n’est pas bien écrit, au contraire, c’est par là qu’il pêche. Malgré les efforts qui suintent de sa plume et une distanciation écartelante, pour échapper à la préciosité emberlificotante des héritiers du butin de guerre qui marque l’écriture de tous nos écrivains francophones, francophobes ou francophages, l’auteur n’a su épargner à son livre cette lourdeur qui caractérise l’écriture romanesque quand elle a trait à la période coloniale.
    L’auteur avoue lui-même que les mots de la langue du colonisateur constituaient son « bien vacant » et qu’il a déconstruit une œuvre pour la reconstruire. Et Comment !

    Eh Oui ida 3ouribète khouribète, wa in khouribète kifèhe toubna :

    « c’était sa langue à lui, c’est pourquoi je vais faire ce qu’on a fait de ce pays après l’indépendance : prendre une à une les pierres des anciennes maisons des colons et en faire une maison à moi. Les mots du meurtrier et ses expressions sont mon « bien vacant. ». Melehitou bakherlou, quoi ! Sauf qu’on ne reconstruit jamais de la même façon.

    Meursault Contre –enquête ? Poussez brave gens, Sherlock arrive ! On aurait pu croire qu’au vu de ce titre , Agat… pardon , l’auteur nous entrainerait dans une aventure Hitchcockienne enivrante, dans une quête époustouflante, dans les méandres du pathos du colonisé où la pesanteur colonialiste exploserait au visage du lecteur. Que nenni , l’auteur s’est magistralement affranchi de la difficulté de la tâche pour nous livrer dès le début de la quatrième page le nom si désiré de L’Arabe : « C’est mon frère qui a recu la balle, pas lui ! C’est Moussa pas Meursault ».
    Point de contre-enquête donc, tous juste une reconnaissance de cadavre : oui c’est lui, Moussa, mon frère, et voila que c’est expédié ! Et si seulement après l’avoir juste nommé le meurtrier, il ne nous livrait pas en même temps le nom de Meursault qu’il aurait pu pour la beauté du geste et dans un élan fanonien expulser du panorama, sans le nommer. « Le meurtrier », et basta ! Non le narrateur lui est presque reconnaissant de lui avoir épargné un fratricide ! Au lieu d’un procès on assiste à une véritable ode, qui ne se dit pas, à Meursault et à Camus : « La vérité c’est que l’indépendance n’a fait que pousser les uns et les autres à échanger leurs rôles ». Quelle originalité !

    Après, l’auteur nous entraine dans une longue brève de comptoir qui perd son charme à force de durer. Un long soliloque du frère qui va jusqu’à faire oublier Moussa," l’Arabe" de Camus, pour ne parler que de lui-même. C’est là que l’enquête s’est arrêtée dans un délire narcissique d’un frère, autrement indigne, poussé au crime et à l’anamnèse par une mère (patrie) vengeresse et persécutée par le souvenir d’un fils mort pour rien deux fois : la première quand Meursault la tué la deuxième parce que l’indépendance de son pays ne lui a rien apporté. Et pour ajouter au grand dam d’une mère éplorée, Haroun le frère ressemble “étrangement“ à Meursault , son assassin.
    Le dialogisme de l’auteur par des allusions répétitives et superficielles à L’Etranger et à Camus fini par confiner Meursault contre-enquête au plagiat subtil pour des profanes mais à une caricature sans esprit ni philosophie de l’Etranger pour le lecteur averti. Ce roman qui foisonne de similitudes ne fait qu’emprunter un sentier battu : et par qui non de Dieu ? Camus ! Ce roman n’est finalement que ce qu’est la bave de crapaud à la blanche colombe. Un Grand roman à ranger dans un carton, et pas dans sa bibliothèque , que le temps fait vite oublier !

    Même si la narration se laisse admirer tant elle rutile, ce qui évite un arrière gout désagréable au lecteur non convaincu.

  6. Alors, vois aussi ce qu’en dit Mammeri.
    http://www.ina.fr/video/I09335540
    Je te jure que je ne connaissais pas cet interviewe , c’est un commentateur qui me l’a envoyée aujourd’hui !

    Lui ça ne gène pas qu’il n’y ait pas d’Arabe dans les romans de Camus. Comme il pense que c’est tout à fait secondaire. Revois donc l’accueil réservé à » La colline oubliée » par les gardiens du temple. Et tu comprendras pourquoi je ne lis qu’avec mon œil urticant !

    Il y a un Ou3etar dans la majorité des lecteurs algériens !

    Et l’amitié Feraoun-Camus !

  7. Je viens de lire l'article.
    je n'ai rien à rajouter!
    Je ne suis pas du tout un littéraire loin s'en faut. Un ami enseignant à L'université Mouloud Mammeri de Tizi-ouzou, que j'appelle depuis "tam3emmarth n'Les-Zoizos", et pour cause, m'avait demandé de le remplacer au pied levé, au département de lettre ou de Français, je ne m'en souviens plus, quelques jours, alors que j'étais en vacances. J'ai pu mesurer l'ampleur du désastre .
    La seule chose que les étudiants ont retenu de Camus c'est qu'il a "tueR un Arabe à cause du soleil" ! Ce n'est même pas Meursault, le personnage d'un roman, mais Camus lui-même.

    Dire ça dans une université qui a volé son nom à Mammeri, c'est criminel. Vois donc ce qu'il en pense, lui. (http://www.ina.fr/video/I09335540

    Ah ya din uqevach !

  8. j' ai taré mon pokié loké! Voila la suite:
    Ah ya din uqevach !
    A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto : Prends garde au bœuf par devant, à l'âne par derrière, à l'imbécile par tous les côtés.

    Uchen lekhla m'envoie K.Yacine en plein qamum ! Je sais que kateb Yacine est un keblout! Il a chassé Camus de l'algérianité! Il aurait pu integrer Mammeri et Ferraoun, pour sa lecture. Mais non! " L'Arabe" qui sommeille en chacun d'entre eux est vigilant!

    Beau qamum que va avoir leur autonomie!

    … Que j’essuie les diatribes des héritiers des gardiens du temple, c’est de bonne guerre ! Mais qu’un salafo-autonomiste kabyle s’y mêle, ça me les coupes, ya din qessam ! Ils veulent une Kabylie sans arbres heu… sans arabes, et quand Camus leur offre encore mieux ( une Algérie sans arabes) et leur mâche le travail, ils s’en offusquent !

    Je crois que je vais faire comme Slimane Azem, quand il reçu les lettres de son père et de son beau père !

    Na zdrovie !

  9. Je ne lis pas comme Yacine!

    Outre que la comparaison a Faulkner est réductrice, il nous ressort encore la phrase de Camus sur la justice et sa mère. Son humanisme lui est retourné dans la gueule. Et le comble c’est que K.Yacine donne un nom à « L’Arabe » qu’il fait appeler Said :

    Kateb Yacine dit : « Le personnage algérien je crois qu’il s’appelle said ???) Et ce n’est pas un lapsus puisqu’il le redit (Said) à propos de la justice et sa mère et de celui qui lui a posé la question au sujet de cette phrase. Même s’il dit que Camus est dans sa vie étranger à la culture et à la société algérienne indigène.

    Et lui aussi tombe dans la caricature. Il dit :" comme le personnage qu’il a tué dans son roman" : c’est Camus le meurtrier et non Meursault !

    Alors que Camus est non seulement étranger à la société et la culture algérienne mais aussi à sa propre culture et sa propre société, mai encore à lui-même.

  10. Beaucoup de démagogie dans l'attribution des prix litteraires français!!
    Camus est dans l'air du temps depuis quelques temps, depuis au moins qu'Onfray a pondu
    sa diatribe philosophique à l'encontre de J.P.Sartre en l'opposant à Camus.

  11. Wa Madani,

    Hassoun semhiyi si je t'ai embarqué avec l'autre dans le même propos l . Je sais que tu sauras faire la part des choses.

    Tout cette clique peine à revenir du salafisme. Ils ont été formatés par l’école algérienne qui leur a chargé le refoulé de préjugés. Ils ont beau essayer de s’en défaire mais rien n’y fait.

    Kamel Daoud lui-même avoue qu’il est revenu du salafisme. Mais comment ? Le chwari bien chargé de présupposés et de thawabite la rodjou3ou minhoum.

    Quand à Uchen lekhla qui avale les divagations de Kateb Yacine qui manifestement semble avoir fumé son carrelage au point de donner un nom à « l’Arabe » : Said, et de confondre l’auteur et le narrateur, il fait partie de ahl el cortège.

    Que vient faire Faulkner dans l’histoire ? C’est juste pour enfoncer Camus ? Et puis ce n’est pas l’arabe qui est au centre de l’Etranger, mais Meursault.

    D’ailleurs même Kamel Daoud ne s’y est pas trompé. Haroun, son narrateur a collé à Meursault qu’il a suivit pas à pas comme un caniche. En zourant (itszouroud, izour) de temps en temps Camus.

    L’interviewe de Yacine est hilarante d’incongruités. Il fait un faut procès à Camus ? A Meursault ? Il n’a pas lu l’Etranger ou quoi ? Il a fumé son carrelage assurément !

    Et c’est tout ce que Uchen lekhla a trouvé à m’opposer ? Même si Kateb chie , ce n’est pas du caca comme le nôtre : c’est du grand caca !

    Vas ya Madani, écoute-le et iniyid ce que tu en penses.https://www.youtube.com/watch?v=1YLZ92sbB4o

  12. C'est à travers ses chroniques que les Algériens connaissent d'abord Kamel Daoud et non par "Meursault…" qui n'est qu'une partie de son immense génie. C'est cet ensemble d'œuvres, journalistique et littéraire, qui l'a fait naître comme l'une des plus brillantes plumes francophones comme seuls des Algériens peuvent en être capables. Alors, quand il saisit Camus pour s'approprier l'œuvre comme pilotis pour une contre-enquête sur un ordre colonial et néocolonial, pour une déconstruction de l'Histoire pervertie afin de répondre à l'urgence d'une crise identitaire collective déchirante, il serait ubuesque, infondé, bas et gratuit,… que de n'y voir que simple intertextualité, même forte, vide de sens et que l'on se précipite à qualifier d'œuvre mineure.

    La question: qu'est-ce qui a déterminé l'Ecrivain à produire une telle œuvre aussi nécessaire, répondant au besoin d'un mal-être, d'abord de l'auteur lui-même? Les mêmes raisons que celles ayant motivé Kateb Yacine: la prise de conscience de sa véritable identité. Porter un regard honnête sur sa vie. Un regard à contre courant des idéologies dominantes. Kamel Daoud comme Kateb Yacine ne savaient pas qu'ils n'étaient pas des Arabes. L'un comme l'autre sont nés et vivaient dans une Algérie à l'identité déracinée, pervertie, substituée par les "Bureaux arabes" ante et postcoloniaux. Seulement voilà, dans son aventure de jeunesse dans son pays "arabe", Kateb Yacine perd son chemin. Il rencontra un vieil homme de montagne à qui il parla en Arabe. Celui-ci, visiblement pas français mais habitant un douar bien algérien, lui répondit dans une langue qu'il ne comprit point. A cela, le Keblouti ne chercha point à sortir une arme, comme Meursault, pour descendre cet "Etranger" qui lui ressemblait dans le moindre trait. Que non! Il se posa juste une question: Qui est cet homme et pourquoi parle-t-on deux langues différentes sur un même territoire?". Sa première question existentielle qui le mena jusqu'à la vérité: ce vieillard de montagne était l'ascendant vivant de leur ancêtre commun.

    La même aventure existentialiste était également vécue par Kamel Daoud qui réfléchit, lui aussi, à cette question: pourquoi tous les habitants de mon village (campagne de Mostaganem) se disent Arabes, parlent arabe alors que le toponyme de leur douar n'a rien d'Arabe. Et ce nom de lieu ne date pas d'hier? Kamel Daoud, c'est d'abord une quête de jeunesse dans son lieu natal anonyme mais qui le mena, bien des années plus tard, à une contre-enquête historique. Alors, reste juste à trouver un meilleurs canal pour donner à sa quête légitime de toujours un retentissement international: l'Etranger de Camus! Un retentissement non pas pour une fin (le Goncourt) qui justifierait tous les moyens( le plagia, l'intertextualité,…) comme le pensent et le disent ces commères de la plume qui infestent le net de leur médisances de frustrés et d'incapables, mais il s'est saisit de Camus pour s'assurer que le message est bien perçu et que maintenant, il ne sert à rien de continuer à l'occulter.

  13. Les débats entre algériens se limitent souvent à un choix exclusif, celui du pour ou du contre. Choix qui dérive du « croire ou voué à tous les enfers ». La mesure intermédiaire ou l’analyse personnelle sont bien souvent prohibées, voire carrément condamnées ! On peut admirer Kateb Yacine sans pour autant le prendre pour un saint et refuser l’idée qu’il puisse avoir tort !

    Chez nous, tu dis « je ne crois pas en Mahomet ou quelconque Rebbi dheg-ghenni», non seulement on te traite de Kafer, mais on te dénie toute algérianité ! Tu dis « Ferhat M’henni n’est pas un prophète qu’il faut suivre les yeux fermés», on te considère comme traître à la cause Kabyle! eccetera, eccetera ! C’est suivant tel schéma que les uns et les autres se positionnent par rapport à notre grand Camus, considéré par beaucoup comme mécène du racisme anti-arabe avant que le terme ne débarque dans le vocabulaire des interactions humaines! Après tout, c’est peut-être cela l’absurde camusien. Un absurde qui a probablement proliféré sur nos Terres au départ de tous les Albert! Va savoir !

    Je ne suis pas littéraire non plus, loin s’en faut ! Pour tout dire, sans lematindz, je ne me serais jamais aventuré à quelconque dissertation, si l’on écarte quelques rares occasions au détour d’ «onques» revendications socialo-administratives !

    Merci pour la vidéo! Dda el-Mouloudh semble avoir bien décodé l'affaire Camus!

    Santé ! Hoegaarden au comptoir ce soir, pour fêter la victoire !…lol

  14. Désolé de vous le dire, vous êtes du côté de Sartre concernant l'indépendance de l'Algérie, l'un des porteurs de valises, toutefois vous vantez l'humanisme de Camus, il y a tout de même un problème de fond, quand on connait la position de l'un et de l'autre, les passions qui se sont déchaînées et qui se déchaînent encore sur Sartre, car la France officielle d'aujourd'hui est Camusienne quoiqu'on l'en dise, je ne convoque pas Dérida, encore moins l'esprit cartésien de Bourdieu, les choses sont trop claires, quant à la position de Mammeri, si vous écoutez bien il dit que 'cela ne me gène pas que les indigènes ne sont pas cités dans les œuvres de Camus', cher compatriote, il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, comme disait notre Muhya allah erahmou, MUUUUH.

  15. Least but not last!

    Pardonnez-moi Monsieur le modéro d’abuser de votre patience et de votre tolérance. Je ne suis qu’un troubadour et un trouble-fête tourmenté. Nek D.ammedah ur net.sed’hi. Comme a dit le scorpion de l’histoire en paraphrasant l’immense Cheb Khaled :" Hihihi, je suis comme ça !" .

    Alors, laissez-moi s’il vous plait vous raconter une histoire vraie, de chez nous.

    Il y avait dans mon village un vieux aigri accariatre et méchant comme une teigne. D.laqya, tsamaguirthe, qu’on disait de lui. Une maladie quoi ! Velqcem Ujanjel, c'est son nom.

    Votre chèvre broute une motte d’herbe dans son champ, il vous fait un procès. Ikheredj lcarta. Votre âne marche sur son champ : lcarta ! Vous cueillez un fruit dans son arbre : lcarta. Lcarta par ci lcarta par là, tant que le juge en eut marre de le voir si souvent au tribounar.

    Un jour, le juge excédé, s’adresse véhément à lui et lui dit : Thezridh, cheft, a Velqacem Ujanjel, janimar de te voir dans ce tribunal , c'est quoi ça, lcarta pour n'importe quoi ? . Alors, à partir d’aujourd’hui c’est toi qui quitte ce tribunal ou c’est moi !

    Velqacem regarda le juge et lui dit : Ah, non ya Monsieur le Juge. Y’a que moi et vous qui faisons marcher ce tribunal, il a besoin de vous et de moi pour marcher. Alors, on va rester tous les deux.

    Donc, Vous, Monsieur le Modéro, moi, Madani, uchen lekhla, Moh arwal kichiduodumat et Même le Mollah Guel Dring, allah ihoudna bibarakatouhou, et tous les autres, on va rester.

    Wa ma ba3d !

    Laissons tomber la question de l’humanisme de Camus qui même si on le remettait dans son contexte historique est sujet à caution, je te l’accorde. A yuchen. Je te dis que personnellement si j’étais concerné par cette époque c’est du coté de Sartre et de Abane que je me serais trouvé. Mais ne nous faut-il pas dépasser cela justement pour comprendre la polémique qu’a suscité l’Etranger ?

    Yakhi Sartre a yuchen et Bourdieu ne sont pas algériens. Alla win yeweth wuggur is ihussène. Ma yest’hess beldjemra ghir li kwatou. Ils ont beau jeu eux d’être objectifs. Les uns regardent de l’exterieur alors que Camus zdakhel id yetswali, lui regarde de l’intérieur, avec ses tripes.

    Au début de la décolonisation toute la gauche prolétarienne regardait de haut les tentatives des colonisés de s’extraire du système colonial. Cette gauche, humaniste justement, ne voulait pas d’une révolution nationale et prêchait qu’il fallait attendre que le prolétariat des pays économiquement avancés se libère d’abord du capitalisme et de l’oppression pour entrainer dans son élan les colonisés. Et à l’époque la majorité de nos colonisés était assimilationniste et réformiste, à l’instar de Ferhat Abbas : « Mon opinion est connue… Si j'avais découvert la ”nation algérienne”, je serais nationaliste et je n'en rougirais pas comme d'un crime. Les hommes morts pour l'idéal national sont journellement honorés et respectés. Ma vie ne vaut pas plus que la leur. Et cependant, je ne ferai pas ce sacrifice. L'Algérie en tant que patrie est un mythe. Je ne l'ai pas découverte. J'ai interrogé l'histoire ; j'ai interrogé les morts et les vivants ; j'ai visité les cimetières, personne ne m'en a parlé. Sans doute ai-je trouvé ”l'empire arabe”, l'”Empire musulman” qui honorent l'Islam et notre race, mais ces empires se sont éteints… Un Algérien musulman songerait-il sérieusement à bâtir l'avenir avec les poussières du passé ? Les don Quichotte (lire Les Nationalistes) ne sont plus de notre siècle. »

    Ce n’est que par la suite que tout ce beau monde a changé d’approche et est devenu nationaliste pro-indépendantiste.

    Fallait-il reprocher à Camus d’être constant ?

  16. Aujourdhui ,l algérie algérienne n'est pas morte!

    Malgré le relai qu 'a passé Meursault à "l'arabe",planqué çà oujda pour l'anéantir.

    K.Daoud est un vrai révélateur que le savoir,l instruction,les valeurs civilisationnelles universelles,la prise de distance par rapport aux archaismes morbides imposés par un criminel parti de l'arabisme,HEZ EL ourouba,sont des concepts civilisationnels qui nous permettront de sortir de cet état de déliquescence effroyable dans lequel est maintenu ,sciemment,notre TRES GRAND PAYS ,l'algériealgerienne.

    K.Daoud a beaucoup de mérite,lui qui a su échapper à l hydre diabolique de l islamoarabosalafiste, de s être instruit par lui même,autodidacte,en français;ce butin de guerre qui a permis à nos illustres aîné(e)s KatebY,Feraoun,Dib,Mameri,Imalayéne ,
    Fadhma,Mimouni,Camus…de donner ses lettres de noblesse à notre génie algeroalgerien que ne cesse de vouloir moyenorientaliser contre nature,ce HIZ EL OUROUBA obscurantiste infamie moyenorientalo-wahabite de belhaj,madani,mezrag ,bougara,celui qui a changé son nom en aboujera pour faire plus arabe et moins algeroalgerien,l effronté belkhadem ,gorge profonde perso-wahabite et leurs semblables de cette nébuleuse asiate hidjazo-étrangére aux antipodes des valeurs humaines et civilisationnelles nord africaines amazighs en méditerranée occidentale ,insatiable dans la destruction de l identité originelle amazigh,parti dit HAZB OUROUBA qui a failli ,n'était le valeureux combat de notre armée dignement représentée par nos aînés Nezzar,Sassi A.malek,médienne,lamari,elmokh…..à qui l histoire un jour rendra hommage .

    K.Daoud est juste un enfant de cette algerie algerienne authentique,comme l'étaient ,chacun modestement guerouabi,khouya elbadji,amar ezzahi,hassan elhassani,chikh nordine,khlifi ahmed,sid ali kouiret,idir,ferhat,rouiched,sliman azem,cherif khedam,fadila djazairia,notre racée SALWA…!

    Un peu plus de tous ces authentiques aîné(e)s de cette algerie algerienne et moins de ces suppots de la 5é colonne arabo-salafobaathiste,de "ces fréres dans le culte mahométan" , des ces partis immondes qui les autoproclament ,sans aucune géne,parti cultuel arabe ou musulman ,comme si dieu,s il existait avait besoin d un PARTI ARABE pour le défendre!!!

    Le proverbe amazigh arabophone et pas arabe de chez nous dit justement

    NE RESTERONT DANS LE LIT DU FLEUVE QUE SES GALETS!!!

  17. C'est à travers ses chroniques que les Algériens découvrent et apprécient d'abord Kamel Daoud et non par "Meursault…" qui n'est qu'une partie de son immense génie. C'est cet ensemble d'œuvres, journalistique et littéraire, qui l'a fait naître comme l'une des plus brillantes plumes francophones comme seuls des Algériens peuvent en être capables. Alors, quand il se saisit de Camus pour s'approprier l'œuvre comme pilotis pour une contre-enquête sur un ordre colonial et néocolonial, pour une déconstruction de l'Histoire pervertie afin de répondre à l'urgence d'une crise identitaire collective déchirante, il serait ubuesque, infondé, bas et gratuit,… que de n'y voir que simple intertextualité, même forte, vide de sens et que l'on se précipite à qualifier d'œuvre mineure.

    La question: qu'est-ce qui a déterminé l'Ecrivain à produire une telle œuvre aussi nécessaire, répondant au besoin d'un mal-être, d'abord de l'auteur lui-même? Les mêmes raisons que celles ayant motivé Kateb Yacine: la prise de conscience que son identité véritable est occultée. Un Africain du nord ne pourrait être un Arabe. C'est là qu'il décide de porter un regard honnête sur sa vie. Un regard à contre courant des idéologies dominantes. Kamel Daoud comme Kateb Yacine ne savaient pas qu'ils n'étaient pas des Arabes. L'un comme l'autre sont nés et vivaient dans une Algérie à l'identité déracinée, pervertie, substituée par les "Bureaux arabes" ante et postcoloniaux. Seulement voilà, dans son aventure de jeunesse dans son pays "arabe", Kateb Yacine perd son chemin. Il rencontra un vieil homme de montagne à qui il parla en Arabe. Celui-ci, visiblement pas français mais habitant un douar bien algérien, lui répondit dans une langue qu'il ne comprit point. A cela, le Keblouti ne chercha point à sortir une arme, comme Meursault, pour descendre cet "Etranger" qui lui ressemblait dans le moindre trait. Que non! Il se posa juste une question: Qui est cet homme? Une chose est sûre, il n'est pas français. Et pourquoi dialogons-nous, comme deux sourds, dans deux deux langues différentes sur un même territoire?". Sa première question existentielle qui le mena jusqu'à la vérité: ce vieillard de montagne était le descendant vivant de leur ancêtre commun.

    La même aventure existentialiste était également vécue par Kamel Daoud qui réfléchit, lui aussi, à cette question: "pourquoi tous les habitants de mon village (campagne de Mostaganem) se disent Arabes, parlent arabe alors que le toponyme de notre douar n'a rien d'Arabe. Et ce nom de lieu ne date pas d'hier". Kamel Daoud, c'est d'abord une quête de jeunesse dans son lieu natal anonyme mais qui le mena, bien des années plus tard, à une contre-enquête historique. Alors, reste juste à trouver un meilleurs canal pour donner à sa quête légitime de toujours un retentissement international: l'Etranger de Camus! Un retentissement non pas pour une fin (le Goncourt) qui justifierait tous les moyens( le plagia, l'intertextualité,…) comme le pensent et le disent ces commères de la plume qui infestent le net de leur médisances de frustrés et d'incapables, mais il s'est saisit de Camus pour s'assurer que le message est bien perçu et que maintenant, il ne sert à rien de continuer à l'occulter. Toutes mes félicitations, Monsieur Kamel Daoud.

  18. Wa les brobros d’origine et à ceux qui viennent de se découvrir tels!

    Pourquoi dans" l'Etranger" c’est « l’Arabe » qui a été nié par le colonialisme et pas l’amazigh ? L’amazigh est complètement absent alors que l’arabe lui, si ! Camus l’a victimisé, Kamel Daoud l’a réhabilité: tefret ghir fi l’amazigh meskine. L’Etranger, le vrai étranger , c’est celui qui n’a même pas était invité. L’Etranger c’est l’amazigh ya les brobos.

    Ih, et si l’arabe de l’étranger n’étai pas arabe mais kabyle ? Dans ce cas il est mort deux fois. La première fois quand Camus lui a nié son idintiti, la deuxième fois quand Kamel Daoud, de retour vers le salafisme, s’est trompé de cadavre et de cimetière pour l’enterrer .

    Et si, Ya les autonomistes, Camus avait voulu vous lancer un message que le Prophète Ferhat ne vous a livré que maintenant, pour vous dire que l’Etranger c’est cet Arabe.
    Et si Camus après s’être débarrassé de l’Arabe s’est attaché à se débarrasser des stigmates des colonialismes pour signifier qu’on devait en sortir.
    "
    Et si le livre" l’Etranger s’était intitulé : eker a mis umazigh !

    Et si Camus était Kabyle ?

  19. Et si un kabyle ou un arabophone algérien se mettait à écrire des romans ou à faire des films universels, c’est à dire puisés dans sa conscience et son inconscient humains et non pas algériens ou kabyles ? Sommes-nous condamnés à n’agir et penser qu’en réaction à ce qui nous vient de l’ex-colonisateur et jamais de notre propre initiative ?
    Il semble bien qu’on ne se soit jamais débarrassé du colonialisme de nos cervelles bien que le colonialisme ait officiellement quitté nos terres. L’artiste algérien en général pense en termes de dominé, toujours dans sa relation avec le dominateur, c’est à dire l’ex-colonisateur. Pourquoi un algérien n’écrit-il pas des œuvres de science-fiction pour les algériens par exemple ? Parce qu’alors la fiction porterait sur une situation de l’homme face au monde extérieur à la terre, or il semblerait qu’il soit incongru que des algériens soient impliqués ou même intéressés par ce qui se passe en dehors de la terre. C’est comme s’ils n’avaient pas le droit d’y penser en tant que dominés. Le même schéma s’applique sur terre aussi. On dirait qu’il y a une obligation ou une fatalité à ce que l’artiste d’un pays ex-colonisé ne parle que de sa condition de colonisé et maintenant d’ex-colonisé, une victime éternelle condamnée à se plaindre éternellement. La reflexion sur le problème de la société humaine en général serait-elle donc l’apanage des habitants des pays les plus riches ?… L’ex-colonisé a perdu toute initiative dans le monde et l’univers qui l’entourent. Il ne peut même pas y réfléchir globalement, sereinement, intelligemment. Pourtant, avant la colonisation et avant l’indépendance, les kabyles et les arabophones faisaient de la réflexion sur la condition humaine. La poésie maghrébine en était fortement imprégnée. Quand un berger kabyle chantait l’amour de façon obscène, il était universel à sa façon, de même que celui qui racontait ses exploits à la bataille ou ses peines dans sa vie personnelle. A travers le prisme individuel, on atteignait l’universel. C’est quand on chante ou écrit pour un groupe spécifique qu’on cesse d’être universel et qu’on sombre dans le nationalisme ou le salafisme.
    L’ex-colonisé n’a jamais regagné l’initiative et la maîtrise de son propre monde (en a-t-il seulement un ?) alors comment pourrait-il prétendre à l’initiative et la maîtrise du monde et de l’univers ?
    J’ai vécu parmi “ledjnass” de nombreuses années et j’ai côtoyé toutes les classes et toutes les races. Comme individus, les habitants des pays développés sont aussi faibles, ignares et limités que nous autres. Des bêtes de somme comme les autres, seulement mieux nourries, logées et soignées. En les regardant évoluer dans le monde réel, je ne vois rien en eux qui me soulage de l’angoisse existentielle qui me ronge quelquefois les tripes ou qui m’inspire une quelconque confiance en l’Homme, bien au contraire, je me dis : c’est “ça” qui nous a colonisés ? C’est “ça” qui a attéri sur la lune ? C’est “ça” qui a fait toutes ces découvertes scientifiques et technologiques ? C’est “ça” le maître du monde ? Je pourrais ajouter : c’est “ça” qui a tué l’arabe ou le kabyle ?… Wellah ma snen amek ara vechen deg ass badhou. Pour traduire, ils ne savent pas comment pisser quand il vente. Enfin, pour citer Si-Mouh-U-M’hend encore une fois, “semmhegh al-fahem amouriw.” Je renonce à ma part en ce monde ridicule…

  20. Pinèze! Les couteaux sont tirés, ya boureb! Les héritiers se rebiffent! C'est de bonne guère, ils ne me likent pas. C'est un plaisir d'être haï par eux ! Avec eux comme témoins à charge je gagnerai ma place au royaume de Bacchus. Putain, ils sont comme Goëring: tu parles de littérature, ils sortent leurs couteaux!

    J’ai vu que j’ai écrit« une » éloge! et des tas de ripades …Moi, ba3d el 3assar, je n’éclaire plus !

    Heureusement qu'il n'y pas que leur couteaux qui sont tirés! Le vin aussi!
    Je dégaine mon tire-bouchon!

    Na zdrovie!

  21. Tu as compris, c’est ça qui me fait braire de rage !

    Tu écris:

    « L’artiste algérien en général pense en termes de dominé, toujours dans sa relation avec le dominateur, c’est à dire l’ex-colonisateur. Pourquoi un algérien n’écrit-il pas des œuvres de science-fiction pour les algériens par exemple ? »

    On a fait un procès inimaginable à Mammeri, parce qu’il a extrait sa " Colline oubliée" de la pesanteur coloniale.Pourquoi les colons sont absents de son roman?

    Il y a quelques semaines j’ai répondu à Gater, qui voulait nous ramener en Algérie, que ma condition d’étranger en Europe me convient parfaitement. Mais cela est valable aussi pour l’Algérie. Globalement tout ce beau monde se vaut. J’ai déjà dit à Madani, nekini d. meqvar mensi. ( je vis outre-tombe). Plus tard je te raconterai l’histoire de meqvar mensi. Je voulais aussi placer certains dans leurs propres contradictions et taquiner d’autres en passant par les mêmes chemins qu’eux : ceux de l’ineptie.

    Et là, je ne parlais pas dans l’absolu, j’ai relativisé. Je parle surtout d'un roman , même si j'ai parfois extrapolé pour illustré mes mon propos.

    Mais il n’y pas que notre enfermement et notre manque de transcendance de notre pathos de colonisé. Non seulement on en sort pas, mais on ramène à notre misérable condition tout ce qui, ailleurs ou chez nous, tend à le dépasser. Même si une œuvre nous implique, elle ne cous concerne pas forcément ! Moi je persiste et je signe que l’Etranger, ne concerne pas les algériens ni les colonisés.
    La réponse posthume de Camus à K. Daoud , serait : « Je ne t’ai pas sonné , ya din qessam!

    Il y a quelques semaines j’ai répondu à Gater, qui voulait nous ramener en Algérie, que ma condition d’étranger en Europe me convient parfaitement. Mais cela est valable aussi pour l’Algérie. Globalement tout ce beau monde se vaut. J’ai déjà dit à Madani, nekini d. meqvar mensi. ( je vis outre-tombe). Plus tard je te raconterai l’histoire de meqvar mensi. Je voulais aussi placer certains dans leurs propres contradictions et taquiner d’autres en passant par les mêmes chemins qu’eux : ceux de l’ineptie.
    Et là, je ne parle pas dans l’absolu, j’ai relativisé.
    Mais il n’y pas que notre enfermement et notre manque de transcendance de notre pathos de colonisé. Non seulement on en sort pas, mais on ramène à notre misérable condition tout ce qui, ailleurs ou chez nous, tend à le dépasser. Même si une œuvre nous implique, elle ne nous concerne pas forcément ! Moi je persiste et je signe que l’Etranger, ne concerne pas les algériens ni les colonisés.

    La réponse posthume de Camus à K. Daoud , serait : « Je ne t’ai pas sonné , ya din qessam!

  22. Tu n'es pas d'accord avec moi, tu es contre moi. Ou encore, tu me contredis en public, je dégaine ma plume que j'imbibe du dard du pisse-froid pour te cracher toute ma haine "intellectuelle". Ou comment l'obsession de la perfection peut rendre l'être aussi pitoyablement délirant dans ses manies à vouloir nous faire passer des vessies pour des lanternes. C'est le triste constat pathétique pour un homme inconscient de sa propre contradiction et dont l'oubli, la persistance dans l'erreur et la rage d'avoir raison le donne en risée. Un homme qui crois élever de sa personnalité en rabaissant celles des autres, qui ne tire satisfaction que dans l'abdication des autres et qui ne voit dans le silence et le retrait sage de l'autre que triomphe à sa conception exclusiviste, absolutiste, intégriste de l'ordre pourtant insaisissable de toute chose. Sauf que voilà, le monde, comme dirait quelqu'un, est pris dans la philosophie de tout un chacun. Est-ce difficile à s'en rendre compte pour donner un sens à l'existence bouleversée par tant d'aveuglement? ay asmi t trad ul tewwit, a3mayen ul d fki tiqit!

  23. Mouloud Mammeri était un artiste véritable, un intellectuel et un “amousnaw“ véritable. Il a appris de son père qui était dans la lignée des imusnawen kabyles. Evidemmment, son père ne lui a pas appris la sociologie, la linguistique ou les maths, mais il lui a appris une attitude envers le monde et les humains, c’est à dire dans un sens la connaissance de soi-même, puisque comme on dit, connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers. J’ai vu ce que Dda L’mouloud a dit de l’Etranger, et je suis tout à fait d’accord avec lui : “Camus ne pouvait pas échapper à sa condition objective”, il n’avait pas pris le rôle de défenseur des indigènes en tant qu’écrivain, (mais il l'a fait en tant que journaliste.) Dans sa fiction, il exprimait ce qu’il ressentait en tant qu’individu. Que certains y cherchent la petite bête, eh bien tant pis ! On ne peut pas satisfaire tout le monde tout le temps.
    Tu as écrit que Mouloud Mammeri avait occulté les colons dans la Colline Oubliée. C’était absolument naturel, car il racontait son monde à lui, pas celui des colons. Si-Muh-U-M’hend ne mentionnait à peu-près jamais les colons dans ses poémes non plus, pourtant il ne pouvait pas ignorer leur présence partout autour de lui. Un français aurait-il l’idée fantastique de s’en plaindre ?…
    Je dis souvent que ceux qui connaissent le mieux la culture kabyle traditionnelle sont les moins enfermés dans leur “kabylitude” comme les incroyants sont ceux qui connaissent le mieux les religions. Cette histoire de “meqvar-mensi” a l’air d’être intéressante. Je me targue de bien connaître la culture kabyle, mais ne ne crois pas en avoir jamais entendu parler. J’aimerais bien la connaître.

  24. Alors vite fait.

    Les kabyles savaient aussi dans leur genre être impytoyables.

    Il y avait, dans les années Soixante dix, un feuilleton américain : rich man pour man (Le Riche et le pauvre). C’est d’une histoire analogue qu’il s’agit mais avec toute la cruauté qui nous caractérise noukni sleqvayèle.

    Un homme qui avait déshérité et ruiné son frère que sa femme haïssait l’a chassé de sa maison et obligé à vivre au fond d’un cimetière.
    On dit thaqeravth ou thimeqvarthen en kabyle. Le pauvre humilié n’osait plus quitter son refuge au fond du cimetière. Et bien sûr, tout le village craignant son frère l’avait dédaigné aussi : soufghent sithjma3t.. Le riche frère, sans doute rongé par le remord et la mauvaise conscience et soucieux de son image de chakhsiya devenue, disait à sa femme de lui envoyer chaque soir les restes des repas de la journée. Alors sa femme, ramassait les restes et disait à sa bonne : awiyès imeqvar mensi (awiyès iwenna tmeqvarth imensi). On n’appelait ce pauvre frère qu’ainsi : « meqvar mensi ».

    Quand je songe à ce pauvre homme et à tout ce qu’il pouvait ressentir je pense à Sisyphe, non quand il trime pour monter sa pierre mais quand il redescend la rechercher à vide débarrassé de sa pierre, en sifflotant. Je me dis que Sisyphe doit se dire, pendant qu’il redescend, à propos des dieux qui ont voulu lui infliger la peine absolue, ils ne m’ont pat totalement eu.

    Que pense donc "meqvar mensi", cet homme exclu et retiré du monde des vivants. de ses contemporains, ?

  25. Comment débarrasser le colonialisme de nos cervelles dans un pays sans Histoire. Un pays empêché de se réconcilier avec sa mémoire violée dans sa profondeur historique? Un pays que le colon a dénaturé et légué pour un régime qui le fonde et le maintient, à son tour, sur la même base artificielle. Un pays dit "indépendant" mais quand il s'enrhume, le premier communiqué continue toujours de tomber du Val de Grâce? La décolonisation mentale, littéraire, philosophique,… est tributaire de la décolonisation, d'abord, politique sans laquelle la souveraineté du territoire reste une chimère. Je dirai même à quoi servirait une décolonisation du territoire sans décolonisation politique? De ce fait, en vouloir à l'intellectuel algériens de persiste à ne voir le monde que sous le prisme du même fantôme colonial, c'est comme demander à un somnambule de citer les noms de rue qu'il sillonne de nuit. Il est impossible de venir à bout du mal par la condamnation!

  26. @Nachabe : Ce que je disais dans mon post précédent n’est pas une critique de Kamal Daoud. Juste un constat général. Je n’ai pas lu son roman et je réserve donc mon jugement, mais j’apprécie beaucoup ses chroniques dans le Quotidien d’Oran. Je suis très content qu’il ait obtenu le prix Goncourt. Ce qui semblerait peut-être comme une critique de ma part n’est qu’une observation qui s’applique à la plupart des artistes algériens et tiers-mondistes en général.
    Quant à la réponse à tes questions, elle se trouve dans ces deux citations d’un grand Cheikh du 19ème siècle. La première est : « l’idéologie de la classe dominante est l’idéologie dominante » dans le système de production. Pour paraphraser, on peut dire : “ l’idéologie des pays dominants est l’idéologie dominante dans le monde.”
    La deuxième citation est : « l’homme pense comme il vit, il ne vit pas comme il pense. » On ne peut échapper ni à l’une ni à l’autre de ces sentences. On peut seulement en devenir conscient et avoir au moins la satisfaction de penser : “je suis peut-ête abruti et exploité, mais je garde au moins la dignité de ne pas me soumettre volontairement au supplice. Il faudra m’y forcer. »

  27. Fantastique !… Me donne la chair de poule. Plein de cruauté, de réalisme et de pathos, sans concessions, et en même temps d’une profondeur poétique dans la résonnance des mots… “meqvar mensi…” Ça me ramène à une ère de ma petite enfance ou nous vivions véritablement à l’âge de pierre, tous assis autour du kanoun et une tante un oncle nous racontait les hsitoires de “mis taklit” (le fils de la neigresse) , “aâeqqa yesawalen” (le grain doué de parole.) La cruauté et la haine, la compassion et la bonté, la violence et la douceur côte à côte. Rien de plus universel.

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